‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 300 sur 325 · CORBEAU · texte numérisé non relu

CORBEAU

ERE, adj. — Qui rcufennc des coquilles. Il existe des roches, des pierres coquilleuses, ou coijuillières. Les paremeuts de ces pierres sont troués par riucrustation de petites cocjuilles.

CORBEAU, s. m. — Forte saillie de pierre, de bois ou de fer, destinée ti supporter divers objets, des poutres, des coruiches, des arcaturcs, etc. Les modillons des corniches de l'époque romiuic et de celle de transition au style ogival ont reçu le nom de corleaiix, quoique ce ne soient que de véritables modillons. On a également donné à tort le nom de corbeaux à des encorbellements, profilés ou sculptés, qui supportent la retombée des ner\iu'es de voûtes ou celle de colonnettes engagées : ce sont des Culots (voy. ce mot). Du reste, ceux-ci diffèrent essentielleinent des corbeaux au point de vue de la construction, car ils sont ordinairement pris dans une pierre d'assise, tandis que le corbeau est toujours formé d'une pierre distincte, souvent de qualité différente. Cette pierre forme parpaing dans le mur, et la longueur de sa queue

Fig. 1. — Corbeaux-modillons.

est motivée par la nécessité de faire équilibre à la partie saillante qui reçoit une charge quelconque.

Les corleaux-modillons (fig. 1) sont d'un emploi très fi'équent aux xi° et xil"^ siècles ; ils soutiennent la table en encorbellement qui compose presque à elle seule les corniches de cette époque : mais il y a lieu d'observer ici qu'il ne faut pas confondre ces corbeaux-modillons avec les consoles formant des Mâchicoulis (voy. ce mot).

Il existe une très grande variété dans les corbeaux de coniiche ; cependant on peut, sous le rapport de la décoration, les grouper en cinq divisions : 1° ceux profilés de moulures, décorés de feuillages ou autres détails employés en architecture; 2° ceux décorés de pièces héraldi(|ues ou de combinaisons géomé-

triques; 3" ceux chargés de représentations animales; 4" ceux chargés d'outils, d'instruments ou d'objets mobiliers, etc. ; 5° ceux dont la décoration comporte des sujets bizarres et fantastiques n'ayant pas d'analogues dans la nature. — IjCS motifs les plus fréquents sont : dans la première classe, les gorges, tores, poin-

Fig. 2. — ■ Corbeaux en forme do console.

tes de diamants, etc. ; dans la seconde classe, les chevrons, frettes, losanges, hexagones, etc. ; dans la troisième, des têtes grimaçantes avec de longues oreilles et même le corps entier de certains animaux ; dans la quatrième classe, des maillets ou marteaux, des tonneaux, vases, bouteilles, etc. ; quant à la cinquième classe, les sujets y sont si divers et si bizarres qu'il serait trop long de les dénommer.

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Fig. 3. — Corbeau eu pierre (face).

Les corbeaux supportant les portées de pièces de charpente ('fig. 2), qu'on pourrait appeler corbeaux-consoles , pour les distinguer des précédents, se trouvent à l'intérieur des clochers, sous les charpentes des Beffrois (voy. ce mot). Ces charpentes ne sont jamais scellées dans les murs et portent uniquement sur des corbeaux. On retrouve encore ce dernier genre de corbeaux à l'intérieur des édifices sous la portée des poutres, sous les lambourdes longeant les murs, etc. Leur forme la plus fréquente est celle indiquée par nos figures 3 et 4. (Quelquefois on les double, on les triple, pour obtenir plus de solidité. Ils furent également sculptés, dès le xiii® siècle, en forme

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