‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 34 sur 239 · PRIX. — PROHIBITION · texte numérisé non relu

PRIX. — PROHIBITION

que les ouvrages aient été, dans les six mois au plus de leur perfection, reçus par un expert également nommé d*office; mais le montant du privilège ne peut excéder les valeurs constatées par le second procès- verbal, et il se réduit à la plusvalue existante à Tépoque de Taliénation de Timmeuble et résultant des travaux qui y ont été faits. — 6® Ceux qui ont prêté les deniers pour payer ou rembourser les ouvriers jouissent du même privilège, pourvu que cet emploi soit authentiquement constaté par Tacte d'emprunt et par la quittance des ouvriers, ainsi quMl a été dit cidessus pour ceux qui ont prêté les deniers pour Tacquisition d'un immeuble.

Les architectes, entrepreneurs, maçons et antres ouvriers employés comme il est dit cidessns an paragraphe 4. conservent leur privilège par la double inscription faite : 1^ du procès- verbal qui constate l'état des lieux ; 2® du procès-verbal de réception, et de leur privilégeà la date de l'inscription du premier procès-verbal. (Art. 2110 du Gode ctviL)

PRIX, 8. m. — Valeur d'une chose par rapport à la monnaie ; le prix est la mesure de cette valeur. On nomme prix de revienl ce que coûte un travail ; prix de hase, le prix sur lequel on se base pour déterminer le chiffre à payer à un entrepreneur, c'est-à-dîre le prix réel augmenté d'un dixième pour les faux frais et le bénéfice de l'entreprise ; prix en demande, prix en règlement, les estimations suivant lesquelles sont établis un mémoire et le prix réel auquel on paye son montant. (Yoy. MÉMOIEB.) — Par l'expression mettre à prix tin mémoire, il faut entendre l'estimation en chiffre du prix des articles dont se compose ce mémoire.

PROAULIUM. — Terme usité chez les anciens Grecs pour désigner le vestibule d'un édifice quelconque.

PROFIL, 8. m. — Contour d'un membre d'architecture; coupe d'un bâtiment, d'un fossé, d'une route, etc. On peut faire des profils sur l'axe longitudinal ou transversal d'un bâtiment, d'un fossé, d'une route, etc.; on nomme le8premiers,jpr(2/;&ou coupes longitî^difiaîes, et les seconds, profib ou coupes (ranever-

sales. Dans une machine, on nomme |;r(2/î^ nonseulement la représentation de sa section longitudinale ou transversale, maisl'aspect, la représentation de cette machine vue de côté.

PROPILER, V. a. — Tracer des profils, tracer des membres et des moulures d'architecture, surtout des moulures qui entrent dans la composition d'un entablement, d'une corniche, d'un stylobate, etc. Les potiers profilent des vases; les plâtriers traînent leurs moulures pour les profiler; de là l'expression suivante :

Propiler (Contre-). — Entailler un morceau de bois selon la forme du profil sur lequel il doit s'ajuster ou suivant la forme du profil * qu'il doit créer. Les calibres des plâtriers sont ^ donc de véritables contre-profils des moulures qu'ils traînent avec ces calibres.

PROFILE, part pass. — En serrurerie, on donne ce nom à toutes les pièces portant des moulures; tels sont les petits fers employés pour le vitrage des portes, des serres, etc., les moulures en fer qu'on applique sur les tôles pour tracer des panneaux ou des compartiments.

PROFONDEUR, s. f. — État de ce qui est profond, c'est-à-dire que la profondeur est le contraire de la hauteur : une colonne a de la hauteur, un puits a de la profondeur.

En géométrie, la profondeur est une des trois dimensions d'un cube qui a la longueur, la largeur et la profondeur ou hauteur.

PROHIBITION, s.f — Ce terme, dérivé du latin prokibere (empêcher, défendre), signifie défense faite par une loi, un décret, une ordonnance de police. — En matière de voirie, c'est l'interdiction de tout acte pouvant nuire à l'usage de la voie publique, et cela même dans l'exercice ordinaire du droit de propriété. Ainsi, quand une propriété est sujette à l'alignement, le propriétaire n'a pas le droit d'y faire aucun travail réconfortatif. (Voy. Voirie, Alignement, etc.)

PROJECTION, s.f — Représentation sur

PROJECTION. — PROPNIGEUM.

un plan d'un objet de l'espace. La projection d'un point sur un plan, c'est le pied de la perpendiculaire abaissée de ce point sur le plan. Les dessins exécutés par les architectes sont souvent dessinés en projections orthogonales, c'est-à-dire que les lignes projetantes sont perpendiculaires au plan de projection.

PROJECTURB, s./. — Saillie ou avantcorps de membres d'architecture, tels que moulures, ornements, pilastres, tables, chambranles, cadres, encorbellements, corniches, balcons , trompes , etc.

PROJET, s. m. . — Dessin d'architecture, plus ou moins étudié, plus ou moins bien rendu, qui représente en plan, coupe et élévation un édifice qu'il s'agit de construire, ou bien qui n'est fait que comme sujet d'étude. Dans les expositions annuelles des beaux-arts, on voit exposés beaucoup de projets d'architecture qui ne seront jamais exécutés; mais on peut y voir aussi beaucoup de projets primés dans des concours publics et qui ont reçu un commencement d'exécution. — Les architectes dressent aussi des projets de devis.

PROJETER, V. a. — Concevoir l'idée d'un monument, d'un édifice quelconque, dans son imagination; ou le dessiner sur le papier, pour lui donner une forme tangible pour tous ceux qui veulent se faire une idée de cet édifice projeté.

PROMENADE, «./. — Emplacement d'une certaine étendue sur lequel on promène. Les promenades sont ordinairement plantées d'arbres et de jardins, mais souvent Tai-chitecture peut concourir à leur décoration : en effet, on place ordinairement dans les promenades des fontaines, des monuments commémorati&, des colonnades, des statues et des groupes, etc. Souvent les promenades sont bordées de monuments et d'édifices, de rampes décorées de balustrades, de châteaux d'eau, de terrasses, d'exèdres, d'édicules de toutes sortes; aussi les plus belles promenades ont été créées par les architectes, et on ne saurait se passer de leur concours pour créer des

œuvres de ce genre ne laissant rien à désirer au point de vue du goût et des belles proportions. Les grands monuments de l'antiquité, tels que palestres, gymnases, académies, thermes, renfermaient de magnifiques promenades, qui faisaient ressortir et valoir grandement les beautés architecturales des monuments que nous venons de mentionner. — Voy. Jabdins {Art. des).

PROMENOIR, s. m. — Grand local couvert et bien aéré qui sert à promener. On ménage des promenoirs sur le pourtour extérieur des monuments. Les cloîtres des monastères sont souvent nommés promenoirs. On donne aussi ce nom à. de vastes salles situées dans l'intérieur de* monuments, et qui servent de salles d'attente ou de dégagement. Dans les palais de justice, on nomme salles des pas perdus ces promenoirs ; celui de Paris en remferme de remarquables, notamment celui construit en 1622 par Jacques Debrosse : il se compose de deux nefis, voûtées eh pierre de taille, séparées par un rang d'arcades qui portent sur des piliers; deux grandes baies circulaires, placées sur la façade située sur le boulevard, éclairent ce magnifique promenoir.

PRONAOS, s. m. — Ce terme, dérivé du grec (irpo et vaoc^ en avant du temple), sert à désigner l'espace qui précède l'entrée d'un temple, le portique. (Vitruve, III, 2, 8; IV, 4, 1.) Dans le iemplum in antis, par exemple, c'est l'espace compris entre le prolongement des murs de la cella et les deux colonnes qui avec les antes forment la façade du temple. On nomme opisthodome ou posticum l'espace semblable qui est situé derrière la nef du temple, c'est-à-dire sur la façade postérieure. (Voy. Temple.)

• PROPNIGEUM. — Ce terme, dérivé du grec irponviYfiTov, sert à désigner la bouche d'un fourneau (icviysuç). Ce terme correspond donc au prœfumium des Romains. (Pline, J^., II, 17, 11 ; Vitruve, V, 4, 2) ; il servait surtout à désigner la bouche des fourneaux des Hypo- CAUSTES. (Voy. ce mot.) — Par extension.

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