RABOTER. - RACCORDER
ments; ils comprennent le fût, sorte de petite bille en bois dur (cormier, buis, noyer, etc.), dont la face inférieure ou semelle est polie ; ce fût est percé d'un trou plus ou moins incliné et dégagé, nommé lumière : c'est dans celle-ci qu'est engagé le fer ; il est maintenu à une
Fig. 6. — Babot à yis (profil et fer de face).
hauteur convenable au moyen d'un petit morceau de bois, nommé coin.
Rabot ou Broyon, s. m. — Instrument dont on se sert pour remuer la chaux et coiToyer le mortier ; il se compose d'une lame de fer large, aplatie, recourbée et terminée en douille de façon à recevoir un long manche de bois qui sert à manœuvrer l'instrument. Anciennement il existait des rabots tout en bois, mais qui rendaient le travail beaucoup plus pénible; aussi leur a-t-on substitué avec raison les outils en fer,
RABOTER, V. a. — Action de dresser, de blanchir et refaire le bois avec l'outil nommé Rabot., (Voy. ce mot.)
RABOTEUR, s. m. — Ouvrier menuisier qui rabote et qui dresse les parquets ; ouvrier spécial qui dans un atelier de menuiserie est chargé de pousser les moulures sur les bois, tels que les limons, marches et sabots d'escalier.
RABOUTIR, V. a. — Mettre bout à bout des pièces de bois.
RACAGE, 8. m, — Collier en fer qui lie deux pièces de charpente.
RACCORD, 8. m. — Travail neuf exécuté auprès d'un travail ancien ou au milieu de celui-ci, et de manière qu'une fois terminé,
on ne distingue pas une différence, une solution de continuité entre ces deux travaux. On exécute des travaux de raccord en tous genres ; généralement, les bouchements de trous, de crevasses, de fissures, les réparations de peu d'importance, constituent des raccords. — Quand les plâtriers ont poussé des moulures avec le calibre, les angles ou moulures qui se rencontrent sont terminés à la main, ce qui constitue un travail de raccord. — Les peintres qui rafraîchissent de vieilles peintures, ou qui peignent des travaux neufs au milieu de vieux, font des raccords, etc., etc. — Les paveurs nomment raccord une partie de pavement refaite à côté d'une partie ancienne.
Mettre en raccord ^ c'est placer côte à côte des pièces devant être jointes ensemble , pour s'assurer si le travail d'ajustement est bien exécuté ; quand les raccords sont parfaits, on fixe alors définitivement les objets.
RACCORDEMENT, «. m. — Action de raccorder, de faire un raccord. — En maçonnerie, faire un * raccordement , c'est réunir deux bâtiments ou des portions de bâtiment d'une manière si intime, si parfaite qu'on ne peut distinguer la ligne suivant laquelle le raccordement a été fait, ou les parties qui ont servi à exécuter ce raccordement. — En plomberie, /a?rô un raccordement y c'est réunir deux tuyaux de diamètres différents.
RACCORDER, v. a. — Réunir, d'une manière harmonieuse et qui ne choque pas la vue, deux objets, surtout deux bâtiments construits dans des temps différents et avec des données divei'ses. — Donc , d'une manière générale , raccorder signifie réunir avec perfection ; ainsi, deux lignes courbes se raccordent lorsqu'elles ne présentent ni jarret ni coude dans leur point d^ jonction. — Les grands édifices publics, dont la construction dure parfois plusieurs siècles, donnent donc lieu à des raccordements. Un exemple des plus curieux et des plus remarquables, c'est le vaste monument du Louvre et des Tuileries qui n'a jamais pu être teiminé, bien que le commencement des travaux remonte au delà de quatre siècles. Si dans ce monument les
RACCOURCI. — RACHBR.
façades en bordure sur la rue de Rivoli et sur le bord de l'eau sont remarquables et bien raccordées j on ne saurait en dire autant des ruines des Tuileries, qui fonnaient une disparate des plus étranges déshonorant ce beau monument. Quatremère de Quincy l'avait déjà reconnu de notre temps et défendait les œuvres de ses confrères dont on demandait la démolition : c On ne saurait, dit cet auteur {DicL d'arch.y v** Raccorder)^ citer un exemple plus propre à. faire comprendre Tabus dont on a parlé, et Fespèce de correctif dont il est susceptible^ que la grande façade du palais des Tuileries à Paris, surtout du côté du jardin. Il y a dans cette &çade au moins trois projets de palais, trois goûts d'architecture, trois genres de masses, qui annoncent une succession de plusieurs règnes. On peut aflBrmer que dans ces masses diverses il y a de Tarchitecture de Jean BuUant, de Philibert Delorme, de Ducerceau, et enfin de Levau et de Dorbay, son élève, que Louis XIV chargea de raccorder définitivement cet ensemble. — On a jugé avec trop de sévérité ce raccordement, et sans penser que ceux qui se trouvent chargés de semblables travaux doivent souvent obéir à plus d'un genre de sujétions imposées à leur talent. t>
RACCOURCI, 8. m. — Aspect qu'offre une figure ou une partie de figure , un monument, qui ne sont pas vus dans tout leur dévelopi)ement. Ce terme est surtout usité en peinture ; dans les décorations peintes, dans les coupoles, dans les voûtes et dans les plafonds , les raccourcis sont une des principales dijOicultés de l'exécution et de la composition.
RACCOUTRAGE, s. m. — Action de nettoyer les vitres en panneaux ; on fait surtout le raccontrage des vitraux afin de les rendre nets et les tenir en bon état; ce qui permet de voir parfaitement les sujets ou motifs de décoration qu'ils représentent.
RACHAT, 8. m. — Action de racheter.
Législation et Jubispbudencb. — La faculté de rachat, qu'on nomme aussi réméré,
est un contrat, un pacte par lequel un vendeur se réserve le droit de reprendre l'objet vendu. Cette feculté ne peut s'exercer que pendant l'espace de cinq années, alors même que les parties contractantes auraient stipulé un plus long délai. {Gode civil, art. 1660.) — Le terme fixé est de rigueur, et ne peut être prolongé par le juge. {Ihid,, art. 1661.) Faute par le vendeur d'avoir exercé son action de réméré dans le terme prescrit, l'acquéreur demeure propriétaire irrévocable. {Ibid., art. 1662.) — Le vendeur à pacte de rachat peut exercer son action contre un second acquéreur, quand même la &culté de réméré n'aurait pas été déclarée dans le second contrat. L'acquéreur exerce tous les droits de son vendeur ; il peut prescrire tant contre le véritable maître que contre ceux qui prétendaient des droits ou hypothèques sur la chose vendue. (Art. 1664, 1665). Si un acquéreur revend sans révéler le pacte de rachat, le nouvel acquéreur, malgré sa bonne foi peut être dépossédé. Enfin l'article 1673 du Code civil dit que le vendeur qui use du pacte de rachat doit rembourser non-seulement le prix principal, c'est élémentaire, mais encore les frais et loyaux coûts de la vente, les réparations nécessaires, et celles qui ont augmenté la valeur du fonds, jusqu'à concurrence de cette augmentation ; il ne peut entrer en possession qu'après avoir entièrement satisfait à toutes ces obligations. Lorsque le vendeur rentre dans son héritage par l'efiFet du pacte de rachat, il le reprend exempt de toutes les charges et hypothèques dont l'acquéreur l'aurait grevé, mais il est tenu d'exécuter les baux faits sans fraude par l'acquéreur. — Toute rente établie à perpétuité pour le prix de la Tente d'un immeuble est essentiellement rachetable. {Code civ., art. 530.)
Rachat, s. m. — Molasse du département de la Drôme, plus dure que celle de Châteauneuf d'Isère, qui sert à faire des dallages pour les rez-de-chaussée.
RACHER, V. a. — Tracer avec un compas, sur une pièce de bois, les formes et les coupes suivant lesquelles elle doit être taillée. (Voy. Raghes.)
RACHES.
RADIEE.
RACHES, 8.f. pi — Traits marqués au moyen du compas sur une pièce de bois, qui servent à indiquer la manière dont elle doit être taillée. (Voy. Racher.)
RACHETER, v. a. — Corriger ou dissimuler une différence de niveau , compenser, rendre moins sensible une irrégularité, un défaut, par une pente, par un biaîs^ par un adoucissement , un amortissement ou de toute autre manière. Ainsi, les quatre pyramides disposées sur les quatre espaces triangulaires qui restent aux angles d'une tour carrée, sur laquelle on élève une flèche octogonale, rachètent la différence de forme qui existe entre cette flèche et la tour qui lui sert de baseJ — On rachète une différence de niveau entre deux terrains en établissant une pente. — Deux voûtes qui se pénètrent, comme font les deux berceaux d'une voûte d'arête, sont deux voûtes qui se rachètent; mais quand deux voûtes d'espèce différente se joignent par raccordement, elles se rachètent encore , et dans ce cas le fait est plus saisissable. Ainsi, quatre pendentifs rachètent une voûte sphérique en se raccordant avec le plan circulaire de celle-cL
RACHEUX (Bois). — Bois noueux, difScile à travailler et à polir, à cause de ses fibres grossières et filandreuses.
RACINAL, 8. m, — Espèce de pilotis sur lequel on assoit des fondations légères ; c'est aussi une pièce de bois, une sorte de madrier qu'on pose sur les têtes de pilotis pour recevoir une plate-forme. — On nonmie racinal éC écurie une pièce de bois debout scellée en terre par son pied et dans les côtés de laquelle sont assemblés, dans des rainures, les madriei*s formant le devant de la mangeoire.
En termes d'hydraulique, c'est une pièce de bois dans laquelle est encaissée la crapaudine du seuil d'une porte d'écluse.
RACINAU, 8. m. — Petite pièce de bois qu'on enfonce en terre et qu'on utilise dans les jardins et dans les parterres pour soutenir la terre des plates-bandes et pour d'autres ou-
vrages analogues. Au pluriel , ce terme sert à désigner les pièces de bois croisées qui forment le bâti ou plutôt l'empâtement d'une grue : c'est dans les racinaux que sont assemblés l'arbre et les arcs-boutants de la grue ; quand ces pièces de bois sont planes, on les nomme 8ole8. — On nomme racinaux de comble des espèces de corbeaux encorbellés qui portent sur des consoles le pied d'une ferme ronde,
RACINES. — Voy. Arbre, § Jurisprudence.
RACLE, 8. /. — Outil en bois qui sert à racler les {erres qui adhèrent encore aux tuiles et aux briques quand elles sortent du moule.
RACLER, v.a. — Se servir des outils nommés raclet et rachir pour enlever des portions de terre sur les tuiles et les inégalités sur un morceau de bois.
RACLOIR, 8, m. — Lame de fer emmanchée dans un morceau de bois, et qui sert à unir la surface d'un morceau de bois et à en supprimer les inégalités. Il existe des rahotsraclaire à l'usage des parqueteurs. (Voy. Rabot, fig. 4.)
RADEAU, 8. m. — Assemblage de pièces de bois qui forment une sorte de plancher, et dont on se sert pour transporter ainsi les bois d'un pays à un port de vente : non-seulement c'est un moyen économique de transporter les bois, mais encore un système employé pour les flotter. (Voy. Bois, § Flottage.)
RADER, V. a. — Diviser au ciseau une bande de pierre ou de marbre sur sa largeur en faisant deux tranchées l'une en dessus et lautre en dessous. (Pemot.)
RADIER, 8. m. — Massif en maçonnerie ou en planches solides qui forme le fond ou lit d'un canal, d'une écluse, d'un aqueduc. Les radiers sont ordinairement posés sur une couche de béton plus ou moins épaisse, sur laquelle sont assises en même temps les parois verticales de la construction. Les radiers ont pour
EADOUBER. — RAGRANDIR.
but d'empêcher Teau de produire des affouillements. Ce genre de construction doit être fait avec beaucoup de soin, surtout quand les radiers sont compris entre les piles , ou entre une pile et une culée de pont, ou bien encore entre les bajoyers d'une écluse, parce que dans ces endroits Teau exerce un maximum de pression. (Voy. Écluse.)
Quand les radiers sont en bois, dans une écluse par exemple, ils sont composés d'un double plancher formé avec de longues planches calfetées et goudronnées : ce second plancher est appelé recouvrement Quand ils sont en maçonnerie, on emploie pour leur construction des pierres de taille, de la meulière ; rarement du moellon, à moins qu'on n'en possède d'excellent dans la localité, et de la brique. Souvent on les forme en cuvette au moyen d'arcs renversés, ce qui leur permet de résister aux pressions sous-jacentes occasionnées parfois par les eaux souterraines. -^ On nomme garde-radier la tête de radier en amont, et arrière-radier la tête en aval.
RADOUBER, v. a. — Faire des réparations aa corps d'un bâtiment, surtout à la coque extérieure. Pour radouber un navire, il faut d'abord Yéventer, c'est-à-dire mettre hors de l'eau la partie immergée. Anciennement on disait Adouber. (Voy. ce mot.)
RAFFINAGE, s. m. — Action de raviver ou plutôt de révivifier les parties de plomb oxydées que les ouvriers plombiers nomment improprement crasses. On pratique le raffinage dn plomb en le faisant fondre dans une marmite en fonte, puis en le coulant en saumon.
RAFFUTER, v. a. — Affûter de nouveau un outil. (Voy. Affûter.)
RAFRAICHIR, v. a. — En maçonnerie, ce terme signifie : 1** retailler d'anciens joints et d'anciens lits de pierres; 2** ajouter de l'eau ou du lait de chaux dans un mortier devenu trop ferme : ce procédé est mauvais, on doit le proscrire dans un chantier bien dirigé. — Les paveurs rafraîchissent de vieux pavés en
les retaillant partiellement, afin de pouvoir les faire servir.
En menuiserie, c'est retailler les joints ou assemblages d'une vieille menuiserie.
En plomberie, refraîchir un tuyau, c'est le réparer, revoir les soudures, les gratter et les faire à nouveau, ou du moins les repasser. — Rafraîchir le blanchissage des couvertures étamées, c'est , dit Pemot, « les remettre sur le réchaud, et jeter de nouvelles lames ou pâtées d'étain. On a coutume de rafraîchir les amortissements qui sont en forme de globes, après les avoir soudés et avant de les mettre en place, pour réparer les endroits que ternit nécessairement la terre grasse qu'on est obligé d'employer dans les soudures, d
En peinture, rafraîchir ou raviver une emileur, c'est la laver, la nettoyer de façon à enlever toutes les malpropretés qui pourraient ternir son éclat primitif; ensuite avec un léger glacis, et quelquefois avec un simple vernissage, on remonte la couleur dans BVk fraîcheur première.
RAFRAICHISSOIR, s. m. — Petit bassin en marbre ou en pierre dure, construit dans une salle à manger pour mettre le vin et les boissons à rafraîchir, et qui remplace ainsi dans les appartements luxueux et confortables l'ustensile dit rafraîchissoir, qui est en métal, — Dans les abattoirs, on donne le même nom à de petits bassins en béton ou en toute autre maçonnerie, établis dans les triperies. Ces rafraîchissoirs servent au dépôt provisoire des entrailles des animaux qu'on réserve pour la vente des tripiers ; ces intestins, avant d'être placés dans les rafraîchissoirs, sont préalablement échaudés, c'est-à-dire lavés à l'eau chaude. Dans les triperies bien organisées, les échaudoirs ou bassins d'eau chaude sont en face des rafraîchissoirs, et des robinets fournissent aux uns et aux autres de l'eau , de même que des robinets de décharge permettent de vider ces deux genres de réservoirs.
RAGOT, s. m. — Crampon de fer attaché au limon des binards, des voitures.
RAGRANDIR, v. a. — Rendre plus grand : on ragrandit un bâtiment, un salon, etc.