‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 51 sur 239 · REGLEMENTS. ~ REGRATTER · texte numérisé non relu

REGLEMENTS. ~ REGRATTER

blene. — Le règlement proprement dit consiste dans Texamen des prix portés sur le mémoire; ces prix sont rectifiés d'après des prix servant de base, c'est-à-dire d'après ceux de la série de prix annexée au marché ou contrat, on d'après ceux en cours à l'époque où les travaux ont été exécutés, et sans avoir à s'inquiéter (à moins de stipulation contraire) s'il 7 a eu augmentation ou diminution de la main-d'œuvre ou des matériaux pendant le conrs des travaux. -:- Après la vérification, on commence, à l'aide des mesures approuvées, à refaire tous les calculs de quantité, qu'on approuve ou qu'on rectifie suivant le cas, en vérifiant également la teneur du timbre ou chiffi-e porté an-dessus des quantités dans la colonne où ressortent ces quantités; on fait ensuite un résumé nouveau (Voy. Mémoieb) qui donne la somme à laquelle le mémoire doit être arrêté et réglé définitivement. Cette somme porte également le nom de règlement, comme l'opération dont elle est le résultat. — C'est au bas du mémoire, quand la somme est arrêtée par un architecte, que doit se trouver cette formule : « L'architecte soussigné, après vérification et règlement, arrête le présent mémoire montant à la somme de :»

Toutes ces pièces de comptabilité, nous le disons à l'article Mémoibe, sont dressées en demande, c'est-à-dire avec une augmentation de 1/5 et quelquefois plus sur les prix de la série ; cet usage est absurbe^ mais il subsiste et subsistera longtemps encore, parce qu'il est trop généralement admis pour des motife trèsdivers. (Voy. Mémoire.)

RÈGLEMENTS, s. m. pi — Ce terme, au pluriel, s'applique à divers objets. Ce sont tantôt des statuts qui déterminent et prescri- Tent ce que Ton doit faire : par exemple, les règkmenls de police prescrivent toutes les mesures relatives à la propreté et à la salubrité d'une ville, à la sûreté et à la tranquillité de fies habitants ; les règlements éP administration pablique sont ceux qui établissent de quelle manière les lois, décrets et ordonnances doivent être interprétés et exécutés. — La loi donne force de loi aux règlements, coutumes et ^ïsages locaux, mais il faut pour cela que l'u-

sage soit reconnu et constant; de deux règlements, celui qui est le plus constant doit toujours être préféré, quand biei^même il serait le moins ancien. (Pardessus, n^ 840.) (Voy., comme complément de cet article, Voieib et Usage.)

RÉGLET, s, m. — Petite moulure plate et droite, qu'on nomme aussi Listel (Voy. ce mot), qui sert dans les compartiments des panneaux à en séparer lea parties. Le réglet peut être uni ou orné de guillochis et d'entrelacs. — C'est aussi un instrument de charpentier, qui a la forme d'une tringle ou règle; il sert, dans l'établissement de la charpente, au relevé des lignes sur le bois; on trace ces lignes au moyen de la rainette et du réglet. On donne aussi le nom de riglet à un outil en bois qui sert à dégauchir les planches.

RÉGLEUR, s, m. — Principal ouvrier terrassier, qui règle et dresse les terres des berges et des remblais de nivellement. On le nomme .aussi dresseur et régaleur. (Voy.

RÉGALAQE.)

RÉGNER, i\ a. — Terme par lequel on exprime qu'un ordre, un membre d'architecture, un ornement, une décoration on tout autre objet, se développe dans toute l'étendue d'une façade ou dans le pourtour intérieur ou extérieur d'un édifice Ainsi on dit ; une magnifique frise en faïence règne sur les façades principales et latérales de ce palais, tandis que sur la façade postérieure la frise est décorée d'un bas-relief qui règne dans toute la longueur, etc.

REGRATTER, v. a. — C'est gratter avec la ripe ou enlever avec le marteau taillant la surface noircie d'un vieux mur en pierre de taille pour le blanchir. Ce procédé est fort mauvais, car le temps durcit la surface de la pierre et la rend moins sensible aux intempéries de l'atmosphère, tandis que l'opération du grattage met la pierre à nu et la soumet aux funestes influences de l'atmosphère. Aujourd'hui, on emploie pour regratter les façades l'eau et la brosse; ce procédé vaut mieux que

RÉGULATEUR. - REJOINTOYER.

le précédent, mais il exerce toujours une fâcheuse influence sur la pierre*

RÉGULATEUR, s. m. — Appareil servant à régler. Il existe de nombreux régulateurs; les cylindres à laminer le plomb, le fer, etc., en sont pourvus.

REHAUSSER, v. a. — Placer un objet plus haut qu'il n'était : par exemple, une statue en lui donnant un piédestal plus éleyé, une margelle de puits en lui faisant un couronnement plus haut, etc. — En dorure, c'est appliquer des feuilles d'or sur des hachures au mordant, afin de produire des parties plus brillantes sur des ornements ou une figure. Les rehauts sur les objets dorés produisent les clairs, c'est-à-dire les parties fi»ppées par la lumière, tandis que des tons bistres plus ou moins foncés fournissent les demi-tons et les ombres. — Dans la peinture en décor, dans une grisaille, on rehausse les parties saillantes à l'aide de hachures blanches.

REHAUTS, s. m. pi. — Lumières produites par des hachures blanches dans la peinture en décor, ou par des hachures d'or dans les décorations dorées (Voj. Rehausser.)

REINS , s, m. ph — Dans une voûte, on nonmie reins les parties triangulaires comprises entre le prolongement des pieds-droits et la tangente menée au sommet de la voûte. Ordinairement on fait le remplissage des reins de voûtes avec^ des garnis et des recoupes de pierre qu'on noie à bain de mortier. (V07.

VOUTE

RÉINTÉGRANDE. et PoBSESSOiRB (Action).

Voy. Possession

REJET, s. m. — Petit tuyau de plomb soudé sur un plus gros, et qui sert à rejeter le trop-plein. Les corps de pompe, les réservoirs en plomb, en tôle, etc., possèdent souvent un rejet. — Aupluriel, ce terme sert à désigner le plomb qui entre dans les fosses qu'ouvrent les plombiers aux extrémités de leur moule.

REJETEAU ou REVERSEAU, s. m. - Moulure coupe-larme pratiquée à la partie inférieure du bois d'une fenêtre ou d'une porte-fenétre potir empêcher les eaux pluviales de pénétrer dans l'intérieur d'une chambre. Ce terme est synonyme de Jet d'eau. (Voy. ce mot.)

REJINGOT. — Voy. Regingot.

REJOINTOIEMENT, s. m. —Action de rejointoyer; opération qui consiste à remplir parfaitement de mortier ou de plâtre les bords des lits et des joints. — Pour les maçonneries en pierres de taille, en moellons piqués ou en briques, la surface du joint est plane et affleure le parement du mur. Quand ces joints doivent être soignés, on les trace au moyen d'une règle qui sert à guider un outil nommé tire-Joints; c'est une tige de fer de 0",005 à 0",006 de largeur et de 0»,25 de longueur, emmanchée dans un manche en bois de forme cylindrique, et dont l'autre extrémité est recourbée et arrondie. On presse la partie arrondie de cette tige sur le mortier et on frotte jusqu'à ce que le joint soit noirci, cette ligne noire est de la largeur de l'outil. — Les joints des parements des maçonneries de moellons ou dé meulière, bruts ou smillés, se font quelquefois plats ou creux, mais plus ordinairement ils font une petite saillie en boudin. On leur donne cette dernière forme parce qu'ils résistent beaucoup mieux aux agents atmosphériques. — On emploie souvent le ciment romain pour faire des joints ; or, comme cette substance durcit rapidement, on doit lisser les joints au fiir et à mesure de leur remplissage. — On écrit aussi r^otntoyement.

RE JOINTOYER, v. a. — Refaire les joints qui ont été détruits par une cause quelconque. Même dans les bâtiments neufs, quand les façades sont terminées^ on est obligé de rejointoyer, de faire des Rejointoibments.

(Voy. ce mot.) On ragrée les joints, suivant le genre de construction auquel on a affaire, soit au plâtre, soit au ciment, soit au mortier de chaux.

BELAIS. - RELIEF.

RELAIS, s. rfi. — Unité de longueur qui représente la distance parcourue par un ouvrier pour transporter à la brouette et sans s'arrêter les terres provenant d'une fouille. Le relais est à peu près constant dans toutes les localités, il est de 20 mètres sur les chemins en pente dont la rampe est de 0"^,08 par mètre, et de 30 mètres sur un plan horizontal. De la fouille d'où l'on extrait les terres au lieu où on les dépose, on établit souvent plusieurs relais : ainsi un ouvrier, un rauleur, conduit au bout du premier relais la brouette remplie par le peîîeur; là il la donne à un deuxième rouleur, dont il prend la brouette vide qu'il ramène à la téter de son relais, et ainsi de suite. Le rouleur fait donc 30 mètres chargé et 30 mètres à vide : total de son relais, aller et retour, 60 mètres. Mais si la longueur du relais est constante, le poids de la brouette est variable ; il est en moyenne de 75 kilogrammes ; dans certains chantiers, ce poids atteint 85 et même 95 kilogrammes. Un rouleur à la tâche parcourt dans sa journée de 8 heures de travail environ 28,000 mètres, c'est-à-dire 7 lieues, et pendant la moitié de ce parcours sa brouette est pleine. Dans le transport au tombereau, l'unité du relais est de 100 mètres sur un terrain dont la rampe n'excède pas 0'°,05 par mètre, de 130 mètres sur un terrain horizontal. Sur les fortes rampes, on établit les relais proportionnellement à la nature du terrain et à la force du cheval.

RELANCER, v. a, — Remplacer dans un mur les mauvais matériaux par de bons ; faire un relands. On relance la pierre de taille, le moellon, la brique, etc.

RELANOIS, 8. m. — Changement partiel de mauvais matériaux d'un mur, qu'on remplace, par des matériaux neufs. On ne fait des relancis que dans les parties défectueuses d'un mur ; cette opération se nomme relancer des matériaux. (Voy. le mot précédent.)

RELATTER, v. a. — Latter de nouveau.

C'est garnir un comble de lattes neuves, ou remplacer les mauvaises lattes par des neuves.

RELEVER, V, a. — Ce terme dans la langue technique de l'architecte a de nombreuses significations. — En maçonnerie, c'est exhausser un mur, une clôture, et Quatremère de Quincy {LicU d^arch.) ajoute : « C'est'aussi exhausser une maison d'un étage. i> Nous pensons que cette définition n'est pas exacte, malgré l'autorité de Littré qui dit de même, s'étayant sans doute sur Quatremère. Dans le sens que nous venons d'indiquer, il faudrait dire Subélever. (Voy. ce mot.) C'est encore tailler avec le ciseau et le maillet le pourtour d'un pareruent ou d'un joint de pierre pour les dresser. On dit aussi, relever on faire les ciselures. — En termes de paveur, relever à bout signifie démolir un pavage pour le refaire entièrement avec des anciens pavés retaillés; c'est aussi rétablir sa forme et redresser ses joints. — En marbrerie, relever un marbre, c'est pratiquer sur sa sui^face la dernière opération de son polissage. — En menuiserie, relever des mour luresy c'est les achever en y faisant les dégorgements nécessaires avec des Tababiscots et des Bbcs-d'anb (Voy. ces mots) ; relever un parquet, c'est le démonter, le déplacer pour le rétablir, le redresser et remettre des lambourdes. Souvent, quand les lambourdes sont pourries, on est obligé de relever les parquets pour remplacer celles-ci. — Dans la peinture en décor, c'est donner plus de saillie à certains objets, ou raviver par des glacis cerlaines teintes. — En serrurerie, c'est former au marteau dans la tôle ou le bronze des reliefs ; mais on dit aussi repousser. Les feuillages sont relevés ou repoussés au marteau. — Enfin, par l'expression relever surplace un mémoire, un état des lieux, un plan, etc., il faut entendre, aller sur le lieu même pour dresser un mémoire, un état des lieux, un plan. Ces relevés faits sont ordinairement par les métreurs.

RELEVEUR, s. m* — Ouvrier serrurier, forgeron, qui repousse, qui relève les ornements dans la tôle ou le bronze. (Voy. le terme précédent.)

RELIEF, s. m. — Saillie d'un ouvrage quelconque qui se détache sur un fond uni ; mais on applique surtout ce terme aux objets

Page 1