CHANDELLE. — CHANGEMENT
chandelles, des bougies, des cierges. L'usage d'employer des luminaires dans les cérémonies du culte remonte à une haute antiquité, puisque nous savons que les Hébreux conservaient dans le tabernacle le chandelier d'or à sept branches ; plus tard , les Grecs et les Eomains eurent des chandeliers comme les nôtres , ainsi que le témoignent des peintures et des vases peints : du reste , on a retrouvé des chandeliers dans les fouilles de Pompéi. (Mazois, Antiquités de Pompéi.) Au mot Candélabke, nous avons donné un type étrusque qui n'est en définitive qu'un grand chandelier.
Le moyen âge et la renaissance ont eu leurs chandeliers comme nous avons les nôtres.
Chandelier d'eau. — Fontaine dont le jet s'élève au-dessus du gros balustre portant une petite vasque, d'où l'eau retombe dans un bassin. Il existe des chandeliers d'eau à la cascade de Saint-Cloud, par exemple.
CHANDELLE, s.f. -^ Pièce de bois, sorte de poteau à plomb qu'on pose debout, pour soutenir une pièce de bois transversale, poutrelle, solive, etc., en un mot, un objet ne réclamant pas un étai solide et robuste. La chandelle est, pour ainsi dire, un étai provisoire, destiné à soutenir des objets de peu de poids. On dit aussi quelquefois Point ail (voy. ce mot), quoique ce dernier terme ne soit pas synonjTne de chandelle.
CHANFREIN, s. m. — Surface étroite, petit plan obtenu par l'abatage d'une arête, sur la pierre, le bois, le fer, etc., d'où l'expression abattre en chanfrein. Le chanfrein n'est pas un biseau, comme le prétend Quatremère de Quincy (Dict. d'arch.) :en effet, dans le chamfrein, l'arête abattue a 45 degrés, tandis que le biseau se présente sous toutes sortes d'angles. S'il est à 45 degrés, il peut être appelé chanfrein, et dans ce seul cas ces deux mots sont synonpnes. — Les chanfreins, en permettant de supprimer les arêtes vives dans les pierres , empêchent les épaufrures; ils servent également à la décoration.
A l'époque romane, le chanfrein a joué un rôle assez important dans la composition des profils, et souvent des moulures de cette épo-
que sont formées par la combinaison de deux ou plusieurs chanfreins diversement disposés avec des listels. (Voy. Moulures.) — C'est aussi un ornement qu'on nomme Nacelle (voy. ce mot), quoiqu'il soit composé de deux courbes et non de chanfreins.
CHANFPtEINEPt, v. a. — Faire un chanfrein, c'est-à-dire remplacer une arête vive par un chanft'Qin.
CHANFPtEINÉ, tE,2)art. pass. — Pourvu d'un chanfrein,
CHANFRER. — Voy. Champlever.
CHANGE, s. m. — Nom donné autrefois aux édifices publics qui servaient de lieu de réunion aux commerçants, aux banquiers, etc., et qu'aujourd'hui on nomme bourses. A Pérouse, il existe un change {gambio) célèbre par les fresques du Pérugin.
CHANGEMENT A L'EXÉCUTION DES PLANS. — Une grave question est celle des changements qu'un architecte apporte dans l'exécution de ses plans; elle touche en effet à des intérêts divers, à ceux des administrations, des propriétaires et des entrepreneurs. Aussi les architectes doivent-ils étudier leurs projets avec le plus grand soin, afin d'avoir à faire le moins de changements possible lors de leur exécution. Nous voulons parler de changements radicaux, car il est évident que l'exécution amène toujours des changements indispensables, puisque bien des détails ne peuvent être exécutés que pendant la construction.
Changement de voie. — Dans les grands chantiers, dans la création des parcs et des jardins, les déblais et les remblais sont faits à l'aide de vagonnets roulants sur des rails de fer, sur des voies ferrées . Il est souvent nécessaire de changer de voie ; le système le plus généralement employé est celui dit à aiguilles. Il se compose d'aiguilles de même longueur dont la pointe passe sous les champignons des rails, ou dans l'épaisseur des contre-rails. A l'aide d'un mécanisme, à un moment donné?
CHAXLATTE. — CHAXÏIOXOLE.
une manœuvre fait passer les vagonnets sur ces aiguilles, qui les dirigent sur une autre voie.
CHAXLATTE, s. f. — Chevron ou madrier (suivant la pente du toit où il doit être employé), refendu diagonalement d'une arête à l'autre, qu'on cloue sur l'extrémité des che- •\Tons, parallèlement à la corniche, pour former les égouts pendants. C'est sur la chanlatte que l'on pose le premier rang de tuiles ou d'ardoises effleurant l'égout. On écrit aussi chanlafe.
CHAXLATTER, v. a. — Poser des chanlattes.
CHAXTEPLEURE, s. f. — Ouverture longue et étroite, espèce de barbacane pratiquée dans un mur de clôture ou de terrasse ou bien dans des mm's situés dans le voisinage d'im cours d'eau et exposés aux inondations. Les chantepleures permettent l'écoulement des eaux dans les murs de terrasse , de soutènement ou de clôtm-e, de sorte que, dans les deux cas, elles empêchent sur les murs une poussée qui pourrait leur être préjudiciable.
CHAXTERELLE, s. f. — Fausse équerre du menuisier et du charpentier.
CHANTIER, s. m. — Espace qui entoure un bâtiment en construction ; il est ordinairement circonscrit par une bannère en planches. C'est dans ce local que sont déchargés les matériaux qu'on doit mettre en œuvre et qui sont amenés à pied cfanivre. Le chantier de construction ou de maçonnerie doit être pourvu de toute sorte de matériaux, pieri'es, briques, plâtre, outils et machinerie nécessaire. C'est dans le chantier de maçonnerie qu'on juge de l'efiet des profils qu'on traîne en plâtre, et que sur des sui-faces horizontales ou verticales on trace les épures grandeur d'exécution. C'est sur le même chantier qu'on termine certains ouvrages très finis ou qui demandent une gi-ande précision.
On nomme aussi chantiers des locaux sur lesquels on taille la pien'c ou le bois. C'est un
enclos exclusivement réservé pour ce travail, et duquel on conduit à pied d'œuvre les matériaux ouvrés.
Le chantier des charpentiers sert non seulement à tailler les bois de charpente, mais encore à les assembler, et à juger de leur effet ; après quoi on les désarticule, on les amène à pied d'œuvre et ou procède à leur levage définitif.
Chantiers. — Morceaux de bois ou l)locs de pierre sur lesquels les charpentiers et les tailleurs de pierre posent leurs bois ou leurs pierres pour les travailler; d'où l'expression mettre en chantier.
Les marbriers nomment chantier une solide table en pierre sur laquelle ils taillent et polissent le marbre.
Dans les constructions navales, on appelle chantiers les fortes pièces de bois sur lesquelles porte la quille d'un navire en construction, ainsi que toutes les pièces de bois à l'aide desquelles on maintient les matériaux qu'on taille et qu'on équarrit.
On nomme chantier de démolition l'emplacement sur lequel était une construction qu'on a démohe ou qu'on démolit, et sur lequel on vend les matériaux provenant de la démolition.
CHAXTiaXOLE, s. f. — Fort tasseau en forme de coin, fixé sur l'arbalétrier d'une ferme de comble, au droit des pannes, pour les em-
Chantigiioles.
pêcher de glisser. On fixe les chantignoles sur l'arbalétrier avec des chevilles ou des boulons ; f|uelquefois même on se contente, mais à tort, de les fixer avec des Clous d'épingle (voy. ce mot). On ne doit tolérer ce mode d'assemblage qu'autant que les clous, par leur longueur et leur grosseur, sont de véritables chevillettes de fer. — Au moyen âge , on donnait souvent aux chantiirnoles une fonne eu-
CHANTOURXEMEXT. — CHAPEAU.
l)iqne ; on les assemblait à tenon et à mortaise avec l'arbalétrier ; elles étaient même qnelquefois légèrement embrevées. Notre figure montre trois genres de chantignoles. Anciennement les ouvriers écrivaient quelquefois ce mot avec deux l; ils disaient aussi et disent encore échantignoU.
Chantignolb. — Brique spéciale servant à la construction des cheminées.
C'est aussi une sorte de brique qui a moitié moins d'épaisseu.r que la brique ordinaire , ses autres dimensions étant les mêmes.
CHANTOURNEMENT, s. m. — Action de chantourner; sinuosité courbe pratiquée dans une pièce de bois, de métal, avec divers outils, scies, Hmes, ciseaux. (Voy. le mot suivant.)
CHANTOURNER, v. a. — Couper en courbe une pièce de bois ou de métal suivant un profil donné, et, par extension, décrire des courbes dans du bois, du fer, etc. On chantourne avec la scie à main , la scie à chantourner, ou avec la lime, des ciseaux, des burins, etc. Aujourd'hui, avec les scies mécaniques mues par la vapeur, on chantourne avec netteté, précision et rapidité, le bois, le zinc, le fer, le bronze et l'acier, et, suivant la forme ou les dessins qu'affectent les objets chantournés, ils sont dits découpés à la scierie mécanique. A Paris, une maison fort connue des architectes opère, dans ce genre de travail, de véritables tours de force et d'habileté.
En serrurerie, à part la définition générale que nous avons donnée, ce mot signifie encore tordre une barre de fer méplate , de façon à ce que l'ornement, le contour obtenu soit en partie exécuté en fer plat et en partie de champ.
CHAPE, s.f. — Couche d'enduit d'épaisseur variable, faite avec des matériaux divers. Les chapes sont horizontales, verticales, courbes, suivant les locaux où on les applique. Au moyen âge, on recouvi-ait généralement les voûtes d'une chape en mortier ou en plâtre. De nos jours, on fait des chapes en mortier, en ciment, en béton, en mortiers hydrauliques et en asphalte. On les emploie sur des aires
avant de les paver, de les daller, ou de les bitumer; ou bien on les étale sur l'extrados des voûtes, pour les protéger contre les infiltrations, et même, dans certains cas, on fait des chapes de plomb.
Les sculpteurs nomment ainsi un mélange, une espèce de pâte dont ils recou^Tent les cires des ouvrages qu'ils jeffe?it en fonte. Les mouleurs nomment cluipe l'enveloppe en plâtre ou en bourre et plâtre dans laquelle s'ajustent les pièces d'un moule. Ce mot, écrit avec deux p, a une autre signification. (Voy. Chappes.)
Chape. — En serrurerie, c'est toute espèce de monture de poulie ou de galet. C'est une sorte de bride qui porte les deux extrémités de l'axe d'une platine. Il y a des chapes à vis , à scellement, à p)ointe, à patte, à charnière, etc. Les platines des poulies pour rideaux se nomment chapes; quand elles sont composées de deux parties distinctes, on les nomvnQ joues.
CHAPE, c(dj. — Terme de blason ; se dit de l'écu divisé par deux lignes diagonales qui partent du milieu du chef, et qui se terminent, l'un à l'angle dextre, l'autre à l'angle senestre, de sorte que le champ paraît comme un che- ■vTon rempli. (Voy. Blason, ainsi que la planche X, sur laquelle on voit Vécu chape.)
CHAPEAU, s. m. — En charpente, c'est une pièce de bois horizontale posée sur la tête d'autres pièces verticales, par exemple dans un pan de bois, dans une file de pieux ou pilotis, etc. Les chapeaux sont reliés avec ces
Fig. 1. — Chapeau de pieux.
pièces, soit par des chevilles en fer, soit par des tenons pratiqués sur les têtes des pieux, qui portent de petits coins en bois ou en fer ; de sorte qu'en enfonçant de force les chapeaux, qui portent mortaises, le tenon s'élargit par la pénétration des coins ; le chapeau et le pilot forment ainsi un assemblage très solide. On nomme chapeau d'éfaie une pièce de bois