‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 64 sur 239 · RÉTABLE. — RETENUE · texte numérisé non relu

RÉTABLE. — RETENUE

On nomme résumé la récapitulation abrégée et sommaire de tons les onvrages exécntés qu'on a énoncés partiellement dans le cours d'un mémoire de travaux. Dans la rédaction du résumé, on classe méthodiquement les articles, suivant l'ordre et la marche des travaux de construction, terrasse, maçonnerie, charpente, etc. C'est au résumé que sont portés les prix des ouvrages; la multiplication des quantités avec ces prix donne les chiffres qui fournissent le total, montant ou règlement du Mémoire. (Voy. ce mot.)

RETABLE, s. m, — Décoration qui surmonte un autel ; elle est ordinairement appliquée à la muraille contre laquelle l'autel est adossé. Pendant le moyen &ge, on faisait des rétables mobiles en orfèvrerie ou môme en bois sculpté ; souvent aussi, on se contentait de snspendre des tapisseries ou d'autres tentures contre des châssis de bois. Dans la sacristie de l'église abbatiale de Saint-Denis, on voit encore un rétable de cuivre repoussé et émaillé. Ce n'est guère qu'au xni* siècle qu'apparaissent les rétables fixes, parce qu'avant cette époque ils auraient caché le siège de l'évêque qui jusque-là avait été placé au fond de l'abside. — Il existe encore des rétables fixes de la période ogivale dans des églises de Troyes, deNoyon, de Nevers, de Brou; un très-remarquable rétable de cette même époque se trouve à la chapelle du Saint-Laitàlacathédrale de Reims; au musée de Cluny, on voit un rétable d'or que l'empereur Henri II avait donné à la cathédrale de Bâle. A partir du xv^ et surtout du XVI* siècle, les rétables deviennent extrêmement riches et prennent de grandes proportions; ils représentent quelquefois des portails d'église, ils sont décorés de bas-reliefs, de niches et de clochetons qui abritent des statues.

Rétable (Contbb-). — Pièce principale qui décore un rétable; souvent c'est un lambris dans lequel est encastré un tableau ou un bas-relief.

RETAILLE, «./. — Nouvelle taille ; taillq re&ite à nouveau, soit sur bois, mais surtout sur pierre. Par exemple, dans une cour, dans

une grande cage d'escalier, la décoration comporte des tables ou panneaux en pierre plus ou* moins moulurés ; quand celles-ci, pour un motif quelconque, sont usées, on procède à leur retaille. Pour constater l'importance de la retaille sur les travaux, on a l'habitude de laisser de place en place de petits dés ou cubes de pierre, nommés témoins, qui permettent l'évaluation de la taille; ces témoins ne doivent être supprimés qu'après acceptation des attachements ou du règlement.

RETAILLER, v. a. — Tailler à nouveau; tailler une seconde fois. Quand l'appareillage d'un mur possède des bossages, pour rafraîchir et raviver les arêtes de ces bossages, on procède souvent à leur Retaille. (Voy. ce mot.) — Quand les serruriers ont des limes très-usées, ils les envoient en &brique pour les retailler ; ils ont ainsi des limes remises à neuf. — En menuiserie, c'est déposer de vieilles menuiseries, pour les réduire et leur donner d'autres dimensions ; c'est décheviller et recouper en totalité ou en partie des battants et des panneaux pour y pratiquer une réduction, afin de les poser dans un autre emplacement. — En vitrerie, on retaille les vieilles glaces pour faire disparaître des défectuosités, et les vitres pour les mettre à une autre mesure.

RETENDRE, v. a. — Tendre de nouveau.

Quand les fils d'une sonnette, d'un cordon de tirage, sont détendus, le serrurier les retend.

RETENUE, s. /. — En termes de charpenterie, on dit qu'une pièce de bois a sa retenue sur un mur ou dans un mur quand eUe y est engagée de manière à ne pouvoir faire aucun mouvement, soit en avant, soit en arrière, soit de côté. — On nomme aussi retenue l'espace compris entre deux écluses, dans lequel l'eau est retenue.

Retenue de chasse. — Vaste bassin ou réservoir fermé par une écluse qu'on ouvre pendant la haute marée, et qu'on ferme dès que la mer commence à baisser. Quand la mer s'est tout à fait retirée, on ouvre immédiatement l'écluse, et comme l'eau se précipite dans

KÉTICULE. — RETOUE.

la mer beaucoup plus basse avec une extrême violence^ elle entraîne les galets, les sables et les vases qui obstmaient l'entrée du port.

Retenue (Bassin de). — Arrière-port qui est fermé, comme la retenue de chasse, par une écluse. Quand les navires entrent au port avec la haute mer, après avoir franchi celuici, ils arrivent dans Tarrière-port ou bassin de retenue ; on ferme alors Técluse, et quand la mer se retire, les navires restent debout sur leur ligne de flottaison. Sans ce genre de bassin, quand la mer se retirerait , ils seraient abattus en carène^ ce qui peut présenter de nombreux inconvénients, car une feusse manœuvre ou un amarrage défectueux peuvent occasionner de fortes avaries ou même la perte du vaisseau. On voit donc Futilité, dans les ports importants, d*avoir des bassins de retenue.

RÉTICULÉ (Appareil). — Petit appareil de construction composé de pierres carrées qu'on posait en diagonale, de manière que ce genre de construction figurait assez bien le

Appareil réticulé (,opu4 retteulatum),

réseau d'un filet, d'où lui vient son nom ; c'est Vopus retteulatum des Romains. — Voy.

Appareil (fig. 11) et Romaine {Architecture).

RETIRADE, s. f. — Terme de fortification ancienne. — Sorte de retranchement pratiqué dans le corps d'un ouvrage pour disputer le terrain à l'ennemi qui a rompu les premières lignes de défense.

RETIRURE', s. /. — Creux qui se forme dans une pièce de plomb, mais surtout d'étain, jetée en moule.

RETOMBÉE, s. /. — On donne ce nom, dans une arcade de pierre, aux voussoirs les plus voisins du coussinet; dans une voûte, à la ligne des voussoirs les plus près des naissances de la voûte. Les retombées se soutiennent en place sans cintre; quant aux murs de retombée, ils s'élèvent depuis la naissance de la partie circulaire de la voûte jusqu'au premier voussoir, c'est-à-dire au plus élevé de la retombée ; le cours d'assise régnant à la retombée de la voûte se nomme assise de retombée. — Ce terme est quelquefois pris comme synonyme de Naissance. (Voy. ce mot.) Anciennement, on disait aussi abattue.

En charpenterie, quand un poteau sert de support à l'arbalétrier d'une ferme, on donne le nom de retombée au point de jonction de l'arbalétrier et du poteau.

RETONDRE, v. a. — Rabattre le sommet d'un mur, d'une souche de cheminée, qui sont dégradés, afin de les refaire ; c'est aussi retrancher des ornements de mauvais goût sur une façade, ou bien recouper des moulures et des ornements pour rafraîchir leur taille. C'est encore refaire les parements d'une pierre pour en faire disparaître des épaufrures. — Enfin, Quatremère de Quincy donne à ce terme une signification qui nous est tout à fait inconnue : « C'est, dit cet auteur, repasser sur le travail d'un édifice en pierre avec des fers à retondre pour le mieux teiminer et en rendre les arêtes plus vives. »

RETORT, s. m. — Les treillageurs nomment ainsi les garnitures demi-rondes d'une moulure qui forment des hélices sur celle-ci.

RETOUR, s. m. — Profil que fait un entablement, un bandeau, une moulure, ou toute autre partie d'architecture, dans ujie aile ou un avant-corps; l'encoignure d'un bâtiment en aile se nomme également retour. — Le retour d'équerre est une encoignure en angle droit. — Dans une cheminée, on nomme

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