‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 144 sur 325 · BASE · texte numérisé non relu

BASE

composite. — Cependant, même dans l'antiquité, les proportions et le caractère des bases différèrent plus ou moins, suivant l'expression de rarchitceture : ainsi notre figure 1 montre une base du forum triangulaire de Pompéi, qui a un caractère propre à l'architecture pompéienne. Les Romains firent des bases de colonne d'une richesse inouïe, et, pour les mettre en harmonie avec le fût, ils décorèrent celui-ci

Fig. 2. — Base de colonne, bai)tistère de Constantin.

de feuilles d'acanthe. Notre figure 2 montre une de ces bases ornées ; elle provient du baptistère de Constantin, à Rome; notre figure 4 donne plus loin un deuxième spécimen d'une grande richesse.

Quel(iuefois dans les édifices anciens, et toujours dans ceux des temps archaïques, la base est supprimée ; le fût , élargi à sa partie inférieure, porte directement sur le socle ou le soubassement du monument. (Voy. Dorique GREC, Ordre.) — Dans la plus haute antiquité, la base a dû, comme le tailloir du chapiteau, n'être qu'une simple plinthe ; on voit un type de ce genre dans les ruines du temple dorique de la Concorde, à Agrigente. Les anciens monuments de rEgyi)te nous offrent des exemples d'un simple tore ou d'mi empattement servant de base aux colonnes.

L'architecture romane emploie des bases antiques qu'elle déforme ])lus ou moins; le moyen âge crée des types de bases très ^•ariés , mais qui ix;chent souvent par manque de goût, et, comme le roman, elle ajoute des appendices aux angles des bases : ce sont des têtes informes, des ornements souvent fort bizaires. Xotre figure 3 montre deux bases de ce genre; elles sont tirées du cloître de l'abbaye de Moissac,

qui date de la première moitié du xii'' siècle. On a donné à ces appendices angulaires, suivant leur forme , divers noms ; ce sont : des Pattes ou Griffes, des Empattements (voy. ces mots). — A toutes les époques, les bases anciennes n'ont jamais été complètement délaissées ; la base attique , plus ou moins altérée dans son profil, a été de toutes la plus en usage jusque vers la fin du xii^ siècle ; pendant le xiii^ les tores des bases sont méplats, les gorges ou scoties sont très profondes, très creuses, et les filets ou listels fort minces ; au xiv^ , la base

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Fig. 3. — Bases, cloître de l'abbaye de Moissac (xn« siècle).

se modifie : elle s'aplatit, devient plus large et prend une forme caractéristique, jusqu'alors inusitée, et qui varia encore pendant le xv*^ et le xvi*^ siècle , en même temps que le style même de l'architecture. C'est à partir du xv"^ siècle qu'apparaissent les bases prismatiques, ainsi dénommées à cause de la forme de leur socle. Au XVI" siècle, le retour à l'architecture antique soumit les bases aux profils traditionnels des ordres classiques.

Suivant leur nature ou leur forme, les bases prennent différents noms : ainsi une base est

Fig. 4. — Base de colonne, nympliée de Diane.

dite continuée, lorsqu'elle accompagne les retours d'un pilastre, d'une colonne, d'un soubassement avec filet ou congé; elle est dite mutilée) si son profil en retour des côtés d'un

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