‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 150 sur 325 · BATARD. — BATARDEAU · texte numérisé non relu

BATARD. — BATARDEAU

divisant le saillant a en deux parties égales, se nomme la capitule du Vasiion, et l'espace compris entre g (j se nomme la gorge. — La fonne générale de cet ouvrage est invariable ; cependant il peut être régulier (fig. 1), c'està-dire avoir ses faces et ses flancs égaux entre eux et les angles correspondants semblables ; ou même ces derniers , suiMiut la position, peu-

Fig. 2. — Bastion.

vent être dissemblables (fig. 1, c' c , ce) ou irréguliers (fig. 2), lorsque les faces ou les angles ne sont pas égaux à leurs correspondants. Les flancs affectèrent primitivement la forme en oreillons, comme le montre la figure 3. Cette disposition ne se rencontre plus que dans les constructions anciennes ; elle a été abandonnée à la fin du xvii® siècle, à la suite des améliorations et des réformes introduites par Vauban dans l'art des fortifications. — Les flancs d'un bastion sont tracés perpendiculairement au prolongement des faces des bastions voisins, afin que ces omnrages puissent se défendre mutuellement. Les surfaces respectives sont dirigées de manière que leurs feux viennent, en se croisant, battre le terrain ou partie de l'enceinte droite qui réunit les deux bastions ; ce terrain se nomme la courtine. La paroi extérieure, verticale ou légèrement en talus, se nomme V escarpe; c'est la partie figurée en noir dans nos figures. La paroi qui soutient le chemin couvert, c'est-à-dire celle qui est opposée à l'escarpe, se nomme contrescarpe. L'escarpe est revêtue en maçonnerie, soit de pierre de taille, soit de briques, soit de moellons, soit de meulière. Ce revêtement est mis à couvert du feu des assiégeants par le glacis/^ /,- son sommet est couronné d'un parapet ou épaulement eu talus, fait en terre et gazonné. — Les bas-

tions peuvent présenter deux étages de feux au moyen de cavaliers ; ils peuvent être casematés. L'approche en est toujours défendue par un fossé qu'on peut submerger ; la largeur de celui-ci et sa profondeur varient suivant l'ira- ])ortance de la place et les conditions locales. Les l)astions sont quelquefois entièrement détachés des murailles ; leur gorge est alors fermée. Ils communiquent avec la place par des chemins fermés ou des galeries souteiTaines. On fait aussi des demi-bastions, destinés à dé-

Fig. 3. — Bastion.

terminer des enceintes; ces pièces de fortification n'ont qu'un flanc et une face. (Voy. Militaires, Constructions, Exceixte, Rempart, Fossé, Courtine, Escarpe, Contrescarpe.)

BATARD, udj. — On aj^pelle matériaux hâtards ceux qui ne sont pas conformes à l'échantillon d'usage, soit qu'ils excèdent la dimension de celui-ci , soit qu'ils ne l'atteignent pas. Les anciens pavés retaillés sont des matériaux bâtards, ainsi que les ardoises, carreaux de terre cuite retaillés, etc.

On appefle mortier hâtard le mortier ordinaire auquel on a ajouté un certaine quantité de ciment de Yassy, pour lui donner de l'énergie et activer sa prise. (Yoy. Mortier.)

BATARDE. — Voy. Lime et Porte.

BATARDEAU, s. m. — Digue destinée à garantir de toute infiltration un travail exécuté au-dessous du niveau des eaux environnantes : c'est donc une enceinte parfaitement étanche que l'on construit autour d'un emplacement submersible et dans lequel on veut construire. Cette enceinte une fois établie, on épuise son contenu avec des pompes ou autres appareils d'épuisement. Les batardeaux sont

BATEAU. — BATIERE.

fréquemment employés pour la construction des écluses, des canaux et des piles de pont. Ils se composent ordinairement de deux files parallèles de pieux réunis par des moises boulonnées, entre lesquelles on place des palplanches jointives : celles-ci sont fichées en terre. On remplit de glaise pilonnée ou de béton l'espace compris entre ce double mur de palplanches. Ce dernier doit avoir une largeur suffisante poiu" résister à la poussée qu'exercera l'eau extérieure, quand le batardeau sera "vddé. Quand la hauteur des eaux qu'on veut maintenir n'est pas très élevée, ne dépasse pas un mètre, par exemple , une ^simple levée de terre gazonnée suffit, pourvu toutefois que le com-ant ne soit pas rapide. (Voy. Pieux, Pilots, Pilotis.) — Dans l'art mihtaire, on nomme hatardeau un massif de maçonnerie qui sert à retenir l'eau d'un fossé.

BATEAU (Bois de). — Bois provenant de la démolition et du déchirage de bateaux, et qui a de nombreux emplois dans la construction. On fait de ce bois des barrières, des cloisons de cave , et surtout des cloisons de remplissage.

BATELLEMENT, s. m. — Dernier rang de tuiles, d'ardoises ou de bardeaux recoupés d'un comble, qui portent sur les chéneaux ou sm* les gouttières. Le batellement sert à rejeter les eaux du comble dans le chéneau ou la gouttière ; il est toujours recouvert par un Bureau (voy. ce mot) d'ardoise, une portion de tuile ou de bardeau. Le batellement est quelquefois eu plomb ou en zinc.

BATI, s. m. — Pièces de bois, de fer ou de fonte assemblées ou venues de fonte servant de socle, de support à une machine, à un engin quelconque. En charpente, les pièces principales d'un pan de bois, des pièces assemblées, telles que des poteaux reliés par des sablières, sont des bâtis.

En menuiserie, ce mot désigne une sorte de cadre dans lequel on assemble des pièces devant foiTuer un tout complet : par exemple, des montants et des traverses recevant les panneaux d'une porte, d'un lambris, ou bien les lames d'une persienne.

DICT. D'aRCIIITECTLEE. — T. I.

Bâti d'excadremext. — Bâti formant le cadre d'un panjuct, d'un panneau.

Bâti dorjiaxt. — • Espèce de cadre ajusté et scellé dans la feuillure d'une baie et sur lequel battent soit une porte, soit les châssis ou\Tants d'une fenêtre. Les bâtis de porte se composent de deux montants et d'une traverse ; ils sont aussi fixés quel(piefois sur des Contre-batis (voy. ce mot). Les bâtis de fenêtre sont des cadres complets , composés de deux montants et deux traverses ; celle du bas est en quart de rond et forme jet d'eau en dessous. Les montants des bâtis dormants portent souvent une feuillure et une rainure en quart de cercle destinée à recevoir une Noix (voy. ce mot) de même forme réservée sur le battant mobile. (Voy. Battant.)

Bâti double. — Second bâti assemblé à l'intérieur d'un autre : par exemple, un guichet ménagé dans un des vantaux d'une porte coché re ; on nomme le plus grand, Mti de rive.

Bâti de remplissage. — Bâti divisant et subdivisant en petits compartiments un lambris , un parquet.

Bâti de tenture. — Cadre sur lequel les tapissiers clouent- de la toile pour poser du papier de tenture.

BATIÈRE (En), loc. adv. — Un clocher est dit en hâtière, c'est-à-dire en forme de bât, lorsqu'il est terminé en pignon et qu'il n'a

Fig. 1. — Bâtit-re (1" type). Fig. 2. — Bâtiùre (2« type).

que deux versants opposés. Les toits en bâtière sur les clochers sont assez rares ; ils couronnent presque toujours des clochers d'époqae romane et sont toujours antérieurs au xii® siècle.

BATIFODACxE.

BATOX.

Xos figures montrent deux tjpes, de clochers en bâtière.

BATIFODAGB, s. m. — Substance composée de bourre et de teiTC grasse, qui sert à exécuter des plafonds qu'on blanchit" au Blanc DE BOURRE (voy. ce mot).

BATIMENT, s. m. — Il est peu de mots dans la langue des constructeurs qui soient moins nettement définis que celui-ci. En effet, par son sens propre, ce terme sert à désigner un édifice en cours de construction ; il désigne le gros œuvre, l'œmTe matérielle, la bâtisse. Il signifie également l'art pratique de la construction ; de là les termes vulgaires de (jens du bâtiment, industries du bâtiment, pour désigner les honnnes qui s'occupent des travaux de construction, ou qui exercent un métier ou vivent d'une industrie se rattachant au bâtiment. Ce mot sert encore à désigner à la fois de modestes et de somptueuses constructions, une masse distincte, une portion d'un grand édifice ; ainsi ou dit : le bâtiment princiijal de ce palais, les bâtiments secondaires ou en aile, enfin les bâtiments des communs. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de significations , qui dans bien des cas semblent se contredire.

Des règlements administratifs règlent la police des bâtiments, et cela depuis un temps immémorial. Ces ordonnances s'occupent des façades, de la solidité et de la salubrité des bâtiments ; nous n'en parlerons pas ici et nous renvoyons le lecteur aux articles AiiiGNE- MENT, Combles, Façade, Maison, Saillie, Voirie, etc.

Bâtiments civils (Conseil des). — Jusqu'en 1789, l'entretien et la construction des bâtiments civils (édifices et monuments publics) furent abandonnés aux soins des diverses administrations publiques, qui construisaient comme bon leur semblait.

Une loi du 27 avi-il 1791 confia au ministre de l'intérieur la direction générale des travaux pulilics ; deux ans après , un décret du 3 a\Til 1793 donna cette direction à une commission prise dans le sein de la Convention; enfin, après la promulgation de la constitu-

tion de l'an III (1794), le ministre reprit ses anciennes attributions , et c'est de cette époque que date l'organisation ja-emière du conseil des bâtiments civit s.

Sous les deux empires, ce conseil fut placé sous la surveillance de divers ministères ; les bâtiments civils furent divisés en Ijâtiments de la couronne, monuments historiques, édifices diocésains : les uns dépendaient de la hste civile , les autres du ministère des beauxarts, les autres de l'instruction publique. Aujourd'hui même le conseil des bâtiments civils change souvent de département, et les monuments et édifices publics appartiennent à divers ministères.

BATIE, V. a. — Edifier, construire. — C'est un art véritable, puisqu'on dit Vart de bâtir; il exige même de grandes connaissances théoriques et pratiques, et cependant tout le monde a le droit de bâtir, en se conformant aux lois et règlements en usage. (Voy. Permission.)

BATISSE, s. f. — Ce mot est quelquefois employé comme synonyme de bâtiment, mais il sert plutôt à désigner tout ce qui entre dans la construction d'un bâtiment, surtoirt en ce qui concerne la maçonnerie.

BATON, s. m. — Grosse moulure ronde employée dans les bases des colonnes ; on la nomme plutôt Tore (voy. ce mot).

Bâtons rompus. — Ornement d'architecture figurant un boudin, un tore brisé régulièrement de distance en distance ; on le nomme ainsi parce qu'il offre en effet quelque ressemblance avec un bâton qu'on briserait et auquel on ferait former une suite d'angles. On nomme encore à tort cet ornement Grecques, Méandres, Frettes, Chevrons et Contre-chevrons (voy. ces mots), qui sont des ornements distincts. Malheureusement, aujourd'hui, même dans la langue des architectes, ces mots deviennent synonymes par un long usage vicieux. Notre figm-e 1 montre une partie d'archivolte décorée de bâtons rompus, qu'on peut à la rigueur nonmier chevrons, mais non autrement, sans manquer de justesse dans l'expression; et notre figure 2, des dou-

BATOXEE.

Page 1