CONTREFORT
qucmcnt ])onv soutenir une construction on un mur chancelant ; c'est un étai proprement dit. Le pied de la contre-fiche doit porter sur une semelle nommée couclns et être maintenu par une détente et des rappointis, ou mieux des chevillettes ; sa tête doit porter dans une entaille.
En charpente, c'est une pièce de bois d'un comble placée en arc-boutant et servant à lier les arbalétriers et le poinçon. — Dans les fermes en fer, on nomme les contre-fiches des Bielles (voy. ce mot).
CONTRE-FIL (A), adv. — Un menuisier rabote à contre-fil quand il pousse son rabot à rebours du bois.
CONTREFORT, s. m. — Pilier de pierre ou de maçonnerie élevé en saillie contre un mur, pour lui prêter une plus grande solidité. Appliqués à un mur de soutènement , de quai , de terrasse, ils servent à retenir la poussée des terres , et , dans ce cas , on les nomme aussi Éperons (voy. ce mot).
Les contreforts dans les édifices de l'époque
Fig. 1. — Contrefort dn xii" siècle (1" type).
romane formaient une faible saillie sur les murs , et leurs sommets étaient reliés par des arcatures. On les nommait quelquefois landes lomhardes. (Voy. Bandes.) — A l'époque de transition, quand on commença à élever des voûtes en arc de cloître, la place des contreforts fut indiquée par chaque travée ; à l'époque ogivale, le contrefort de^dnt un élément caractéristique de ses églises. Au xii* siècle, le contre-
fort est très lourd (fig. 1), et pour l'allégir les constructeurs le divisent par des retraites en plusieurs étages (fig. 2) ; ils J'isolent de la construction au xni" siècle, mais il est encore lourd et sévère et rappelle les piliers à res-
Fig. 2. — Contrefort ilu xn" siècle (2"' type).
sauts du XI i" siècle. Notre figure 3 représente un des contreforts de la cathédrale de Chartres ;
Fig. 3. — Contrefort de la catliùlrale de Chartres.
nous l'avons pris au niveau des arcs-boutants : nos lecteurs remarqueront que l'arc du milieu est occupé par une série de colonnes disposées comme les rayons d'une roue. Vers la fin du XIII® siècle, les contreforts commencent à devenir plus légers pour aboutir à une très grande élégance au xiv" et au xv" siècle. Leur face et quelquefois leurs flancs sont décorés de colonnettes et de pignons, de mou-