‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 52 sur 239 · REMPART · texte numérisé non relu

REMPART

sculptés en hant ou en Bas-belief. (Y07. oe mot.)

BELIER^ V. a. — Béunir au moyen de liens. On relie des pièces de charpente avec des liens, des brides, des armatures, etc. Avec des brides on réunit des fers à T pour en faire des filets, des poitrails.

BEM AILLES, v. a. — Beboucher les trous d'un mur décrépi avec des pierres et du mortier.

BEMANIEB A BOUT. — Voy. About et Beleyeb, § Pavage.

BEMBABBEB, v. a. — Terme de charpentier. Rembarrer une ligne^ c'est tracer une ligne sur la face opposée à celle sur laquelle une ligne est semblablement placée.

BEMBABBUBES, e.f.pl — Plâtres qui servent à maintenir les faîtages dans leur longueur. Ce travail est exécuté par le couvreur.

BEMBLAI, s. m. — Terres rapportées, dans une tranchée ou une excavation quelconque, ou sur un terrassement pour l'exhausser. On fait des remblais : au pied d'un mur, pour empêcher l'eau d'y séjourner et d'y croupir, et par suite de pourrir ce mur; sur les voies ferrées, pour y poser les rails dans un terrain bas, pour y établir une route de communication, etc. Les travaux de remblai comprennent le transport des terres à pied d'oeuvre, le pilonnage^ le ialutage, et le régalage des terres. (Voy. Bégalage.)

BEMBL ATEB, v. a. — Faire des remblais, c'est-à-dire rapporter des terres jdans des localités où elles sont nécessaires pour exécuter certains travaux de terrassement. (Voy. Bbm-

BLAI.)

BEMENÉE, «./. — Espèce d'arrièrevonssure pratiquée au-dessus de l'embrasure d'une porte ou d'une croisée.

BÉMÉBÉ, 8. m. — Ce terme de jurispru-

dence, dérivé du latin rursàs emere (acheter de nouveau), signifie donc racheter. Nous n'avons pas à donner ici la jurisprudence de ce terme, puisqu'elle se trouve au mot Bach AT, où nous renverrons le lecteur,

BEMETTBE, v. a. — Beplacer, rajuster une pièce. Ce terme est surtout usité en serrurerie; ainsi on dit, remettre un mouvement, une sonnette, une bascule de sonnette, sur leur tirage.

BEMISE, 8. f. — Local servant à remiser, c'est-à-dire servant à abriter contre les intempéries de l'atmosphère une ou plusieurs voitures. — Dans l'antiquité, on nommait les remises carcere8; |1 en existait dans divers édifices publics et privés, mais principalement dans les cirques, car c'était des carceree que les chars sortaient, directement pour prendre part aux courses. (Voy. Cabcebeb et Cibqub.) — De nos jours, les remises sont ordinairement placées auprès d^s écuries. Il existe aussi sur les lignes ferrées des remises pour les locomotives; ces remises se trouvent dans le voisinage des gares de départ des grandes villes, elles sont formées par de grandes rotondes circulaires ou polygonales et peuvent abriter 10, 12 ou 15 locomotives. Dans le voisinage il existe un petit bâtiment qui sert de logement au chef de dépôt et à ses employés, ainsi qu'à un garde et à des mécaniciens.

BEMONTEB, v. a. — Monter de nouveau.

On remonte des mécanismes, des outils, qu'on avait démontés. — On emploie surtout ce terme pour désigner l'assemblage de toutes les pièces d'un engin, d'une chèvre, d'un échafaud. Ce terme est aussi quelquefois synonyme de euréîever, par exemple en parlant d'un mur qui est trop bas et qui doit être remonté.

BEMPABT, $. m. — Murs ou enceinte défensive élevés autour d'un point qu'on veut fortifier ou défendre contre des incursions ennemies. Un grand nombre d'enceintes du moyen âge ont été rasées, et sur leur emplacement on a construit des boulevards. Ayant déjà eu l'occasion de parler des remparts, dans

REMPIÉTEMENT. — RENAISSANCE (aechitkcturb). 107

divers articles de ce dictionnaire, et pour éviter des répétitions, nous n'en dirons pas davantage et nous prierons le lecteur désireux d'avoir de plus amples développements de se reporter aux mots Fobtificàtion, Enceinte, Oppidum, Porte, Mur, Militaire ( Archù ieciure), etc.

REMPIÉTEMENT, s. m. — Reprise en Bous-œuvre de la partie inférieure ou pied d'un mur, d'une construction quelconque.

REMPLACE, — V07. le mot suivant.

REMPLISSAGE, s. m. — Pierres, moellons, garnis, employés pour combler, remplir les reins d'une voûte, c'est-à-dire l'espace de forme triangulaire compris entre le prolongement des pieds-droits recevant les retombées et la ligne horizontale passant par le sommet de l'extrados de la voûte. — On nomme encore remplissage les plâtras hourdés au plâtre qui forment les entrevous des solives d'un plancher; la maçonnerie à sec, faite avec des cailloux, qu'on pose derrière un mur de revêtement. — Les maçonneries comprises entre les pierres de parement se nomment blocages, gamissages. On nomme encore remplissage les entrevous maçonnés entre les poteaux d'un pan de bois. Les treillageurs donnent ce nom à tous les genres de treillages qui servent à garnir les vides compris entre les bâtis. Quelques auteurs donnent comme synonyme de ce mot celui de remplage, qui est aujourd'hui totalement abandonné*

Remplissage (Poteaux et Solives de.) — Poteaux et solives assemblés entre des pièces principales, et qui servent à former un pan de bois ou un pan de fer, ou bien un plancher. — On nomme cloisons de remplissage les cloisons faites avec des bois provenant du déchirage des bateaux (Voy. Cloison) ; ces cloisons sont simplement hourdées en plâtre.

RENAISSANCE (Architecture). — Ce style d'architecture prit naissance en Italie, et de là il se répandit en France, en Espagne en Angleterre et en Allemagne. Bien des ar-

chéologues ont prétendu que cette dénomination de renaissance appliquée au style architectural de la fin du xv'' siècle n'était pas logique, et notre confrère A. Berty s'élève avec beaucoup de violence et d'emportement contre cette dénomination. Son article, ou plutôt sa boutade est assez curieuse pour être consignée ici :

Benaîssance, dit cet auteur (Dict de Varch, du moyen âge)^ expression malencontreuse, consacrée maintenant, mais parfaitement fausse, surtout par rapport à rarchitecture, et dont on se sert pour désigner Tépoque où l'art chrétien a été abandonné et remplacé par des pastiches de Tart antique. — Le mot renaisaancej appliqué aux changements survenus dans les goûts artistiques vers la fin du XV* siècle, n^est rien moins qu^une a]^urdité et une injustice. En effet, pour qu'il y ait renaissance, il faut qu'il y ait mort : peut-on donc soutenir, sans être aveugle ou de mauvaise foi, que Tart était mort et qu'il n'existait que de misérables maçons, lorsque les Robert de Luzarche, les Jean de Chelles, les Robert de Coucy, les Erwin de Steînbach élevaient ces monuments sublimes qu'on appelle les cathédrales d'Amiens, de Paris, de Reims, de Strasbourg? Quant à nous, il nous semble que si l'art architectural a été nul en France, c'est lorsqu'il a produit ces maçonneries informes qu'on a osé décorer du beau nom d'églises, et dont les Petits- Pères et Saint-Thomas d'Aquin sont de dignes spécimens.

Chateaubriand, dans ses Études historiques (p. 562), n'est pas beaucoup plus tendre que Berty pour cette belle architecture de la renaissance qui a fourni, nous allons bientôt le voir, dans toutes les branches de l'art, une pléiade d'artistes d'une très grande valeur, lesquels artistes ont créé deschefe-d'œuvre incontestables. Quoi qu'il ensoit, voici comment s'exprime sur l'art architectural de la renaissance M. le vicomte de Chateaubriand; il n'est paspossible de donner une note plus fausse :

Aux monuments de notre religion et de nos mœurs, dît cet auteur, nous avons substitué, par une déplorable affectation de l'architecture bâtarde romaine, des monuments qui ne sont ni en harmonie avec notre ciel ni appropriés à nos besoins ; froide et servile copie, laquelle a porté le mensonge dans nos arts, comme le calque de la littérature latine a détruit dans notre littérature Toriginalité du génie frank. Ce n'est pas ainsi

RENAISSANCE (architecture).

qa*îmitait le moyen ftge ; les esprits de ce temps-là admiraient aussi les Grecs et les Romains ; ils recherchaient et étudiaient leurs ouvrages ; mais au lieu de s'en laisser dominer, ils les maîtrisaient, les façonnaient à leur génie, les rendaient français et ajoutaient à leur beauté par cette métamorphose pleine de création et d'indépendance.

Nons le répétons^ il est difficile de passer pins à côté de la vérité^ et les antenrs que nons venons de citer, ainsi qn'nne classe d'archéologues ayant les mêmes idées, ont sans dente oublié qu'à la chute de l'empire romain, et plus tard, pendant une partie du moyen ftge, l'humanité était si enfoncée dans la barbarie, et les arts, les sciences et les lettres étaient tombés dans un tel abandon, dans une telle décadence, qu'on aurait pu supposer que les diverses branches de l'intelligence humaine que nous venons d'énumérer étident mortes et ne refleuriraient pas de longtemps. Certes, on nous cite quelques artistes du moyen ftge qui avaient une grande valeur ; mais que sont ces quelques noms à côté des nombreux artistes et des nombreux littérateurs de la renaissance ? Nous ne voulons pas amoindrir, en quoi que ce soit, les belles productions du moyen ftge ; mais on ne peut comparer la période ogivale à la magnifique période de la renaissance. Ce que la première époque a produit n'aurait pas amené l'homme au savoir, au bien-être, au goût recherché et à l'émancipation que nous possédons au xix^ siècle, et nous partageons complètement l'opinion de notre confrère M. Ramée, quand il dit (Hist. de Farch,, p. 1164) « que si la re- •naissimce a eu de profondes racines et ses origines dans le plus fort du moyen ftge, l'imperfection des éléments constitutifs de tout genre de celui-ci le condamnait à la décadence et à la mort. 3» Et plus loin (p. 1165) il ajoute :

La renaissance fut une grande et belle époque de rhistoire de la société occidentale. Elle a continué la destruction du moyen âge, commencée depuis longtemps ; elle a ouvert une ère nouvelle , une ère d'émancipation intellectuelle , de droit et de justice, qui eut la plus heureuse influence sur le progrès de la civilisation européenne. Elle a tiré la raison humaine du long et funeste engourdissement où ravalent ensevelie Tignorance et la bar-

barie des dix siècles qui Tavaient précédée. Cette ignorance et cette barbarie, résultats de Tesprit de la routine d*un mauvais orientalisme, avec Rome antique pour intermédiaire , avaient enveloppé la presque totalité de TEurope d'un voile de ténèbres; les esprits s'étaient déshabitués de la réflexion, la pensée n'existait plus, la vérité était une lettre morte, les hommes des machines inertes, sans initiative. La renaissance est venue, et c'est avec le secours de la science antique, surtout de la science grecque,qu'elle a émancipé l'esprit humain des rêves poétiques, sentimentaux et mystiques, des abstractions vides et purement verbales, enfantés par l'ignorance et le penchant au surnaturel de la race sémitique, rêves et abstractions devenus funestes à l'ordre temporel, à la liberté et aux mœurs, par conséquent à l'ordre, à la paix et au bonheur de l'Occident. Après un assoupissement de mille ans, la renaissance sonna le réveil de la raison, lui rappela les prérogatives qui lui appartenaient et reconstitua les bases de son autorité.

Tel est le véritable rôle qu'a joué cette grande époque dans la civilisation moderne ; ainsi donc ce n'est pas seulement dans les lettres et les sciences qu'il y eut renaissance, mais aussi dans le domaine de l'art en général et de l'architecture en particulier, âm début de la période, c'est-à-dire pendant le xv® siècle, la renaissance fut moins une imitation réelle des principes de l'art de bfttir de l'antiquité qu'une contrefaçon, une sorte de placage surperficiel de l'art antique (en efiet, toute transition de style nécessite une ébauche, un tâtonnement), mais qui ne fut pas de longue durée, puisque les créateurs, les pères de la renaissance, se nomment Michelozzi, Brunelleschi, Ammanati, L.-B. Àlberti,Benedetto da Majano, Bemardo Roselino, le Bramante, Michel- Ange Buonarotti, San-6allo, Peruzzi, Oiacomo délia Porta, Yignole, Fontana, Qeorgio Vasari, Alessi, Bocco Lurago et d'autres encore. Du reste , la renaissance en Italie comprend deux périodes distinctes : celle qui précède le xvi* siècle, qui s'étend de 1425 environ à 1500 ; la seconde, qui va de 1500 à 1580 environ. — Notre figure 1 montre une partie du palais d'Annibal Thiène à Yicenoe, construit de 1553 à 1556 par Palladio; et notre figure 2, la cour du palais Massimi aile Colonne à Rome, construit par Balthazar

EENAISSANCE (aechitbctuee).

Peruzzî, qui toutefois ne vit pas son œuvre terminée car elle ne le fut qu'en 1538, et sa mort date de 1536. C'est surtout dans la Toscane, à Florence, ^ue naît, se développe et grandit Tarchitecture de la renaissance sous le gouyernement des Médicis, lesquels exercèrent une si grande influence sur les lettres, les sciences et les arts, qu'on nomma cette époque le siècle des Médicis. C'est sous Cosme de Médicis, fils de Jean de Médicis, que s'élèvent dans toute la Toscane les beaux monu-

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