BASSE-COUR
époque les rinceaux et les feuillao-es fusscut exécutés a\'ec uu certain talent , les bas-reliefs sont encore fort peu remar(iual)lcs ; au xiii" siècle, il y a un progrès, qui devient plus sensible aux XIV® et xv® siècles; avec le xvi% la renaissance française nous donne les bas-reliefs les plus fins, les plus délicats, les plus admirables : citons les bas-reliefs du tombeau des deux cardinaux d'Amboise, à la cathédrale de Rouen; ceux des tombeaux de Louis XII, de François I" et de Henri II , dans l'église de Saint-Denis; ceux des monuments du duc François II dans 1'^ cathédrale de Xantes, et des princes de Savoie dans l'église de Notre-Dame de Brou; les admirables nymphes de la fon-
Fig. 2. — Bas-relief du temiile Ve.^pasien, à Rome.
taine des Innocents, de Jean Goujon, que nous donnons planche IX (au mot Fontaine, le lecteur trou^'era l'ensemble du monument) ; enfin les bas-reliefs que ce même sculpteur a exécutés dans la cour du Loun'e.
Pour le style des bas-reliefs aux différentes époques de l'art, nous renverrons le lecteur au mot Sculpture.
Les bas-reliefs sont très utiles à la science archéologique, puisqu'ils peuvent aider à assigner d'une manière certaine l'époque d'un monument; ils sont également utiles à l'histoire, puisqu'ils nous ont conser-\-é un grand nombre de sujets mythologiques ou historiques, ainsi que la configuration de beaucoup de monuments, la représentation de divers personnages, costumes, armes, meubles et ustensiles divers.
Notre ligure 2 montre un bas-relief de la frise d'entablement du temple de Vespasien, à Eome; on y voit un casque, des instruments de sacrifices et un Bucrane , que nous donnons à ce mot. Notre dessin est fait d'après une res-
tauration de ce temple par notre confrère M. Ernest Co(juart.
L'architecte conçoit rarement et exécute encore moins les ])as-reliefs dont il décore ses œu'STCS : il se contente d'indiquer dans ses dessins des croquis ; seulement il doit assez connaître la théorie et les lois de l'esthétique de la sculpture pour pouvoir diriger le sculpteur, et lui inspirer le style le plus convenal)le, celui (|ui sera le plus en rap])ort avec le style du monument; car le bas-relief est une partie unportante de la décoration architecturale.
On peut dans les ouvrages suivants étudier les bas-reliefs conservés dans les musées d'Europe :
Bibliographie. — J. Pet. Bellori, Aclmiranda romanarum antlqultatum, etc., in-fol., Rom?e, 1G93: J. Bottari et N. Foggini, Musée du Capitole, 4 vol. in-fol., Rome, 1741-82; J.-B. Visconti et Ennius Quirinus Visconti, il Museo Pèo-Clementino, le Jfusée Pio-Clcmentin, 7 vol. gr. in-fol., Eome, 1782- 1807; G. Gottlieb Becker, Augusteum ou Description des monuments antiques qui se trouvent ù Dresde^ 3 tom. en 1 vol. in-fol., Leipzig, 1804-11 ; Ant. d'Esté et Gasp. Capparone, il Museo Cliiaranionti , aggiunto al Pio Clemenfino , le Musée Chiaramonti, etc., 3 vol. gr. in-fol., Eome, 1808 ; Th. Pirali et G. Zaega, Bassirilievi anticJii di Rome, Basreliefs antiques de Rome, 2 vol. in-4°, Eome, 1808; P. Bouillon, Musée des antiques, 3 vol. gr. in-fol., Paris, 1811-27; J.-j\I. Wagner, Bassirilieri anticJd délia Grecia sia fregio del tempio di Apollo Epicurio, Bas-reliefs antiques de la Grèce, etc., in-fol. obi., Eome, 1814; F. de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, G vol. in-S" et G vol. in-4'' obi., Paris, 1826-53. Voir comme complément la bibliographie, au mot Si'ULPTURE.
BASSE-COUPt. s. f. — Dans une maison de ville, la basse-cour est une seconde cour située derrière les bâtiments ou sur les côtés de la cour principale; c'est la cour sur laquelle sont élevés les bâtiments destinés aux écuries et aux remises, aux cuisines, offices, communs, etc. Les basses-cours ont des entrées particulières et distinctes de la cour principale, afin de faciliter le service et ne pas encombrer celle-ci. Dans les campagnes, la basse-cour est entourée des bâtiments d'exploitation rurale, qui ont plus ou moins d'é-
Plaxche IX. — XyiupUes de Jcau Goujon, d'aprôs une photograpliie.
BASSE-FOSSE. — BASSIX,
tendue, suivant Timportancc des récoltes de la propriété. • — Dans les pays de vignobles, la basse-cour est entourée de caves et de celliers ; dans les contrées riches en céréales, ce sont les granges et les greniers qui remplacent les celliers ; enfin les écuries et les étables domiment, si l'élevage du bétail est le principal produit de l'exploitation.
Au moyen âge, on nommait basse-cour, hayh ou baille, l'enclos des châteaux féodaux ; c'était le teri'ain enfermé dans les murs. (Voy. Bayle.)
Basse-cour. — Habitation des animaux domestiques, surtout le logement et la cour réservée à la gent volatile. Les dispositions des basses-cours sont très variables ; les bons traités de constructions rurales en donnent des spécimens.
BASSE-FOSSE, s. f. — Fosse peu profonde dans laquelle on jetait les prisonniers et qu'on refermait ensuite à l'aide d'une trappe ou d'une pierre. Au moyen âge, il existait, diton, des basses-fosses dans les châteaux féodaux et dans les prisons.
BASSICOT, s. m. — Caisse en bois, de fonne rectangulaire, qui sert dans les ardoisières à amener les blocs d'ardoises du fond de la caiTière à la surface du sol. Ces caisses sont hissées et guidées dans leur course par des câbles : un de leurs côtés est mobile et sert à les vider.
BASSIX, s. m. — Ce terme a de très nombreuses significations : en général, c'est une excavation, plus ou moins étendue ou profonde, destinée à contenir de Teau ; aussi le fond et les parois des bassins sont-ils revêtus de matériaux ou mortiers jouissant d'une imperméabilité plus ou moins considérable. L'eau ayant un poids considérable, on ne peut établir les bassins que sur des ten-ains très solides ; autrement le poids du liquide, agissant sur le fond, })ourrait amener la dislocation de la maçonnerie, et les trous ou fissures qui en résulteraient rendraient les ba.ssius improjjres à leiu" destination. Pour éviter ces incon\énients, si le sol est
mouvant, on le consolide à l'aide de grils en charpente (voy. Gril) dans les interstices desquels on coule un béton gras et épais.
Bassin. — Terme d'architecture hydraulique (art des jardins) ; capacité fixe ou mobile , plus ou moins profonde, de forme variable : il existe, en effet, des bassins rectangulaires, circulaires, polygonaux. Les bassins concourent à l'agrément et à l'ornementation des jardins, surtout quand ils possèdent des gerbes ou des jets d'eau. Le fond et les parois des bassins de capacité moyenne sont formés d'un corroi de glaise soigneusement exécuté, qu'on revêt d'une maçonnerie de moellon ou mieux de meulière hourdée de mortier hydraulique ou de ciment. Si la maçonnerie est en pierre de taille , un simple jointoiement en ciment suffit pour obtenir toute l'imperméabilité nécessaire. Les fontaines monumentales , les petits bassins en beaux matériaux, en marbre blanc par exemple, sont quelquefois revêtus de tables de plomb à l'intérieur. (Voy. Fontaine.)
Lidépendamment de l'orifice amenant l'eau, les bassins possèdent deux autres issues : l'une, ménagée dans le fond, permet de les mettre à sec, de les nettoyer et de les réparer; l'autre, à la partie supérieure , sert de passage au trop plein et maintient l'eau à un niveau constant.
Bassin de décharge. — Bassin dans lequel se déchargent toutes les eaux de jets d'eau, cascades et fontaines, après avoir produit leur effet. Les eaux qui traversent une propriété, une commune, un pays, en passant par des canaux ou en suivant leur cours naturel, arrivent souvent dans des . bassins de décharge, qui déversent eux-mêmes leurs eaux par quelques rigoles ou ruisseaux au plus prochain cours d'eau.
Quand les bassins sont d'une grandeur considérable, on les nomme étangs, réservoirs, rivières, pièces d'eau; on les construit en blocage couvert par un enduit hydraulique, ou bien on les fait en glaise corroyée et bien battue; ces derniers sont bien plus économiques, mais ne sont pas à beaucoup près aussi imperméables. C'est par ce dernier procédé qu'on établit des cours d'eau et des rivières artificielles dans les parcs et les jardins.
BASSINEE. — BASTILLE.
Bassin de pautaok. — On a créé, mais d'une manière insuffisante, d'innnenses bassins ou réservoirs pour atténuer les désastres qu'amènent après elles les inondations, ou bien encore pour alimenter des canaux ou des rivières. Paul Riquct créa un bassin de ce dernier genre à Saint-Eerréol, près de Sorèze, dans le département du Tarn. Ce bassin, destiné à alimenter le canal du Languedoc, avait été creusé dans d'énormes masses de rochers ; il recevait les eaux du Laudot et de quelques autres ruisseaux. Le bassin de Saint-Ferréol a l /}{]() mètres de longueur; sa largeur, près de la digue de barrage, épaisse de 120 mètres à sa base, est de 780 mètres; sa profondeur d'environ 82 mètres. Sa capacité est de sept à huit millions de mètres cubes. Si les principales vallées de nos grands cours d'eau possédaient beaucoup de bassins de ce genre, on pourrait régler les cours d'eau et rendre complètement inoffensives les crues d'eau qui amènent les inondations.
Bassin. — En termes de marine, c'est un réduit pratiqué dans un port, soit pour alu'iter, réparer, ou construire des navires : de là deux genres de bassins. Les premiers , qu'on nomme bassins à flot, bassins déport, darses^ sont fermés par des portes d'écluse pour maintenir l'eau à un niveau constant, lorsque ces bassins comnuini(juent avec des mers dans lesquelles la marée se fait sentir ; dans les mers sans marée sensible, ils préservent les bâtiments de la houle. Le deuxième genre de bassin comprend les bassins déforme, de radoub ou de construction; ces derniers peuvent être remplis ou vidég à volonté. L'un des plus beaux bassins de ce genre, c'est l'arrièrebassin du port militaire de Cherbourg ; il est creusé dans le roc et a nécessité vingt ans de travaux; il mesure 430 mètres de longueur sur 200 mètres de large, et près de 18 mètres de profondeur en contre-bas des arêtes du quai. Il est entouré de sept formes de radoub.
Bassin a chaux. — Bassin où l'on éteint la chaux. Ces bassins sont en sable, pour les petites quantités de chaux à éteindre ; mais sur les chantiers où s'exécutent de grands travaux on trouve un avantage notal)le à établir des bassins en construction de moellons, ou tout
au moins composés de madriers ou de platsbords posés jointivement et lûtes en teiTC
glaise.
Bassin dk bains.
Thermes.
Voy. Piscine, Bains,
BASSINÉE, s. f. — Quantité de chaux qu'on éteint à la fois dans un bassin à chaux. — Petit bassin dans lequel on introduit par un orifice de jauge l'eau qu'un i)articulier a le droit de prendre pour son usage sur un cours d'eau ou dans un réser\'oir commun.
BASTILLE ou BASTIDE, s.f. — Construction militaire du moyen âge, qui servait à l'attaque ou à la défense des villes fortifiées. Les bastilles étaient en bois ou en maçonnerie. Dans le premier cas, elles étaient temporaires, et servaient à attaquer une place forte ou à défendre et protéger un point faible ; dans le second cas , elles étaient voisines de l'enceinte des murs, ou même elles faisaient partie du plan d'ensemble des fortifications. Les bastilles défensives étaient placées de manière à prendre les assiégeants en flanc ou à revers; des palissades et des fossés les reliaient aux Barbacanes (voy. ce mot) et aux lignes de défense. Lorsqu'on se servit de l'aitillerie pour défendre les villes, c'est-à-dire vers le xvi" siècle, on garnit les anciennes enceintes de petites bastilles, ou hastiitons, échelonnées sur leui' développement. Ce genre de défense fait encore partie de notre système de fortification ; nous avons seulement transformé le mot bastillon, et par abrénation nous en avons fait Bastion (voy. ce mot).
L'usage de ces constructions remonte à la plus haute antiquité, car sur des bas-reliefs découverts à Ninive, et qui se trouvent au Musée Britannique , on voit figurer des tours en bois, espèce de béliers roulants. Nous donnons au mot BÉLIER (fig. S), d'après un moulage du Louvre, un des bas-reliefs assyriens. On voit également des bastions saillants dans des portes de construction pélasgique des ruines de Norba. (Annales de l'institut, archéologique de Rome, t. P% pi. let 2.)
Les différentes enceintes de Paris furent pourvues de bastilles qui défendaient les por-
BASTIOX.
tes; la plus célèbre de toutes, celle dont Charles V lit une citadelle, protégeait la porte
Fig. 1. — Plan-masse de la bastille de Paris, moins les constructions intérieures.
Saint-Antoine ; elle ne fut démolie qu'en 178!i.
Conmie le montre notre tig'urc 1 , rancicnne bastille Saint-Antoine possédait huit tours, hautes de 24 mètres et réunies par d'épaisses courtines ayant à la base près de 3 mètres d'épaisseur. Cette forteresse appuyait l'enceinte de la ville, mais ne s'y reliait pas d'une manière suffisante pour que la possession du rempart amenât la reddition de la bastille. Ces huit tours se nommaient : la tour du Trésor, la toîir de la CJta-pellej la BertJiaudïere, la Liberté (ces deux dernières avaient été construites de 1370 à 1382 par Hugues Aubriot, prévôt des mar-
rig. 2.
La Bastille eu 1789.
chauds); la tour du Comté, la Bazinière, la tour du Coin et la taur du Puits (ces deux dernières furent ajoutées aux anciennes fortifications en 1553). — Les tours de la Bastille étaient divisées dans leur hauteur par cinq étages voûtés ; elles étaient rondes , à base coni(jue. Notre figure 2 représente la Bastille telle qu'elle était en 1781) : c'est la façade ouest, c'est-à-dire celle qui était située du côté de la rue Saint-Antoine et du boulevard.
BASTTOX, s. m. — Diminutif de bastille ; partie saillante angulaire et à deux faces d'une enceinte militaire, dans les fortifications
modernes. Le bastion remiilace les tours qui flaïKiuaient les anciens reiiq)arts ; il se com-
pose (fig. 1) de deux faces a c, a c, et de deux flancs c e, c é, entourant un espace découvert t, qu'on nomme terre-jûein; la ligne fictive t f,