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CHAUX

coups de hie ou demoiselle. Ces opérations terminées, on étale avec une forte brosse sur toute la surface extérieure de la chaussée du goiidrou qu'on saupoudre de sable. — Pour faciliter le maniement des pavés et des liteaux, ils ne sont pas imprégnés de goudron ; ce serait, du reste, inutile, puisque la fin de l'opération consiste , comme nous venons de le voir, à noyer le tout dans du goudron liquide. Le prix de revient de ce genre de chaussée est variable suivant les pays où il se pratique. Là où le bois et la main-d'œuATe sont à bon marché, là aussi le pavage est à meilleur compte. A Paris , où l'on ne peut employer que des bois de sciage du Xord, le prix de premier établissement peut être évalué à 14 francs ; or, comme l'entretien est peu coûteux (0 fr. 90 par mètre et par an), ce pavage serait très économique, si ou l'appliquait en grand.

Le premier mode de construction des chaussées en bois est, comme nous venons de le voir, assez compliqué; aussi, dans les villes de l'Amérique du Xord (où le pavage en bois existe exclusivement à tout autre), on pratique le système Nicholson, qui est beaucoup plus simple.

Les planchers sont remplacés par un lit de gravier de 0™,20 à 0™,25, égalisé et comprimé à l'aide d'un cylindre en fer très lourd, tel que celui qu'on emploie pour macadamiser. On commence, comme dans tous les systèmes de pavage, par bien égaliser ou di'esser la chaussée ; on répand ensuite une couche de sable humide de 0"',08 à 0",1(;> d'épaissem* ; on régularise cette couche comme celle de gracier, en lui donnant une pente convenable de chaque côté du trottoir. Sur cette couche de sable humide on place les pavés de bois, qui ont environ 0'",14 de hauteur, sur 0'",12 de largeur et 0",18 à 0"',25 de longueur. Les rangées de pavés sont transversales par rapport à la rue ; elles sont rapprochées les unes des autres et les joints alternés, comme dans le mode précédenunent décrit. — A la rencontre de deux rues, les rangées de pavés doivent faire un angle droit, si la rencontre des deux rues fonne un angle droit, ou bien elles se coupent suivant un angle déterminé par l'intersection des deux rues. Cet aiTan-

gement n'offre aucune difficulté, vu la faciHté (]u'on a de couper le bois de sapin avec la hache. Les interstices qui existent entre chaque pavé sont remplis avec du graA'illon jeté sur le pavage ; ensuite, à l'aide d'un arrosoir, on répand du goudron dans les interstices, comme dans le mode précédent de fabrication, et l'on comprime fortement avec un fer qui a la forme d'un énorme couteau. Tl faut deux hommes pour cette opération : l'un conduit le fer horizontalement sur les interstices, et l'autre donne les coups de hie.

Enfin un troisième mode de construction consiste à poser des pavés taillés en biseau sur un lit de béton ; on les maçonne comme on ferait pour un mur eu moellons smillés, en employant du mortier hydraulique pour faire la liaison. On répand du goudron liquide à l'aiTosoir et l'on jette sur le tout du sable de plaine. Ce dernier mode est un des plus simples et des plus pratiques ; il a été employé place de l'École de Médecine, à Paris.

CHAUX, s. f. — La chaux, ou oxyde de calcium, est très répandue dans la nature. Unie à l'acide carbonique, elle constitue le carbonate de chaux, base de toutes les pierres calcaires ; ujiie avec l'acide suif uri que , elle forme les sulfates de chaux, c'est-à-dire les gyi:)ses ou plâtres. La chaux pure est blanche, pulvérulente, d'une saveur acre, chaude et caustique; comme tous les 'oxydes, elle ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides. La chaux se combine avec l'eau en dégageant une forte chaleur (800 degrés en^^ron) ; elle augmente alors considérablement de volmne : on dit qu'elle /ofsônwe. Cette combinaison avec l'eau s'opère avec un certain bruit , une crépitation : on dit alors que la chaux /«se; on obtient ainsi la chaux hydratée, ou chaux éteinte, tandis que la chaux sans eau {chaux anhydre) se nomme chaux vive. Mélangée a-^-ec peu d'eau, la chaux donne une poudre blanche, douce au toucher; additionnée d'eau, cette poudre forme une pâte onctueuse; enfin, si la proportion d'eau ajoutée est considérable, on obtient une bouillie très liquide, une laitance, qu'on nomme lait de chaux : on s'en sert pour blanchir les murs et les plafonds. On profite

CHAUX-CIMEXT. — CHEF.

de ces qualités de la chaux pour l'employer à la confection des Mortiers (voy. ce mot).

Considérée au point de vue hygroinétri(|ue, c'est-à-dire à sa plus ou moins grande affinité pour l'eau , on divise la chaux en plusieurs variétés : en chaux communes ou chaux aériennes, en cMux hydrauliques , suivant qu'elles prennent ou durcissent à l'air ou dans l'eau.

11 existe encore des subdivisions dont nous dirons quelques mots, ce sont : les incuits , les chaux frittées et les chaux limites. Quelques auteurs ont bien voulu aussi établir une subdivision pour les chaux-ciments , qui, bien souvent, il est vrai, ne proviennent que de la calcination des calcaires argileux ; cependant, comme la nature des ciments est très variable et qu'ils présentent des caractères très divers, nous considérons cette substance comme un produit différent des chaux, et nous en traiterons à son rang. (Yoy. Ciment.)

Chaux communes ou aériennes. — Elles sont de trois sortes : on les nomme chaux grasses, chccux moyennes, chaux maigres.

Les chaux grasses sur lesquelles on jette de l'eau s'échauffent beaucoup et foisonnent considérablement ; pures et éteintes, elles fournissent assez souvent un volume triple de celui de la chaux vive. Après leur foisonnement, ces chaux donnent une pâte liante , fine et grasse au toucher.

Les chaux moyennes foisonnent beaucoup moins que les précédentes; éteintes, elles acquièrent à peine un volmne double que vives.

Les cliaux maigres contiennent généralement des matières étrangères, du sable principalement, et cela dans des proportions de

12 à 15 et quelquefois jusqu'à 28 à 30 pour 100 ; elles ne foisonnent presque pas à l'extinction.

Chaux hydrauliques. — Ces chaux ne foisonnent presque pas , ou du moins très peu , quand on les éteint; de plus, elles ne donnent pas de chaleur pendant cette opération. Elles sont généralement maigres, très rarement moyennes, et jamais grasses. Elles affectent différentes nuances : tantôt elles sont blanches ou d'un gris verdâtre, tantôt couleur de brique crue. De ce qu'on les nomme hydrauliqiies , il ne faut pas croire que ces chaux employées à

l'air, ou dans la teiTC, ne donnent pas de bons résultats; au contraire, dans la pratique, leur emploi a parfaitement établi que la résistance des mortiers hydrauliques employés à l'air est égale aux pierres à bâtir de moyenne qualité.

•Souvent, dans les fours à chaux, ceitaines parties de calcaire ne peuvent être décomposées par la chaleur; ces chaux incomplètes sont nommées incuits, rigaux ai grajipiers. On leur donne aussi, improprement, le nom de biscuits. Cette dénomination est tout à fait inexacte, puisque, au lieu d'être deux fois cuites, ces portions de calcaire ne le sont qu'incomplètement ; il serait donc plus exact de les ^\i- -peler incuits, mi-cuits , mal cuits. Quelques calcaires renferment des noyaux plus durs , espèce de galets, qui sont des incuits qu'on nomme durillons ou marrons.

Chaux frittées. — Ces chaux, qu'on nomme aussi surcuits, sont des produits calcaires argileux, chauffés à une température trop élevée. Exposées à l'air, ces frittes paraissent d'abord entièrement inertes; cependant, si elles sont pulvérisées au sortir du four, gâchées à consistance de mortier et mises sous l'eau, elles donnent des résultats très différents.

Chaux limites. — Ces chaux se placent entre les chaux éminemment hydrauli(|ues et les ciments ; elles forment un produit à part, dont on ne peut tirer aucun parti au degré de cuisson ordinaire. Ces chaux sont parfaitement dénommées, parce qu'en effet la quantité d'argile qui les caractérise est la limite supérieure de celle qui constitue les chaux hydrauliques proprement dites. Ces chaux limites ne présentent plus les propriétés de ces dernières, mais elles n'ont pas encore les caractères des ciments. — Pour la jurisprudence, voy. Four A chaux et Fosse a chaux.

CHAUX-CIMENT. — Yoy. Ciment.

C HAVRE AU, s. m. — Sorte de bêche triangulaire recourbée.

CHEF, s. m. — Les chefs d'une ardoise sont ses côtés ; ainsi on dit : chef d'en Mut, d'en bas, de côté. Le chef d'en haut est ordinairement épaulé, c'est-à-dire que les angles en sont

CHEF-D-ŒUVRE. ~ CHEMIXEE,

tronqués ; le chef d'en bas est quelquefois taillé en pointe ou arrondi, pour figurer des écailles. (Yoj. Aedoise.) — En termes de blason, le dief s'étend du tiers supérieur de l'écu. (Yoj. Blasox.)

CHEF-D'ŒUVRE, s. m. — Travail particulier que les aspirants à la maîtrise exécutaient devant des jurés ; les ouvriers accomplissaient ce travail pour prouver qu'ils pouvaient passer maîtres. Dès le xiii'' siècle, les statuts des chapuiseurs {Livre d'Etienne Boileau) mentionnent le chef-d'œu\Te , mais ce n'était alors qu'une exception ; il devint une loi générale de tous les métiers au xiv*^ et au xv^ siècle. Selon les métiers, la nature du chef-d'œuvre variait : les sculpteurs exécutaient une statuette de trois pieds et demi ; les potiers d'étain, une marmite; les brodeurs, un tableau dont le dessin devait avoir été approuvé par les gardes du métier. Les aspirants devaient exécuter leur chef-d'œuvre dans la maison d'un juré ou dans une maison désignée par eux, dans laquelle ils se rendaient plusieurs fois pendant la durée de l'épreuve , pour voir de quelle manière travaillait l'aspirant. L'œuvre terminée, les anciens du métier se réunissaient et décidaient si elle était (c idoyne et suffisante. » Si elle était ainsi jugée, le candidat prêtait serment de se conformer aux règlements et statuts du métier ; il était alors proclamé maître. L'exécution du chef-d'œuvre revenait fort cher à l'aspirant, car il lui fallait plusieurs mois pour exécuter ce travail, qui ne lui rapportait rien ; mais il devait eu outre payer certaines bienvenues et redevances aux jurés, à la confrérie, à l'église ; il devait également offrir plusieurs festins aux juges. Avec le temps ces charges s'accrm'ent dans de telles proportions, le chefd'œu^Te devint si coûteux, que beaucoup de compagnons restèrent ouvriers toute leur vie, ne pouvant faire les frais de la maîtrise. Ainsi s'est perdu cet usage qui était éminemment utile pour donner de l'émulation à la classe oumère. Les chai-pentiers sont les seuls ou- \Tiers qui exécutent encore de nos jours le chef-d'œu\Te.

CHE3IIX, s. m. — Toute voie de terre qu'on

peut parcourir pour se rendre d'un point à un autre; les sentes, sentiers, routes, allées, rues, quais, sont des chemins. Tout ce qui concerne la construction des chemins rentre dans la classe des travaux des ponts et chaussées; nous ne parlerons pas ici des divers genres de chemins, nous renverrons le lecteur aux articles spéciaux, : Allées, Chaussées, Routes, Sextieks, Voies, etc.

Pour la jurisprudence des chemins, voyez Routes; Alignement, § 2; Fossés, Haies, Travaux publics. Voirie.

Chemin couvert. — Chemin qui , dans les fortifications modernes, se trouve derrière le glacis, sur le bord extérieur du fossé, et qui par conséquent couronne la contrescarpe.

(Voy. Fortifications.)

Chemin de ronde. — Chemin ménagé au sommet d'un rempart, derrière le parapet ou en tout autre endroit d'une fortification, pour le service des rondes ou de la défense. (Voy. Militaire, Architecture-, Rempart et Fortifications.)

C'est encore un espace libre circonscrivant des bâtiments et permettant d'exercer une surveillance active autour de ces bâtiments. n existe des chemins de ronde dans les asiles d'aliénés, dans les abattoirs, dans les prisons, dans les casernes fortifiées, dans les citadelles, dans les places fortes, etc.

Chemins de fer. — Voie formée à l'aide de "bandes de fer parallèles, nommées rails, et sur laquelle circulent des wagons ou voitures, remorqués par des chevaux ou des locomotives à vapeur. Les chemins de fer sont une des grandes industries modernes, et leur établissement nécessite, après des études préliminaires de la voie, des travaux importants, tels que ponceaux, ponts, tunnels, viaducs, gares, enfin des ateliers de construction d'une importance très considérable. — Tous objets roulant sur des bandes de fer horizontales, tels que coffres, portes à couhsse, etc., sont dits rouler sur un chemin de fer.

CHEMIXEE, s.f. — Endroit où l'on fait le feu, et tuyau qui rejette la fumée au dehors du local oii le feu existe. Le tuyau sert aussi pour le tirage nécessaire à la combustion.

CHEMINEE

Les parties qui composent la cheminée sont : l'âtrCj h/of/fr, le conire-cmir (c), hs jamhaf/es on pmls-dfoif s (j), le manteau et la //otte (quand elle en possède), le tuijau, la souche et la miti'e, quand le tuyau est couronné de cette dernière.

Quoi qu'en disent certains auteurs, les cheminées étaient connues des anciens; celles, (juoiqu'en très petit nombre, découvertes à Pomi)éi et dans d'autres lieux ne laissent aucun doute sur l'antiquité de leur origine. Elles se composaient alors d'une sorte de cavité ayant la forme d'un demi-cône elliptique et tronqué, bâti en brique et surmonté d'une suite de tuyaux en terre cuite semblables à ceux qui servaient à distribuer la chaleur des hypocaustes; ces tuyaux étaient ajoutés bout à bout.

Fig. 1. — • Plan d'une clieminée.

a, plaque du foj'er ; c, contre-cœur ; 7, j, jambages ; r c r, foyer ;

m. ligne de séparation de la cheminée du foyer extérieur.

L'usage des cheminées, très restreint dans l'origine, commença à se répandre au moyen âge ; mais pendant les premiers siècles de cette époque on chauffait l'intérieur des appartements soit au moyen de hraseros (sorte de réchauds remplis de braise), soit au moyen' de foyers dans les caves, qui envoyaient la chaleur par des conduits pratiqués dans les murs ou sous le pavement. Les braseros affectaient quelquefois la forme d'un chariot porté sur des roues (voy. Chauffe-doux), qu'on roulait d'une pièce à l'autre, suivant que son propriétaire se rendait dans t,elle ou telle autre pièce de son logis. — Ce moyen , économique peutêtre, mais en tout cas peu commode, fut généralement délaissé dans les pays septentrionaux dès le XII'' siècle ; mais dans les pays méridionaux il s'est encore perpétué jusqu'à nos jours, car le brasero à demeure est encore en usage en Espagne et en Italie. (Voy. Chauffage.)

Quoi qu'il en soit, dès le xii" siècle la cheminée avec foyer intérieur fait son apparition ,

et son usage se répand rapidement. Nous devons ajouter que depuis cette époque jusqu'à nos jours la construction des cheminées a fait de lents mais constants progrès, et il faut espérer que bientôt on construira des cheminées qui n'enverront pas en pure perte sur les toits les trois quarts de la chaleur o])tenue à grands fi'ais, pour n'en donner (ju'un quart dans la pièce à chauffer.

Les cheminées du moyen âge et de la renaissance ne se font pas remarquer par l'excellence de leur système, mais nous devons avouer qu'elles brillent par la richesse de leur architecture et leurs proportions monumentales ; nous citerons, entre autres exemples, les cheminées de la grande salle de Poitiers pour le moyen âge, celles du château de Saint-Gennain pour la renaissance, ainsi qu'une magnifique cheminée de la même époque dans la maison dite des trois frères Lallemand , à Bourges, et dont notre planche XXII donne un ensemble. Pour construire une cheminée dans de bonnes conditions et pour l'empêcher de fumer, il faut satisfaire à de nombreuses obligations que les architectes ignoraient autrefois : ils s'en rapportaient trop à leurs fumistes ; aujourd'hui il existe des architectes assez instruits, qui, connaissant parfaitement les lois de la physique, savent appliquer les principes indispensables pour obtenir des cheminées convenablement étal)lies.

Les conduits de cheminée affectent diverses formes, et dans plusieurs grandes villes, à Paris notamment, leur construction est déterminée par des règlements de police.

Comme nous l'avons dit au début de cet article, une cheminée se compose de trois parties principales distinctes : \q foyer, où se fait la combustion ; le conduit, et la portion extérieure, ou." souche, qui fait saillie en dehors et domine le comble. Les autres parties secondaires sont : ïâtre ou plaque de fonte du fond, le contre-cœur {c, fig. 1), et les jambages ou pieds-droits qui soutiennent de côté la marbrerie ou la hotte, suivant le genre de cheminée. Le foyer se ftiit de plusieurs manières, nous en parlerons plus loin. Le point de départ du conduit mérite aussi l'attention et peut être muni d'un registre destiné à ouvrir ou

Planche XXII. — C'hciruii(!e de la maison des trois frères Lallemaud, à Bourges. (Renaissance française.

CHEMINEE

fermer les coinnumicatious ; im rideau, ù Faicle de contrepoids, peut donner à l'entrée de la cheminée plus ou moins d'ouverture, et augmenter ou diminuer le tirage, ou même l'intercepter tout à fait. Des ventouses, dont l'ouverture est pratiquée sur les murs extérieurs, et destinées à amener de l'air dans le tuyau de la cheminée, peuvent apporter un remède à celles qui fument, en augmentant leur tirage.

Les foyerâ de cheminée sont établis sur des bandes de trémies, espace vide du plancher, que Ton remplit de matériaux incombustibles. Les tuyaux de cheminée se construisent de diverses manières : en pigeonnage, en plâtre, en briques, en teiTe cuite, eu pierre et même en foute ; cela dépend du mode adopté dans le pays dans lequel on les construit. Ces tuyaux sont carrés, circulaires ou ovales ; en général, les formes arrondies sont celles qui conviennent le mieux. Ils peuvent être élevés d'aplomb ou dévoyés, pour laisser la place nécessaire aux tuyaux des autres étages. La souche, enfin, doit faire saillie jusqu'au-dessus du faîtage du comble. Au reste, on trouvera aux articles Tuyau, Coffre, Pigeo^ttage, etc., tous les renseignements désirables.

La disposition inférieure des cheminées et de leur foyer varie suivant les usages auxquels elles sont destinées ; les cheminées de cuisine ne sont pas construites conune celles des appartements. Nous allons parler de ^la construction des mies et des autres.

A Paris, il ai-rive assez souvent, nous pourrions dire presque toujours , que les maçons ne font que monter les jambages et hourder les manteaux des cheminées ; le marbrier pose ensuite les marbres, enfin le fmniste fait tout ce qui est relatif aux dispositions intérieures du foyer. Il aiTÎve parfois qu'en pro\'ince ou à l'étranger le maçon peut avoir à monter seul sa cheminée; dans ce cas, voici conunent il doit procéder :

La cheminée étant faite en plâtre, le maçon commence à tracer sur le sol l'emplacement des jambages, puis il les érige en plâtras et plâtre, et mieux en briques. Ceux-ci montés jusqu'à la hauteur du manteau, le maçon établit ce dernier. Dans ce but, il place ordinairement deux barres de fer carrées s'ap-

puyant sur les jambages, l'une sous la languette du tuyau, et l'autre à 0°',12 ou 0"',ir) en avant des jambages. Au-dessous des barres de fer, à quelques centimètres en contre-bas, il pose un bout de planche horizontalement, afin de noyer les barres dans le plâtre, et il établit en plâtre et plâtras toute la masse du manteau. Dès que le plâtre a fait prise, on retire la planche.

Les jambages et le manteau ainsi obtenus, on les enduit extérieurement en plâtre, s'ils ne doivent pas recevoir de pierre ou de marbre ; dans le cas contraire , on procède à la pose de ceux-ci , en ayant soin de les fixer dans le massif, soit avec des pattes à scellement, soit avec des agrafes. Le maçon pose d'abord les plaques verticales , en les liant à la place qu'elles doivent occuper par une ficelle située vers le milieu de leur hauteur, et dont les extrémités sont arrêtées à deux pointes implantées dans le jambage. Ces revêtements de pierre ou de marbre étant ainsi placés bien d'aplomb et dans l'alignement déterminé, le maçon les fixe à leurs extrémités et aux jambages. Il pose ensuite la traverse horizontale, puis enfin la tablette qui recouvre le manteau , en ayant soin de la tenir éloignée du tuyau ou^cofPre d'un centimètre ou deux, afin que le gonflement du plâtre ne risque pas de la faire fendre. Ces opérations terminées, le maçon exécute en briques le contre-cœur, qui est destiné à diminuer l'ouverture de la cheminée ; il place en même temps la plaque de fonte, de façon à amener le feu en avant, pour diminuer le passage de la fumée et faire mieux rayonner la chaleur.

Les espaces compris entre les jambages et le contre-cœur restent ordinairement vides ; c'est dans ce vide que passent les ventouses et les contrepoids des rideaux.

Quand les pièces sont parquetées, le carrelage du foyer se prolonge à 0'",35 environ en avant des jambages ; aujourd'hui ces foyers sont généralement en marbre d'une pièce ou à compartiments. (Voy. Foyer.) Il faut ordinairement trois heures et demie à un maçon et son aide pour l'exécution, la pose et le scellement d'une cheminée dans les dimensions ordinaires.

Les cheminées peuvent être très simples ou

CHEMINEE

richement ornées, de même (ju'elles peuvent être en pierre ou en marbre. Ou emploie toutes sortes de matériaux, depuis les plus communs jusqu'aux plus précieux. Xotre figure 2 montre une cheminée en bi'iques et pierres du château de Nantouillet.

H Sous le rapport de leur forme, les chambranles des cheminées sont dits à capucine, à modulons ou à console.

Les cheminées de cuisine avec hotte se composent de deux jambages en brique hourdée en plâtre , formant console , pour supporter le

^m m HL m ji jLlîiJlJlJiyi

Fig. 2. — Cheminée en brique et pierre au château de Nantouillet.

bâti ou ceinture en fer du manteau de la cheminée. Sur le devant de la hotte on établit une partie horizontale de 0'",12 à U*", 15 de largeur, formant tablette; elle sert à recevoir quelques ustensiles de cuisine. Souvent les cheminées de cuisine forment fourneau et leur âtre est élevé de O^jTo ou 0"',80 au-dessus du sol ; on place ordinairement à côté et au même niveau une pierre d'évier.

Cheminées d'usine. — Les grandes cheminées d'usine se construisent en briques. On leur donne pour section un carré, mais plus ordinairement un cercle.

Celles de forme circulaire sont élevées sur plan carré jusqu'à une certaine hauteur déterminée par la position des cheminées, par rapport aux bâtiments qui l'entourent ; mais ,

même lorsqu'elles sont isolées, on devra, pour leur donner plus de solidité, les élever feur un massif carré de 3"',50 à 4 mètres de hauteur au-dessus du sol. Ce massif, qu'on nomme pedestal, est couronné par une corniche de brique ou de pierre. Cette partie carrée est descendue à 2'",50 en contre-bas du sol pour former la chambre de prise de la fumée venant des foyers. Enfin, suivant la hauteur de la cheminée à élever, suivant aussi la* nature du sol, on descend les fondations à 3 mètres, 3'", 50 et plus.

Fondations. — Les fondations sont formées : 1" d'un massif en béton de 1™,50 d'épaisseur formant quatre assises superposées se retraitant successivement l'une sur l'autre de 0"',25 ; 2" d'un massif de 1",10 de hauteur en maçonnerie de moellon dur de roche ou de meulière ; 3° d'une com'onne de hauteur et de largeur variables, appelée réservoir à cendre. Dans une cheminée de 30 mètres de hauteur (1), la couronne doit avoir 1"',60 de hauteur et l'",10 de largeur, et les diamètres extérieur et intérieur sont respectivement de 4 mètres et 1"',80. La maçonnerie du réservoir à cendre se compose de moellons durs de roche ; elle est revêtue à l'intérieur d'une chemise en briques de ()"',22 d'épaisseur ]30ur les parements verticaux et de 0'°,11 pour le fond. Quand mie cheminée d'usine est encastrée dans des bâtiments, il faut avoir soin de ménager un intervalle de Û'",10 à 0'",15 entre la fondation de la cheminée et celle des bâtiments, afin que le tassement puisse s'opérer séparément pour cha- (|ue construction. Cette observation est très importante, car la charge qui résulte du poids de la cheminée est très considérable, l'",15 par centimètre carré ; tandis que les murs des bâtiments d'usine, quelles que soient leur épais-

(1) Dans tout ce qui va suivre, nous supposerons qu'il s'agit de la construction d'une cheminée de 3(j mètres de hauteur. Cette hauteur peut être considérée avec raison comme une moyenne de celle qu'on donne aux cheminées d'usine; disons cependant qu'il s'en construit de beaucoup plus élevées : la plus haute qui existe actuellement en Europe se trouve à Manchester ; elle mesure 125 mètres de hauteur. Son diamètre extérieur à la base est de 7'", 50, et au sommet, de 2'".70; on y a employé 4,500,000 briques.

CHEMIXEE.

seur et leur élévation, ne donnent qu'une charge trois et quatre fois moins élevée.

Piédestal. — Le piédestal, enfoncé dans le sol de 0™,05; aune hauteur de 5'",10 au-dessus du sol, est carré, circulaire ou octogonal. Couronné d'une corniche en pierre, le piédestal est évidé dans son milieu et possède généralement deux ouvertures : Tune, de 0'",S0 de section , est fermée par une porte en fer ou en fonte, qui donne accès dans Tintérieur de la cheminée; l'autre, de dimension variable suivant le nombre de foyers ou le tirage qu'on veut obtenir, reçoit le conduit de la fumée. La porte de service sert à nettoyer ou réparer la cheminée et pour empêcher l'introduction de l'air ; on la bouche par une cloison en brique de O*",!! d'épaisseur.

Fût. — Le fût, de hauteur variable entre 27 et 30 mètres, est construit en briques; il présente à l'extérieur l'aspect d'une immense colonne à parements unis. A l'intérieur, il se compose de cinq couronnes en tronc de cône superposées, lesquelles se retraitent de 0°',12 l'une sur l'autre en s'élevant vers le sommet. Ces com'omies ont mi fruit de 0'",027. Afin de ne pas être obhgé de tailler les briques (ce qui exigerait un temps considérable et un fort déchet), on donne la même épaisseur à chaque couronne ou tronçon de cheminée. On construit ainsi pour regagner ce que le fruit extérieur a fait perdi-e à la section intérieure de la cheminée. Pour les cheminées de peu de hauteur, l'épaisseur du sommet est très souvent réduite à la largeur d'une brique de G",!!.

Afin de rendre le fruit bien régulier sur toute la hauteur de la cheminée, le briqueteur applique contre le parement extérieur de celle-ci, au fur et à mesure qu'elle s'élève, une planche de 1",15 de longueur, taillée de manière que sa largeur soit moindre de 0'",0-" à l'extrémité supérieure qu'à l'autre. Contre l'une des faces de cette planche, nommée règle à fruit, on a fixé un fil à plomb qui \ient battre dans une encoche faite au bas de la planche, quand l'arête droite de celle-ci est placée verticalement contre le parement du fût. On conçoit que, pour bien élever les parements, l'ouvi'ier n'a qu'à appliquer des secs de temps à autre sur le côté incliné de la règle

à fruit, et à vérifier si le fil à plomb bat dans l'encoche.

Voici quelles sont les dimensions des cinq couronnes coniques :

fi

Diisignatiou

des cliamùtrcs

ù, la bapo

et au sommot.

rt

e,oo

Bases iuférieures . .

Sommets

fi,00

Bases inférieures . .

Sommets

e,oo

Bases inférieui-es . .

Sommets

i;,oo

Bases inférieures . .

Sommets

Bases inférieures . .

Totaux.

Les épaisseurs de la maçonnerie de brique sont toutes des multiples de 0™,11, dans lesquels on a tenu compte de l'épaisseur des joints en mortier (0'",01 par joint).

Cha})iteau. — Le chapiteau est ordinairement de l'°,80 de hauteur ; il est formé de six assises en pierre de taille composées de plusieurs morceaux. Des cercles en fer méplat (0"\04 sur 0",01), avec goujons à scellement, relient entre elles les pierres des assises.

Les cheminées d'usine se construisent sans échafaudage extérieur. L'ouvrier se tient à l'intérieur, et, au fur et à mesure qu'il s'élève, il place des traverses en bois dans la maçonnerie. Sur ces traverses il dispose des planches qui le supportent pour son travail. Les briqueteurs qui ont une grande habitude se tiennent sur la maçonnerie tant qu'elle a plus de 0™,22 de largeur; à mesure qu'ils élèvent la cheminée, ils établissent les traverses. A l'une d'elles est fixée une poulie sur laquelle passe une corde manœuM'ée par un treuil fixé au bas de la cheminée. L'extrémité libre de la corde porte un crochet qui sert soit à hisser l'ouvrier briqueteur, soit à l'approvisionner de matériaux.

Afin de permettre l'accès jusqu'au sommet de la cheminée , pour exécuter son ramonage ou des réparations, on scelle, au fur et à mesure de la construction , des échelons ou crampons en fer à 0"',35 d'écartement l'un de l'au-

CHEMINEE

tre; ou bien dans l'intérieur, de la cheminée, on établit une échelle en fer. Celle-ci est formée de plusieurs parties de différentes longueurs ; SCS montants en fer méplat se recour- ))ent par le haut pour s'agrafer sur des traverses en fer carré de 0™,03 de côté, traverses qui reposent sur les retraites du fût. Les échelons sont en fer rond de 0'",015 de diamètre, ils sont espacés de 0'",28 à 0'",30 dans les montants de l'échelle. On doit tenir compte de la dilatation du fer dans la construction de cette échelle, car la température de la cheminée peut atteindre 300 degrés. A cause de leur haute élévation, les cheminées d'usine sont sujettes à recevoir la foudre, aussi doit-on les armer de Paratonnerres (voy. ce mot).

Nos figures 3, 4, 5 montrent les plan, coupe et élévation d'une cheminée d'usine construite d'après les données et les proportions que nous venons de décrire.

Redressement. — Il arrive parfois -que, par suite de tassement, affaissement du sol, emploi de mauvais mortiers , ou pour toute autre cause, les cheminées d'usine viennent à pencher. Quand cette inclinaison n'est pas très considérable et ne peut faire présumer le renversement prochain de la cheminée , on peut redresser celleci en sciant le mortier dans plusieurs joints ; mais il faut observer entre chaque trait de scie un certain rapport de profondeur à mesure qu'on se rapproche du rayon horizontal de la courbe prise par la cheminée : ce moyen simple suffit pour remettre la cheminée dans sa position normale.

Le temps nécessaire pour exécuter un mètre cube de maçonnerie est en moyenne de :

7 heures de briqueteur ; 11 heures de manœuvre ou aide-seryant.

Pour Paris , les prix moyens d'un mètre cube de maçonnerie de briques pour ces cheminées est de :

Pour les foyers de machine à vapeur, en briques de Bourgogne, et y compris les briques réfractaires. 08 fr.

En briques de Vaugirard ou du pays 60 fr.

Pour la main-d'œuvre sans fourniture .... 15 fr. 50

Le personnel ou\Tier attaché à la construction d'une cheminée d'usine est de cinq hommes : un chef de chantier, deux briqueteurs et

CHEMIXEE.

deux manœuvres. Le chef de chantier surveille les ou'STiers et prend part à tous les tra^■aux ; des deux briqueteurs, le plus habile fait les parements, l'autre les remplissages ; les manœuvres tamisent le sable, fabriquent le mortier, apportent les matériaux et en font le montage.

Jurisprudence. — Dans l'intérêt du voisinage et de la sécm'ité publique, la construction des cheminées est soumise à différents règlements de police ou à diverses coutmnes en usage dans la localité. Nous allons examiner les différentes parties d'une cheminée et exposer, d'après l'ancienne Coutume de Paris, les règles qui s'appliquent à leur construction.

Le CoxTRE-CŒUR (voy. ce mot) ne doit pas être incorporé au mur, parce que^ susceptible d'être brûlé et détérioré par le feu, il faut qu'il puisse être enlevé facilement ; c'est pourquoi on le construit en briques, ou i^lus souvent on remplace la maçonnerie par une plaque de fonte, en ayant soin de couler du plâtre entre ladite plaque et le mur, afin de n'y laisser aucun vide. (Desgodets et Goupy, Coût, de Paris, art. 189, n''^ 1, 2, 3 ; Frémy-Ligne\ille, t. II, u'^ GôG ; Lepage, 1. 1, p. 145 et suiv.)

L'àtre doit être également en briques, en carreau:x de teiTe cuite, ou formé au moyen d'une plaque en fonte ; il est absolument interdit par des règlements de police de poser l'àtre sur un plancher de bois, et cela quelle que soit l'épaisseur de la maçonnerie que l'on puisse établir entre l'àtre et le plancher. On doit donc faire une enchevêtrure au plancher en bois. (Voy. Chevétre et la figure de ce mot.) L'enchevêtrure est garnie de barres de fer nommées treillis, et les jambages de la cheminée se posent sur la maçonnerie qui remplit le ■\"ide du treillis ; ces jambages portent le manteau de la cheminée, qui ne peut pas être en bois. (Lepage, t. I, p. 151 ; Frémy-Ligneville, t. II, n° 658 ; ord. 1"^' sept. 1779.)

La construction des tuyaux de cheminées, des coffres-languettes, des têtes ou souches, est également soumise à des règlements de police et à des arrêtés municipaux ou préfectoraux. (Voy. l'ordonn. du 11 déc. 1852 du préfet de police de Paris, ainsi que Frémy-Ligneville, t. II, n° 659, et Davesne, t. II, p. 287.)

DICT. d'architecture. — T. I.

Celui qui monte une souche de cheminée sur un luur mitoyen doit une indemnité pour la surcharge. (Desgodets, Coût, de Paris, art. 197, n° 10.) (Voy. Mitoyex, 3Iur.)

On ne peut adosser une cheminée à un mur dont on n'a ni la propriété ni la mitoyenneté ; mais lorsqu'on joint immédiatement ce mur, on peut contraindre son voisin à céder ou la mitoyenneté du mur entier, ou celle seulement de la portion de ce mur nécessaire à l'établissement de la cheminée, plus un pied de chaque côté de ladite cheminée, dit pied d'aile, présumé nécessaire pour le ramonage ou les réparations à exécuter à la cheminée. (Voy. Encastrement, Servitude, Ramonage ; voy.

aussi Maison.)

Dans certains cas, le mot cheminée est synonyme de trémie; mais celle-ci n'est dénommée cheminée que lorsqu'elle est longue et étroite, et destinée à donner accès à l'air plutôt qu'au jour. (Voy. Tréjiie.)

Cheminée ADOSSÉE. — Celle qui est appuyée contre un mur ; c'est aussi un tuyau montant d'une autre cheminée.

Cheminée affleurée. — Celle dont l'àtre et le tuyau sont encastrés dans l'épaisseur d'un mur et dont le manteau seul fait saillie sur ce dernier.

Cheminée en saillie. — Celle dont le contre-cœur et le tuyau sont adossés contre un mur, et dont le tuyau et le manteau sont en avantcorps dans la pièce.

Cheminée en encoignure. — Celle qui est construite dans l'angle d'une pièce.

Cheminée a l'anglaise. — Celle dont le plan est la moitié d'un hexagone.

Cheminée a la lorraine. — Qu'on nomme à tort à la prussienne; c'est une cheminée toute en tôle qui est adossée contre un mur, ou qu'on peut placer indifféremment au milieu d'une pièce, comme un poêle.

Cheminée d'appel ou de ventilation. — Celle qui sert à appeler l'air dans une enceinte à l'aide de la ventilation renversée, ou celle qui sert à expulser l'air vicié d'un local à l'aide d'un ventilateur. (Voy. Ventilation.)

Cheminée de chute ou d'aisances. — Ouverture pratiquée dans la voûte d'une fosse d'aisances, et par laquelle tombent les matières.

CJIEMI8A0E. — CIIÊXE.

CHEMISAGE. — Voy. le mot suivant.

CHEMISE, s.f. — Ce mot a des significations très diverses. En maçonnerie, c'est en général un ouvrage servant à en couvrir, en parer, en protéger un autre : les crépis ou revêtements d'un pan de liois, d'un tuyau de construction quelconque, les enduits des cloisons, plafonds, etc. Sous cette dénomination on comprend plus particulièrement un renformis au moyen duquel on cou^Te une suite de tuyaux en fonte ou en terre cuite employés comme tuyaux de chute ou de descente. La chemise épouse la forme du tuyau, et elle sert non seulement à dissimuler la nudité des tuyaux, mais encore à les préserver des chocs et souvent aussi à intercepter les émanations qui s'échapperaient par les joints des tuyaux. — C'est encore la muraille en briques qui entoure les poêles et calorifères, et dans l'enceinte de laquelle circule l'air destiné à chauffer les locaux à l'aide de bouches de chaleur; c'est aussi le massif de chaux et de ciment qui sert à rendre étanches les parois en maçonnerie d'un réservoir d'eau. On désigne ces opérations diverses par cette expression générique : faire un chemisage, exécuter un chemisage à des tuyaux, à des murs.

En termes de fortifications, on appelle chemise une muraille en maçonnerie, de peu d'épaisseur, dont on revêt le talus d'un oun'age, pour empêcher l'éboulement des terres.

Les sculpteurs nomment chemise la couche de potée formant la chape d'un moule.

Enfin, c'est une enveloppe de papier, de toile, de cuir, contenant des dossiers ou des papiers d'affaires.

CHENAL, s. m. — Partie d'une rivière, d'un canal, d'une rade, d'un port, plus profonde que les parties voisines et dans laquelle peuvent passer les bateaux. — C'est aussi un conduit destiné à amener l'eau à un moteur hydraulique ou à donner une issue à l'eau. - — On nomme encore chenal un tuyau de descente qui conduit les eaux d'un toit dans la rue.

CHENAYARD, s. m. — Sorte de feutre grossier qu'on emploie comme chemise de re-

vêtement pour les générateurs de vapeur et leurs conduites, afin d'empêcher une déperdition du calorique.

CHENE, s. m. — Cet arbre, de la famille des amentacées, possède un très grand nombre de variétés, dont les bois conviennent tous plus ou moins aux travaux de menuiserie et de charpenterie. Il faut cependant excepter deux espèces, comme impropres aux travaux de constructions : ce sont le chêne vert et le cheneliège. — Le chêne vert est ordinairement tortueux, dur, compact et pesant; son bois est employé pour le charronnage et les machines ; on en fait des essieux, des poulies, des rails, etc. Les autres variétés de chênes propres aux constructions sont, pour les chênes d'Europe : le chêne commun à longs pédoncules {quercus racemosa) ; le chêne commun à glands sessiles (quercus robur), on le nomme aussi chêne rouvre ; le chêne noirâtre (quercus 7iigra) ; le chêne lanugineux {quercus lanuginosa) ; le chêne des Pyrénées, chêne noir, chêne-cyprès ou chêne doux {quercus fastigiata) ; le chêne de Bourgogne {quercus haUphœos) , etc. ; pour les chênes d'Amérique : les chênes rouges, et parmi ceux-ci le rouge à larges feuilles {quercus rulra latlfolia) ; le rouge disséqué {quercus rulra dissecta ou monta^ia) ; le rouge à angle simple {quercus ruhra suhserrata ou quercus discolor) ; le chêne blanc {quercus allia) ; le chêne à feuille de châtaignier {quercus primus) , etc., etc.

Le chêne est un des meilleurs bois de charpente; sa hauteur varie entre 6 et 40 mètres, mais sa hauteur moyenne est de 27 mètres; celle du tronc varie de 5 à 14 mètres, ce qui ne fournit pas de grandes portées ; aussi fautil avoir recours à des artifices plus ou moins ingénieux pour augmenter la portée du chêne. En meuuiserie, au contraire, il est très employé pour lambris, boiseries diverses, bâtis de meubles, etc. Il fournit également des douves, des bardeaux et des lattes.

On débite le bois de chêne en feuillets, en panneaux, entre vous, planches merrains, doublettes, membrures, petits battants et gros battants.

Il est essentiel de connaître les dimensions

CHEXEAU.

des planches de cliêne qui se trouvent dans le commerce pour disposer les ouvrages avec économie. En le débitant d'une ceî-taiue façon, on obtient par les traits de scie des facettes brillantes qu'on nomme mailles. Les planches de chêne sont débitées sur différentes longueurs, mais sans dépasser (! mètres. A Paris, celles qu'on emploie habituellement proviennent de la Lorraine, de la Champagne, du Nivernais et de la Bourgogne. (Voj. Bois et Planche.)

CHÉXEALT, s. m. — On attribue à ce mot deux étymologies différentes : les uns prétendent quïl dérive de dtèiuau, jeune chêne, parce que, dans les temps anciens, on fendait

^^^^^JA^SSMk

■'i. ' '''l";i iu... :V'i'jli';ai['if''!i!i";illM.:.,llllilll;llilli!!Mllll.iiia'«ii;,l l'ig- !• — Cbéneau en teiTe cuite, docouvert à Pompéi.

cet arbre en deux et qu'on le creusait pour en faire des conduites d'eaux i^luviales ; d'autres disent (selon nous, avec raison) que ce mot dérive de dtenal, déiivé lui-même de canal. En effet, le chéneau est une espèce de canal ou rigole qui règne au bas du rampant d'un comble, et qui sert à recueillir les eaux pluviales et à les conduire dans une gargouille saillante ou dans un tuyau de descente. Les édifices grecs et romains nous montrent divers exemples de chéneaux ; ces anciens peuples les faisaient en terre cuite, ou les creusaient dans la pierre et dans le marbre. Nos figures 1 et 2 montrent deux spécimens de chéneaux antiques découverts à Pompéi. Dans beaucoup de

monuments, la doucine, dans les entablements et sur les rampants des frontons, remplissait l'office de chéneau. Les Grecs paraissent l'avoir appliqué plus souvent que les llomains.

Fig. 2. — Chéneau en terre cuite, découvert à Pompéi.

et ils ont su en faire un admirable motif de décoration. Beaucoup de monument de l'é-

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Fig. 3. — Cliéiieau de la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

poque romaine étaient dépourvus de chéneaux : les eaux pluviales tombaient alors directement des toits sur le sol. Dans les monuments qui ne portaient point de chéneaux, les tuiles étaient arrêtées par des Antéfixes (voy. ce mot et Couvçrture) ; cette disjDosition est aujour-

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