‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 289 sur 325 · COMPARTIMENT · texte numérisé non relu

COMPARTIMENT

de preuves certaines à cet égard, leur existence officiellement constatée ne date que du xiii" siècle avec Erwin de Steinbach, l'architecte de la cathédrale de Strasbourg, qui en dirigea pendant vingt ans les. travaux. Ce serait à Ratisbonne, vers 1459, qu'auraient été dressés les premiers statuts , afin de réunir en une seule toutes les associations de maçons disséminées jusque-là et sans lien aucun. Un document du xv^ siècle nous apprend les règles d'initiation des comjjagnons du devoir pour plusieurs corporations ; la cérémonie de la réception fut condamnée par la faculté de théologie de Paris, le 14 mars 1655, comme étant entachée d'hérésie et d'impiétés.

Il existe encore aujourd'hui des compagnons qui forment trois groupes principaux : ce sont les enfants de Salomon, ceux de maître Jacques et ceux du fere Souhise. Les enfants de Salomon auraient reçu, d'après la tradition, leurs statuts de la main même de Salomon; ils sont partagés en comparinons étrangers ou loups et en compagnons de la lilerté ougavots (du mot gave^ torrent) ; la première division comprend les tailleurs de pierre; la seconde, les charpentiers, les menuisiers et les serruriers.

Les enfants de maître Jacques eurent , diton, pour fondateur de leur société un Gaulois qui, après avoir étudié l'architecture en Grèce, se rendit à Jérusalem et travailla comme collaborateur de Salomon au célèbre temple de celui-ci. Les enfants de maître Jacques comprennent dans leur corporation les tailleurs de pierre, dits loups-garous ou comjMgnons passants; les menuisiers, dits compagnons du devoir ou dèvoiranfs , dévorants; font également partie de cette dernière classe les charrons, les tourneurs, les sabotiers, les vitriers, les taillandiers, les tanneurs, les corroyeurs , les ferblantiers, les forgerons, les chaudronniers , les boulangers , etc.

Enfin les enfants du père Soubise comprennent des charpentiers , qui se qualifient de drilles ; des couvreurs et des plâtriers. Le maître charpentier est appelé singe; le maître compagnon, «/acAewr; le compagnon, chien; l'aspirant, renard, et l'apprenti, lapin. Le père Soubise était, d'après la légende, grand ami de

maître Jacques, avec lequel il avait travaillé au fameux temple de Salomon ; mais une altercation s'étant élevée entre eux, le père Soubise aurait tué son ancien camarade. C'est depuis cette époque que date l'inimitié des classes de compagnons entre elles, et même aujourd'hui dans leurs querelles de chantiers les ouvriers se reprochent les inimitiés de leurs fondateurs. Ces trois classes de compagnonnage se distinguent entre elles par certains attributs, l'équerre, la règle, le compas, le fer à cheval, le martelet, le maillet, ainsi que par la couleur des rubans dont ils ornent leurs cannes le jour de leurs fêtes.

COMPARTIMENT, s. m. — Disposition régulière de lignes droites, brisées, parallèles, courbes, sinueuses, ou composée de lignes droites et de portions de cercle de toute grandeur, et présentant un motif ou un ensemble dont la répétition constante ou alternée forme

Compartiments avec rosaœs.

la décoration d'u^e surface quelconque. (Voynotre figure.) On utilise les compartiments à la décoration des dallages , des pavements , des murs, des voûtes, des plafonds, etc. On exécute des compartiments en marbre et en mosaïque dans les revêtements des murs et du sol, en bois dans les parquets et les lambris de menuiserie , en tuiles et en ardoises sur les couvertures , en verre dans les fenêtres et les vitraux. (Voy. Careeau, Couverture, Pavement, Plafond, Yitrail.)

Compartiment de parterre. — C'est l'arrangement symétrique des différentes parties dont on veut former un parterre. Avec Lenôtre l'art des jardins à compartiments a été poussé à ses extrêmes limites et chaque partie des compartiments avait son nom. (Voy. Bec-de- CoRBiN, Parterre, etc.)

COMPAS. — COMPOSITE (okdue).

COMPAS, s. m. — Instrument composé de deux branches mobiles autour d'un axe et servant soit à tracer des courbes , soit à mesurer des longueurs (fig. 1) ou des épaisseurs. Il existe divers genres de compas : les compas

Fig. 1. — Compas à pointe sèche.

de dessinateur, comprenant le compas à pointe sèche (fig. 1 et 2), le compas à crayon (fig. 3) ou à tire-ligne, le compas à balustrc et le compas

ri^. '2. — Compas à pointe sùdie du charpentitr et du menuisier.

de réduction ; les compas de charpentier, comprenant le compas d' apjKireiHeiir ou à tracer les épures, le compas à verge en bois

Fig. 3. — Compas à crayon du charpentier et du menuisier.

(fig. i), qui n'est qu'une règle en sapin de longueur variable et qui porte à ses extrémités deux povpées en chêne pourvues cha-

Fig. 4. — Compas à verge du charpentier.

cune d'une mortaise dans laquelle entre la verge ou règle; le compas fixe , qui est en fer et porte des pointes de distance en distance : il sert à mesurer la longueur des bois en grume ; le compas à quart de cercle, qui sert à prendre une mesure précise : on la fixe a l'aide d'une

DICT. D'.^IlCHlTECTUXiE, — T. I.

vis de pression (]ui serre l'arc dans la mor'^aise ]initi()uéc dans l'une des branches du conqjas ; enfin les compas d'épaisseur, qui afl'ecteut des formes différentes , et dont l'un , dit maître à danser, sert à mesurer le diamètre des tuyaux , cylindres ou autres objets creux.

COMPLUVIUM, s. m. — Ouverture carrée, pratiquée au centre du toit de l'atrium de la maison romaine, qui rejetait dans Vimpluvium l'eau du comble en appentis couvi'ant le cavœdium. Un passage de Suétone (Ai/gust., 92) donne à ce mot un sens plus étendu ; il signifierait tout l'espace découvert (area) entouré par la colonnade. (Voy. Ateium, où des bois et une planche en couleur fout bien comprendre la position du compluvium. Voy. aussi Cav^edium.)

COMPOSITE (Ordre). — Le composite, comme il est dit au mot Chapiteau, n'est qu'une modification du corinthien ; il a les mêmes proportions que ce dernier et la même décoration, avec plus de richesse. Les Romains, qui paraissent avoir les premiers employé cet ordre composé, nommé plus tard composite, le considéraient comme une licence architectonique, une simple variante de l'ordre corin-

Chapiteau composite de Michel-Ange.

thicn. Aussi n'adoptèreut-ils jamais de type de chapiteau composé, car dans cet ordre il varia presque à l'infini. (Voy. Chapiteau.) — La seule différence assez notable existant dans le chapiteau com])osite ancien, c'est qu'il participait à la fois de l'ionique et du corinthien.

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