‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 18 sur 325 · ABBAYE · texte numérisé non relu

ABBAYE

vent des abat-vent mobiles qui fonctionnent comme des girouettes et qui présentent .toujours l'orifice par lequel sort la fumée à l'opposé du vent qui souffle. On les nomme T (fig. 1) ; ffimile-de-lovp , h, lanUrnon, c (fig. 2), suivant la forme qu'ils affectent. Ce dernier abat-vent prend aussi le nom de champignon. Un modèle de tuyau coiffé d'un demi-cylindi-c de tôle se nomme cabote, cauchoise.

Anciennement on donnait le i\o\n.à^ alat-vcnt à des châssis faits avec des lames de persiennes qui permettaient la ventilation des sécheries, séchoirs, ateliers, etc.; aujourd'hui on ne dit plus, poser des ahat-vent à un séchoir, mais des châssis à persiennes, ce qui est plus logique : ces châssis, en effet, n'ont pas pour objet d'a-

Fig. 2. — Abat-vent.

battre le vent , mais , au contraire, de le laisser pénétrer dans l'enceinte qu'ils enveloppent, afin d'obtenir un prompt séchage des objets enfermés.

III. Ce mot est aussi synonyme d'abat-son; mais dans ce sens l'usage en a encore vieilli , il est même probable qu'il sera bientôt délaissé.

(Voy. FUMIPUGE, FUMIVORE, GrJEULE-DE-

Loup, Lanternon.)

ABAT-VOIX, s. m. — Sorte de plafond surmontant une chaire à prêcher et renvoyant vers l'auditoire la voix du prédicateur. L'usage des abat-voix ne devint général que dans le cours du xvi® siècle , encore à cette époque l'abat-voix n'était-il employé que pour les chaires placées dans les grandes nefs des églises. Celles, au contraire, qui étaient placées dans les chapelles ou dans tout autre local restreint n'en possédaient point, ou seulement à titre de décoration. Une forme pyi'amidale

couronne fréquennnent les abat-A'oix, qui sont souvent richement ornés et quelquefois décorés de figures sculptées , notamment de la statue de saint Jean-Baptiste, (Voy, Chaire.)

ABBATIAL, LE, (tdj. — Qui a rapport ou ([in appartient à l'abbé, à l'abbesse, qui dépend d'une abbaye ; ainsi on dit : église abbatiale, palais abbatial, maison abbatiale.

ABBAYE, s.f. — Communauté religieuse gouvernée par un abbé ou une abbesse.

Ensemble des bâtiments ser^•ant à l'habitation et aux exercices religieux de cette communauté,

La plus ancienne des abbayes fut celle fondée eu 340 par saint Pacôme dans la haute Thébaïde , au milieu d'une île du Nil nommée Tabennœ. Le plus ancien plan connu est celui de l'abbaye de Saint-Gall en Suisse, construite vers 820 ; car l'abbaye du Mont-Cassin (dont nous parlerons plus loin), quoique fondée en 529, a été si souvent détruite , qu'on peut considérer son plan actuel comme de beaucoup postérieur à 820,

Les abbayes tenaient le premier rang parmi les établissements monastiques. Le nombre, la disposition et la destination de leurs bâtiments satisfaisaient au programme du monastère le plus complet.

Le plan des abbayes était des plus variables , car les moines ne suivirent pas dans leur construction une règle fixe. Cependant le plan le plus généralement adopté consistait en bâtiments rangés autour d'une ou plusieurs cours quadrangulaires servant de cloîtres. L'ensemble des bâtiments était souvent entouré de murailles, quelquefois crénelées, ce qui donnait aux abbayes, vues d'une certaine distance, l'aspect de petites villes fortifiées.

Les abbayes étaient fondées le plus souvent par les moines ; mais lorsqu'elles étaient de fondation royale, on les nommait palais abbatiaux : l'ancienne abbaye de Saint-Germain des Prés à Paris , celle de Saint-Denis , étaient de ce nombre.

Les abbayes renfermaient dans leur enceinte une église et ses dépendances ; une salle capitulaire, dans laquelle se réglaient les affaires de

ABBEE. — ABEILLE.

la communauté ; la maison ahiadale, souvent attenante à l'église ou à la salle capitulaire, et qui servait de demeure à l'abbé.

Ces vastes enceintes renfermaient encore un réfectoire, une salle pour la distrihution des aumônes ou aumônerie, des dortoirs, des ateliers, nne infirmerie, une pJiannacie, une h'bliofhcque avec cellules pour les copistes (scriptoria) et une salle de discussion pour les thèses théologiques, des parloirs, une hôtellerie on pavillon des étrangers , des hôtes du couvent , enfin la maison du portier, parfois d'une grande importance ; dans ce cas, elle était flanquée de deux tours , comme on peut le voir encore aujoui'd'hui dans les abbayes célèbres de Saint-Albans et de Saint-Augustin de Cantorbérj, en Angleterre.

En dehors des locaux que nous venons de citer, les riches abbayes possédaient en outre un clos ou enclos (clausum), qui comprenait des terres labourées, des jardins potagers et fruitiers avec des bâtiments d'exploitation agricole, tels que granges, écuries, étables, f enils et moulins , et quelquefois des tanneries dans certaines localités.

A part les abbayes pi'écédemment citées, nous nommerons, parmi les plus célèbres, celles de Cluny, de Clairvaux, de Saint-Ouen, de Jumièges, de Saint-Vandrille ; de Jouarre, dans le département de Seine-et-Marne; d'Om'scamp, près de Compiègne, du Mont-Saint-Michel-en- Mer, et celles de Saint-Victor, à Paris ; de Fonte\Tault, de Chelles, de Fécamp, des Hommes et des Dames, à Caen ; de Luxeuil, etc.

Dans le midi de la France, nous citerons les abbayes de Yalmagne, près Montpellier; de Montmajom-, près Arles; de Saint-lMichel de Cuxa, dans les Pyrénées-Orientales.

A l'étranger, citons la célèbre abbaye de Lorech, près d'Heidelberg ; celles d'Altemberg, en Allemagne ; de jNIaalbronn, en Wurtemberg; de Rommersdorf , près de Ncuwied, en Prusse ; de Poblet, en Catalogne; d'Alcobaça, dans la province de l'Estramadure. — En Italie, les abbayes étaient si nombreuses qu'on pouiTait appeler l'Italie la terre classique des abbayes ; aussi nous n'essayerons même pas d'en citer les plus célèbres, l'énumération en serait trop longue. Nous nous contenterons de nommer la plus

ancienne de toutes (1), Vahhaye du Mont- Cassin, bâtie sur un plateau des Apennins. Elle fut fondée en 521), sur les ruines d'un temple dédié à Apollon; elle fut ravagée et en partie détruite par les guerres , les révolutions et les tremblements de terre , mais chaque fois elle a été relevée, restaurée ou reconstruite avec une persistance remarquable.

Pour plus de détails sur les abbayes , nous renvoyons le lecteur aux articles Moxasïèrb, et Monastique, Architecture.

ABBÉE, s.f. — Terme d'architecture hydraulique. Ouverture par laquelle s'écoule l'eau d'un courant d'eau quelconque, et qui sert à faire tourner la roue d'un moulin. On peut fermer les abbées au moyen de Pales ou LançoiRS (voy. ces mots), quand on veut arrêter le travail; l'eau s'écoule alors par le déversoir. On écrit aussi aMe.

ABEILLE, s.f. — Cet insecte, connu de tout le monde, symbolise le travail, l'obéissance et la flatterie douce et insinuante.

Chez les anciens, l'abeille était l'image de la colonie.

Ephèse avait une abeille au revers de sa médaille. Les abeilles figurées sur les monnaies d'Athènes font allusion au miel du mont Hymette ; sur celles des Cyclades , elles rappellent le culte d'Aristée.

Dans l'iconographie chrétienne, les abeilles sont l'attrfbut de saint Ambroise.

Jurisprudence. — Les abeilles en état de liberté, le miel et la cire fabriqués par elles, deviennent la propriété du premier occupant. (L. 6, de Acq. rer. dom., Dig.; Fournel, v°^heilles, p. 17.)

Le propriétaire du fonds sur lequel se trouve un essaim libre peut empêcher qui que ce soit de venir s'en emparer, parce qu'il a le droit de s'opposer à l'introduction d'un éti'anger dans sa propriété ; mais, une fois enlevé, l'essaim reste à celui qui se l'est approprié, sauf le droit du propriétaire du fonds d'intenter une action à raison du fait d'introduction. (Fournel, \°Aheil-

(1) Nous mentionnerons aussi Santa Croce d'Avellana , célèbre par le stjoiir qu'y fit le Dante.

ABONNIR.

ABOUTER.

Us, p. 18; InstiluL, lib. II, tit. l"^"- ; C.pén., 471, n° 18, et 475, n» 9 ; C. civ., US2.)

Les abeilles, une fois enfermées dans des ruches, appartiennent à celui qui s'en est emparé; dans ce cas, elles sont immeubles par destination , si leur propriétaire a établi un rucher pour le service et l'exploitation de son fonds ; dans le cas contraire, les abeilles sont réputées meubles. {0. civ., art 524 ; Toullier, t. IV, n" 50.)

ABONNIR, V. a. — Faire sécher de la terre à demi, la mettre en état d'être rebattue, pour fabriquer des briques, tuiles, carreaux. Pour les constructions en pisé, on ahofinit la terre.

ABORDS, s. m. pi — Ce qui entoure un monument , une construction ; on dit , par exemple, les abords de l'arc de triomphe de l'Étoile sont admirablement percés.

ABORNEMENT. — Voy. Bornage.

ABOUCHER, z;. a. — Joindre les pièces d'une charpente, des tuyaux, etc.

ABOUT, s. m. — Extrémité d'un objet de forme allongée, et particulièrement d'une pièce de bois ou de charpente taillée à onglet.

Les abouts de pièces de charpente sont libres, posés sur un point d'appui, assemblés dans une autre pièce de bois ou scellés dans un mur. Suivant ces différents cas , l'about prend le nom de simple alout, celui de portée cVassemhlage, ou de scellement, mais seulement après la mise en place des pièces; jusque-là, quelles que soient sa forme et sa condition future, il conserve le simple nom d'about, qu'on applique indifféremment à toute extrémité libre. '

Les abouts affectent des formes extrêmement variées, suivant le mode d'assemblage, et chacun d'eux tire de ces formes une qualification différente ; ainsi , par exemple , un about est dit carré ou ordinaire, si le tenon est coupé d'équerre suivant la direction oblique du joint ; about ordinaire à embrèvement , s'il est embrevé ; il est dit toiirnisse, quand le tenon est coupé d'équerre suivant la direction des faces

du bois, etc.; du reste, presque chaque localité lui donne un nom différent.

Quand les abouts sont" libres, ils sont taillés en pointe de diamant ou profilés, soit en doucine, soit à la manière de corbeaux ou de modillons ; notre figure 1 montre ces derniers types.

Fig. 1. — Abouts eu modillou et en doucine.

D'autres fois , les abouts sont terminés par des figurines, des marmousets ou des grotesques (fig. 2). Ce tyi^e se rencontrait autrefois assez fréquemment dans des bâtiments d'un caractère rustique.

Fig. 2. — About en mannouset.

Au moyen âge, les abouts des pannes, solives, et autres pièces des maisons en bois, étaient souvent ou\Tés ; d'autres fois , de simples moulures faisaient place à de riches et délicates sculptures.

On dit aussi assembler en about, lorsqu'on joint un l)out de planche à l'extrémité d'une autre planche qui se trouve trop courte. On emploie aussi l'exi^ression remanier à bout, c'est-à-dire d'un bout à l'autre , une couverture, le pavé d'une rue, pour exprimer que la tuile, l'ardoise, le pavé, sont relevés entièrement, afin d'être réparés à neuf.

About. — Extrémité par laquelle une tringle, un tirant de fer se joint, se fixe à quelque chose.

ABOUTAGE, s. m. — Action de réunir par un nœud les bouts de deux cordages.

ABOUTER, V. a. — Mettre bout à bout deux pièces de bois, deux tringles ou deux barres de fer, etc.

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