‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 235 sur 325 · CAVET. — CELLA · texte numérisé non relu

CAVET. — CELLA

Les peintres verriers, qui évident un morceau de ^-erre pour y enchâsser avec du plomb d'autres morceaux de verre diversement colorés, emploient l'expression cavw h verre.

CAVET, s. m. — Moulure concave formée par un quart de cercle ou une portion quelconque de cercle; c'est le contraire du quart de rond. Quel que soit le galbe de cette moulure, que sa section présente une courbe d'une étendue moindre ou plus grande qu'un (juart de cercle, elle ne nécessite, pour son tracé, qu'un seid coup de compas; ce qui la

Cavet.

distingue de la scotie ou autres moulures concaves, qui exigent le secours de plusieurs centres. — Le caA'et peut être droit, ou renversé. Dans le premier cas (voy. la figure), il est toujours couronné ; dans le second, il est soutenu par un filet ou un champ. Bien que cette moulure appartienne à toutes les architectiu'es, l'ai'chitecture grecque en a fait un si grand usage que l'on peut dire avec raison que le cavet caractérise les profils doriques grecs. Les Congés et les AD0UCISSK3IENTS (voy. ces mots) ne sont autre chose que des cavets.

C AVOIR, s. m. — Outil en fer ou en acier, pourvu d'entailles de différentes largeurs, que

Cavoirs.

les vitriers (voy. nos figures) emploient pour Egruoer (voy. ce mot) le pourtour d'un carreau, après avoir donné le trait de diamant. Cet

instrument est circulaire ou présente la forme d'un rectangle allongé ; le vitrier s'en sert en exerçant une pesée sur les bords du verre ou de la glace à égruger ; souvent il emploie une clef de seiTure comme cavoir, mais le travail est moins bien fait.

CEINTRAGE. — Voy. Cintrage.

CEINTRE. — Voy. Cintre.

CEINTRER. — Voy. Cintrer.

CEINTURE, s. f. — Orle, ou anneau du haut ou du bas d'une colonne , et par extension bague qui se trouve sur le fût d'une colonne. (Voy. Annelure.) Ce mot est encore employé à tort coimne synonyme de Collier, de Bride (voy. ces mots). Dans le cha])iteau ionique, la ceinture ou édiarpe est Vourld du côté du profil ou Balustre (voy. ce mot), ou le listel sur le parement de la volute.

Ceinture. — Bande de métal posée comme un anneau, une bague, pour cacher un joint.

Ceinture de fourneau. — Bande de fer méplat qui encadre le dessus d'un fourneau de cuisine, qui enseiTe les carreaux vernissés et relie le fourneau à un mur, lorsqu'il y est adossé ; bande de cuivre qui réunit les assises d'un poêle ou d'un calorifère en faïence. Il y a des ceintures à boulons, à pattes et à scellement.

CELLA, s.f. — Intérieur des temples antiques qui correspond à ce qu'on nomme nef

Temple de la Fortune Tirile ; a, vestibule ; h, cella.

dans les églises. La cella pouvait avoir des bas côtés, être couverte ou découverte, être surmontée d'un étage. (Voy. Temple.)

CELLIER. — CELTIQUES (monuments).

Dans notre figure , qui représente le temple de la Fortune virile, a est le vestibule et h la cella ou vao'ç. Les anciens employaient aussi le mot Qella pour désigner un magasin , un entrepôt où l'on conserve du vin, celïa vinaria (otvsiov) ; de l'huile, cella oharia. (Cato , R. R., 111,2; Varro, R. R., II, 2; Columelle, I, G, i>.) — Les cellœ, étaient aussi de petites chambres dont la réunion formait le dortoir des esclaves (Cic, PMI., II, 27) ; des chambres dépendant des bains (Plin., Ep., 5, 6, 25 et 2(1; Pallad., 1, 40) (voy. Thermes) ; enfin des voûtes occupées par les prostituées dans les maisons publiques. (Juv., Sat., VI, 128 ; Pet., Sat., VIII, 4. — Voy. notre Dictionnaire d'Archéohçjie.

CELLIER, s. m. — Local situé au rez-dechaussée, au niveau du sol ou en contre-bas de deux ou trois marches seulement, qui sert à enfermer le vin ; c'est aussi, dans les pays de vignobles, le lieu où l'on fabrique le vin. Le cellier renferme des cuves vinaires , des pressoirs, des foudres et des futailles.

CELLULE, s. /. — Petite chambre d'un monastère ou d'une prison, destinée à l'habitation ou à la réclusion d'un seul individu. Dans les asiles d'aliénés , les cellules occupées par les agités ou les malades dangereux se nomment cabanons. (Voy. Monastère et Prison.)

CELTIQUES (Monuments) (1). — Constructions en pierres généralement brutes , élevées par les populations celtiques dans la Gaule et dans la Grande-Bretagne. Les archéologues anglais ont les premiers attifé

(1) Depuis quelques années, on a beaucoup étudié les monuments celtiques : certains archéologues ont appelé ces monuments 7ne5/a/(7/(i(^i(e«; cette dénominationnenous semble pas exacte, puisque certains de ces monuments sont composés de pierres de très petite dimension. Aussi nous avons préféré conserver la dénomination usuelle, que des travaux récents de grande valeur, tels que ceux de M. Henri Martin, nous font regarder comme la véritable. Voici, du reste, ce que dit ce savant historien (^Éludes dC archéologie celtique, p. 257) : a L'originalité des Celtes est d'avoir gardé, jusqu'à la fin de leur indépendance, les idées et les traditions qui leur avaient été communes avec toute une humanité patriarcale et primitive. »

l'attention sur ces antiquités intéressantes, témoins d'une civilisation au berceau. On a considéré ces monuments, les uns conune des autels élevés en l'honneur d'une divinité des druides, aussi les nomme-t-on quelquefois pierres druidiques; ou comme des bornes limitatives, des espèces de termes des anciens; ou bien comme des points de repère astronomiques ; d'autres, enfin, comme des monuments funéraires. Des études et des recherches récentes paraissent démontrer que cette dernière destination est la seule M'aiseniblable.

Il ne faudrait pas cependant conclure de ce que nous venons de dire que tous les monuments celtiques étaient, sans exception, des sépultures à toutes les époques. Dans des temps postérieurs à leur édification , ces monuments, au contraire, suivant la localité à laquelle ils appartiennent, ont pu servir à des destinations diverses. Les premiers chrétiens, par exemple, qui voulaient effacer de ces monuments le caractère superstitieux dont ils étaient entachés, essayèrent de les sanctifier en leur donnant une destination nouvelle, religieuse ; de là, des croix et autres signes que portaient certains monuments. Bien plus, voulant empêcher les Celtes de rendre un pieux souvenir à leurs morts, souvenir qui était peut-être la seule religion de ces peuples, les premiers chrétiens élevèrent à leur tour des pierres brutes sur lesquelles ils gravèrent le Christ en croix, ou d'autres symboles chrétiens, et qui rappelaient par leurs formes les anciennes pierres et par leur symbolisme la nouvelle religion. C'est sans doute ce qui a produit une confusion et maintenu ces traditions, moitié païennes et moitié chrétiennes, qui se rattachent encore

« Les archéologues du temps passé n'avaient donc pas été mal inspirés en qualifiant chez nous les monuments en question de monuments celtiques et druidiques; néanmoins nous inclinons à penser que le terme récemment adopté de mégalithiques pourra être maintenu. Il est bien loin d'être complètement satisfaisant, il n'est point d'une exactitude rigoureuse; mais il a l'avantage de s'appliquer à tous les monuments de grandes pie7'l'es, en sous-entendant : de grandes pierres à l'état naturel, qui peuvent se rencontrer sur la surface du globe; ce terme ne décide donc à j'riori aucune question d'origine et admet implicitement que les origines peuvent être diverses. »

CELTIQUES (monuments).

aujourd'hui aux pierres celtiques ou druidiques.

Du reste, des monuments analogues se retrouvent chez d'autres peuples encore barbares ou à l'origine de leur civilisation, dans le nord de l'Europe ; ce n'est pas seulement en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, dans les îles Hébrides et dans les Orcades, mais encore dans l'ancienne Germanie, la Sarmatie, le Danem£rk, la Suède, la Russie, la Sibérie. On en retrouve également au Kamtschatka, en Tartarie, dans la Thrace, la Grèce, la Chine, l'Afrique. Ammien Marcellin dit que les Arabes, les Perses, les Scythes, et même des peuples plus anciens , érigeaiejit des piliers de pierre en mémoire de grands événements. Les Hébreux consacraient de même un fait historique important au moyen d'une pierre brute dite pierre de témoignage. (Voy. Commémoratifs, Monuments.) Les Hébreux élevaient même des autels de pierres brutes ; divers passages de la Bible ne peuvent laisser subsister aucun

• doute à cet égard. « Si tu m'élèves un autel de pierres, dit le Seigneur dans V Exode, tu ne le feras point avec des pierres taillées. Si tu emploies le ciseau , il sera souillé. » Et dans le Deutéronome nous lisons : « Tu élèveras un

• autel au Seigneur, ton Dieu, avec des rochers informes et non polis. »

Jusque dans le nouveau monde nous pourrions suivre cette tradition figurée, puisque non loin de Rio Janeiro , à Campos , il existe une pierre de grande dimension appelée a pedre dos Gentils (la pierre des Païens). Mais, dans toutes ces contrées éloignées, c'est évidemment une autre tradition qui a présidé à l'édification de ces pierres, qui ne sont plus d'origine celtique, car leur forme est tout à fait différente.

Les monuments celtiques affectent diverses formes ; nous allons les passer en revue.

I. Alignements. — Les alignements, les plus inexplicables des monuments celtiques , se composent d'une suite de pierres implantées dans le sol, qui forment ordinairement des lignes droites parallèles, sur dix, onze, treize rangs et même davantage. Quelquefois certains alignements présentent des formes plus bizarres : tel est celui connu sous le nom de sanctuaire

de Landouedec en Crozon, dans le département du Finistère. Ce monument se compose d'une enceinte carrée et de trois menhirs de deux

Fig. 1. — Alignements d'Erileven (Morbihan).

rangs de pierres parallèles. Les alignements les plus remarquables existent à Carnac, petit bourg situé à 1 2 kilomètres d'Auray, dans le Morbihan. A Carnac, il y a 2,865 pierres qui forment quatre monuments, connus sous le nom d'alignements de Carnac. Le premier s'appelle le Menée, mot que dom Lepeltier traduit

Fig. 2. — Alignements de Camaret (Finistère).

par lieu du souvenir; le second, Ker-mario , qui signifie le lieu ou la cité de la mort; le troisième se nomme Kerlescun, qui veut dire lieu des cendres; enfin le quatrième, le Menée vihan, qui ûgwï^t petit menée. Nos figures 1 et 2 montrent des alignements d'Erdeven (Morbihan) et de Camaret (Finistère) (1). Certains auteurs, entre autres H. Rooke {Archeologia hritannia, t. X), considèrent à tort, selon nous, comme alignements, certains fossés existant en Angleterre.

IL Dolmens. — Sous cette dénomination, il faut comprendre un grand nombre de monuments que jusqu'à ce jour les archéologues

(1) Nous avons dessiné la plus grande partie de nos monuments celtiques d'après des originaux et des dessins de M. H. Ducleuziou, qui en a relevé un certain nombre dans la Bretagne et le Morbihan.

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