ROMAINE (ARCHITECTURE
Trajan dans les provinces, surtout en Asie Mineure. Grftce à ses largesses^ on termina à Nicomédie un aqueduc pour amener de l'eau et un second qui servait d'émissaire entre un lac et la mer ; dans une ville de Bithjnie, à Prnsa, il fit construire des thermes; à Nicée, an théâtre et un gymnase; à GlaudiopoliSy des bains; à Sinope, un forum, et à Éphèse, un gymnase. (Pline, X, Ep., 46, 47, 48, 49.)
Adrien, disciple de Plutarque, fut un architecte et un protecteur éclairé des arts ; iljpratiquait aussi la peinture. Mais , comme beaucoup d'artistes, il était extrêmement jaloux ; aussi ce prince ne pouvait souffrir le talent d'Apollodore, qui, nous venons de le voir, avait élevé les plus beaux monuments du règne de Trajan : il l'exila de la cour ; on prétend même (Dion Cassius, LXIII, 3 et 4; -SliuB Spartianus, in Adriano) que ce prince , indigné de ce que cet artiste n'avait pas entièrement approuvé ses projets d'un temple qu'il comptait élever en l'honneur de Vénus et de Bome , l'aurait fait assassiner. Adrien n'en éleva pas moins son temple, qui était pseudodiptère; l'intérieur était divisé en deux cèlloby dont il existe encore des débris : ce temple, recouvert en bronze, était situé au milieu de portiques dont les colonnes étaient do granit. Il édifia également à Bome des temples en l'honneur de Trajan, de Plotina, de Marciana et de Matida, la femme, la sœur et la fille de Trajan ; enfin un autre en l'honneur de la Bonne Déesse, Dea Bona. Adrien construisit également un athénée, et son mausolée dénommé, moUs Adriana (Voy. Mausolée, fig. 2), en face duquel il jeta un magnifique pont sur le Tibre ; auprès de son tombeau, il construisit aussi un cirque. Mais là où cet empereur dépensa des sommes folles et déploya tout son talent d'architecte (Spartianus, in Adriano. cf. P. Ligario et Coutini, Fiante délia villa di Adriano, 1 vol. info!., Boma, 1751), c'est dans son immense villa de Tibur, dans laquelle se trouvaient réunis tous les établissements célèbres de l'Egypte et de la Grèce : c'était comme un recueil construit des monuments de ces deux pays ; on y voyait un lycée, une académie, un prytanée, une leschée, un pœcfle, un canopics, une vallée
de Tempe, un labyrinthe, etc. C'est dans cette villa, dont les ruines occupent une superficie de -plus d'un myriamètre, qu'on a retrouvé une énorme quantité d'objets d'art. Adrien restaura beaucoup de monuments ; à Bome, ses travaux de restauration les plus importants furent le panthéon et les bainsd 'Agrippa, le forum d'Auguste et la basilique de Neptune. Mais tous ces travaux, exécutés à Bome ou dans ses environs, ne font pas négliger à Adrien les provinces et les colonies ; il fonde Adrianopolis, restaure Nicomédie ravagée par un tremblement de terre ; il érige à Nîmes une basilique; en Sicile et en Espagne, il exécute de si nombreux travaux de construction et de restauration, qu'il reçoit le titre de Bienfaiteur, et beaucoup des médailles de ce prince le nomment aussi Restitutor; dans la Grande-Bretagne, il élève un mur gigantesque d'environ quatre-vingts milles de longueur, lequel était défendu à l'extérieur par un fossé et à l'intérieur par une levée de terre ; en Egypte, il fonde une ville, Antinoé, en l'honneur de son favori Antinoiis ; à Athènes, il termine le temple de Jupiter Olympien ; c'est lui qui l'entoure d'un portique que toutes les villes grecques concourent à décorer de statues. Adrien encourage grandement les arts en Grèce; il relève le courage des artistes et leur conseille d'étudier les chefed'œuvre de leurs anciens 'maîtres. C'est sous Adrien qu'on construit à Athènes le temple de Junon, celui de Jupiter Panhellénien, le Panthéon, un gymnase, de nombreux portiques, dont l'un, composé de cent vingt colonnes de marbre, était décoré de peintures, de sculptures et de statues ; la plus grande partie de ses revêtements était en albâtre. A Mégare, il consacre un temple en l'honneur d'Apollon, à Mantinée un temple à Neptune ; enfin, il construit à Corinthe des bains et des aqueducs. C'est vers la fin du règne d'Adrien, d'autres disent sous Marc-Aurèle seulement, qu'Hérode Atticus bâtit un théâtre au pied de l'Acropole et un stade tout en marbre blanc pentélique près de l'Ilissus. Comme on peut le voir, Adrien fut un des plus grands constructeurs de l'empire; aussi après lui, sous le règne paisible des Antonins, un grand
ROMAINE (architecture).
nombre d'artistes continuèrent les travaux commencés.
Antonin le Pieux termina le grand amphithéâtre de Capoue et, d'après Pausanias (II, 29), il fit exécuter de grands travaux à Epidaure. A Rome, il érigea un temple en l'honneur de sa femme Faustine; on peut encore voir une partie de la cella de ce sanctuaire, ainsi que son portique hexastyle, découvert en 1807, et qui porte l'inscription Divo Anionino et divœ Faustinœ ex S, C, parce qu' Antonin y fut déifié après sa mort. L'église San-Lorenzo in Miranda est construite sur une partie de l'emplacement de ce temple. Sur la route de Civita-Vecchia, Antonin s'éleva un palais et une villa à Lanuvium. Un des auteurs de V Histoire Auguste, Capitolin (trad. de Baudement, 1 vol. in-8^ Paris, 1845), nous donne la nomenclature des monuments qu' Antonin construisit ou restaura dans Rome, en Italie ou dans les provinces. C'est sous Antonin et son successeur Marc-Aurèle que fut érigé en Syrie le grand temple du Soleil à Héliopolis (Baalbeck). Ce temple périptère et décastyle mesure environ 91 mètres de longueur sur 50™,30 de large. Au mot Chambranle , le lecteur peut voir un beau fragment de la porte de ce temple et se faire une idée de sa riche décoration. (Cf. R. Wood, the Ruins of Balbeck, oiherwise Heliopolis, 1 vol. in- fol., London, 1757.)
Marc-Aurèle construisit peu de monuments; il s'occupait surtout de sciences et de philosophie; il éleva seulement un temple à Faustine, un arc de triomphe et une colonne pour perpétuer le souvenir de ses victoires sur les Marcomans et autres peuplades germaniques. Cette colonne, qu'on nomme Antonine, mais qu'il serait mieux d'appeler colonne Aurélienne, ne mesure que 29™,60 de hauteur ; elle se compose, outre le chapiteau et la base, de 28 morceaux de marbre sculptés en bas-relief comme à la colonne Trajane ; un escalier intérieur conduit au sommet : cette colonne, située place Colonna, entre la poste et le Corso, est aujourd'hui surmontée (fait assez bizarre) de la statue de saint Paul.
Après les Antonins, l'architecture tombe dans une complète décadence, et cela dans
presque toute l'étendue de l'empire ; il nous faut excepter cependant une partie des Gaules, qui possédaient encore des artistes grecs. Ainsi, dans le midi de la France, il existe des restes d'antiquités de la période gallo-romaine qui, bien qu'appartenant à l'époque Antonine, sont remarquables; tels sont les ponts de Saint-Remy et de Saint-Chamas, l'arc de triomphe d'Orange, celui de Cavaillon, le pont
Fig. 15. — AmphithéAtre de Ktmes (galerie du res-de-dutossée).
du Gard, l'amphithéâtre, dont notre figure 15 montre une vue des galeries inférieures, le temple dit la Maison-Carrée à Nîmes, dont nous avons donné I'Entablement à ce mot (planche XXXI).
Nous ne connaissons que fort peu de monuments élevés sous les empereurs Commode, Pertinax et Julianus ; des auteurs anciens nous ont seulement appris que Commode fit construii-e de fort beaux thermes. Sous Septime-Sévèit;,
ROMAINE (auchitecture).
les arts reprennent faveur ; ce prince construit un Septizonium (Voy. ce mot) dont il restait encore trois étages sous Sixte-Quint, qui les fit abattre pour employer les colonnes à la construction du Vatican. Ce monument, dont il reste un stylobate, s'élevait à l'angle méridional du Palatin. Ce prince éleva aussi de magnifiques thermes, un temple à Bacchus et un autre à Hercule. Pour perpétuer le souvenir de ses victoires sur les Perses, il érigea un arc de triomphe qui existe encore dans un assez bon état de conservation à l'extrémité du forum romain, au pied du Capitole. Cet arc, d'une forme lourde et massive, surchargé de moulures et de sculptures, montre l'état de décadence dans lequel était tombée l'architec-
F!g. 16. — Faothéon d* Agrippa à Rome.
ture romaine à cette époque. On suppose que Septime-Sévère fit restaurer le panthéon d'Agrippa (fig. 16), le temple de Jupiter Stator, celui de la Concorde, ainsi que le portique d'Octavie ; mais on peut lui reprocher d'avoir démoli des thermes, des théâtres, ainsi que les superbes fortifications de Byzance. — Caracalla coDstruisit des thermes magnifiques décorés avec profusion de marbres, de mosaïques et de colonnes superbes; les imposantes ruines de ce monument excitent encore aujourd'hui la surprise et l'admiration. La construction en est en tous points très-remarquable ; les mure et les arcades sont en briques, et tout le monument était revêtu de marbre. Eutrope (VIII) nous apprend que ces thermes renfermaient seize cents sièges de marbre poli. Caracalla éleva dans diverses villes des temples à Isis.
— Macrin fit très-peu de constructions. — Héliogabale acheva les thermes de Caracalla et créa d'autres bains publics ; il restaura l'amphithéâtre Flavien, il éleva enfin divers temples en l'honneur du Soleil. — Alexandre-Sévère répara un grand nombre d'édifices, tels que cirques, théâtres, amphithéâtres, etc.; il agrandit si considérablement les thermes de Néron, qu'ils furent nommés thermes d'Alexandre-Sévère ; il décora le forum de Nerva d'un grand nombre de statues d'hommes illustres; enfin, il restaura tous les anciens ponts de l'empire, en fit de nouveaux, et donna à toutes les villes qui n'en possédaient pas des greniers et des bains publics. — Au milieu des guerres civiles qui désolèrent l'empire sous Maximin et sous les Gordiens, l'architecture éprouva un temps d'arrêt. La famille des Gordiens ne construisit presque aucun monument ; les historiens parlent bien d'un arc de triomphe, mais il n'en reste aucun vestige. Il faut arriver à Gallien, resté seul maître de l'empire, pour trouver un ou deux édifices dignes d'être mentionnés : c'est, sur le mont Esquilin, un arc de triomphe, construit dans un assez mauvais style corinthien, et une portion de portique sur la voie Flaminienne. Cet empereur avait de grands projets, mais il ne put les mettre à exécution ; il entreprit quelques restaurations sur les monuments détruits par les barbares, et deux architectes byzantins, Cléodamas et Athénœus, suffirent à cette tâche. — Aurélien agrandit l'enceinte de Rome et consacra un temple au Soleil, dont on croit voir des restes sur le mont Quirinal, près des jardins de Sallnste. C'est cet empereur qui régla par un édit les honoraires dus aux architectes et aux autres artistes. (Vopiscus, Ep. Aurel. Caïo Basso.) — Il faut arriver aux règnes de Dioclétien et de Constantin pour signaler quelques monuments, sinon de valeur, du moins de quelque importance. Comme il nous reste des ruines des constructions de cette époque, nous pouvons apprécier le caractère et la valeur de l'architecture produite de l'an 284 à l'an 325. C'est d'abord le vaste palais de Dioclétien à Spalatro, l'antique Salona. Il occupait une superficie considérable , puisqu'on y trouvait réunis des hippo-
ROMAINE (architbcturb).
dromea, des temples, des cirques, en un mot tous les édifices d'une ville. Par les ruines qui subsistent de ce palais^ on peut reconnaître l'état complet de décadence dans lequel était tombée l'architecture. Les colonnes ne portent plus d'architrayes, mais des arcades s'élëyent directement du dessus des tailloirs des chapiteaux ou d'une sorte d'entablement cubique porté par la colonne. On voit également dans cette architecture des crossettes bizarres, des colonnes de toute dimension qui ne portent pas de fond , mais directement sur des sortes de consoles ou corbeaux. Enfin toutes les proportions de l'architecture de Salona sont mauvaises, les profils des moulures et des chapiteaux sont maigres, l'ornementation est surchargée et de mauvais goût; on voit un art en pleine décadence et qui semble avoir atteint son apogée dans le laid. Cependant les monuments de l'époque Constantine dépassent encore, si c'est possible, ce degré de décadence, car la translation du siège de l'empire à Byzance porta le dernier coup aux arts de Rome. — Constantin éleva des thermes à Rome sur le Palatin; on en pouvait voir des restes au XV* siècle. (Cf. Sadler, pi. 80.) En commémoration de sa victoire sur Maxence, le sénat et le peuple romain lui votèrent un arc de triomphe, qui fut fait avec les matériaux d'un arc de Trajan, auquel on ajouta des bas-relie& représentant diverses scènes de ses batailles et sa victoire. On attribue également à Constantin la construction d'un temple à la Concorde, d'un autre à Bacchus et d'un troisième au dieu Faune : ces deux derniers temples étaient circulaires. Il réédifia aussi la basilique bâtie par Maxence, qui fot dès lors dénommée basilique Constantine; il en subsiste trois arcades colossales non loin de la voie Sacrée. Cet empereur fortifia également la ville et le port d'Ostie, il fianqua les muraiEes de tours quadrangulaires qui possédaient une galerie intérieure ; mais la plus grande entreprise de ce prince fut la reconstruction de Byzance, qui prit dès lors le nom de Constantinople. Malheureusement, tous les édifices de cette ville furent construits avec tant de hâte que les successeurs de Constantin durent les réédifier, et, ce qui est plus regrettable en- |
core, c'est que tous ces édifices furent élevés avec des matériaux arrachés aux monuments de la plus belle époque de l'architecture romaine, de sorte que des chefs-d'œuvre furent démolis pour créer des monuments sans art et sans goût. — A Constantinople, le nouveau fondateur éleva beaucoup d'églises; paimi les principales, nous nommerons Sainte-Sophie, érigée en l'honneur de la divine Sagesse, ceUes de Sainte-Irène, des Saints- Apôtres et de Sainte-Dynamie. A partir de cette époque, l'architecture romaine est morte ; un nouveau style des plus mêlés et des plus bizarres apparaît, il reçoit môme, suivant les divers pays, plusieurs noms : les uns le nomment siyU byzantin, romano-byzantin ; d'autres, style latin, — Voy. Romane {Architecture). — Une transformation complète s'accomplit, et l'architecture païenne, profane , comme l'ont nommée certains archéologues chrétiens, est remplacée par l'architecture dite sacrée. Hope, dans son histoire de l'architecture (page 55), exph'que fort bien cette période de transition. Voici conmient s'exprime cet auteur :
Qae Constantin, comme on Ta supposé, ait longtemps conservé au fond de Tâme de rattachement au polythéisme, ou qu^il se soit fait chrétien de bonne foi et sans calcul, ce qui est certain, c'est que sa conversion fut un fait absolument individuel. Comme souverain , il n'osa jamais imposer sa croyance à la généralité de ses sujets. Pendant son règne, le paganisme continua à dominer si exclusivement au cœur de Rome , que toutes ses églises furent bâties dans les faubourgs ou à une certaine distance des murailles. Après lui, Tempereur Julien rétablit , en cette qualité , les rites du paganisme ; et Valentinien, que Ton range pourtant parmi les princes chrétiens , éleva dans le Capitole des autels à la Victoire. Les victimes brûlèrent sur les autels des dieux païens jusqu'au règne de Théodose. Ce prince fut le premier qui, en 389, ordonna que le christianisme serait la religion de l'État. Il chassa les dieux de leurs autels, abolit leurs rites et renversa leurs temples.
Alors naquit un genre tout nouveau d'architecture sacrée. Les difficultés contre lesquelles Tart de bâtir avait* eu à lutter avant l'invention de la voûte avaient singulièrement resserré l'enceinte des temples du paganisme.
C'est donc cette époque de transition et
ROMANE (architecture).
tontes les hésitations qni en forent la suite qui rainèrent si complètement Tarchitecture; qn*il ne flEillat pas moins de sept siècles pour constituer un nouveau style, l'art Ogival, (Toy. ce mot, et, comme complément du présent article, Romane (architecture) Amphithéâtre, Aqueduc, Basilique, Grec (Art), Théâtre, Temple, Thermes, etc.)
ROMANE (Architecture), — Sous ce terme générique, on désigne un style d'architecture qui embrasse une période plus ou moins
FIg. 1. — Plan restauré de ratriom de Lorsh.
longue et qui a été employé dans des pays très-divers ; aussi ce terme d'architecture romane ne présenté à l'esprit rien de fixe, de positif, de bien circonscrit, c'est un terme fort vague. En effet, pour certains archéologues, le roman fleurit aussi bien en Orient qu'en Occident et il comprend une période qui s'étend depuis la chute de l'empire romain jusqu'à l'avènement de l'architecture du moyen âge, de l'art Ogival (Voy. ce mot), c'est-àdire jusqu'à la fin du xi® siècle ou le commencement du xii*^ siècle. D'autres archéologues scindent cette période et, suivant le pays dans lequel se développe ce style d'architecture, ils lui donnent divers noms : ils le nomment style byzantin ou romano-hyzantin quand ce style se développe en Orient, et style latin quand il s'agit de l'Occident; ils ne réservent ce terme de roman que pour l'art architectural qui a fleuri en Occident depuis le v* siècle de notre ère juqu'au xii® ou même qui ne va que du xi* au xii* siècle. Ce dernier système, qui paraît le plus logique, est celui qui est aujourd'hui le plus généralement admis par tous les hommes compétents ; mais, pour faire cesser toute équivoque, il serait extrêmement désirable qu'on adoptât pour désigner ce style d'architecture un Beulterme> celui de romano-
byzantin, qu'on diviserait, comme l'art ogival, en primaire^ secandaire et tertiaire. Nous aurions donc le style romano-byzantin primaire, qui embrasserait la période allant du v* au X® siècle; le style romano-byzanlin secondaire, qui comprendrait le style s'étendant du x® au XI* siècle ; enfin le romano-byzantin ter-
Fig. 3. — Élération de ratriom de Lorsh.
tiaire irait du xi® au xii* siècle. Si une pareille classification était adoptée, il n'y aurait plus de confusion possible, le titre générique romanO'byzantin servirait à désigner le style d'architecture en question, les épithètes de
Fig. 3. — Chapiteau da pilastre de ratrlam.
primaire^ secondaire, tertiaire, désigneraient les époques, et les épithètes de lombarde, rhénane^ bourguignons, provençale, auvergnate, désigneraient les localités dans lesquelles aurait pris naissance une des subdivisions de ce style* Historique. — Après les terreurs de l'an
ROMANE (architecture).
mille (Voy. Française {Architecture), p. 347, t. II), la société sembla comme sortir d*ane léthargie et se transforma ; on se mit à bâtir de tous les côtés des édifices religieux, d'autant que la plupart des églises antérieures au x° siècle, étant en bois, avaient été ruinées ou incendiées par les barbares. Le mouvement se fit surtout sentir en Italie, en France et dans une partie de rAllemagne. Il existait cependant avant le x" siècle desmonu-
Flg. 4. — Cbapiteau et ba&e de U colonne de ratriom.
ments qui rappelaient ceux de la décadence romaine, et qu'on considère comme les précurseurs ou même les premiers tjpes de Tarchitecture romane : tel est, par exemple, le portail de l'atrium de l'église de Lorsh, qui aurait été construit en 882 ou même 880 ; nos figures de 1 à 5 montrent le plan, l'élévation et des détails de ce portique. D'où est parti le mouvement qui a répandu l'architecture romane dans une très-grande partie de l'Europe? Il est bien difficile de déterminer avec certitude un pays plutôt qu un autre, maison peut avan-
cer cependant, avec quelque apparence de raison, que le point de départ du nouveau style est parti de l'Italie , s'est rapidement propagé en France et en Allemagne, et de là s'est introduit en Angleterre, En eflTet, au X* siècle,le8 moines s'occupaient seuls de lettres et d'arts ; la population laïque était occupée à guerroyer, à se défendre contre de nouvelles invasions barbares toujours redoutables, tandis que les moines dans leurs couvents avaient toute la tranquillité désirable pour s'occuper d'architecture. Dès le x' siècle, la Lombardie était un centre artistique très-remarquable, et l'architecture romano-byzantine s'y développa d'une manière si puissante qu'on lui donna improprement le nom de style lombard. Voy. Lombarde {Architecture). — Les moines n'étaient pas seuls à créer des plans et à diriger les travaux de construction, ils n'auraient pu suffire à la tâche ; il existait aussi des corporations laïques sous, le titre S! association des francs-maçonsy et dont le compagnonnage de nos jours pourrait donner une idée. La franc-maçonnerie, qui existait déjà au x" siècle,précéda les corporations des arts et métiers, qui ne fiirent organisées définitivement avec
Fig. 5. — Friac de rarcbitrave du portique de l'atrium de Lorah.
statuts et règlements, les unes qu'au xii° siècle, d'autres seulement au xiii"* et au xiv* siècle. Nous venons de dire que le compagnonnage moderne peut donner une idée de l'association des francs-maçons : en effet, la division des compagnons en passante et étranger SyX^xir hiérarchie en aspirants y compagnons et maîtres y en affilièSy reçus et initiés; leurs sobriquets emblématiques et leurs usages; l'embauchage, le levage d'acquits, le topage et la conduite ; leurs cérémonies, leurs fêtes patronales, leurs cannes enrubannées et
ROMANE (aechitecture).
fleuries nous offrent^ comme le font remarquer Renouvier et Ricard (1), non-seulement les traditions du moyen âge, mais encore des coutumes particulières aux francs-maçons. C'est même à cette vaste corporation qu'on doit une certaine homogénéité du style roman dans les divers pays où il s'est produit ; car, comme l'observe avec raison Hope (Hist de Varch.^ p. 146), les corporations italiennes dont les services n'étaient plus nécessaires dans les pays qui les avaient vues naître portèrent leurs regards vers d'autres contrées pour leur demander l'emploi de leur talent, devenu désormais inutile chez eux. Un certain nombre d'entre elles se réunirent, se constituèrent en une seule et grande association ou confrérie, afin d'oflfrir leurs services partout où de nouvelles constructions les réclameraient, « quelque rude, d'ailleurs, que fût le climat, quelque reculé que fût le pays ï où il faudrait construire. Cet auteur ajoute, ce qui fait bien comprendre l'esprit du corps :
Mais à ces corporations, qui ne prétendaient plus exercer leur industrie dans un seul État, mais bien dans tous les États qui les appelleraient, en dépit des distances et des obstacles, il fallait un monopole qui s^étendît en quelque sorte sur toute la chrétienté ; elles demandaient autorité, protection, privilège exclusif, prohibition signifiée à tous ceux qui ne leur appartenaient pas, même aux citoyens des pays où ces étrangers accouraient avec rintention avouée d'arracher Toccupation aux mains nationales et de s'en emparer seuls ; or aucun souverain temporel n'aurait pu leur donner un tel pouvoir hors de ses frontières, ou n'aurait voulu le leur donner dans ses États. Ils ne pouvaient l'obtenir que du pape, et seulement dans les diverses parties de l'Europe qui reconnaissaient la suprématie religieuse du chef de l'Église latine. Lies maçons pouvaient donc être considérés comme une seconde troupe d'ouvriers travaillant dans l'intérêt du pape, aussi bien que les missionnaires qui les avaient précédés pour leur préparer en quelque sorte la besogne ; aussi obtinrent-ils tous les I>ouvoirs désirés, probablement aussitôt que Char-
Ci) Du MaUresfie pùrreê et autres artistes yothiquss de 31ontp€Uitr, pat J. Itcnoûvier et Ad. Ricard, broch. in- A% Montpellier; 1844.
lemagne, en incorporant le nord de l'Italie dans son empire, eut mis fin au royaume de Lombardie et aux craintes qu'il inspirait aux pontifes romains. Les diplômes et les bulles papales confirmèrent aux corporations les privilèges qu'elles avaient obtenus de leurs souverains nationaux dans leur patrie, et en outre leur garantirent, par toLs les pays qu'elles visitaient dans le but de l'association et qui reconnaissaient la foi catholique, apostolique et romaine, le droit de relever directement et uniquement du pape et l'entier affranchissement de toutes lois et statuts locaux, èdits royaux, règlements municipaux, concernant soit les corvées, soit toute autre imposition obligatoire pour les habitants du pays ; elles eurent le pouvoir non-seulement de fixer elles-mêmes le taux des salaires, mais de régler exclusivement, dans leurs chapitres ^ généraux, tout ce qui appartenait à leur gouvernement intérieur ; défense fut faite à tout artiste qui n'était pas admis dans la société d'établir aucune espèce de concurrence contre elle, et à tout souverain de soutenir ses sujets dans une telle rébellion contre l'Église, et il fut expressément enjoint à tous de respecter ces lettres de créance et d'obéir à ces ordres sous peine d'excommunication.
Il n*y a rien d'étonnant qn'avec des conditions et des privilèges anssi exorbitants la la corporation des francs-maçons ait prospéré, et que le style romano-byzantin possède une grande unité dans les divers pays où il a été importé.
Les seules différences qu'on constate d'une localité à une autre proviennent soit des matériaux^ soit d'un goût prédominant de la corporation au moment où elle construisait. Ainsi il est incontestable que le goût arabe de Cordoue a exercé une influence sur les artistes qui ont travaillé dans le Languedoc et dans la Provence, et même en Auvergne; dans la cathédrale du Puy on voit une porte décorée d'inscriptions en caractères arabes. Pour nous^ les arcades en contre-lobes de l'architecture romane du midi de la France sont des réminiscences de celles qu'on retrouve dans les plus anciens et dans les plus beaux monuments de style arabe qu'on voit à Séville et à Cordoue.
Caractères distinctifs de l'architecture ROMAKB. — Nous allous passer eu revue les principaux éléments architectoniques qui caractérisent le style roman; nous nous
ROMANE (aeohitecture).
occuperons en premier lien des éléments qui consfeitnent la forme et en second lien des éléments décoratife.
I, De la structure de la construction. — En général^ les constructions romanes présentent des arcs cintrés; la courbe la plus usuelle est \^ plein m^r<?, quelquefois le cintre est surhaussé, quelquefois il est surbaissé. Ces mêmes constructions sont voûtés en voûtes cylindriques ou en berceau, et en voûtes cF arête, qui, du reste, ne sont formées que par la pénétration de deux voûtes cylindriques sous un angle variable. Ces voûtes remplacent les anciennes charpentes qui recouvi*aient les monuments de style latin. Les voûtes en berceau sont renforcées par des arcs-doubleaux. Dans beaucoup d'églises de Test, du centre et du midi de la France, il s'élève sur la croix des églises des coupoles sur pendentifs, tandis que les absides sont couvertes par des voûtes en culde-four ou demi-coupoles. Pour donner de la légèreté à ces voûtes, elles sont souvent construites en poteries creuses. (Voy. Poterie.) Pour maintenir ces voûtes et s'opposer à leur poussée, on est obligé d'avoir des murs épais, renforcés encore par des parties saillantes de forts contre-forte, qu'on nomme bandes lombardes et dont le sommet atteint la corniclie de couronnement de l'édifice, qui est soutenue souvent par des modillons ou corbeaux; ces bandes se retraitent et diminuent de saillie par une légère inclinaison au fur et à mesure qu'elles s'élèvent. On voit donc que dans les constructions romanes toute la force de résistance réside dans de gros murs renforcés par les bandes lombardes dont nous venons de parler, ou par des contre-forts quadrangulaires ou cylindriques. Quand ceux-ci sont à l'angle d'une construction, ils prennent parfois la proportion d'une demi-tour. Quant aux piliers intérieurs, ils affectent diverses formes : ils sont carrés, de forme hexagonale ; ils sont cruciformes et portent une colonnette dans les quatre angles formés par les branches de la croix; quelquefois môme des colonnes sont placées aux extrémités de chaque branche, ce qui forme un pilier entouré de huit colonnes : cette disposition se retrouve à la cathédrale de Bnyeux, à Saint-Etienne à
Caen, à Saint-Georges de Bocherville, etc. Le pilier est remplacé souvent par la colonne, qui affecte également des formes variées; les fÛte sont simples, fuselés en balustres, coniques, brisés, croisés, entrelacés, annelés, noués, etc., et souvent diversement décorés; nous le verrons bientôt.
L'appareil employé pour la construction
Fig. 6. — CbapiteRU catiqne simple.
des murs était tantôt un grand appareil, surtout dans les pays qui possédaient de beaux matériaux et qui avaient conservé les traditions romaines, comme dans le midi de la France; mais les assises ne sont pas réglées, c'est-àdire sont d'inégale hauteur. Dans l'Ouest, au contraire, on trouve l'appareil en épi (opus spicatum), c'est-à-dire des murs dont les moellons assez irréguliers sont inclinés
>lg. 7. Chapiteau cublqne bnobé et orné*
dans une assise de droite à gauche, et dans la suivante inversement ; mais cet appareillage est beaucoup moins régulier que celui des Romains. Dans d'autres monumente on trouve l'appareil réticulé {opus reticulatum), Tappareil obliqué des Pastoubaux. (Voy. ce mot.) En Auvergne, comme on y possède des pierres de diverses couleurs, on dispose lespastouraui de manière à produire une sorte de Marqueterie. (Voy. ce mot et Engrenubb.)
II. ÉUments décoratifs. — Les éléments décoratifs de l'architecture romane sont sim-
ROMANE (architecture).
pies et assez variés. En général, les corniches sont faites d*nne senle monlore très-simple composée d'nn filet, d'une gorge et d'un boudin. Cette moulure est supportée par de petits corbeaux ou forts modillons tantôt unis, tantôt décorés de feuilles d'eau ou de têtes d'hommes ou d'animaux ; souYcnt ces figures
Fig. 8. " Chapiteau cnbiqae.
sont très-grotesques et très-mal dessinées principalement dans l'architecture rhénane.
Les fenêtres sont simples ou géminées; ces dernières sont couronnées d'une arcade cintrée et les deux ouvertures englobées sous cette arcade sont en wilre ou en fronton. Quand les deux ouvertures placées sous la grande arcade sont cintrées comme elle, le
Fig. 9. — Étoiles et perles.
tympan est plein ou percé d'un oculus, d'une rose ou d'un trèfle ou d'un quatre-feuilles, comme, du reste, la grande rose ou œil-debœnf qui se trouve au sommet des pignons des façades. Vers la fin du xi® siècle, la rose est décorée de contre-lobes ou de contrearcatures.
Les murs intérieurs et extérieurs sont décorés de Nattes, d'ENTRELACs, d'iMBRicA- TiONB (Voy. ces mots) et de contre-imbrica-
DIOT. D'ABOHrrEOTURB. — T. IV.
tiens. Les fûts eux-mêmes des colonnes sont décorés de même; ils sont, en outre, striés^ étoiles, rubanés, rudentés, losanges, décorés de glands, de pointes de diamant, etc. On en peut voir des exemples à la cathédrale de Bourges, à celles d'Âutun et du Pnj, à l'église de Saint- Trophime d'Arles, etc.
Fig. 10. ^ Tètes plates.
Quant aux chapiteaux, ils comportent une variété infinie, mais les deux types spéciaux et primitife de l'architecture romane sont les
Fig. 11.
- BiUettes décorant une archivolte (Saijit-Martin d'Angers).
chapiteaux cubiques, simples ou diversement décorés. Nos figures 6, 7 et 8 en montrent divers spécimens.
Les bases des colonnes sont une imitation grossière , une dégénérescence de la base romaine, surtout de la base attique ; elles se composent de câbles, de tores, de filets, de scoties disposés souvent sans goût et sans discernement. Les moulures sont tantôt lisses et tantôt décorées de sculptures qui repré-
EOMANE (architecture).
sentent des chevrons, des rosettes, des violettes, des étoiles (fig. 9), des imbrications, des têtes plates (fig. 10), des câbles, des frettes, des perles, des damiers, des oves, des tores guivrés, des masques, des têtes saillantes, des besants, des billettes, lesquelles décorent des archivoltes, comme à Saint-Martin d'Angers par exemple (fig. 11); des entrelacs, des ornements fiiselés (fig. 12), en un mot : tons les ornements employés dans le style roman sur les autres parties de l'édifice. Enfin, un élément décoratif très-employé dans Fintérieur des monuments romans, c'est la peinture décorative ; les artistes de cette époque excellaient dans ce genre, ils possédaient des notions profondes de polychromie.
En résumé, le style roman n'est pas l'expression du génie particulier d'un peuple. S'il est bien homogène dans son ensemble, dans
Fig. 13. — Ornement fuselé.
ses grandes masses, il est changeant dans ses détails, et, suivant les pays dans lesquels sont construits les monuments romans, ce style sait s'assouplir au goût particuher de chaque peuple. Il offre des éléments très-divers par ses origines et son caractère, car il procède de l'art romain et de l'art byzantin ; la tradition romaine se reconnaît surtout dans les monuments de la Bourgogne et du midi de la France, la tradition byzantine dans les monuments des bords du Rhin et dans les monuments français situés entre la Loire et la Méditerranée. Un beau type de cette architecture romano-byzantine est Saint-Front de Périguenx.
Le plan de l'église romane est une large nef terminée en abside avec transsept. Dans ce cas, le clocher est construit sur la croix même du transsept avec la nef; ou bien il se trouve sur le porche, quand l'église en possède un. Quand la nef possède deux collatéraux, elle comporte quelquefois deux clochers en tête de ceux-ci ; ce] sont, en
général, des tours i^arrées percées d'un grand nombre de fenêtres en plein cintre, dont les unes sont vraies et les autres simulées; souvent une arcade géminée est inscrite dans une arcade beaucoup plus grande, dont le tympan est ou n'est pas décoré d'une rose affectant diverses formes, nous l'avons vu précédemment. Il existe des clochers qui sont en tour ronde, comme le campanile de l'ancienne cathédrale romane d'Uzès. Les clochers sont surmontés de flèches à plusieurs pans, ou bien ils sont seulement couverts d'un petit toit fort bas, ou bien encore ils sont terminés par un petit dôme bulbiforme, comme à Saint- Front de Périguenx. Quant aux portails, ils sont généralement surmontés de plusieurs archivoltes portées sur des colonnettes, au milieu desquelles sont placées des statues, isolées pu dans des niches. Un beau type de portail roman est celui de Saint-Trophime d'Arles.
Tels sont les principaux caractères du style roman, qui persiste dans certaines contrées jusque vers la seconde moitié du xii" siècle, époque dite de transition, pendant laquelle l'ogive est appliquée grandement comme élément, comme type d'un nouveau genre d'architecture. — Voy. Ogivale {Architecture),
Principaux monuments romans ex France et a l'étranger. — Dans ce présent paragraphe, nous allons passer en revue les principaux monuments romans, c'est-àdire qui ont une partie de leur construction appartenant à ce style ; car beaucoup de ces édifices, commencés en roman, ont été continués ou terminés en style ogival , ou même souvent en style plus moderne encore. Nous suivrons le classement suivant pour notre nomenclature : France, Italie, Suisse, Allemagne et Angleterre.
I. Fran4:e, — Les monuments romans de France sont : à Paris, l'église Saint-Germain des Prés, bâtie à la fin du ix® siècle : dans ]a nef il existe des colonnes et des chapiteaux romans historiés très-curieux, ou y voit aussi quelques fenêtres de l'époque; à Poissy, une petite église qui possède des arcs en fer à cheval; à Etampes, l'église qui a un clocher roman ; à Compiègne, l'église de Saint-Corneille; à la Ferté-Milon, l'église de Saint-
Fl^Qche LXXXIII. — Fragment da portail de l'égliao d'Arallon. (Boman Boorgnignon.)
ROMANE (architecture).
Yast; à Beauvais, l'église Saint-Etienne^ qni a une rose tout entourée de figores^ avec des modillons très-curieux sous la comichey et enfin sa tour ; à Caen, l'église abbatiale de Sain t-É tienne, l'église de la Trinité; à Lisieux, l'église Saint-Pierre; à Auxerre, autrefois, deux clochers romans, ceux de l'église Saint-Eusèbe et de Saint-Germain ; à Aval- Ion , dans le département de l'Yonne, il existe une église qui est un des plus beaux types du roman bourguignon : notre planche LXXXIII montre un fragment du magnifique portail de cette église. Les autres monuments de l'art roman français sont : dans la haute Normandie, Saint-Georges de Boscheryille, fondée par un ministre de Guillaume le
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Flg. 18. — Tympan à TégliM Saint-Martin, à Worma.
Conquérant, Ralph de Tancarrille ; à Jumiéges, l'ancienne égUse abbatiale ; dans l'Indreet-Loire, à Tours, l'ancienne église ogivale de Saint- Julien, aujourd'hui transformée en caserne de cavalerie, et qui avait une tour romane ; dans la Haute-Loire, la cathédrale du Puy ; à Poitiers, l'église Saint- Jean (près de la cathédrale, également romane), Notre- Dame la Grande, Sainte-Radegonde, avec un clocher de forme octogonale; à Angoulôme, la cathédrale avec son magnifique portail; à Bordeaux, l'église de Sainte-Croix; à Toulouse, Saint-Saturnin, les anciennes églises de Saint- Augustin (musée) et des Cordeliers (caserne de cavalerie) ; le clocher de l'église de Martes (Haute-Garonne) ; la vieille église de Saint-Gaudens ; à Carcassonne, l'église Saint-Nazaire; à Nîmes, la façade et la tour de la cathédrale, et une façade de maison près la place aux Herbes; à Saint-Gilles du
Gard, l'église et une maison ; à Uzès, près de Nîmes, la tour Fenestrelle, ancien clocher de la cathédrale ; à Tarascon (Bouches-du- Rhône), la cathédrale; dans le même département, le magnifique portail de Saint-Trophime et l'ancienne église de Saint-Gabriel, près d'Arles; à MontpelUer, la cathédrale, et, non loin de cette ville, Saint- Paul de Londres; à Avignon, la cathédrale; à Fréjus, un baptistère; à Vienne en Dauphiné, la cathédrale, avec une galerie placée sous la corniche, dont les colonnes affectent des formes bizarres, l'église Saint-Pierre et celle de Saint- André le Bas ; à Clermont, l'église Notre-Dame du Port; à Morat, près Riom en Auvergne, les chapiteaux romans dans l'église; à Valence, l'ancienne cathédrale; à Lyon, Saint- Dizier, Saint-Martin d'Ainay ;
Fig. 14. — Détail de l'ornement décorant le tympan.
à Toumus, l'église; à Autun, la cathédrale; à Aix en Provence, la cathédrale, le cloître Saint-Sauveur; l'église du Thor (Vaucluse), Saint-Quenain de Vaison, etc., etc.
II. Italie. — A Vercelli près Turin, l'église Saint- André ; à Lodi, le dôme ; à Bergame, l'église de Sainte-Marie Majeure ; à Brescia, le vieux dôme, l'église Saint- Antoine; à Vérone, Saint-Zénon, le dôme. Saint- Ferma; à Vicence, le dôme; à Padoue, le vieux baptistère, la cathédrale et le palais public; la tombe cTAnténor, tombeau assez curieux en forme de sarcophage; près de la cathédrale, autre tombe romane; à Venise, l'église de Saint-Marc et l'escalier dit la Scala; à Murano, l'église de Sainte-Marie et Saint-Donat; à Torcello, l'église de Sainte-Fosca, dans le voisinage du dôme; à Ferrare, l'église de Saint-Georges ; à Mantoue, le dôme ; à Crémone , le dôme et le baptistère ; à Plaisance,
ROMANE (architecture).
le dôme et le palais public ; entre Plaisance et Parme, à San-Domino, le dôme ; à Parme, le dôme et le baptistère; à Modène, le dôme; à Bologne, l'église Saint-Étienne, qni est formée par la réunion de plusieurs édifices réunis par un cloître et des galeries ; à Forli, le dôme; à Ravenne, le palais d^ Théodoric, ainsi que
Fig. 15. — :Égll8e romane à Idenshdm.
deux beffrois en tour ronde ; à Fano, plusieurs portails, et le palais public; à Ancône, Téglise collégiale de Santa-Maria délia Piazza ; à Pise, le dôme et le campanile (torre pendente) (Voy. Tour, § Taurs penchées)] à Florence, San- Miniato; à Lucques, Saint-Michel et Saint- Martin ; à Arezzo, le dôme et le baptistère ;
Flg. 10. — Chapiteau à Téglise de Saint-Gk}dhard, à Hildeeheim.
à Sienne, hors les murs, l'église circulaire de la Madone degli Angioli ; à San-Quirico, l'église, qui possède un porche très-curieux ; à Spolète, l'église Saint- Pierre hors les Murs; à Rome, l'abside de l'église Saint- Paul et Saint- Jean, ainsi que des clochers en tour carrée à diverses églises ; à Pavie, l'église Saint-Michel, le dôme, qui a été recons-
truit et qui était primitivement roman : il existait aussi dans cette ville une petite église, aujourd'hui démolie, qu'on nommait Saint-
Fig. 17. — Chapiteau à l*égIiso de Dcnkendorf.
Jean du Bourg ; l'intérieur de la coupole octogonale de la fameuse Certosa, renferme des spécimens de style roman ; à Milan, la basilique Saint- Ambroise et celle de Saint-Eus-
Fig. 18. — Fenêtre polylobée à Saint- Qnirin, à Neoss.
torge ; sur le lac de Cômê, il existe une petite ville, Gravedone, qui possède une grande église et un baptistère romans ; tout près des murs de Côme, l'église de San-Carpofero , et, dans les murs, San-Fidale , ainsi qu'un vieil édifice en brique. A l'époque romane, à Côme, certaines corporations de maçons briqueteurs faisaient des travaux en brique si
ROMANE (architecture).
qu'on nommait ces ouvriers magisiricomacini; ils jouissaient de privilèges particuliers.
III. Suisse. — A Zurich, le portail de la cathédrale et le cloître voisin sont romans ; à Schaffbuse, deux cloîtres et un clocher sont conçus dans le même style, ainsi que le clocher de l'église de Viége, la tour carrée de la cathédrale de Sion , le beffroi et une partie de l'église de Marting, la tour carrée du grand temple de Saint-Maurice, enfin certaines parties du temple de Genève, l'an-
Fig. 19. — Abside de régUae de Pfoflenheim.
cienne cathédrale, dénommée aussi l'église de Saint-Pierre.
IV. Allemagne. — Si nous suivons le Rhin pour pénétrer en Allemagne, nous trouvons à Lorsh l'atrium d'un ancien monastère qui est peut-être le spécimen le plus ancien de l'art roman, et que nos figures de 1 à 5 montrent entièrement restauré; à Spire, nous voyons une magnifique cathédrale romane qui, malgré les nombreuses dévastations qu'elle a eu à subir, présente de fort beaux échantillons de l'art qui nous occupe : UQtre figure 8 montre un chapiteau de cette remarquable ^lise, qui a été bâtie sans doute à la fin du
XI* siècle; à Worms, une très-ancienne cathédrale qui possède deux tours rondes et deux «oupoles octogonales : cet édifice a été construit avec la même pierre rouge que la cathédrale de Spire et que celle de Mayence, qui est également romane ; l'architecture de ce monument est très-bizarre, il possède quatre tours. Nos figures 13 et 14 font voir le tympan d'un portail à l'église Saint-Martin de Worms ; notre figure 15, une église à Idensheim; nos figures 16 et 17, deux chapiteaux, l'un dans l'église de Saint-Godhard à Hildesheim et l'autre à Denkendorf ; enfin notre figure 18 montre une fenêtre polylobée de l'église de Saint-Quirin, à Neuss, tandis que notre fi-
Fig. 20.
■ Spécimen de roman à la cathédrale do Canterbnry (xn« siècle).
gure 19 fait voir l'abside de l'église de Pfaffenheim. A Qelnhausen, il existe plusieurs monu ments, dont quelques-uns datent de la fin de la période romane : la cathédrale, par exemple, et les ruines de l'église Saint- Pierre. On voit également à Qelnhausen les ruines du château de l'empereur Frédéric Barberousse. A Bacharach et à Oberwesel, il y a également une église romane; dans une des plus anciennes villes, sur le Rhin, à Audernach, une belle cathédrale d'un beau style ; à Coblentz, l'église Saint-Castor; à Boppart, la cathédrale ; à Bonn, également une cathédrale très -remarquable qu'on dit avoir été
ROMANE (architectueb).
fondée par rimpératrice Hélène; à Cologne, réglise des Apôtres, celle de Saint-Géron, celle
Fig. 31. — Croix romane dans la toor de l'église d*AycIiiIe.
de Sainte -Ursule, etc.; à Aix-la-Chapelle, Téglise sur plan circulaire bâtie par Othon III sur l'emplacement de celle de Charlemagne, détruite par les Normands.
Fig. 22. — Croix romane (2« type).
V. Angleterre. — L'architecture romane fut importée en Angleterre par la franc-ma-
çonnerie, probablement par des artistes français , car les Anglo-Saxons allaient chercher