CORBEILLE
do figures accroupies ou de marmousets (voy. Ajjout, fig. 2), principalement lorsqu'ils étaient en bois. D'autres fois, ces corbeaux faisaient partie d'une colonne engagée ou d'un pilastre, dont ils constituaient en quelque sorte le
Fig. 4. — Corbeau en pierre (profil).
chapiteau. Il existe dans des monuments du Xiii" au xiv" siècle des chapiteaux de colonnes isolées recevant la retombée des nervures de voûtes et formant ainsi corbeaux. Ce système
Fig. 5. — Corbeau eu bois à Palerme (Sicile).
de construction est vicieux, surtout lorsque l'about de la pièce de bois pose sur la seule saillie et ne porte pas sur le mur, car dans ce cas la charge provoque le bouclement des
Fig. C. — Corbeau en bois k Palerme (Sicile).
murs. Ce système est seulement applicable aux charpentes de beffroi, pour lesquelles on doit éviter tout scellement on solidarité dans les murs, à cause de l'ébranlement considérable que cause le branle-bas des cloches ; mais dans les clochers l'épaisseur et la solidité des murs empêchent jusqu'à un certain point leur bouclement.
Dans les planchers oii les poutres sont apparentes, leur about porte souvent sur des
corbeaux en bois sculptés, souvent décorés avec beaucoup de richesse; nous citerons comme des modèles dans ce genre des cor])eaux-consoles existant à Palerme (Sicile). Xos figures o et 6 en donnent une fidèle reproduction.
Les corbeaux n'ont pas toujours eu la mission de soulager uniquement la portée des poutres ; on les a utilisés également sous les linteaux des baies monolithes rectangulaires, principalement à l'époque romane et dans les premiers temps du style ogival. Ils commencent à. devenir rares pour cet usage au xiv*^ siècle. (Pour la jurisprudence, voyez Mitoyex, Mur).
CORBEILLE, s. f. — C'est la partie du chapiteau comprise entre l'astragale et le tailloir; c'est, pour ainsi dire, l'âme, le noyau du chapiteau, abstraction faite des ornements qui le décorent. On pourrait également donner à ce chapiteau, comme le font les Anglais, le nom de cloclie. Dans les édifices ou i)arties d'édifice qui ne pouvaient se prêter à la décoration, on trouve au moyen âge des chapiteaux dont la corbeille est sans ornements. La dénomination de corlcille est tirée de la forme que présente le chapiteau corinthien, et elle n'existe que dans celui-ci et dans les chapiteaux qui en dérivent. — Dans l'antiquité et dans des époques plus rapprochées de nous, alors que les chapiteaux conservaient les principes du corinthien pur, leur corbeille garda la forme typique qui lui valut son nom grec (xc<AaOoO ; mais à partir du xv® siècle, et surtout du xii*^, cette forme varia beaucoup suivant les styles et les différentes époques. — C'est ainsi que, depuis le xi'' siècle jusqu'au retour aux ordi-es . antiques, la corbeille des chapiteaux a affecté la îonwQ cylindrique, cuMque, conique (cône tronqué et renversé), cordée (en cœur), jjyramidale (pyi'amide tronquée et renversée), urcéolée, c'est-à-dire étranglée, resserrée dans son milieu ; campanulée^ en forme de cloche ; infundibuliformc , en forme d'entonnoir; godronnée, ornée de godrons; scaphéide, en forme de nacelle. Les premières formes datent de l'époque romane, les autres se sont successivement révélées aux xiii*', xiv* et xv'' siècles. (Voy. Chapiteau.)
CORBIX (BKC'-DE-). — CORDAGE.
CORBIX (Bec-de-). — Yoy. Bec et Parterre.
CORDAGE, s. m. — Tonte corde qui sert dans un diantier. Les cordages sont fort employés dans la construction des édifices par les maçons, les charpentiers, parfois aussi par d'autres ou^TÏers, mais accidentellement. — Suivant leur grosseur, les cordages prennent le nom de câbles, câhhaitx , cordages à main ou froi/ssières , cordeaux ou lignes. Chacun de ces cordages est ordinairement affecté à un usage particulier. ■ — Les graves accidents que peuvent entraîner des cordages de mauvaise qualité font que les entrepreneurs , les chefs de chantier et les ouvriers doivent s'assurer, chacun en ce qui les concerne, de leur bonne qualité, s'ils sont neufs; et de leur état, s'ils ont déjà servi. Les bons cordages sont ordinairement durs et souples tout à la fois ; on reconnaît facilement leur plus ou moins belle qualité à leur aspect argentin, de couleur gris-perle, ensuite verdâtre et puis jaune ; s'ils sont de couleur foncée très brune , c'est que le chamTC a été trop roui : dans cet état , il a trop fermenté et commence à pourrir ; s'ils sont tachetés de brun ou de points roses ou verdàtres, c'est que le chanvre a été trop mouillé, et les parties brunes sont ordinairement pourries. Pour cacher ces défectuosités, les cordiers trempent les cordes dans du tan, ce qui d'après eux les préserve de la pourriture ; cela est très vrai , mais en général il faut acheter les cordages dans leurs tons naturels , car c'est le plus sûr moyen de n'être pas trompé sur leur qualité. Ils doivent aussi être considérés comme défectueux quand ils sont cotonneux avant d'avoir servi, quand ils renferment des esquilles et des chènevottes , ou que les torons sont inégalement tordus et possèdent dos étranglements.
L'âme que l'on place quelquefois à l'intérieur des cordages, pour en augmenter la grosseur, a l'inconvénient de les échauffer, et par suite de les poun-ir, quand ils ont absorbé de l'eau. En général , il fîiut éviter de se servir de tout cordage sentant le moisi, l'échauffé, et à fortiori le pourri. Les meilleurs cordages se fa')riquent avec des chanvres provenant de
DICT. D'.\i;rinTECTUUE. — T. I.
la Russie, de la Suisse, de l'Alsace et de la haute Italie.
D'après les expériences de Duhamel, d et c étant respectivement en centimètres le diamètre et la circonférence d'une corde blanche en chanvre, le poids capable de rompre cette corde est moyennement égal à 400 D^ ou 4,5 c- kilogrammes ; ce qui revient à environ 5 kilogrammes par millimètre carré de section. D'après diverses expériences , il résulte que les cordes rompent de préférence aux points d'attache ou d'enroulement et aux nœuds ; elles cèdent au bout de quelques heures sous des efforts plus fiiibles que ceux qu'elles auraient supportés pendant quelques minutes. Ces mêmes expériences déterminent la résistance des cordes par millimètre carré de section; mais, dans la pratique, on ne doit pas leur faire supporter plus de la moitié de la charge indiqtiée par les formules. Dans tous les cas, la rupture est toti jours précédée par un commencement de torsion et par un allongement qiti est , en moyenne , d'tm sixième de la longueur primitive. Poiu' la moitié de la charge de rupttire, quantité à laquelle on se borne dans la pratique, cet allongement n'est que d'environ im dixième.
La résistance d'une corde goudronnée n'est que les deux tiers ou les trois quarts de celle d'une corde blanche de même diamètre et d'un même nombre de torons ; ces cordes absorbent en goudron un sixième de leur poids.
La résistance des cordes mouillées n'est que d'environ le tiers de celle des cordes sèches, parce que l'humidité dont la corde est imprégnée facilite le glissement des fils et des torons les uns sur les autres ; c'est pourquoi le graissage, au tooyen d'huile, de savon ou de suif, est préjudiciable à la durée des cordes et à leur résistance.
Selon qu'une corde .s'allonge d'un septième ou d'un cinquième sous la charge de rupture, son diamètre diminue d'un quatorzièule ou d'un septième.
Une corde sèche , en se mouillant , perdd'un trentième à un vingtième de sa longuetu* primitive; ce raccolucissement, quelque faible qu'il puisse paraître au premier abord , a déjà causé beaucoup d'accidents dans les chan-