CHAPELET. — CHAPELLE
qu'on met au liaut d'une potence ou d'une étale .
Fig. 2. — Chapeau à mortaises s'emboitaut avec les tenons des pieux.
Chapeau de lucarne. — Pièce de bois de forme variable qui , assemblée sur les montants aux poteaux de la lucarne, forme encadrement.
Chapeau d'escalier. — Pièce servant d'appui au haut d'un escalier de bois.
Chapeau de cardinal. — Rondelle de tôle rapportée autour d'un tuyau de fumée, pour rejeter l'eau.
CHAPELET, s. m. — Ornement de sculpture décorant des baj^uettes ou tores , au moyen
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Fig. 1. — Chapelet à perles et chapelet à olives.
d'une suite àe perles, à.' olives , à^ amandes et de inécettes disposées de diverses manières ; nos
Fig. 2. — Cliapelet à perles et olives; Chapelet à olives et piécettes.
figures en montrent diverses dispositions. La partie supérieure de la figure 1 montre un chapelet de perles , et dans le bas un chapelet d'olives, tandis que la figure 2 montre un chapelet composé dans le haut de perles et d'olives, et dans le bas d'olives et de piécettes. Ces ornements sont comme enfilés les uns à la suite des autres,
de manière à imiter m\ chapelet; de là le nom de cet ornement. Les chapelets occupent la place des tores et baguettes unies ; on les retrouve à toutes les époques et dans presque tous les styles d'architecture,
CHAPELLE, s. f. — Du latin capella. A l'origine ce mot désigna l'oratoire où fut placée la cJiape qui abritait les reliques de saint Martin, à Tours, et par la suite il fut appliqué à tout lieu dans lequel on conserva des reliques. La chapelle était un diminutif de l'église ; elle était isolée ou attenante à un édifice civil ou religieux. Aussi de nos jours on désigne sous ce nom les petites églises ou oratoires des châteaux, des couvents, des monastères, prisons, etc., ainsi que les autels situés à l'intérieur des églises, quelle que soit leur position. Cette multiplicité des autels remonte aux premiers siècles du moyen âge, et les croisillons du transept furent les premiers transformés en chapelles; du reste , l'entrée des chapelles, dans le plan général des églises , ne remonte pas au delà du XI® siècle, et, d'après le dir-e de certains archéologues, l'église de Preuilly (Indi-e-et- Loire) en offrirait le premier exemple en France. Ce ne fut guère qu'à la fin du xi° siècle qu'on créa dans les églises des chapelles qui rayonnaient autour des absides ; encore à cette époque cette disposition était-elle rare, et ce ne fut qu'au siècle suivant qu'elles apparurent fréquemment avec la grande chapelle située à l'extrémité orientale de l'église, qui était toujours consacrée à la Vierge; mais ce ne fut qu'au XIV® siècle qu'elles furent d'un usage constant. C'est également à cette époque que les bas côtés se garnissent d'une suite de chapelles correspondantes à chacune des travées de la nef. Les chapelles étaient souvent la propriété d'un corps d'état ou d'une famille ; elles avaient même des cheminées, conmie on le voit encore aux églises de Brou et de Souvigny, à la chapelle de Bourbon, à Cluny. Ces cheminées ont fait supposer à tort que certaines chapelles avaient pu à l'origine être des sacristies ; on a reconnu aujourd'hui qu'elles n'avaient été construites que pour la commodité et l'agrément.
Lulépendammciit des chapelles attenant à
CHAPELLES (saixths).
(les édifices civils et religieux, la piété des fidèles construisit des chapelles isolées sur des lieux élevés ; leur plan était fort simple : c'était ordinairement une cella de forme allongée. On les plaçait souvent sous l'invocation du saint Michel, à qui l'on s'adressait pour conjurer les orages. Un accident survenu, un crime commis , un vœu prononcé dans un grand danger, était un prétexte dont les fidèles s'emparaient
Fig. 1. — Chapelle isolée avec contreforts saillants (xu« siècle).
pour élever une chapelle expiatoire ou de reconnaissance : telle est, par exemple, la chal^elle des Flammes , construite auprès du chemin de fer de Paris à Versailles, en mémoire de l'accident qui coûta la vie à tant de personnes, entre autres à Dumont d'Urville; telles, la chapelle expiatoire de Louis XVI, à Paris, et la chapelle de Neuilly, élevée en commémoration de l'accident qui coûta la vie au duc d'Orléans.
Les chapelles 'primitives furent dans les catacombes ; elles étaient élevées généralement en l'honneur d'un martyr ; de là l'origine des Ceyptes (voy. ce mot) ou chapelles souterraines, dont l'usage s'est perpétué jusqu'à nous.
Au XI® et au xii® siècle, les chapelles romanes isolées furent construites sur des plans très variés, carrés, circulaires, de forme octogonale , etc., et les voûtes furent de plein cintre. A la fin du xii* siècle, le plein cintre fut remplacé par l'arc aigu, et les chapelles isolées furent caractérisées en plan par des contreforts très
saillants (fig. 1), comme à la Sainte-Chapelle de Paris, et sur les façades par de grandes baies en forme de roses et i^ar des pignons très aigus. Le clocher se trou^•a sur la façade ou sur
Fig. 2. — Chapelle avec entrt-e et clocher sur les côtés.
le côté (fig. 2). Au xvi^ siècle, l'architecture commença à devenir classique, et les architectes de la renaissance créèrent des merveilles dans ce genre ; mentionnons les chapelles des châteaux de Vincennes, de Blois, de Fontainebleau, d'Ecouen, d'Anet.
Les chapelles isolées variaient beaucoup comme importance ; les unes ne pouvaient contenir que quelques personnes, d'autres étaient si vastes qu'elles purent plus tard être transformées en cathédrales ; celle du palais des ducs de Bourgogne à Autun, celle du château de Bourbon à Moulins, sont de ce nombre.
Chapelles (Saintes-). — On a appelé ainsi des chapelles qui contenaient un trésor et des reliques , comme nous l'avons dit au commencement de l'article i^récédent; elles faisaient toujours partie d'un palais ou d'un château souvent royal, et étaient desservies par un collège de chanoines. Les plus remarquables sont les saintes-chapelles de Bourbon-l'Archambault, de Dijon, de Riom (aujourd'hui palais de justice), et de Champigny en Touraine, de Saint-Germain en Laye (dont notre confrère Eugène Millet a commencé la restauration), du château de Vincennes, enfin la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, un des chefs-d'œmTe de l'art du XIII® siècle, qui a été si admirablement restaurée par Lassus, Duban et M. Boeswilwald.
Ce fut Louis IX qui fit bâtir cette chapelle par Pierre de Montereau , pour y déposer les reliques que l'empereur de Constantinople, Baudouin de Courtenay, lui avait ofi'ertes. Elles furent renfermées dans une châsse en bronze doré : c'était la couronne d'épines , un morceau de bois de la -STaie croix, le fer de la sainte