BULLE
marbre adossée à un mur de jardin ou à un fond de verdure. Ce buffet a jilusieurs coupes et bassins formant des nappes, des cascades et des jets d'eau. Un buffet, ty|)e de ce genre, est celui que Mansard a élevé au grand Trianon, à Versailles , et que représente notre figure que nous avons dessinée d'après une photographie et un dessin de notre camarade P. Gion.
Buffet d'orgues. — Corps de charpente et de menuiserie renfermant des orgues d'église. Les premières orgues, qui ne comportaient que quelques octaves, étaient de petits meubles portatifs exécutés en menuiserie ; leur origine ne paraît pas remonter au delà du moyen âge. Mais à partir de la fin du xv° siècle, ainsi qu'au commencement du xvi" et jusqu'à nos jours, les orgues ont pris des développements considérables. Composées d'abord de douze ou quinze cents tuyaux, on en fabrique aujourd'hui dont les jeux ne comprennent pas moins de quatre à cinq mille tuyaux, comme celui de l'église Saint-Eustache de Paris , par exemple. Parmi les plus anciens buffets d'orgues (xv^ et XVI® siècle) , nous citerons celui de la cathédrale de Perpignan, qui se ferme avec de grands volets couverts de peintures ; celui de la cathédrale de Strasl)ourg, ceux de Chartres, d'Amiens, de Moret, d'Albi, de Clamecy, de Gonesse , etc. — Au xvii" siècle , on plaçait dans les buffets d'orgues des automates, des jaquemarts et autres décorations de mauvais goût, qui ont complètement disparu de nos jours : c'étaient des diables enfourchant des damnés, des anges jouant de divers instruments, des oiseaux battant des ailes qui rajjpelaient les coucous de Nuremberg. Dans une ville d'Espagne, à Cadix ou à Barcelone, nous avons vu un orgue décoré d'une tête de Turc faisant d'horribles grimaces pendant l'exécution d'un morceau. De nos jours, on ne recherche dans la construction des buffets d'orgues que des fonnes gracieuses qu'on s'efforce de mettre en harmonie avec le style et la destination des emplacements qu'ils doivent occuper. Notre planche XI montre un buffet d'orgues moderne composé en style gothique du XI 11^ siècle ; il a été publié dans la Revue générale d'architecture, et a été construit par la maison Cavallié-Coll de Paris, pour la salle de
concert du château de Bracewel, près Leeds (Angleten-e). Il mesure 8 mètres de largeur, 1 1 mètres de hauteur et 4 mètres de profondeur. Son instrument se compose de 4-i registres, 15 pédales de combinaison, 2 expressions et 2,252 tuyaux; c'est un orgue moyen, qui comprend environ 10 octaves. — Mais, quelles que soient l'importance de l'instrumentation et la grandeur qui en dérive, les buffets d'orgues doivent toujours satisfaire à certaines données générales auxquelles l'architecte ne doit pas rester étranger. Il faut, en effet, qu'il connaisse les lois de l'acoustique, afin de placer les orgues dans la meilleure position pour faciliter la propagation des sons et la réflexion des ondes sonores. Il faut également qu'il étudie les meilleures proportions, eu égard à- la dimension des instruments employés ; il fera , du reste ^ toujours bien de se concerter avec le facteur d'orgues, qui lui donnera un diapason ou tracé graphique indiquant les dimensions des tuyaux de montre et toutes les instructions nécessaires pour* faciliter le passage des ou^Tiers à travers le corps de l'instrument. — Il existe aussi des orgues portatives ; dans notre Dictionnaire de la curiosité, nous avons donné un orgue partatif allemand du xvi^ siècle.
BULLE, s. f. — Les bulles ou houillons dans les pièces de verre à vitres sont des défauts assez graves ; aujourd'hui l'industrie est arrivée à un assez haut degré de perfectionnement pour faire mettre au rebut les pièces qui ont ces défauts.
Bulle (Papier). — Employé par les architectes pour étudier leurs projets, et qui sert aussi à donner sur le chantier les profils et dessins grandeur d'exécution.
Fig. 1. — Face et profil d'une fies bulles du Panthéon, à Borne.
Bulles. — Gros clous d'airain ciselés et très saillants dont les anciens Romains ornaient les
£. Bosc deL
Simil inv.
Huyot su.
Plan'CHE XI. — Butfc-t d'orgues du cliâteau de Bracewel (Angleterre).
BUXE. — BUSE.
portes des palais, des temples, des édifices publics et des belles maisons privées. On les plaçait dans les champs d'encadrement, autour des
Fig. 2. — Une des bulles du Pauthéon, à Rome (profil).
panneaux formés par les cadi-es. (Yoy. Poètes.) Xos figures domient diverses bulles des portes du Panthéon , à Rome. (Voy. Clous.)
Fig. 3. — tTue des bulles du Panthéon, à Eome (face).
BUXE, s. f. — ]\Iaçonnerie établie audessus du massif d'une forge. Nous avouons ne pas connaître ce terme , nous ne l'avons vu que dans le Com2)Ument du dictionnaire de l'Académie et dans le dictiomiaire de Littré.
BUREAU, s. m. — Local dans lequel travaillent des employés, des commis ; ainsi on dit : le Imreau de l'architecte, de l'entrepreneur, pour désigner l'endroit dans lequel ils étudient les projets et exécutent tous les" détails nécessaires à l'exécution des travaux.
BURIX, s. m. — Outil de seiTurier et de plombier. Ciseau en acier fondu à double biseau, avec lequel on taille ou on tranche à froid le fer, la fonte, le bronze. — Outil de graveur.
DICT. D .\rCUITECTUnE.
BURINER, V. a. — Tailler ou couper à froid le fer, la fonte ou le bronze, a^'ec le hurin.
BUSC, s. m. — Saillie dans le radier d'une écluse, pour empêcher le passage de l'eau. C'est souvent un assemblage en charpente, composé d'un seuil et de heurtoirs contre lesquels viennent battre les vantaux des portes d'écluse ; d'où l'expression porte husquèc, c'està-dire porte revêtue de son buse, et dont les vantaux s'arc-boutent réciproquement : tel est le buse le plus économique et par cela même le plus employé pour les écluses. ,
Dans les travaux hydrauliques d'une certaine importance, les buses sont faits en maçonnerie de pierre dure ; leur saillie est d'environ 0'°,30 : c'est contre ce seuil, affectant la forme d'un angle obtus, que viennent s'appliquer les heurtoirs des vantaux. Ces heurtoirs, même dans les portes en tôle, sont des pièces de bois de 0",22 d'équarrissage ; ils se lient avec le poteau tourillon et le poteau busqué, qui forment le cordon du vantail. Le nom de ces poteaux explique leur place et fait comprendre leur forme, sans que nous ayons besoin d'insister.
BLTSE, s.f. — Petit aqueduc de construction (voy. Aqueduc, fig. G), ou canal en charpente composé de madriers. Les buses sont tantôt placées dans des tranchées à fleur de terre, tantôt dans des tranchées profondes ou souterraines. Quand on construit des buses pour obtenir une chute d'eau ou pour franchir des vallées , on les élève et on les soutient à l'aide de supports en charpente, composés d'une série de poteaux et de traverses réunis par des écharpes en croix de Saint-André. Les pieds des poteaux portent sur de forts madriers nommés Semelles (voy. ce mot).
En fumisterie, la buse est un Iwut de tuyau en forme de tronc de cône à une extrémité et à empattement de l'autre, disposition qui pennet de la clouer sur une surface plane ; ou bien cette extrémité est disposée de façon à s'emlïoîter avec un autre tuyau.
La buse active le tirage des cheminées , d'autant plus qu'on en fait aujourd'hui qui s'ajustent avec des aspirateurs. Les fumistes em-
BUTRY (PIERRE de). — BYZANTINE (architecture).
ploient aussi des buses grillagées : ce sont des bouts de tuyau placés à l'orifice extérieur des ventouses, des bouches de chaleur des poêles et des cheminées ; l'extrémité visible est grillagée. Enfin on nomme huse l'extrémité d'un soufflet de forge, et le tuyau de bois ou de plomb qui dans les mines amène de l'air pour leur ventilation et leur aérage.
BUTRY (Pierre de). — C'est, comme la pierre de Forgets, une roche dure qui mesure 0'",60 à 0°',65 de hauteur de banc. Cette pierre a été employée à la construction de la façade de l'église de la Madeleine ; le mètre cube pèse de 2,250 à 2,200 kilogrammes.
BUTTÉE ou BUTÉE, s. f. — Massif de maçonnerie destiné à recevoir une poussée. — Dans toute sorte de constructions, il se produit deux genres d'efforts : l'un vertical, qui exige des fondations solides ; l'autre latéral ou de poussée^ auquel il faut opposer une résistance, nommée buttée. Un édifice quelconque en bois ou en pierres, voûté ou non voiité, éprouve des efforts latéraux. Un simple massif peut même avoir besoin d'être épaulé, fortifié par un talus. — On forme les buttées, suivant les cas qui se présentent, au moyen de massifs en maçonnerie, de conti-eforts ou (Tarcs-ioiitmifs. Les Chaînages (voy. ce mot) combattent aussi efficacement les efforts latéraux des constructions. Les étayements sont des buttées provisoires, qu'on est souvent obligé d'opposer aux efforts latéraux d'un édifice qui menace ruine. Une construction, bâtie selon toutes les règles de l'art, qui n'aurait ni voûtes ni assemblage de matériaux d'un autre genre, capables de produire des efforts latéraux, peut encore avoir besoin d'être buttée pour obvier au tassement inégal du sol, des matériaux et des constructions. En général, le moindi'e déplacement du centre de gravité d'mi édifice, occasionné par un effet quelconque, produit un effort latéral qui exige une buttée. Les formes et les dimensions à donner aux buttées dépendent du genre et de l'importance des efforts qu'elles ont à combattre. (Voy. Poussée, xIrc-boutant, Culée, Contrefort, etc.)
BUTTER, V. a. — Faire équilibre à une poussée au moyen d'une résistance directe ; on retient une poussée de voûte, d'un mur, à l'aide d'un massif, d'un arc-boutant, d'un étai, d'un pilier, etc. On dit aussi contre-huter et contre- butter, ou contre- bouter , arc -buter et arc-butter, ou arc-bouter. (Voy. Buttée.)
BUTTOIR, s. m. — Saillie contre laquelle vient Ijuter une partie mobile d'une machine ; pièce de fer contre laquelle vient s'appuyer le vantail d'une porte et qui lui sert d'aiTêt.
BUVEAU. — Voy. Biveau.
BYZANTINE (Architecture). — Lorsque Constantin, en 328, transporta le siège de l'empire de Rome à Byzance, l'activité artistique s'éteignit rapidement à Rome et dans le reste de l'Occident. Byzance, au contraire, s'efforça d'égaler en magnificence l'ancienne capitale des Césars. Le site de la ville avait une configuration analogue à celle de Rome et renfermait comme elle sept collines dans son enceinte. Pour facihter l'accroissement rapide de la petite cité et y attirer un grand nombre d'habitants , Constantin y entreprit de vastes travaux d'embellissement et de construction, et donna son nom à la ville, qui s'appela dès lors Constantinople. Au centre de sa nouvelle capitale, il fit placer un milliaire d'or {miUiare aurcum) d'où partirent toutes les grandes voies publiques. Il construisit quatorze palais pour lui et ses enfants, il érigea des arcs de triomphe, des portiques, quatorze églises, huit bains publics, un cirque, un forum, un hippodrome dont on voit encore des traces auprès de la mosquée du sultan Achmet. Pour embellir sa nouvelle capitale, Constantin dépouilla l'Italie, la Grèce et une partie de l'Asie. L'essor qu'il donna à l'architecture ne se ralentit pas pendant plusieurs siècles ; cependant , malgré toute cette somme de travail, il ne se produisit pas encore un art nouveau et original, car les architectes de Constantinople se contentèrent de suivre le style classique, et copièrent plus ou moins bien les édifices anciens qu'ils dépouillaient pour orner les leurs. Ce ne fut (pi'à partir de Justinien que
P' Xlf
Bra-ndin lith.
CHAPELLE PALATINE A PALERAXE
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BYZANTINE (architecture).
les artistes créèrent certaines formes architectoniques qui revêtirent un caractère d'indépendance et commencèrent à constituer un art véritable , dans lequel on retrouvait cependant des réminiscences des styles antérieurs. Du reste, les momunents érigés sous Constantin avaient été bâtis avec tant de hâte et si peu de solidité, que les tremblements de terre ruinèrent ceux qui avaient échappé aux incendies qui, dans cette ville, se succédèrent presque sans interruption durant plus d'un siècle. Aussi, deux cents ans après Constantin, il ne restait plus un seul des édifices qu'il avait érigés. Ce n'est que par les livi'es que nous avons a})pris quelques détails sur ces monuments. Telle a été l'origine, la première période de l'architecture byzantine.
La seconde période commence au règne de Justinien, qui créa de nombreuses villes et répara celles qui avaient été détruites par les tremblements de terre.
Le nombre des villes fondées ou restituées par ce prince est si considérable que le récit des historiens qui en font mention paraît exagéré. Mais il y a un fait certain, c'est que les grands travaux qu'il entreprit lui firent, comme à Hadrien, décerner par ses contemporains le titre de reparator orlis. Du reste, le règne de Justinien a été la période la plus brillante de l'architecture byzantine. Yégèce assure que cet emperem- employa plus de cinq cents architectes, et l'on peut voir dans Procope {de ^dif. Justin., lib. IV) la longue énumération des monuments qu'il éleva dans l'Orient et dans l'Occident. Cet empereur était épris d'une véritable passion pour l'architecture ; aussi couvrit-il toutes les villes de l'empire de nouveaux édifices. La cinquième année de son règne, en 532, il commença >Sainte-Sophie de Constantinople, qui est la manifestation la plus éclatante de l'art byzantin, qu'elle résmne pour ainsi dire. Cette église fut ])âtie sur l'emplacement de la basilique de Sainte-Sophie élevée par Constantin, basilique détruite plusieiu's fois déjà. Les travaux furent dirigés par les architectes Anthémius de Tralles et Isidore de Millet, qui employèrent dix mille ouvi'iers à cette construction. Quand elle fut teiTûinée, Justinien , enthousiasmé de son œu\Te et pen-
sant au temple de Jérusalem, s'écria -.Je fai vaincu, Salomon! Il avait fait élever devant la façade de ce monument sa statue équestre. Le plan de Sainte-Sophie, trop connu de nos lecteurs pour qu'il soit nécessaire de le figurer, est un rectangle presque carré, qui mesure 82 mètres de longueur sur 74- mètres de largeur ; la coupole a 17 mètres de rayon; elle repose sur un tambour percé de vingt-quatre fenêtres. C'était le premier modèle de coupole aussi large soutenue à une très grande hauteur sur des arcs et des pendentifs.
Les Byzantins eurent une architecture militaire, hydraulique et monastique; les murs de Constantinople , d'Ani, de Trébizonde, et de Thébessa en Afrique , montrent les moyens qu'ils employaient pour protéger les enceintes des villes, surtout les portes et leurs défenseurs. Les remparts se composaient ordinairement de deux murs de l'",40 de large, séparés l'un de l'autre d'environ 1 mètre ; le vide existant entre ces deux murs était comblé au moyen d'un blocage de menues pierres noyées dans du mortier ; de distance en distance , il existait sur l'enceinte des tours engagées , mais assez saillantes. Chaque citadelle possédait dans son enceinte un magasin d'armes, un hôpital, des bains et une chapelle.
Les Byzantins étaient aussi de bons hydrauliciens. Ils construisirent leurs premiers aqueducs comme ceux des Romains. Celui de Valens, à Constantinople, peut en témoigner. Dans la suite, sous Justinien par exemple, les aqueducs subissent des modifications sensibles quant à leur forme, leur style, et jusque dans l'appareil de construction. Ils construisent des réservoirs et des citernes remarquables, et, panni celles-ci , la plus ancienne et la plus célèbre est celle qu'on nomme la citerne aux mille colonnes. Sur les places pal)li(jues ils élèvent des fontaines et des châteaux d'eau, en grand nombre; il n'en existe qu'un seul aujourd'hui à Constantinople. — Enfin les religieux byzantins, en groupant leurs cellules d'abord isolées, formèrent des villages d'où prirent naissance les mandra, les asceteria, les cœnohia, qui étaient les monastères d'alors.
Etudions maintenant les caractères distinctifs de l'architecture byzantine, qui (nous le
BYZANTINE (architecture).
ven'ons bientôt) se transforme et se modifie suivant les pays clans lesquels elle pénètre. Ces modifications sont môme si considérables que beaucoup d'auteurs en ont fait à tort des styles différents.
Contrairement aux églises d'Occident, construites sur un plan allongé , le plan des églises d'Orient est carré, en forme de croix grecque. Aux points d'intersection des bras de la croix, il y a quatre gros piliers reliés entre eux par des arcades , qui supportent une coupole portée elle-même par un soubassement quadrangulaire, raccordé par des pendentifs aux quatre angles.. Des coupoles secondaires s'élèvent sur le sanctuaire et siir la partie antérieure de la nef, ainsi que sur les transepts. Les plans types de l'architecture byzantine sont celui de Sainte- Sophie de Constantinople et des petites églises de la Grèce et de la Syrie , en un mot des églises à coupole portée sur quatre pendentifs. — Les plans circulaires, comme celui de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, par exemple, ont été longtemps considérés à tort comme des monuments byzantins ; ce sont, en général, des monuments de la décadence romaine antérieurs à l'époque byzantine. Ce mode de construction n'est autre que celui employé par les Romains dans leurs Thermes (voy. ce mot). L'arcade porte immédiatement sur le chapiteau de la colonne. Celui-ci n'est guère qu'un bloc carré, un cube plus étroit à la base qu'au sommet ; c'est pourquoi on le nomme cubique. Son ornementation ne possède pas les feuilles d'acanthe, mais des entrelacs fort simples oîi des arabesques sont souvent peintes et dorées ; les arcs sont plus élancés que dans les constructions romaines. La vota te plein cintre subsiste dans l'architecture byzantine. Les murs sont souvent formés d'assises alternatives de briques et de pierres. Une suite de petites baies ou Arcatures (voy. ce mot) indique à l'extérieur la galerie de l'étage qui existe dans la plupart des temples byzantins. Cette disposition a été adoptée plus tard par les architectes des époques romane et ogivale. Du reste, le style byzantin influa considérablement sur le style ogival. Enfin des mosaïques ornent les murs intérieui's et extérieurs des édifices byzantins. A l'intérieur, ce sont souvent des matiè-
res vitreuses, posées sur fond d'or, qui remplacent les fresques.
L'influence byzantine se fit sentir dans une grande partie de l'Europe et de l'Asie. En effet, Constantinople était placée au point d'intersection des régions les plus civilisées
Travée de la chapelle palatine, à Païenne,
du monde ; aussi ses artistes étaient-ils recherchés également par les monarques de l'Asie et de l'Europe, de sorte que l'architecture byzantine s'étendit, d'un côté, jusque dans l'Inde et, de l'autre, aux frontières les plus reculées de rEsj)agne. L'islamisme victorieux la transporta dans l'Inde, à Agra ; dans la Perse, à
BYZANTINE (architecture).
Ispahan ; dans la Sp-ic, à Damas ; clans l'Afrique, au Caire, à Tripoli, à Tunis, et dans l'Espagne, à Grenade; mais sous ces climats elle subit des transformations tellement radicales que beaucoup j voient des styles nouveaux. Ainsi dans l'extrême Orient l'arc ogival très élancé domine, tandis qu'en Occident, en Espagne par exemple, l'arc en fer à cheval devient la courl)e préférée. On le trouve à Grenade dans l'Alliambra et le Généralif, à Séville dans l'Alcazar, dans la superbe mosquée de Cordoue, et dans l'ancienne porte arabe de Tolède. Dans les constructions moresques de Cordoue, de Grenade et de Séville, les arcs se brisent même en une infinité de courbes qui rappellent les capricieuses découpures de la dentelle. La coupole subit, elle aussi, suivant la contrée où elle est élevée, une grande transfonnation ; tandis que les architectes grecs de Constantinople , et leurs imitateurs en France (1) et en Italie, adoptent la forme circulaire ou elliptique, dans rinde, dans la Perse et dans l'EgjqDte la coupole affecte la forme du bulbe d'un oignon à fleur. La nation qui s'est le plus assimilé l'art byzantin, c'est sans cojitredit la nation arabe. Limitrophes du Bas-Empire en Asie, les Arabes en effet adoptèrent les arts qu'ils trouvèrent florissants dans les pays conquis; aussi, comme les divers peuples du moyen âge, ils payèrent leui' tribut au style byzantin. Du reste, dans les cours sarrasines, il y avait beaucoup de savants, de littérateurs et d'artistes de la Grèce. En 820, un fils d'Aroun-al-Easchid, le calife Al-Mamoun- Abdallah , demanda à l'empereur de Constantinople les meilleurs ouvrages des philologues grecs, pour les faire traduire et lire dans les collèges arabes de Cufa , du Caire, de Fez, de ]\Iaroc, de Tunis et de Tripoli. Il ne
(1) En France, dans le Périgord (Saint-Front de Périgueux) , dans l'Angoumois (cathédrale d'Angoulême), dans une partie de la Saintonge et même du Poitou, les architectes prirent à l'Orient la coupole sur pendentifs. En Provence et dans une partie du Languedoc, ce sont les absides à pans coupés, comme à la cathédrale d'Athènes (voy. Cathédrale, fig. 3), et une grande finesse des profils, des moulures et des ornements , que les artistes empruntent de préférence à l'art byzantin.
faut donc pas s'étonner que pour leurs monuments ils aient employé le mode de coustraction des artistes byzantins. Aussi leurs édifices en Asie Mineure, en Syi'ie, en Afrique , en Espagne et en Sicile, ressemblent beaucoup à ceux de Constantinople. C'est surtout dans les premières productions modernes de la Sicile que l'influence l)yzantine se montre visiblement. Païenne et Messine virent s'élever les plus belles églises de style byzantin. LTne des œuvres les plus remarquables, c'est la chapelle palatine de Palerme , élevée par Roger en 1132. Notre planche XII en représente une vue perspective dessinée d'après une étude de J. Hittorff, et notre figure une travée en géométral. Comme on le voit par nos dessins, la voûte de cet édifice , couverte de dorures et de niellures, présente des combinaisons identiques à celles de l'Alhambra ; ce sont ces parties de petites coupoles en pendentifs qu'on nomme médias naranjas.
Le plan de cette chapelle affecte la disposition des basiliques latines : ce sont trois nefs parallèles séparées par deux rangs de colonnes ; de belles mosaïques la décorent. (Voy. Arabe , Lombarde, Arcldtecture.)
Bibliographie. — J. Ciarapini, de Sacris ^Edificlis a Constantino Magno constructk ^ 3 vol. in-fol., Rome, 1747; — VAugusta Ducale BasiUca deW evangelista San Marco, etc., l'Auguste basilique ducale de Saint-Marc , etc. , dessinée j^r les plus habiles architectes, in-fol., fig., Venise, 1761; — de Quast, die Alt-christUchen Bamoerke von Ravenna, etc., in-fol., fig., Berlin, 1842; ■ — A. Coucliaud, Choix d'églises hi/.zantines en Grèce, in-fol., fig., Paris, 1842; — de Verneilh, l'Architecture byzantine en France, Saint-Front de Périgueux et les églises à coupoles de V Aquitaine, in-é", fig., Paris, 1851 ; — W. Saizenberg, Alt-christliche Baudenlcmcder von Constantinople, etc.. gr. in-fol., Berlin, 1854 ; — n. Guil. Schulz et Fred. Quast, Denhnaler der Kunst des Mittelalters , etc., 4 vol. in-4'' et atlas in-fol., Dresde, 1860; — F. Kanitz, Serhiens hyzantinische Monumente, in-fol., fig., Vienne, 18G2 ; — Ch. Texier et R. R. Popplewell PuUan, V Architecture byzantine, ou Recueil de monuments des premiers temps du christianisme, in-fol., fig. noires et clirora., Londres, 1864. (Voy. la bibliographie à kiiXM'K, Architecture).
C, consonne, troisième lettre de ralpha])et; dans la numération romaine, le c égale 100 ; ce, 200.; CGC, 300; CCCC, 400; on écrit ce dernier nombre CD, qui signifie 500 — 100 = 400 ;DC, GOO; xc, 100 — 10 = 90; le C surmonté d'un trait (c) vaut 100,000; deux c, trois c surmontés d'un trait, valent 200,000 et 300,000.
Quand le o est retourné et précédé d'un i (lo), il représente 500 ; cio, 1,000 ; ccioo ou
CMO, 10,000; CCCIOOO, 100,000; CCCCIDDOO, 1,000,000.
c AB AL ou C ABAU , s. in. — Ancien tenue de droit , synonyme de capital. Ce mot signifiait aussi économie, pécule et cheptel.
CABANE, s.f. — Construction légère, faite ordinairement de bois, et qui sert à l'habitation de l'homme, au logement des animaux, ou
Fig. 1. — Cabaue, d'après un vase en terre cuite ti'ouvé auprès du lac d'Albano (uiusée du Vatican).
à renfermer des objets de diverse nature. Dans les pays de plaine, où il n'existait pas de grottes et de cavernes naturelles , la cabane a dû constituer la première retraite de l'homme. La première cabane dont il soit fait mention est celle dans laquelle Ulysse retrouva Eumée , d'après Homère (Odi/s.); c'était un bâtiment de fonnc ronde, annexe d'une ferme. Il existe
au musée du Vatican un vase en terre cuite ( fig. 1 ) qui représente une cabane ; elle est de forme circulaire, et l'agencement des solives formant le toit, ainsi que les fenêtres en lucarne, s'y reconnaissent très bien. On y voit également un simulacre de porte. Quelques monuments funéraires de la Lycie figurant des cabanes nous donnent des spécimens archaïques de ces premières constructions de l'homme. Notre figure 2 donne un tombeau lycien, en forme de cabane, dont le toit ou couvercle en arc aigu présente sans contredit un exemple très ancien de l'arc brisé en ogive ;
Fig. 2. — Tombeau lycien en forme de cabane.
tandis que notre figure 3 fait voir le portique d'une excavation funéraire de Myra en Lycie Ce portique représente bien une cabane.
Virgile (yEncicl, liv. VIII) et Ovide (Fastes, 3) nous ont donné la description de la cabane qu'haljitait Romulus, alors que le fondateur de Rome n'était qu'un simple berger. Cette cabane était formée de branchages et de