‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 80 sur 239 · RUELLE · texte numérisé non relu

RUELLE

On nomme Passages (Voy. ce mot) les rues couvertes d'une toiture en verre; impasses, des portions de rue qui n'ont qu'une issue : anciennement on les appelait culs-de-sac.

Le sol des rues peut être pavé, empierré ou macadamisé, dallé ou bitumé. Les larges rues sont pourvues de trottoirs; leur profil transversal est en dos d'âne ; souvent leur milieu est empierré et les revers ou accotements sont pavés ; au bas des accotements sont les ruisseaux destinés à recevoir les eaux pluviales

Fig. 2. — Une me de San-Bemo.

qui tombent sur la chaussée ; après les ruisseaux sont les trottoirs, quand les rues en ont. Jurisprudence. — Les mes, quand elles sont la prolongation des chemins de l'État, appartiennent au domaine public ; elles font partie du domaine communal quand elles sont à la charge de la commune. Tant qu'elles font partie du domaine public, les unes et les autres sont imprescriptibles. ( Code civil, art. 538.) — Les impasses des bourgs, des villages et des villes font partie du domaine communal, si comme les rues elles sont à la charge de la commune. — Quand un terrain a été

DICT. D*ARCUITBCTUB6. — T. IV.

transformé en rue par son propriétaire, qui en a toutefois obtenu l'autorisation et qui n'a pas fait de réserve d'indemnité ou de propriété particulière, celui-ci peut ultérieurement demander une indemnité pour cession de terrain à la commune, ou la transfoimer en rue privée ; le terrain ainsi transformé en rue appartient définitivement à la commune. — Dès qu'une rue a perdu pour une cause quelconque son caractère public, elle devient prescriptible. Ainsi la cour de cassation (25 janvier 1843) a décidé que les terrains retranchés sur une rue par une délibération du conseil municipal sont prescriptibles, lors même que la décision municipale n'aurait pas été sanctionnée par l'autorité administrative supérieure, si d'ailleurs cette décision avait reçu un commencement d'exécution. Le préfet ne peut que donner ou refuser son approbation à une délibération prise par un conseil municipal relativement à la suppression d'une rue, mais il ne peut prescrire cette délibération. (Conseil d'État, 5 avril 1862.) Mais la suppression d'une rue effectuée sans l'assentiment des riverains peut donner lieu à des dommages et intérêts. — Les riverains sont tenus de supporter et de souffrir sans indenmité les incommodités et le préjudice que pourraient leur occasionner l'ouverture d'une rue nouvelle, ou l'élargissement ou le nivellement d'une rue ancienne (Cass., 16 nov. 1838); mais si ces travaux avaient occasionné un préjudice ou un dommage matériel aux propriétés, dans ce cas, une indenmité serait due. (Cass., 12 juin 1833.)

L'article 479 du Code pénal, qui punit d'une amende l'enlèvement de sable, de terres^ de pierres, etc., sur un chemin public, est applicable aux rues et autres voies des villes, bourgs et villages, alors même que le juge reconnaîtrait que les travaux exécutés, loin de dégrader la voie publique, l'auraient améliorée. (Cass., 2 fév. 1837.) (Voy. Place, Immondicb et Voirie.)

RUELLE, s./. — Petite rue, espace trèsrestreint qui se trouve entre deux ou plusieurs maisons, entre deux murs. Le terrain ainsi situé, à moins de titre ou de prescription con^

EUBLLBE. — EUNB8.

traire, est réputé mitoyen; et, bien qu'une ruelle joigne la voie publique, les règlements de police qui ordonnent le balayage aux ri- Terains d'une rue ne sont pas applicables à la ruelle privée. (Voy. Salubeité.)

RUELLÉE, 8. f. — Solin de plâtre ou de mortier pratiqué à l'extrémité, à la crête d'un comble isolé et couvert en tuiles. La ruellée a pour objet de rejeter sur la couverture l'eau qui tomberait sur le pignon, elle remplace donc la dérivure ou Dbviburb (Voy. ce mot) qu'on exécute sur les couvertures en ardoises. On fait également des ruellées sur des combles de lucarnes. — Quatremère de Quincy donne à ce solîn en plâtre le nom de ruiîée; mais nous pensons qu'il commet une erreur, nous n'avons vu ce terme dans aucun auteur ancien ou moderne ; nous ne connaissons que le verbe ruiler, qui signifie tout autre chose. (Voy. le terme suivant.)

RUILER, V. a. — Remplir une tranchée avec du plâtre.

RUINER, V. a, — Pratiquer des ruinures dans des pièces de charpente.

RUINURE, 8./. — Entaille pratiquée sur les faces latérales des solives pour retenir la maçonnerie des entrevous. On fisât également des ruinures sur les faces latérales des poteaux de cloisons; les charpentiers les exécutent soit au ciseau, soità la petite cognée.*^

RUISSEAU, 8. m. — Petit canal servant à récoulement des eaux ; il est ordinairement formé par la rencontre de deux revers de pavé t le premier revers se nomme jumelle, et le second contre-jumelle. (Voy. Jumelle, in fine.) ^- On nomme ruisseau en biseau celui qui n'a ni caniveaux ni contre- jumelles pour faire liaison avec les revers.

Ruisseau. — Courant d'eau de trop peu d'importance pour recevoir le nom de rivière.

Jurisprudence. — De nombreux jurisconsultes et des arrêts de cours ont décidé que les ruisseaux doivent être considérés comme des rivières non navigables ni flottables, qu'ils

ne peuvent constituer dès lors des choses communes, mais être seulement la propriété des riverains. {Contra, Daviel, t. II, 586; Aubry et Rau, § 169, n^ 8.) Sous tous les antres points de vue, irrigation, pêche, rouissage, usine, entretien, etc., les ruisseaux sont soumis aux mêmes règlements de police que les rivières. La cour de Toulouse (26 nov. 1832) a décidé que le possesseur d'un fonds séparé d'un ruisseau par un chemin public de grande ou de .petite communication, peu importe, ne peut demander contre le riverain et le propriétaire inférieur un règlement d'eau. Un arrêt de la cour de cassation (27 avril 1857) a confirmé cette jurisprudence.

L'article 644 du Code civil donne aux riverains le droit de se servir de l'eau à son passage, mais ce droit peut être restreint pour cause d'intérêt public. — Les riverains d'un ruisseau peuvent être astreints à fournir un chemin de halage ou seulement un marchepied, suivant que ce ruisseau est navigable, flottable ou à bûches perdues. — La simple possession annale des eaux d'un ruisseau qui traverse un fonds donne au propriétaire dudit fonds le droit d'agir en complainte possessoire contre le propriétaire riverain supérieur qui a fait des entreprises sur ledit ruisseau. Les tribunaux ordinaires sont compétents pour connaître d'une demande de dommages et intérêts fondée sur un préjudice causé pour quelque cause que ce soit, pour un barrage par exemple, de même que pour statuer sur les droits respecti& des riverains d'un ruisseau.

RUNES, 8. m. pi — Sorte de caractères d'écriture de la race primitive de la Germanie. C'étaient des signes mystérieux; de là leur nom, dérivé de runa, mystère, ou plutôt de runen, faire des rainures, des entailles ; en effet, ces caractères étaient entaillés dans la pierre et dans le boisi Plusieurs lettres de l'al^ phabet runique présentent une certaine analogie avec les caractères sémitiques. On ne sait de quelle manière ni à quelle époque ces caractères sont parvenus chez les anciens Germains ; mais on sait que les Scandinaves, les Anglo- Saxons et les Marcomans possédaient des alphabets runiques, dont le nombre de

RUPTUEE, — RURALES (constbuctions).

lettres était variable chez ces diverses races. Si nons en croyons Tacite, les runes n'auraient pas seulement servi d'écriture , mais on aurait employé des bâtons runiqim pour consulter Tavenir, pour interroger le sort. Voici comment on opérait : mr chacun de ces bâtms on écrivait, ou du moins était gravé le nom d'un rane, Yn par exemple, dont le nom est nath (nécessaire), et comme chaque caractère avait une valeur magique, on les assemblait à côté les uns des autres pour former le sort. On les jetait sur un morceau d'étoffe, et ce n'est qu'après les avoir agités qu'on tirait les bâtons runiques, qu'on plaçait les uns près des autres, pour en tirer des conclusions.

RUPTURE DES MATÉRIAUX. — Voy. Résistance DES MATÉRIAUX.

RURALE (Architecture). — Voy. l'art, suivant.

RURALES (Constructions). — On désigne sous ce terme ou sous celui S! architecture rurale la partie de l'architecture civile qui comprend toutes les constructions élevées hors des villes, dans les champs, pour l'exploitation agricole. On voit donc que l'architecture rurale a une grande importance, car elle embrasse dans son ensemble une masse considérable d'édifices ; ce sont : Y habitation de F homme des champs, c'est-à-dire du propriétaire-agriculteur, du fermier, du métayer, du cultivateur, de l'ouvrier agricole ; le logement des animaux domestiques, des volatiles et des insectes, tel qu'écuries, étables, bergeries, porcheries, chenils, lapinières , basses-cours, poulaillers, pigeonniers ou colombiers, apiers ou nichers, magnaneries, etc.; puis les constructions annexesde la ferme, les hangars, granges, séchoirs, greniers, glacières, laiteries, vendangeoirs, curiers, celliers» chais ; enfin, Isi/erme.

On peut d'abord considérer ces diverses constructions isolément et sous le point de vue de leur convenance particulière, puis collectivement sous le rapport de leur position entre elles. Isolément, les constructions doivent être saines, commodes ^ solides et économiques. Collectivement , il faut qu'elles soient calculées

en nombre et en superficie d'après la nature et l'importance de chaque exploitation et qu'elles soient situées, les unes par rapport aux autres et par rapport à la propriété agricole tout entière, de manière que les communications soient aussi faciles et aussi promptes que possible, ce qui économise beaucoup de temps et par suite de l'argent.

Pour bien disposer convenablement tout ce qui est du ressort de l'architecture rurale, il faut non-seulement posséder les connaissances usuelles de l'art de bâtir, mais encore connaître beaucoup d'agriculture et d'économie rurale, car l'architecture rurale embrasse tout ce qui se rattache à la grande et à la petite culture, à l'élevage des animaux et des insectes utiles, ainsi qu'aux industries agricoles. Il est donc facile de comprendre qu'il &ut savoir beaucoup, qu'il faut posséder la science et l'art de l'architecte et de l'ingénieur, car d'un bon ou d'un mauvais aménagement dépend la prospérité ou la ruine de l'agriculteur. Il y a longtemps que l'utilité de ce genre d'architecture est démontrée; Columelle, Varron et Caton, dans les traités d'agriculture qu'ils nous ont laissés et dont malheureusement nous ne possédons que des fi'agments, démontrent l'importance d'un bon aménagement des bâtiments ruraux $ mais sans remonter aussi loin dans l'histoire, nous citerons notre compatriote François de Neufchâteau, qui disait : c L'art de loger les hommes, les animaux et les récoltes avec sim*plicité, solidité et économie est le premier problème à résoudre dans la science des cam» pagnes.»

L'art de construire a réaUsé bien des pro* grès dans ces dernières années, mais les grandes villes sont presque seules à avoir profité de ces progrès. Il est très-regrettable que dauF les constructions rurales de nos jours on n'ait pas appliqué plus largement les procédés de la construction modemCi « Quelques contrées cependant, comme nous l'avons dit ailleurs (1), ont réalisé des améliorations, mais c'est principalement dans les industries agricoles qui

(1) Page I3t de l'Introduction de notre Traité des conf iructions rurales, (Cf. la bibliographie à la fin de cet ar* ticle.)

RUEALES (constructions).

sont des annexes de la ferme. Il est éyident que les architectes on les ingénieurs appelés pour établir des usines ont &it connaître quelques innoyations, mais c'est sur quelques rares points de notre territoire, principalement dans le Nord et dans l'Est. Dans TOuest et dans le Midi, au contraire, ce qui frappe partout, c'est l'ignorance des constructeurs ; on dirait qu'ils construisent pour des siècles. De là un gros capital dépensé en pure perte. Il faut, au contraire, faire en général des constructions très-légères et partant très-économiques, ce qui permet de les démolir après un laps de temps relativement fort court ; car souvent le genre d'exploitation change, les facilités de transport, le libre-échange , le perfectionnement de l'outillage, et d'autres circonstances encore, peuvent forcer un agriculteur à trans-

Fig. 1. — Élévation d'une écurie.

former son exploitation. Il est donc indispensable que des constructions dispendieuses ne viennent pas entmver l'œuvre d'amélioration qu'il s'agit d'entreprendre. Voilà pourquoi on doit construire d'une manière très-simple et très-économique les bâtiments ruraux, afin de les transformer toutes les fois que le besoin s'en fait sentir.

Après ces observations générales, nous allons jeter un rapide coup d'œil sur les divers genres de constructions, en ayant soin de renvoyer le lecteur aux divers articles de ce dictionnaire qui auraient traité déjà plus longuement des mêmes locaux.

I. Habitation de l'homme. — L'habitation de l'homme doit satisfaire à de nombreuses conditions : elle doit être salubre, bien située, bien orientée; son intérieur doit être bien distribué et en rapport avec les besoins de celui

qui l'habite : aussi la disposition intérieure des maisons varîe-t-elle ; il existe un type pour le journalier, un autre pour le petit cultivateur, et divers types pour le fermier de petite, de moyenne et de grande culture. ( Voy. Maison.) II. Logement des animaux. — Les locaux

Fig. 2. — Pavillon rustique en bois en grume.

affectés au logement des animaux doivent réunir de nombreuses conditions; nous en avons déjà parlé dans cet ouvrage; nous n'insisterons pas, et, après avoir donné un modèle d'écurie (fig. 1), nous renverrons le lecteur aux mots Bergerie, Écurie, Étable, Porcherie, Chenil, Lapinière, Garenne, Poulailler, Colombier, Pigeonnier, Basse-cour, Apier, Magnanerie.

Pavillon en bois en grume.

III. Constructions annexes de la ferme. — Ces constructions comportent : des abris pour les instruments agricoles et les outils; des ateliers pour le charronnage, la forge, le tonnelage ; des appentis et des hangars ouverts ou fermés, des remises; des constructions pour abriter et conserver les récoltes, telles

RURALES (OONSTRUCTIONB).

qne fenils, magasins à fourrages^ granges, greniers et graineries, silos pour grains, fruitiers, glacières, sécheries et séchoirs ; des constrac tiens destinées à transformer les récoltes, telles qne boulangeries, fours, fournils, pétrins, distilleries et féculeries, cuisines rurales, laiteries, yendangebirs; des constructions destinées à recueillir, emmagasiner ou perdre les eaux, telles que fontaines, puits, réservoirs, viviers, mares, bassins, citernes, abreuvoirs.

puisards, cloaques, bois-tout ou puits perdus, puits absorbants ; des constructions destinées à recueillir et conserver les engrais, telles que fumières, purinières, latrines, fosses fixes; enfin des constructions destinées au lavage, blanchisseries, buanderies. On utib'se souvent pour les constructions annexes de la ferme le bois en grume et des toits de chaume. Ce type de constructions fournit des pavillons pittoresques analogues à ceux représentés par nos

Plg. 4. — Grande ferme avec les bâtiments en retour en double éqnerre.

figures 2 et 3, qui servent de logement à des animaux et ont été élevés au jardin d'acclimatation de Paris par notre confrère M. Tricotel. (Voy. Hangar, Remise, Grange, Glacière, Fruiterie, Silo, Four, Laiterie, Puits, Réservoir, Citerne, Cloaque, etc.)

IV. La ferme. — L'étymologie de ce mot est assez douteuse ; les uns le disent dérivé du grec ^pfxa (clôture), ou du celte ferma (louage) ; d'autres, Littré parmi eux {LicU de la langue fr.), le donnent comme dérivé du picard/arm« ou du provençal /^rma, qui tirerait son origine d'un mot de basse latinité ,/r7wa;

Jirmtcs, chose ferme, établie. Quoi qu'il en soit de ces diverses étymologies, nous dirons, avec le jurisconsulte, que le fermier est le cultivateur qui, moyennant un prix annuel donné à un propriétaire d'un bien agricole, l'exploite pour en retirer un profit plus considérable. Il existe des fermes de diverse importance, qu'on dénomme petites fermes, fermes moyennes, enfin grandes fermes. L'étendue de chacune d'elles est très-variable suivant les pays ; en moyenne, la petite ferme possède environ 80 hectares, la ferme moyenne 150, la grande ferme 250 hectares. — Des causes locales, la manière d'exploiter et le genre de l'industrie agricole

RURALES (C0N8TBUCTI0N8).

peuvent aussi donner lieu aux classifications suivantes : 1° pays montagneux^ dénudé, coupé par des routes et des ruisseaux exigeant beaucoup de main-d'œuvre : très-petite ferme; 2** domaine situé sur le flanc d'une grande colline ou d'une montagne "t ferme de petite exploitation; 3** pays très-peuplé, où la propriété est très-divisée, domaine situé près d'une ville : ferme de petite et de moyenne exploitation ; 4*^ pays en plaine, dans lesquels

les communications et les transports sont faciles : ferme de moyenne et de grande exploitation; 5"^ pays dans lesquels les biens sont concentrés dans les mains d'un petit nombre, ou dont le fonds naturellement fécond produit une vigoureuse végétation : grande ferme; 6^ domaine situé près d'une grande ville dont les habitants s'adonnent au commerce, ou près d'un centre manufacturier : ferme de trèsgrande étendue.

Fig. 5. — Grande ferme ; bAtimenta dispoeée en paraUélogramme arec ooor centrale.

il::l:

Quelle que soit l'importance d'une ferme, elle doit toujours réunir certaines conditions générales que nous allons résumer le plus brièvement possible : 1** placer le bâtiment d'habitation au centre et au fond de la cour, de manière à permettre au chef de l'exploitation d'exercer une surveillance facile, permanente, de son cabinet, de sa chambre ou de toute autre pièce ; disposer le jardin et le potager en arrière du bâtiment d'habitation, ce qui donne un aspect agréable aux pièces situées de ce côté, et de plus permet la surveillance des travaux qui s'exécutent dans le jardin et le potager; 2** séparer entre eux, par des vides

ou des hangars seulement, tous les bâtiments; isoler surtout les granges et greniers à foin de l'habitation, afin de diminuer les risques d'incendie et afin de pouvoir, en cas d'accident, circonscrire le feu ; S*" suivant l'importance de la ferme, grouper les bâtiments de difiérentes façons : sur une seule ligne pour les petites fermes; en retour d'équerre pour les petites et les moyennes fermes; en double équerre et en parallélogramme avec cour centrale pour les grandes fermes (fig. 4 et 5); au centre de la cour, on devra placer la fosse à engrais avec l'aire à fumier pour abréger et fiuîiliter les transports des écuries à cette dernière destina-

RURALES (constructions).

tion ; 4^ ne pas craindre de faire la cour assez grande, mais cependant la réduire à un minimum en rapport avec la surface des constructions; 6** rapprocher de l'habitation les écuries des animaux de choix ou reproducteurs et placer auprès les infirmeries, afin de dépenser le moins de temps pour leur surreillance ; 6° envoyer au moyen de rigoles couvertes ou canalisations souterraines toutes les urines du logement des animaux et les diriger dans la fosse aux engrais avec une pente plus ou moins forte suivant la distance à parcourir, mais jamais moindre de 0",015 par mètre ; T donner nn assez grand développement aux greniers à fourrages, afin de pouvoir s'approvisionner pour plusieurs mois sans être obligé d'entasser les fourrages dans un espace trop restreint, ce qui au bout d'un certain temps finit par les altérer; 8** aérer largement les greniers par de nombreux châssis à tabatière et des cheminées de ventilation placées sur le faîte des greniers et avec le concours de barbacanes ou ventouses d'aération placées au bas des murs sur le plancher; 9'' ventiler les écuries, étables, bergeries, à l'aide de cheminées d'appel en bois ou en poteries, suivant les principes que nous avons donnés dans les différents articles de ce dictionnaire, notamment au mot Écurie, et disposer les ouvertures de ces cheminées de façon à éviter les courants d'air trop violents; 10'* donner aux écuries et aux étables une largeur convenable pour conserver un passage assez large (Voy. Écurie); 11'' dans les bergeries, ne pas craindre de multiplier les portes, les établir à deux vantaux pour faciliter la sortie des moutons et pouvoir donner un aérage sufSsant; 12^* tous les logements des animaux qui auront au-dessus d'eux des greniers auront des plafonds hermétiquement clos, afin que l'odeur qui se dégage des litières ne donne point d'odeur aux fourrages ; Id'' les granges auront des portes assez larges et assez hautes pour permettre aux voitures fortement chargées de les traverser (Voy. Grange); 14^ à droite et à gauche des passages des granges, on devra établir des planchers assez élevés pour permettre le déchargement des gerbes et pouvoir établir au besoin la machine à battre sur le passage; \h^ disposer dans le

centre de la cour et dans l'ordre que nous ii\diquons, le plus près de la maison, le puits, l'abreuvoir, le pigeonnier, la fosse à purin et l'aire à fumier ; près de celle-ci, placer le poulailler et la basse-cour» le premier sous une extrémité de hangar et la seconde près de l'abreuvoir ; le** isoler les porcheries et les éloigner de l'habitation, et dans tous les cas les orienter de telle façon q^e, placées autant que possible au midi, le vent dominant dans la localité n'apporte pas les odeurs dans la direction de l'habitation du fermier; 17** ménager de larges passages à l'entrée et à la sortie latérale des bâtiments, afin d'obtenir une circulation facile pour les animaux et les voitures de toute sorte; 18* établir un mur d'enceinte autour des bâtiments ou relier les murs de ceux-ci par des portions de mur, de manière à défendre l'entrée sans autorisation à toute personne étrangère à la ferme; 19** enfin, il faut autant que possible que les bâtiments soient groupés de telle façon qu'on puisse les agrandir d'une ou plusieurs travées, sans avoir à démolir à droite ou à gauche. — Telles sont les conditions primordiales pour la construction d'une ferme, conditions qui se trouvent suivies dans les types que montrent nos deux figures.

Bibliographie. — Traité des hâUments propres à loger les animaux qui sont nécessaires à F économie rurnley 1 vol. in-fol., fig., Leipzig, 1802 ; — de Perthuis, Traité éC architecture rurale^ 1 vol. in-4®, Paris, 1810 ; — Gandy, Rural architecture , designs for countn/ buildings, 1 vol in-4*, Londres, 1806 ;

— J.-B. Papworth, Rural résidence, 1 vol. in-8<», 1832 ; — P. Goodwin, Rural architecture, 2 vol. in-8<*, Londres, 1835 ; le même, Supplément to cottage architecture, 1 vol. in-8°, Londres, 183.5; — Aikin (E.), Designs for villas and other rural buildings, 1 vol. in-4«, Londres, 1836 ; — P.-P. Robinson, Rural architecture, 1 vol. in-4°, Londres, 1836; du même. Village architecture, 1 vol. in-4*, Londres, 1837 ; — J.-C, Loudon, An Encyclopedia of cottage, farm, etc., 1 vol. in-8°, Londres, 1842;

— Bona, Traité des constructions rurales, 1 vol. in-12, Paris, 1864 ; — L. Moll et Eugène Qayot, Encyclopédie promue de l'agriculteur (de nombreux articles, notamment dans le tome VIII) ; — Ernest Bosc, aichitecte, Traité des constructions rurales , 1 vol. in-8® Jésus, avec 676 figures dans le texte ou hors texte, Paris, 1876.

RUSTICAGE. — RUSTIQUER,

. RUSTICAGE, 8. m. — On désigne sous ce terme Tune des opérations de la taille des pierres qui suit l'ébauchage, et qui, suivant la nature de la pierre, précède l'emploi de la ripe. Le rusticage se pratique avec une sorte de marteau bretté nommé rustique, ou avec la boucharde. — On désigne aussi sous ce terme h piquage des joints de pierre avec une pioche. On exécute ce travail afin de faciliter une grande adhérence au mortier.

RUSTIQUE, adj. et s. m. — Ouvrage composé de pierres brutes, naturelles ou imitées. — Qualification qu'on donne ordinairement à un ouvrage grossièrement exécuté. — On nomme encore ainsi un marteau de tailleur de pierre dont la brettelure est à grosses dents séparées

entre elles de 0",005 à 0",00C. Les ouvriers appellent aussi cet outil Chien. (Yoj. ce mot.)

RUSTIQUE (Bois). — On nomme ainsi un bois dont les fibres sont tordues, ondulées et pour ainsi dire nouées les unes avec les autres. Ce défaut du bois le rend difficile à travailler, parce que le fil se présente souvent au rebours du mouvement servant à manier l'outil, de sorte que celui-ci arrache le bois au lieu de le couper.

RUSTIQUER, V. a. — Exécuter un rusticage; piquer une pierre avec la pointe du rustique entre les ciselures relevées pour rendre les joints bruts, afin que le mortier puisse y adhérer plus facilement.

8. — Dix-neuvième lettre et quinzième consonne de notre alphabet, qui, dans les abréviations et les inscriptions latines, peut signifier sacrum, solvif, sains, etc. S. C. signifie senaio consulta; S. M., sacrum manibus; S. P. Q. R., ssnatuB papulusque romanus. S. D. pouvait signifier salutem darSy ou bien c'était la formule de salutation, salutem dicit, que les Romains mettaient en tête de leurs missives. Dans notre langue, S veut dire sud, S.-E., S.-O., sud-est, sud-ouest ; 8. Y. P., s'il vous plaît, d'où la formule qu'on inscrit au bas d'une page de lettre T. S. V. P., tourner flil vous plaît. — Comme signe de numération, l'S valait chez les Romains 7 ou 90, et surmonté du tiret (B), 90,000; le sigma grec (a) avec l'accent en dessus valait 200, et avec l'accent en dessous

SABLE, s. m. — Substance minérale, pulvérulente, provenant de la désagrégation des roches calcaires, granitiques, quartzeuses et siliceuses. Cette désagrégation se produit soit souB l'action mécanique des eaux, soit spontanément. Il existe divers genres de sables ; on distingue : 1^ les sables fossiles, qu'on trouve dans les plaines où ne passent ni rivière, ni fleuve, ni aucun courant d'eau; 2** les sables vierges, qui proviennent des roches en décomposition et se trouvent par conséquent à côté de ces roches ; 3^ les sables de carrière, soit vierges, soit fossiles, et qui sont les meilleurs pour la fabrication des mortiers, parce que leur forme prismatique et anguleuse présente plus d'aspérités que les sables de rivière qui sont ronds : par suite, les mortiers faits avec les premiers fournissent une plus grande cohésion; 4^ les sables de rivière, qui sont ceux qu'on trouve dans le lit des fleuves ou des rivières ; 5" enfin le sable marin, qui se trouve

sur les bords et le rivage de la mer, dans les dunes.

Pratique. — Les sables ont des emplois très-divers dans les constructions, mais ils servent principalement pour la fabrication des mortiers. Les constructeurs les divisent en trois grosseurs : fin, moyen et gros; ils Bont fins quand leur grain a moins d'un milh'mètre de diamètre; ils sont moyens quand ils ont un millimètre ou deux; enfin, on nomme gros sable celui dont le grain mesure deux ou trois millimètres ; au-dessus de cette force, on le nomme gravier. Le sable moyen est dit mignonnette; les ouvriers l'appellent ainsi parce qu'il est de la grosseur du poivre mignonnette, c'est-à-dire qui a environ deux millimètres de diamètre. — Les sables employés pour la fabrication des mortiers doivent être dépourvus de terre argileuse ou de toute autre matière étrangère. On reconnaît qu'un sable est pur quand, jeté avec une certaine force daDS l'eau, il ne la trouble pas; tandis que le sable terreux ou limoneux la trouble plus ou moins et la colore, soit en jaune, soit en gris ; ensuite, le bon sable crie dans la main qui le serre et ne la salit pas.

Le sable marin fait d'excellents mortiers, bien que des constructeurs soutiennent le contraire ; mais il a l'inconvénient de rendre les murs très-sensibles aux influences hygrométriques : ainsi, quand l'atmosphère est chargée d'eau, les murs faits avec du mortier de sable marin se couvrent d'humidité, ce qui présente de grands inconvénients. C'est pourquoi on fait bien de rejeter le sable marin quand on peut s'en procurer d'autre ; mais quand on est réduit à l'employer, on doit le laisser exposé aux pluies au moins un an avant d'en user, ou bien il faut le laver avec de l'eau douce.

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