CITERNE
Pratique. — Quand on veut recueillir les eaux pluviales à l'aide des toitures , on ne doit employer que de l'ardoise ou des tuiles. Le zinc et le plomb oflfi'ent bien de bonnes surfaces d'alimentation, mais les eaux provenant des couvertures métalliques sont un danger pour la santé de l'homme et des animaux qui les boiraient.
La construction des citernes demande beaucoup de soins. On doit employer de bons matériaux, briques, roches, meulières, et les hourder avec des mortiers hydraidiques ; il faut rejointoyer ces matériaux avec de bons ciments. On leur donne toute sorte de formes : elles sont carrées, rectangulaires, circulaires. Cette dernière forme serait la plus avantageuse, car avec un minimum de matériaux on obtient un grand emmagasinement ; mais elle présente de sérieuses difficultés au point de vue de la construction.
Il vaut mieux, pour obtenir un fort cube, donner de la profondeur aux citernes plutôt que de la surface. Dans ces conditions, l'eau s'évapore moins et conserve mi^ux ses qualités. Les eaux qui se rendent dans la citerne , soit par les toitm-es , soit par des rigoles ou canalisations existant sur des chemins pavés ou autres matériaux, ces eaux, disons-nous, ne doivent pas arriver directement dans la citerne. Il leur faut traverser auparavant un ou deux citerneaux, ou bassins épurateurs, dans lesquels l'eau se débarrasse des matières étrangères qu'elle a pu entraîner. Plus les récipients précédant les citernes seront grands, plus l'eau sera claire et limpide quand elle arrivera dans la citerne. Notre figure montre la coupe d'une citerne avec deux bassins épurateurs. La citerne est en c; elle est pourvue d'une ouverture circulaire qui permet d'y puiser de l'eau, et suffisamment large pour permettre le passage d'un homme pouvant descendi-e dans l'intérieur de la citerne, pour la réparer ou pour la nettoyer. Par cette même ouverture on peut faire passer un tuyau de pompe pour puiser de l'eau. Les eaux recueilhes arrivent dans un premier citerneau a, muni d'une cloison qu'on établit tantôt en bois, tantôt avec une dalle. Cette cloison sert à arrêter les menus débris ou autres détritus légers, paille, plumes.
etc., qui, surnageant, an-iveraient dans la citerne et seraient une source d'impureté ; elles sont arrêtées par cette dalle ; on peut les retirer par un petit regard pratiqué au-dessus du compartiment du citerneau. Tandis que les matières lourdes tenues en suspension dans l'eau se précipitent au fond du citerneau, l'eau, plus limpide déjà, s'échappe par la conduite e pour an'iver dans le second citerneau b, (jui renferme des cailloux et du charbon. Une deuxième clarification s'opère dans celui-ci , et l'eau, reprenant le niveau du canal, arrive par ce dernier dans la citerne c. Les deux citerneaux sont munis d'une ouvert m-e dallée' qui sert au nettoyage de ces deux bassins épurateurs. La citerne une fois construite, il faut attendre qu'elle soit bien sèche avant d'y faire arriver de l'eau.
Citerne, a, citerneau ; b, épuratenr ; c citerne proprement dite.
Bimensmîs. — La capacité d'une citerne doit être calculée à raison de la quantité d'eau qui tombe annuellement. Sous notre climat, on peut compter 50,000 litres d'eau par 100 mètres carrés de couverture, soit 50 centimètres cubes par mètre carré. Mais, comme il y a des saisons pluvieuses et des temps de sécheresse, puisque la pluie arrive à différentes époques de l'année, il faut admettre que le réservoir peut se remplir plusieurs fois dans le courant de l'année. Aussi a-t-on l'habitude de faire les citernes d'une capacité d'un tiers inférieure à la dépense de l'eau. Aujourd'hui on construit des citernes surtout dans les exploitations rurales, et -voici ce qu'on estime la consommation moyenne d'eau par jour : un homme, environ 10 à 12 litres par jour; un animal de taille moyenne, 25 à 30 litres ; environ 35 à 40 litres pour un cheval ou un bœuf.
Quoiqu'il soit bien difficile de rien préciser à cet égard, nous donnerons, pour déterminer
CITERXEAU,
CIVILE (architec'ïuiie).
la capacité des citernes, une formule appliquée par de nombreux agriculteurs, et pour l'adoption de laquelle ils supposent que Feau d'une citerne se renouvelle tous les deux mois. La voici :
H est le nombre de personnes adultes, C celui des chevaux, B celui des bœufs, ]\I celui des moutons, et P celui des porcs.
Citernes-filtres. — Les citernes ordinaires dont nous venons de donner la description emmagasinent les eaux, mais celles-ci en sortent presque aussi impm-es qu'elles y sont arrivées; de sorte qu'après un fort oi-age, lorsque les eaiLx parcourent des terrains détrempés, elles sont chargées de parties terreuses qui les troublent profondément, et il faut attendre plusieurs jours avant qu'elles recouvi-ent une limpidité désirable. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'on a imaginé des citernes-filtres et des citernes vénitiennes. Les premières se composent d'une suite de citerneaux qui renferment, le premier des cailloux, le second du sable lavé ou du charbon , et le troisième est rempH de chiffons de laine. Après avoir traversé ces trois citerneaux, l'eau arrive claire et limpide dans la citerne proprement dite. Pour construire la citerne vénitienne, on creuse dans le sol un orifice de 3 mètres de profondeur, affectant la forme d'un tronc de pp'amide renversé. On maintient les teiTes à l'aide d'un bâti en charpente. Sur ce bâti, on étale une couche d'argile bien compacte , dont on a soin de lisser la surfaca. L'épaisseur de la couche varie de 0"',20 à 0™,30, suivant la capacité du tronc de pyi-amide. Cette argile a pour effet de résister à la pression de l'eau et de rendre les parois de l'excavation imperméables, enfin d'empêcher les racines des végétaux et des arbres d'arriver dans cette enceinte. Le centre de l'excavation est bâti en forme de cuvette circulaire de 3 mètres de diamètre. C'est sur celle-ci qu'on élève une maçonnerie de briques de forme cylindrique, dont le diamètre intérieur est de l'",20. Les briques des assises inférieures de ce puits sont percées de petits trous coniques permettant le filtrage des eaux.
Jurisprudence. — Chacun est hbre de construire chez soi une citerne, et cela aussi près que l'on veut d'une propriété voisine ; toutefois le propriétaire de la citerne est responsable du préjudice que le voisin pourrait éprouver par l'infiltration des eaux. (C. C; 544: et 1383; Desgodets, art. 217, n° 10.) En conséquence, il est de son intérêt de faire les murs en bonne maçonnerie ; il est tenu, en outre, comme pour les puits, de faire un contre-mur. — Il est défendu de faire une citerne sous la voie publique, et cela d'une manière absolue, quand bien même un maire aurait accordé une autorisation (Cass., 29 mai 1835), car celui-ci ne peut dispenser un citoyen de l'exécution d'un règlement général. Les citernes communes à plusieurs propriétaires doivent être entretenues à frais communs ; elles sont régies d'après les mêmes principes que les puits mitoyens. {C. C, 665.) Les questions de servitudes et d'usage des eaux d'une citerne sont de la compétence des tribunaux. — Le droit de puiser à la citerne d'autrui est une servitude qui ne peut se prouver que par titre.
CITERNEAU, s. tn. — Petit bassin, petit réservoir dans lequel les eaux pluviales viennent se purifier avant de se rendre dans la Citerne (voy. ce mot).
CIVIÈRE, s.f. — Petit brancard, dont les deux traverses longitudinales formant les bras sont réunies par quatre ou cinq contre-traverses engagées à tenons. — La civière sert à transporter de petits matériaux. Ce mode de transport est à peu près le seul praticable pour les petits fardeaux, surtout s'il s'agit de gravir des pentes que ne pourrait parcourir une brouette. La civière, qu'on nomme aussi Bard (voy. ce mot et la figure qui l'accompagne), est utilement employée sur les grands chantiers pour transporter du moellon piqué ou des pierres de taille qui ne sont pas d'un grand poids ; c'est même le meilleur mode de transport à employer pour les objets fragiles, tels que les sculptures, quand leur poids le permet.
CIVILE (Architecture). — On comprend sous ce titre générique tous les monuments