ROBINET
corps de la clef d'un robinet de jauge ; on voit (fig, 6) un petit trou, comme un trou
Fig. 6. — Olef d'un robinet de jauge.
d'aiguille, qui débite une quantité d'eau déterminée par vingt-quatre heures ; mais pour
ng. 7. — Côté du filtre.
que ce petit trou ne soit pas obstrué, la clef porte de- l'autre côté un petit filtre qu'on voit
Fig. 8. — OuTcrture à robinet plein.
fig, 7. Enfin, perpendiculairement au trou et au filtre, la clef de robinet a une large ou-
verture dite à robinet plein y dans les cas où il faudrait fournir une grande quantité d'eau, pour éteindre un incendie, par exemple (fig. 8).
Robinet flotteur, un robinet dont la clef est sur le côté et porte une petite tige de
Fig, 9. — Robinet à repoussoir (coupe).
fer terminée par une boule de métal creuse, qui flotte sur le liquide quand le réservoir est plein ; mais dès que le niveau baisse, la boule, entraînée par le niveau, baisse également et ouvre le robinet, qui en coulant élève le niveau, et la boule, s'élevant également, ferme le robinet.
Fig. 10. — Eobinet à repouœoir (profil).
Robinet en col de cygne, celui dont la clef est courbée et taillée en col de cygne ; il est employé pour les fontaines en niche et surtout pour les baignoires.
Robinet a repoussoir, celui qui se ferme par la seule pression de l'eau. Il en existe de divers systèmes. Notre figure 9 montre en coupe l'un des plus ingénieux; la figure 10 est le profil de ce môme robinet. La clef porte une encoche qui maintient une rondelle métallique sur laquelle agit un ressort à boudin; quand on manœuvre la clef et qu'on la maintient avec la main, la rondelle est repoussée et l'eau s'écoule ; mais dès que la main quitte la béquille de la clef, le ressort agit, presse la rondelle et la remet dans sa position première. Il existe des modèles de robinet à repoussoir pour bonies-fontaines.
EOBINIBB.
BOCHOIR.
BoBiNET DE JAUGE, oeM dont un arrêt ou moraillon détermine la quantité dont la clef doit être tournée pour fournir une certaine quantité d'eau dans un trempa donné. Ces robinets ne fonctionnent régulièrement qu'autant que la pression d'eau ou la charge est constante.
ROBINIEE ou FAUX ACACIA, s. m. — Arbre delà &mille des légumineuses. H existe trois espèces àe/atix acacia ou robinier : le blanc, le rose et le visqueux. Cet arbre se plaît dans les terrains légers, profonds et secs ; son bois est jaune yeiné de bandes brunes et verdâtres ; il est uni, dur et susceptible de prendre un beau poli. S'il avait des dimensions suiHsantes, il serait excellent pour la charpenterie, mais il ne sert qu'à faire des pilotis, des chevilles pour les navires et certaines parties de charpenterie navale. Sa pesanteur spécifique est de 0,680 quand il est sec. (Voy. Acacia.)
BOC, s, m. — Masse de pierre dure qui tient à la terre. C'est donc un terrain solide et résistant qui constitue un excellent fond pour bâtir ; mais il faut s'assurer qu'il est plein, c'est-à-dire si au-dessous du roc il n'existe pas des excavations ou des grottes, ce que 'les terrassiers reconnaissent facilement quand ils entaillent le roc pour le dresser et fournir ime bomie assiette aux fondations.
BOCAILLE ou BOCAILLAGE. — Genre de revêtement fait de coquillages, de pierres naturellement perforées, de meulière, de briquej'etc. La rocaille appartient à l'architecture dite rustique, ou architecture des jardins; on l'emploie pour décorer les constructions utilisées pour l'ornement des jardins et des parcs, telles que pavillons de lecture et de repos, salles de billard et pour divers jeux, salies de bains, kiosques, balustrades, observatoires, labyrinthes, cascades, grottes, fontaines, ruines de monuments, ete. — Pour obtenir des tons différents de meulière, on la fait chauffer à divers degrés de chaleur, puis on la scelle sur les constructions sur un crépi de mortier de chaux et de ciment. — On donne plus spécialement le nom de rocailUige au gar- 1
nissage iait i bain de ciment sur le^ parements de murs construits en meulière. On exécute ce genre de travail dans les soubassements de maisons humides, dans les bassins, fosses d'aisances, etc.
BooAiiiLB (Style). — On désigne sous ce terme un style d'architecture du règne de Louis XV, parce que l'ornementation des bronzes, des meubles et de l'architecture consistait en coquilles et en rinceaux tourmentés qui rappelaient les rocailles naturelles. Aujourd'hui, on dit : des vases, des pendules, des candélabres rocaille, pour désigner les objets décorés de ce style Louis XV.
BOCAILLEUE, s. m, — Ouvrier spécial qui exécute les travaux de rocaille ou de rocaillage, tels que grottes, fontaines, cascades, volières, ete. (Voy. Bocaille.)
BOCHE, s. f, — Pierre dra-e, de bonne qualite, d'un grain assez inégal et quelquefois coquilleuse dont la hauteur de banc varie de 0°*,35 à 0",72. Il existe une grande variété de roches; les meilleures employées dans les constructions de Paris sont tirées des carrières de Bagneux, de ChâtiUon, de la Butte-aux-Cailles, d'Arcueil, d'Ivry, du Moulin de Bel- Air, de Charenton, de Vitry, etc. La roche pèse environ 2,300 kilogr. le mètre cube.
BooHE (Fer de). — On nomme f&r de roche, fer demi-roc?ie, un fer doux et facile à travailler.
BOCHEB, s, m. — Gros quartier de pierre moussue qu'on utilise dans les parcs et jardins pour créer des rochers artificiels, des grottes, des cascades, enfin des constructions du genre Bocaille. (Voy. ce mot.)
BOCHET, s. m. — Terme de mécanique.
On nomme roue à rochet, ou simplement rochet, une roue garnie de dents recourbées ou crochues qui reçoivent le cliquet d'arrêt de la machine : c'est donc une roue d'encliquetage.
BOCHOIB, s. m, — On nomme rochoir, ou boîte à roche, la boîte dans laquelle les fondeurs ou les ouvriers serruriers mettent leur
ROCOCO- — ROMAINE (architecture).
borax, qu'ils nomment roche. Ces ouvriers étalent le borax sur la surface chauffée des pièces de fer à souder; en fondant il forme avec Foxyde de fer de la surface des fers une matière vitreuse qui coule sous le choc du marteau. C'est une sorte de décapage qui facilite éminemment la soudure.
ROCOCO (Style). — Style d'ornementation et d'architecture du xviii® siècle qui a pris naissance peu après le style Rocaille. (Voy. ce mot.) Ce style n'est composé que d'ornements bizarres et contournés, de frontons coupés, de L'gnes courbes, de rocailles, de guirlandes de fleurs et de fruits entrelacés souvent d'une façon grotesque; enfin l'ensemble du style rococo ne présente que des formes très- tourmentées.
Lors de son apparition, ce style fut trèsapprécié ; ce fut un véritable engouement. On créa dans ce style des meubles, chaises, fauteuils, bureaux, pupitres, pendules, cartels, chenets, devants de feu, candélabres, etc.; l'argenterie et les bijoux revêtirent également ce style; aussi, peu d'années après avoir atteint à son apogée, le rococo tomba et la mode adopta un style tout contraire : c'est alors qu'apparut le style pseudo-grec, froid et compassé, qui a régné presque exclusivement sous le premier empire.
ROCOU, 8. m, — Substance légèrement résineuse qu'on extrait des semences de deux arbres exotiques, le hixa orellana (rocouyer) et le metelîa tinctaria; elle sert aux doreurs à donner le vermeil à l'or. Le bon rocou doit être brun à l'extérieur et rouge à l'intérieur, et dégager une odeur très-forte. On dit également roucou*
RODAGE, s. m. — Action de roder. Les miroitiers font le rodage des glaces, les fontainiers celui des clefs de robinets, etc. (Voy. le terme suivant.)
RODER, V. a. — Frotter deux surfaces l'une contre l'autre, après avoir interposé entre elles du grès, de la poudre d'émeri, ou tout autre poudre corrosive. Les fontainiers rodent
les clefs des robinets en les frottant avec du grès et de l'émeri, et en les tournant et retournant dans les boisseaux des robinets. Après le rodage , les cle& sont parfaitement ajustées ; dès lors toute fuite de liquide devient impossible. On rode également avec un instrument nommé rodoir,
RODET, 8. m, — Sorte de roue hydraulique.
RODOIR, 8, m. — Instrument. servant à roder, à faire le rodage; c'est aussi un instrument qui sert à unir et polir le dessous de la téie des vis.
ROE, s. — m. Vieux mot qui servait à désigner un pupitre tournant horizontalement ou verticalement.
ROGNE, s.f. — Mousse noirâtre et rougeâtre qui vient sur le bois et le gâte.
ROGNURES, 8./, pi — Débris de peaux de mouton , d'agneau, de veau et de parchemin, qui servent à faire la cûîle dite de peau,
ROLE, s. m. — Un feuillet ou deux pages d'écriture (recfo et vereo) d'une minute, d'un mémoire, d'un état des lieux, etc.
ROMAINE (Architecture)..— Les Romains reçurent des Étrusques, et plus tard des Grecs, les notions d'architecture qui leur permirent de créer un art à eux, tout à fait original, bien que des auteurs aient avancé le fait contraire. Si Quatremère de Quincy n'a pas été le premier à émettre cette idée, nous pourrions dire cette erreur, à savoir qu'il n'existe pas iHarchiiedure romaine proprement dite, cet auteur l'a du moins propagée et après lui beaucoup d'autres n'ont fait que reproduire cette idée de Quatremère, sans se soucier de contrôler et d'appuyer par des faits les paroles au moins bien hasardées de cet auteur, qui a écrit {Dict. d'arch.) : c Rome de tout temps eut donc la même architecture que les Grecs. Il n'y a donc pas, à proprement parler, à' architecture romaine , si par cette épithète on entend une architecture originale,
ROMAINE (architecture).
ou si Ton veut, originaire de Eome. y> Si les paroles de réminent architecte que nous venons de citer étaient littéralement vraies, le présent article n'aurait pas de raison d'être et, après ce qui précède, nous n'aurions plus rien
Fig. 1. — Chapiteau composite (intéricnr de la nymphée de Nîmes).
à écrire sur ce sujet ; nous nous bornerions à renvoyer le lecteur à notre article sur l'architecture grecque. Malheureusement, ou plutôt heureusement, il n'en est point ainsi ; les Romains ont bien créé un style particulier d'ar-
Fig. 2. — ^ Fenilles d'acanthe de la belle époqne.
chîtecture qui leur appartient en propre, qu'ils n'ont emprunté à aucun autre peuple , nous espérons bien le démontrer.
Du reste, le même auteur reconnaît bien que son aflSrmation est par trop radicale, aussi
a-t-il soin de la rectifier immédiatement par les lignes suivantes : « Cependant quand on parle d'art , et qu'on y joint le nom d'un peuple ou d'une contrée quelconque, on n'entend pas toujours, dans le langage ordinaire, que le nom de ce peuple le désigne comme inventeur particulier et exclusif d'un mode original qui imprime à tout ensemble une physionomie, une manière d'être spéciale. Il suffit souvent
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Fig. 3. — Chapiteaa de pilastre dans la nymi^ée de Nîmes.
d'une variété de goût, soit dans l'emploi des même types, soit dans la grandeur ou la richesse des ouvrages, soit dans la physionomie que le climat y rend sensible, pour autoriser le critique à désigner un art et ses produits par l'adjonction d'un nom soit de siècle, soit de pays en particulier. »
En efPet, les divers motifs indiqués dans cette citation suffisent parfaitement pour ca-
Fig. 4. — Base de oolonne à la nymphée de Nîmes.
ractériser un style d'architecture; mais le peuple romain a d'autres titres autrement puissants à invoquer en faveur de son architecture, qui a fait, nous l'accordons volontiers, ' de nombreux emprunts à la Grèce, mais qui
ROMAINE (abohitbctuee).
est entièrement différente de rarchitecture hellénique : elle constitue un art original tout à fait caractéristique et qui ne procède d'aucun autre^ nous allons le voir. Si donc nous établissons un parallèle entre ces deux architectures, que voyons- nous? Le style grec est fin, délicat, d'un goût épuré, séduisant, calme et tranquille ; ses monuments n'ont pas d'énormes proportions. Le style romain, au contraire.
est lourd, surchargé, souvent de mauvais goût; il est l'expression de la vanité, de l'amour de paraître; il veut étonner et captiver la foule, il sent le faîte et l'orgueil, enfin ses édifices sont des masses considérables. Voilà pour les généralités. Si nous étudions les détails, les Grecs ont des moulures sobres et d'une grande simplicité; ils n'utilisent que la colonne et le pilastre, la plate-bande et le plafond : tels sont
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Fig. 5. — Oomicbe des thermes de Nîmes.
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leui*s éléments de construction. Les Romains, au contraire, emploient des moulures fort compliquées; ils utilisent aussi la colonne et le pilastre, mais, en outre, l'arcade, la voûte, la coupole et d'énormes massifs de maçonnerie totalement inconnus des Grecs. L'ornementation de ceux-ci est extrêmement fine et délicate, d'un goût exquis ; celle des Romains, est en général lourde, tapageuse, de mauvais
goût, d'une exubérance de mauvais aloi. Voilà pour les détails. Comme le lecteur peut en juger, ces deux styles ne se ressemblent guère. Il est vrai que les Romains ont emprunté à leurs maîtres es arts trois ordres, l'ionique, le dorique et le corinthien ; mais s'ils n'ont guère employé les deux premiers, ils se sont emparés du dernier, et ils l'ont si bien transformé qu'ils en ont fait presque un ordre nouveau, le com-
Fig. 6. — Base dans les thermes de Ntmes.
posiU. Quant au toscan, ils le tenaient des Étrusques. Ainsi donc il est acquis que les Romains n'ont rien inventé en fait d'ordres, ils se sont contentés d'enrichir et de surcharger d'ornements le corinthien, dont ils ont fait un ordre national; mais ils ont créé des entrecolonnements et des arcades. Ils ont fait davantage encore : ils ont imaginé de toutes pièces des monuments qui n'existaient pas avant eux, totalement inconnus des Grecs, . monuments qui à eux seuls constituent un ensemble d'architecture remarquable et qui suffiraient à la gloire artistique d'un peuple. Les
Romains sont, en effet, les inventeurs des amphithéâtres, des cirques, des hippodromes et des immenses bains nommés Thermes.
— Voy. ce mot. Cirque, Hippodrome, Amphithéâtre et Grecque {Architecture),
Nos figures feront très-bien comprendre au lecteur ce qui précède et serviront, pour ainsi dire, de corollaire aux généralités que nous venons d'énoncer. Notre figure 1 montre un chapiteau composite de l'intérieur de la nymphée de Nîmes. On voit que l'artiste qui a créé ce chapiteau a voulu faire ric?iê, aussi cette composition est*elle empreinte de lourdeur;
ROMAINE (architecture).
ce défaut est très-saillant , surtout si nous comparons les feuilles d'acanthe qui décorent ce chapiteau avec celles de la belle époque (fig. 2). Notre figure 3 représente un chapiteau de pilastre d'une grande richesse décorative qui provient du même monument, tandis que nos figures de 4 à 12 font voir des spé-
cimens de bases et de corniches provenant des anciens thermes de Nîmes, aujourd'hui démolis. Notre figure 13 est une corniche d'entablement des mêmes thermes. Nous avons pris ces exemples dans les monuments de Nîmes parce qu'ils sont, pour ainsi dire, de type de l'architecture romaine presque au moment
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Fig. 7. — Corniche des thermes de Nîmes.
de sa plus brillante période. Notre figure 14 fidt voir une vue des débris du temple de la Concorde à Rome; notre planche LXXXI, une des frises d'entablement du forum de Nerva ; enfin notre planche en couleur LXXXII, une porte de l'enceinte romaine de Nîmes, dite parte cP Auguste : nous l'avons dessinée d'après nature en 1862 ; depuis cette époque, une rue
a été ouverte à gauche de ce monument.
Sous la Rome des rois, l'art gréco-étrusque fiit seul en usage. Les temples à leur origine ne sont d'abord que de petits édifices carrés en bois, couverts de roseaux ; ils ne di£Pèrent guère de la cabane servant de logement aux premiers Romains, cabane dont celle de Ro* mulus, réparée pendant tant de siècles, peut
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Fig. 8. — Base dans les thermes de Nimcs.
donner une idée. Plus tard, le temple est bien construit en pierres, mais il n'est pas beaucoup plus grand, à peine si la statue du dieu peut s'y loger. Romulus (754-717) élève divers temples à Jupiter Férétrien, à Jupiter Stator, à Mars, au Soleil, à la Lune, à Yesta. Son successeur, Numa Pompilius (717-673), érige des temples à la Foi, à la Fidélité, et à Romulus et Janus. Tullus Hostilius (673-640) dresse près du forum la colonne dite des Curtaces, parce qu'on y suspendit les dépouilles de ceux- ^i ; nous ignorons si sous le règne de Tullus
on construisit d'autres édifices. — Ancus Martius (640-617) entoure Rome de murs, jette un pont de bois sur le Tibre, et creuse un port à Ostie. (Voy. Port.) C'est ce roi qui fit construire la prison Mamertine, dont il subsiste encore aujourd'hui des restes. Après Ancus, Tarquin l'Ancien (617-578) élève les premiers monuments remarquables, entre autres le grand cirque situé entre l'Aventin et le Palatiu, et qui possédait dans son pourtour des sièges en pierre pour les spectateurs ; il entoura de portiques le forum et construisit
EOMAINE (architecture).
le femeux égout la Cloaca maxima, afin de des sécher le marais qui existait entre le Palatin et le Capitole. Notre fig. 13 bù montre une bouche d'égout de la Cloaca. Denys d'Halicamasse (III) nous informe que c'était une des trois plus considérables constructions faites par les Eomains ; nous en avons parlé au mot Egout. — Servius Tullius (578-534) rebâtit les murs
de Rome ; sur le forum hoarium^ il élève un temple à la Fortune et il ajoute à la prison Mamertine un cachot souterrain, qui existe encore et que nous avons donné au mot Prison. (Tite-Live, I, 44.) Enfin, Tarquin le Superbe (534-509) répare l'enceinte de la ville, commence le célèbre temple de Jupiter Capitolin et décore de beaux portiques le grand
Fig. 9. — Corniche des thermes de Nîmes.
cirque {Circus maximus), (Denys d'Halicam., I,IV; Tite-Live, 1,48.)
Après la monarchie, il ne règne dans Rome qu'un esprit de guerre, une soif de conquête tout à fait contraires à l'exercice et à la pratique de l'art ; cependant il se construit divers monuments, surtout de ceux qui ont un caractère d'utilité générale, tels qu'aqueducs, chaus-
sées, voies, greniers, magasins et entrepôts. Le plus ancien temple construit sous la république est celui que Spurius Cassius dédia à Bacchus, à Cérès et à Proserpine, dont le tympan du fronton était décoré de statues en argile et en airain dorés. Un travail assez important, construit sous la république, est le canal du lac d'Albano. On érigea également
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Fig. 10. — Base dans les thermes de Ntmes.
un grand nombre de temples, parce que chaque général vainqueur en dédiait un au dieu qu'il avait invoqué avant la bataille et qui l'avait rendu victorieux; aussi Mars, Junon, en possédaient plusieurs, mais ils n'avaient rien de bien remarquable, et, du reste, il ne subsiste aucune trace de ces anciens monuments. La guerre arec les Gaulois fut fatale à Rome; elle fut presque totalement incendiée, les temples seuls échappèrent aux flammes (390 av. J.-C). Quand les Romains eurent chassé les Gaulois, ils rebâtirent la ville à la hâte
sans aucune espèce de plan d'ensemble. Après la conquête de la Sicile et de la Grande-Grèce, les Romains firent de notables progrès dans l'art de bâtir; la vue des monuments de la Sicile leur ayant ouvert de nouveaux horizons, ils substituèrent à la simplicité antique un grand luxe décoratif, pour lequel ils utilisèrent les œuvres d'art qu'ils avaient pillées aux peuples conquis. Après la prise de Syracuse par Claudius Marcellus (312), les Romains commencèrent à copier l'architecture grecque, parce que ce général avait rapporté dans son
ROMAINE (architecture).
butin tant d'œuvres si remarquables qu'elles causèrent à Rome une profonde surprise; jamais le peuple romain n'avait vu un pareil spectacle. Une grande partie de ces richesses se trouvaient réunies dans le temple de l'Honneur et de la Vertu, situé près de la porte Gotr pena. Ce templ^e avait été construit par Caïus Mutins, le plus ancien architecte romain dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, parce qu'il
a été cité avec celui de quelques autres architectes par Vitruve (III, 1). — Des dalles de marbre, arrachées au temple de Junon Lacinienne à Crotone, furent employées à la couverture du temple de la Fortune équestre, que Fulvius Flaccus avait élevé après sa victoire sur les Celtibériens. — Pendant asl censure. Porcins Cato jeta les fondatioms du premier édifice d'un nouveau genre, nous voulons dire
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Fig. 11. — Base dans les anciens thermes de Ntmes.
de la basilique Forcia, située sous la curie, près du forum. (186 ans av. J. C.)
Après la guerre contre les Ligures, le duumvir Glabrion consacra un temple à la Piété, dont il reste encore des ruines. Fulvius Flaccus édifie bientôt une seconde basilique, la iHisiliqice Fulvia, qui fut reconstruite plus tard par Paul- Emile et dénommée dès lors basilica .^hniliana. Une figuration de cet édifice
se trouve gravée sur le plan de marbre qu'on voit aujourd'hui dans le musée du Capitole à Rome. Au mot Basilique (fig. 1), le lecteur peut voir un croquis représentant un fragment de ce plan. La basilique de Paul-Emile fat la septième élevée dans Rome. Auparavant, Titus Sempronius en avait érigé une troisième, la basilique Semprania. C'est vers cette époque que les riches particuliers, qui
fig. 13. — Corniche des thermes de Nîmes.
jusque-là avaient vécu à la campagne, vinrent se fixer à Rome, qui s'embellit d'autant plus rapidement que les censeurs F. Flaccus et A. Postumius Albinus favorisèrent au plus haut degré l'embellissement de la ville. Ce sont ces censeurs qui la firent paver, l'ornèrent de portiques, agrandirent le cirque et jetèrent des ponts sur le Tibre en dehors de la ville (Tite-Live, XII, 27), pour donner passage à de nouvelles voies. — Après les guerres de Macédoine contre les rois Philippe III et Antiochus III, les Romains se familiarisè-
DICT. D'AROHITECTURB. — T. IV.
rent de plus en plus avec le luxe et les mœurs des Grecs et des peuples orientaux. Éblouis par les riches butins rapportés par Paul- Émile de sa conquête de Macédoine et par ceux d'Anicius, faits sur le roi d'Illyrie Gentius (Tite-Live, XLV, 39 et 43), c'est à partir de cette époque que les Romains entassèrent dans leurs monuments, surtout dans leurs temples, et cela sans discernement et sans goût, toutes les plus belles œuvres d'art pillées sur les peuples conquis. S'ils les étalaient avec ostentation, ils n'en connaissaient pas pour cela