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CELTIQUES (MONUMENTS

avaient classés en divers genres : twmiH, galgals, Mrroio , allées couvertes, malins, tomlelles, lichaven, montissel , allées couvertes (en breton, ti/ ar IcorUcaned, qui signifie maison des cork/ans (espèce de farfadets) , ou bien encore tout ar guirhonnet (trou des corigans, des farfadets, des poulpiquets, etc.) ; tous ces monuments ne désignent qu'une seule espèce de monument, le dolmen. D'après les anciens errements, les archéologues ont prétendu que le dolmen (de dol, table, et men, pierre) se compose d'une large pierre horizontale portée par des roches verticales, dont notre figure 3 mon-

rig. 3. — Dolmen.

tre un type. Pendant fort longtemps on a considéré les dolmens comme d'anciens autels sur lesquels les Gaulois offraient des sacrifices ; aujourd'hui, d'après les archéologues les plus compétents, les dohnens ne sont considérés que comme des monuments funéraires. Quand il n'a que deux pierres verticales supportant le plateau de la table, le dolmen est dit tantôt lichave^i (de lec'h, lieu ou table, et van, pierre), tantôt trilithe ( de -rpéîç, trois, et >>î6o;, pierre). Les triUthes étaient connus des anciens, puisque les Romains avaient figm'é Castor et PoUux par deux pierres verticales réunies par une troisième posée transversalement au-dessus des deux autres. Strabon rapporte avoir vu en Egypte des monuments semblables, qu'on nommait fana Mercurii, parce qu'ils étaient dédiés à Mercure ; mais nous devons ajouter (jue ces monuments étaient tout différents des monuments celtiques.

Il existe des dolmens dans différents pays ; ils sont de formes diverses : l'un des plus connus est celui dit tahle des Marchands, à Locmariaker. Certains dohnens, celui de Trie (Oise), ont l'une de leurs pieiTes verticales percée d'un trou circulaire ; d'autres ont leurs taljles légèrement incUnées, et parfois le milieu de cellesci est creusé en rigole, ou Ijieu elles sont

taillées en bassin arrondi ; d'autres enfin sont percées d'un trou circulaire. Quelques archéologues, interprétant à leur façon ces diverses excavations, ont prétendu que les dolmens étaient ainsi compris, parce que le sacrificateur se plaçait au-dessous de l'autel, pour recevoir les libations , ou pour être arrosé par le sang des victimes, connue dans les tauroboles anciens. (Voy. Autel, § 1.)

Aujourd'hui ces suppositions tendent à disparaître, car on est à peu près certain, comme nous l'avons déjà dit , que les dolmens n'étaient que des monuments funéraires. A

Fig. 4. — Dolmeu et meuhir de Douges (Loire-Inférieure).

l'appui de cette affirmation, nous citerons divers extraits du congrès de Vannes, dont les travaux sont insérés dans le Bulletin de l'Association hr étonne (f" livr., 5" vol., année 1854). M. L. Galles prétend (page 28) que « tous les dohnens et en général les monuments druidiques étaient enfouis sous des buttes (p. 4-4) : sur quatre-vingts dolmens disséminés et pris au hasard, j'en trouve cinq enfouis tout à fait sous leur tumulus ; quatorze enfouis jusqu'aux tables; vingt et un enfouis jusqu'aux trois quarts de la hauteur des supports ; onze enfouis très peu dans la terre, et seulement trois qui ne portent pas de marque d'enfouissement. » M. Fouquet ajoute (page 47) : « Le tumulus, le iarrow, le galgal, le montissel et la tomhelle ne sont exactement qu'une seule et même chose... Le licJmven, le demi-dolmen, le dolmen, le coffre de pierres, la grotte aux Fées et Vallée couverte ne sont aussi qu'une mêmechose, n'ayant qu'une seule et même destination. Par cela même que la grotte était enfouie sous un tumulus (pii n'est qu'un monument funéraire, on eût dû penser naturellement qu'elle ne pouvait être qu'un sépulcre; mais cette idée est trop simple pour les savants, qui aiment à faire parade d'une vaste érudition, en créant et soutenant des systèmes hasardés. »

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Suivant les localités, les dolmens ont reçu

Mes de César, tulles du DiaMe ou des Fèes; enfin on désigne sous le nom de demi-dolmens, en breton men-cam (pierre )>oiteuse), des tables de

Pig. 5. — Dolmen de Samt-Nazaire (Loire-Inférieure).

les noms de pierres couvertes ou coiwerclées, ia-

Fig. G. — Tumulus et dolmen de Kercado (Morbihan). (Plan.)

pierre qui ne portent que d'un côté sur une pierre verticale. Nous pensons que ce sont des dolmens en partie détruits , et non un an-angement voulu par ceux qui les ont élevés. Notre

Fig. 7. — Tumulus et dolmen de Kercado (JlorbUian). (Élévation.)

figure 4 montre un dolmen dans ces conditions, avec un menhir en tête ; il se trouve à Donges, dans la Loire-Inférieure ; notre figure 5, le dol-

Fig. 8.

Dolmen ou allée couverte d'Essé (forêt de Rennes).

meii de Saint-Nazaire, dans le même département.

Au moyeu âge, surtout dans la Bourgogne, les seigneurs féodaux rendaient la justice sur

ces monuments ; ce qui fait qu'on les nonune souvent inerres de justice.

Des menhirs se trouvaient quelquefois placés au-dessus des allées couvertes, qui étaient toujours recouvertes de terre, de manière à former des tumulus ou des tombelles. Notre figure 6 montre le plan du tumulus et dobnen de Kercado, dans le Morbihan, dont notre figure 7 montre l'élévation , qui fait bien voir le véritable aspect de ces monuments. Notre figure 8 fait voir, dépouillé de terre et de son gazonnement, le dolmen ou allée couverte d'Essé, dans la forêt de Rennes (Ille-et-Vilaine). On nomme aussi cette allée la roche aux Fées;

CELTIQUES (monuments).

elle mesure 19 mètres de longueur sur 7 de largeur; les pierres sont d'une espèce de schiste rougeâtre. Un dolmen qui présente un caractère particulier, c'est celui de l'Ue-Grande (Côtes-du-Xord), que représente notre figure 9. Enfin nos figures 10 et 11 font voir le plan et l'élévation du dolmen et tumulus de Plouharnel. Ce monmnent a été découvert en 1849 par un maire de Plouharnel, nommé Le Bail; il présentait l'aspect d'un tertre peu élevé, dont le sommet assez aplati laissait voir quelques pierres qui servaient de plafond à l'une des trois gi'ottes. Dans la grotte centrale, qui

a été fouillée la première, on a seulement trouvé quelques fi-agmeuts de celtœ, ou haches de pierre ; dans la seconde chambre, on a découvert un A'ase en terre renfermant des fragments d'os , des cendres , du charbon et deux colliers ou brassards en or, composés de deux bandes minces formant chacune un cylindre mesurant 0",36 de diamètre. Au mot Gaulois^ Art, nous donnons et figurons les divers objets qu'on a rencontrés dans les dolmens eu général.

Connue le lecteur a pu le voir par nos figures et leurs descriptions, les allées couvertes se composent de deux lignes de pierres

Fig. 9. — Dolmen de rile-Grauile (COtes-du-Nord)

contiguës plantées verticalement eu terre et

Pig. lo. — Plau (lu tumulus de PlouLarnel (Morbihan).

recouvertes d'autres pierres brutes ; elles ne sont reliées entre elles par aucmi ciment ou

mortier, mais les interstices des pierres sont bloquées en maçonnerie de hlocailles. Quelquefois des quartiers de roche divisent en deux l'intérieur de l'allée , qui est fermée à l'une de ses extrémités, tandis que l'autre servait d'entrée ; celle-ci regarde ordinairement l'orient. Suivant les localités, on nomme les allées

Fig. 11. — Dolmen et tumulus de PlouUamel (Morbilian).

couvertes coffres de pierres, f/rof/es ou rocMs des Fées, paJais des Oéanis ou de Garyaniua.

CELTIQUES (monuments).

Une des ullécs les plus connues est celle dite la (jrotte aux Fées de Bagneux, près Saumur ; elle mesure 20 mètres de lon<i^ueur sur 7 de largeur et 3'°,20 de hauteur. Il existe encore de ces monuments à Janzé (lUe-et- Vilaine), à Pleucadec (Morbihan) , à Briquebcc (Manche), à Ville-Génouin (Côtes-du-Nord), à Mettray, à 8 kilomètres de Tours (Indre-et-Loire). Ce dernier monument est connu dans le pays sous le nom de château , maison ou grotte des Fées. Les départements du Finistère, des Côtesdu-Nord et du Morbihan, surtout ce dernier, sont encore littéralement couverts de ces monuments.

III. Ceomlec'hs. — I^es cromlec'hs (de cromm, courbe, et U61%, lieu) étaient des enceintes composées de menhirs plantés en cercle, en demi-cercle, en ovale, ou en rectangle de toutes sortes. Ces enceintes pouvaient bien être

Fig. 12. — Cromlec'h.

des lieux consacrés, interdits aux profiines et qui étaient en grande vénération. Les Grecs consacraient aux dieux certaines portions de terres, et, pour les séparer des lieux profanes, ils les entouraient de clôtures. Us nommaient ces enceintes Tép-sv/], témène. Homère (Odgss., VIII, V. 3G2), parlant de ces mêmes enceintes , dit : « La liante Vénus prend le chemin de Cypre et se rend à Paphos, où elle a un témène. » Les Romains également avaient de pareilles enceintes; ils les nommaient sacella. (Festus; Cic. , Div., I, 46; Agricola, II, 14; Ov., FasL, I, 275.)

Les cromlec'hs celtiques tireraient-ils leur origine de ces anciens lieux sacrés ? C'est une question à laquelle il est bien difficile de répondre. Le seul fait certain , c'est qu'ils entouraient, comme on peut le voir à Carnac, au Menée, au Manio, à Kerlescan, un certain nombre de tombelles et de dolmens encore visibles , et qu'ils sont très anciens. Les cromlec'hs formaient donc l'enceinte des lieux de sépulture.

Notre figure 12 représente un cromlec'h comme on en retrouve encore beaucoup dans les contrées peuplées de monuments celtiques; mais rien ne peut garantir l'authenticité de ce genre de monument, qui, dans bien des localités, a été refait par les propriétaires des champs dans lesquels ils se trouvent. Notre figure 1 2 his représente le cromlec'h de Lorette, près le Quillo (Côtes-du-Nord).

IV. Menhirs ou peulvans. — Ces monuments, comme l'indiquent leurs noms {me7i , pierre, et hir, \o\\^\\q \ jjeid, pilier, et van, pierre), sont de hauts monolithes implantés verticalement dans la teiTe , et dont la hauteur au-dessus du sol est très variable : les uns sont hauts de 2 mètres, d'autres de 8, 10, et jusqu'à 15 mètres. Les menhirs, suivant

i"ig. 12 bis. — Cromlec'h de Lorette, près le QuiUo ( Cotes-du-Nord).

les localités où ils se trouvent, ont reçu les dénominations suivantes : pierres fiches , pierres fichades , pierres fitfes ^ pierres frittes , pierres fixées, pierres levées, pierres lattes, pierres droites, pierres debout, pierres posées o\\ palets de Gargantua , hautes iornes, chaires au DiaUe; on les nomme aussi dans la Bretagne men sao, qui signifie pierre levée et, dans le pays chartrain, laderes, de lach, pieiTe plate, sacrée, et derch, droite, dressée.

La véritable destination des menhirs a été très controversée, et encore aujourd'hui il est bien difficile d'avoir une opinion certaine sur la destination de ces monuments. Cela tient peut-être à ce que, suivant les époques, ils ont eu des destinations diverses. Quoi qu'il en soit, voici les versions qui sont en présence : les uns y voient de hautes bornes limitatives de territoire, des espèces de termes des anciens; d'autres, des idoles, parce que certains menliirs, comme nous allons le voir, affectent la forme de grossières ligures humaines, ou

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