‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 31 sur 325 · ACQUERIR · texte numérisé non relu

ACQUERIR

ACROPOLE

on se servait anciennement pour jeter des pierres.

ACQUÉRIR, v. a. — Devenir propriétaire par achat, échange ou de toute autre manière. (Voy. Mitoyen, Mur.)

ACQUISITION, s.f. — Action d'acquérir. (Voy. MiTOYEX, Mur; et Presceiption.)

ACQUIT, s. m. — Quittance, décharge.

— Après avoir reçu le montant d'un mémoire , on met au bas : Pour acquit, et l'on signe.

ACRE, s.f. — Mesure de terre en usage ms diverses 40 ares 467.

dans diverses contrées. — L'acre anglaise vaut

ACROBATICON, s. m. — Machine de gueiTe des anciens ; c'était une sorte d'échelle phante, dont on se servait pour observer l'ennemi et reconnaître ses trava'ux.

ACROLITHE, s. f. — On nomme ainsi une statue dont les extrémités (tête, pieds et mains) étaient en pierre ou en marbre , tandis que le reste du corps était .d'une autre matière.

Les sculpteurs de l'antiquité ont fait beaucoup de statues acrolitlics , et l'une d'elles se trouve citée dans le livre de Vitruve (1. II, ch. 8, 11) : c'est la statue colossale de Mars, placée dans l'acropole d'Halicarnasse par le roi Mausole ; et, fait assez curieux et qui prouverait que le mot n'avait peut-être pas été latinisé, c'est que Vitruve écrit ce mot en caractères grecs {statua colosslca àxpôXiOoç).

De nos jours, quelques sculpteurs ont fait des sculptures acroUthes.

ACROPODIUM, s. m. — Socle ou piédestal élevé, en bronze ou en marljre, surmonté d'une statue. Ce mot d'origine grecque (axpoç et TToïïç) se trouve dans un texte latin du poète Hyginus {Fal. 88) : Et rediens (Pelopia) in templum suh acropodio Minervœ ahscondU.

ACROPOLE, s.f. — A l'origine des civilisations, les peuples redoutaient des conflits

avec leurs voisins et craignaient leurs incursions. Aussi , pour être en état de se défendre, ils choisissaient pour bâtir leurs villes, principalement en Grèce, des lieux élevés d'un accès difficile, souvent même un rocher escarpé , par conséquent facile à défendre, d'autant que le plateau élevé était ceint de fortes murailles. Telle fut l'origine des acropoles, dont l'étymologie àxpoTToÀK; {ville haute) caractérise parfaitement la situation.

Plus tard l'accroissement de la population donne de la sécurité aux villes, en leur fournissant des défenseurs en plus grand nombre ; aussi la population ose-t-elle sortir de l'enceinte primitive devenue, du reste , trop étroite pour la contenir. On voit naître en ce moment et, pour ainsi dire, au pied des acropoles, sur les flancs de la montagne , la ville, toXiç, et souvent une ville basse, uTroTro^K, située dans la plaine et quelquefois aux bords de la mer.

Dès cette époque, la ville haute, V acropole, cesse d'être habitée d'une manière continue ; elle ne sert qu'à renfermer les autels des dieux, particulièrement celui de la divinité Polliade, les collèges sacrés, le trésor pubhc, les tombeaux des hommes illustres qui avaient été la gloire de la cité ; en un mot, toutes les choses saintes et sacrées, toutes les institutions qui étaient la sauvegarde même de l'État. C'était la ville par excellence, la cité.

L'acropole avait donc une destination plus étendue que nos citadelles modernes, avec lesquelles quelques auteurs ont voulu la comparer.

On parvenait aux acropoles par de larges rampes, par des escaliers quelquefois en marbre. Il existait souvent à leur entrée un l)âtiment important, appelé Propylées, dont l'architecture remarquable ne le cédait en rien à celle des autres édifices.

C'est dans les acropoles anciennes que nous retrouvons de précieux vestiges de la construction dite PÉLAGIQUE, r Appareil cyclopéex (voy. ces mots), avec ses énonnes blocs irréguliers de pierres grossièrement équarries. Plusieurs de ces acropoles présentent des galeries d'une structure analogue ; elles sont couvertes d'après le même système employé à celles de

ACROPOLE

Tyrinthe et d'Argos, consistant en des pien-es posées en saillie l'une au-dessus de l'autre.

Avant de donner une nomenclature des acropoles anciennes, dont il nous reste des vestiges plus ou moins considérables, nous parlerons en premier lieu de I'acrc^olb d'Athènes, la plus célèbre de toutes, où se dressent encore aujourd'hui des ruines imposantes qui témoignent de la richesse et de la puissance du peuple athénien , et de l'importance qu'il attachait à cette enceinte vénérée, fondée, dit-on, par Cécrops; de là son nom archaïque de Cècropie, Kexpoirt'a. (Pausanias, I, 26.)

Le plateau de forme oblongue (pi. I) qui fut le berceau d'Athènes et de sa ci-\alisation, mesure 300 mètres de longueur sur environ 150 de largeur.

Dans le principe, et jusqu'à l'arrivée des Pélasges, ce rocher n'était environné que d'une simple palissade en bois, comme le rapporte Hérodote (VII, 142) ; mais les Pélasges l'entourèrent de murs et défendirent le côté occidental de plusieurs murailles percées de neuf portes, d'où les noms de IleXaCTYiJ'ôv et 'Ewsa- TTuXov donnés par les auteurs anciens à cet ouvrage défensif . (Hérod., VI, 137, et Strab., IX.) A dater de cette époque, l'acropole passe par des phases de démolition et de reconstruction pour arriver jusqu'à nous à l'état d'imposantes ruines.

Cinq cents ans avant J.-C, Xercès s'empare d'Athènes; il dévaste l'acropole et en brûle les temples. (Hérod., VIII, 52, 53.)

Après la bataille de Salamine (20 oct., 480 av. J.-C), Thémistocle rétablit en toute hâte le mur du nord. Il prend aussi les matériaux qu'il a sous la main : ce sont des colonnes ayant deux mètres de diamètre, l'entablement du vieux Parthénon détruit par les Perses. (Thuc, I, 90 et 93.)

Cimon, fils de Miltiade, relève le mur du sud-ouest, nommé pour cela le mur Cimonien.

Plus tard Sylla fait démanteler la ^alle et l'entrée de la citadelle ; enfin l'invasion des barbares ruine une grande partie des édifices. - Au vii^ siècle de l'ère vulgaire, le Parthénon etl'Erechthéion sont transformés en égUses byzantines.

AiLx croisades, la noblesse française étabht

au XIII'' siècle les ducs d'Athènes, qui font leur demeure des propylées ; ils y élèvent cette tour féodale qui subsiste encore aujourd'hui, mais qu'on ^•a bientôt démolir. (Voy. pi. en couleur, État actuel de V acropole d'Alhmes.)

Sous la domination turque, un chef militaire, un aga, transforme les églises byzantines du VII® siècle ; le Parthénon devient une mosquée, tandis que la basilique de l'Erechthéion est un harem.

C'est à cette époque que le temple de la Vktolre ajMre est démoli pour faire place à une batterie de canons (1).

En 1687, les Vénitiens assiègent Athènes et l'acropole. Une de leurs bombes fait même sauter une poudrière contenue dans le Parthénon, qui se trouve par ce fait malheureux très profondément ruiné. Trente ans auparavant, en 1656, une poudrière établie dans les propylées avait fait explosion et les avait détruits en grande partie.

Telles sont les tristes péripéties par lesquelles ont passé les monuments de l'acropole, ces monuments qui ont tant coûté au peuple athénien, qui faisaient leur orgueil et qui, même profondément ruinés, font encore tant d'impression aux véritables artistes.

Etudions maintenant l'intérieur de l'acropole, nous suivrons pour cela le chemin parcouru par Pausanias, et, après avoir visité ses monuments, nous en donnerons une restauration (planche en couleur) pour essayer de la

(1) On peut voir dans les Antiquités d'Athènes, par Stuart et Revett (pi. 2, t. II), un plan de l'acropole d'Athènes, telle qu'elle était en 1753.

Il existe, au département des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris , un dessin à la plume de la seconde moitié du xviie siècle, qui représente une perspective de l'acropole d'Athènes prise avant 1687. Ce croquis offre un grand intérêt pour la représentation du Parthénon ; on remarque, en effet , que le toit antique du temple s'interrompt sur tout l'espace occupé par la cella.

Ce croquis, qui a appartenu au célèbre consul Fauvel, porte dans le bas, à gauche, cette suscription : « Vérifié par Fauvel en mai 1791. » Cette vue du château d'Athènes a été prise du musée près le monument de Philopappus. Elle a été faite, à ce que je crois, pendant l'ambassade de M. Nointel à Constantinople.

Planche I. — Plan de l'Acropole.

ACROPOLE

représenter à nos lectem-s telle qu'elle était au temps de sa splendeur.

Pausanias, longeant les rochers, quitte le théâtre de Bacchus, au bas de la muraille sud ; il trouve une grotte que décore le monument choragique de Thrasyllus, aujourd'hui disparu, mais qui a été relevé et dessiné par Stuart et Revett. Sur l'emplacement de ce monument on retrouve encore aujourd'hui (voy. la pi. I) des colonnes, A, surmontées de trépieds choragiques.

Avant de pénétrer dans la citadelle, Pausanias rencontre ensuite plusieurs temples : celui d'Esculape et d'Apollon, celui de la Terre nourricière (Tvi xoupoTpôx/o<;), enfin celui de Cérès verdoyante (Arjiji-iiTYip XXo'yi), dont on n'a jamais pu retrouver les traces.

Notre voyageur arrive ensuite à l'entrée de la citadelle; il gravit le magnifique escalier, traverse les propylées, dont la grandem* et la beauté le frappent d'admiration. Il remarque deux statues équestres, qui, selon lui, représenteraient les fils de Xénophon (Diog. Laërce, II, 52) ; puis, sur sa di'oite, il aperçoit le temple de la Victoire aptère, b. Poursuivant sa route, il décrit un grand nombre de statues, dont nous nous dispenserons de donner la longue nomenclature ; il pénètre dans l'enceinte de Diane Brauronia, c, puis dans celle de Minerve Ergané, D.

Pausanias ari'ive au Parthénon , e ; mais il n'en parle guère que pour dire que le fronton principal représente la naissance de Minerve, et le fronton postérieur la dispute de Minerve et de Neptune. Il pénètre dans le temple pour décrire le chef-d'œuvi-e de Phidias, la fameuse statue chryséléphantine. En sortant du temple, Pausanias signale à notre attention de nou- AX'lles statues, et, parmi elles, une attribuée à Phidias : c'est la statue en .bronze d'Apollon Parnopius.'

Enfin notre guide arrive dans l'enceinte sacrée de ^linerve PoUiade, n ; au devant de l'Erechthéion. G, il remarque (VIII, 2, 3) l'autel de Jupiter très haut (Zsùç uttoctoç).

Ici finit la naiTation de Pausanias, mais elle est , croyons-nous, suffisante pour la complète intelligence de notre planche I. Il est probable que notre guide sort de l'enceinte de

DICT. D'ARCIIITECTUni;. — T. I.

Minerve et qu'il traverse de nouveau les propylées pour quitter l'acropole.

En jetant les yeux sur notre planche II, nos lecteurs pourront se faire une juste idée de l'état actuel de ces ruines célèbres ; en portant leur attention sur la planche III, ils verront l'acropole d'Athènes telle qu'elle était à l'époque de sa splendeur.

Avant de quitter ce célèbre plateau, nous devons informer nos lectem-s que, pour rédiger cette étude et en composer les dessins, nous avons puisé nos renseignements aux meiUeures sources (1).

Maintenant signalons lés autres acropoles qui existent encore ou qui existaient en Grèce, en Sicile, dans l'Italie centrale et en Asie Mineure.

I. Acropoles de la Grèce. — Indépendamment de l'acropole d'Athènes, il existait dans son territoire, dans l'Attique, d'autres acropoles : celle de Sunium, qui renferme encore les restes d'un temple consacré à 3Imcrve iSimiade (Mémoire sur les ruines de Sunium, par Ten'ier, Archives des missions scientifiques , T série, t. III, p. 79 et suiv.) ; l'acropole de Rhamnus, qui renferme des édifices en ruines et trois puits taillés dans le roc (Uned. antiq. ofAttica, trad. par Hittorff, p. 45); enfin l'acropole d'ÉLEUTHÈRES, située sur les confins de la Béotie. (Ph. Le Bas, Voy. arcltéol. en Grèce et en Asie Min. y Itinér., pi. 9 et 10) ; en Béotie, aujourd'hui territoire de Lividia et de Thiva, l'acropole de Thèbes (Pans., IX, 8), appelée aussi la Cadmèe, du nom de Cadmus son fondateur; celle de Lebadée (Dodwel, A classic. tour trourjh Greece, etc., t. I, p. 210 ; Pans., IX, 39), dans le voisinage de laquelle il existait un des sanctuaires les plus anciens et les plus révérés, l'oracle de Trophonius; celle d'ORCiio:MÈNE des Myxiexs, profondément ruinée au iV siècle après J.-C. (Dodwel,

(1) Nous dirons notamment que, pour la rcstauratiom du plan, nous nous sommes surtout inspiré des travaux de Desbuissons, et, pour les autres dessins, nous avons étudié les travaux de nos confrères Lehouteux, Paccard, ïetaz et Moyaux. Nous avons également consulté VAcropcle (T Athènes, par E. Beulé, 2 vol. in-8' avec 8 planches, Paris, Firmin-Didot frères, 18.J1.

ACROPOLE

A tour, etc., p. 229; Leake, North Greece, t. II, p. 144 ; Forchammer, Hellenilca, p. 173 ; Brandis, Mittheil ûher Griechenl., I, 241; Ulrichs, Reisen in Griechenland , I, p. 58); enfin l'acropole de Chéronée (Paus., IX, 40 et 41 ; Dodwel, A classic. tour, etc., t. I, p. 210), rebâtie après les guerres médiques, et qui présente des tours carrées et des fragments d'architecture ionique.

En Phocide, il existe deux acropoles : celle d'ÉLATÉE (Paus., X, 34) et celle d'AMBRYSSA (Paus., X, 36).

En Arcadie, dans le Péloponèse, intérieur de la Morée actuelle, nous trouvons sept acropoles. La plus ancienne de toutes, au dire de Pausanias (YIII, 39), la plus ancienne cité que le soleil eût vu construire, c'était Lyco- SURE ; découverte par sir Dodwel, sur le mont Lycée (Dodwel, A class., etc., t. II, p. 294; W. Gell, Argolis, p. 44, pi 14), elle a été dessinée par Gell et relevée par Blouet {Expéd. de Morée, t. II, pi. 35, p. 40). Les six autres sont : l'acropole de Phigalie (Paus., VIII, 39 ; Blouet, ih., t. II, pi. 1, p. 3); celle de Man- TiNÉE (Blouet, il., t. II, pi. 44 et 53, p. 85); celle de Gartys (Paus., VIII, 28 ; Blouet, ih., t. II, pi. 31, p. 34); celle d'ALÉA (Rhangabé, Mém. de VAcad. des Ins., Recueil des Savants étrangers, pi. 11); celle de Stymphalus (Rhangabé, l. c, pi. 12) ; enfin celle d'ORCHO- 3IÈNE (Paus., VIII, 13), qui existait déjà du temps d'Homère.

En Argolide, partie orientale de la Morée, nous avons à citer quatre acropoles.

En premier lieu, celle d'ARGOS, qu'on nommait aussi acrojjole Larisse et Aspis (bouclier), du nom de sa citadelle Larissa, et à cause des jeux qu'on y célébrait et du bouclier que recevait le vainqueur pour prix. Du reste, ce nom de Larissa a été donné par divers auteurs aux acropoles pélasgiques. (Strabon, IX, p. 440; XIII, p. G21; Steph. Byz., au mot Aofpiaca ; Dionys. Hahc, J[«^. Rom., I, p. 17.)

C'était ensuite l'acropole de Tyrinthb (Paus., II, 25 ; Blouet, op, c, t. II, pi. 72, 73, p. 155) ; celle de Mycènes (Paus. , II , 24 ; Blouet, op. c, t. II, pi. 56, 57, p. 91) ; enfin celle de CoRiNTHE, ou de son nom antique Acroco-

RiXTHE, 'Axpôxopiv6oî (Corinthe la haute), du sommet de laquelle on apercevait, à 44 milles de distance, l'acropole d'Athènes.

Le point culminant de l'Acrocorinthe était un temple dédié à Vénus, qui existait encore parfaitement conservé au temps de Pausanias (II, 4) ; ce qui ferait supposer que Mummius, le général romain , ayant fait le sac de Corinthe, se borna à démohr les murailles de l'Acrocorinthe sans toucher à ses édifices : du reste, au dire de Pouqueville {Voy. en Grèce, t. IV, p. 452), il subsiste même en plusieurs endroits des assises de l'enceinte, qui sont en constructions cyclopéen nés.

En Messénie, partie sud-ouest de la Morée, les acropoles encore existantes sont au nombre de quatre : celles d'iRA (Paus., IV, 18, 19, 20, 21; Blouet, op. c, t. II, pi. 34, p. 39); de Cyparissa (Paus., IV, 36 ; Blouet, 1. 1, pi. 49, p. 48, 49) ; de Pylos (Paus., IV, 36 ; Blouet, 1. 1, pi. 5 et 6, p. 45) ; enfin l'acropole de MessÈNB(Paus., IV, 31; Blouet, t. I, pi. 22, p. 24 et 25).

En Laconie, la Tzaconie actuelle , le pays des Mainates, dans la Morée, nous ne connaissons que l'acropole de Sparte. (Paus., III, 17, 18 ; Blouet, t. I, pi. 49, p. 48, 49.)

Dans la Triphyhe, pays situé vers les embouchures de la Rophia, il existait deux acropoles : celle de Samicuai (Paus., V, 36 ; Blouet, t. I, pi. 53, p. 53 ; Fragments d'un voyage dans le Péloponèse, par Boutan; Arch. des Missions scient., V" série, t. III, p. 389), et celle de LÉ- PRÉUM ou LÉPROS. (Paus., V, 35 ; Blouet, 1. 1, pi. 50, 51, 52, p. 51 et suiv. ; Boutan, op. c, p. 202.)

Terminons cette longue et aride nomenclature par deux acropoles de la Grèce occidentale, celle de Limnœa (L. Heuzey, le Mont Olympe et VAcarnanie, pi. 5, p. 320), qui offre un curieux exemple de longs murs bien conservés reliant une acropole au rivage de la mer et à un port maritime ; l'autre est l'acropole de Palœros. (L. Heuzey, op. c, pi. 10, p. 390.)

II. Acropoles de la Sicile. — La Sicile avait un sol qui se prêtait fort bien à la construction des acropoles ; elle fut , à l'époque péasgique , le siège de nombreuses colonies, et

Éte^

Cii.ciipcr.ucL i.Ln.

ETAT AC, lUEL DE LACI^OPOLF D'ATHENES

împ.Firmin-Dniot &. C' Piris

ACROPOLE

posséda beaucoup de villes hautes, dont trois nous ont laissé des vestiges.

C'est Tacropole d'ÂGRiGENTE {Girgcnti) (Serradif alco , Antidata delta Sicilia, t. III, pi. B, p. 24); celle de Céfalu, l'ancien Cephalœdium , dans laquelle on voit les débris d'un temple dorique {Annali detVInst. di carrés]), archeot., t. III, p. 270, 275) ; et l'acropole de Sélinoxte (Serradif alco, op. cit., t. II, pi. 2, p. 12), qui conserve trois temples doriques assez importants avec les restes d'un quatrième et des ruines éparses çà et là sur son sol. (Hittorff et Zanth, Monuments de la Sicile antique, pi. 10.)

III. Acropoles de l'Italie cextrale. — Les acropoles de l'Italie centrale paraissent remonter aux temps préhistoriques, par leur construction faite par des peuples d'origine pélasgique qui eurent probablement pour successeurs les Eques et les Yolsques. La plupart de ces villes haute sont conservé leurs anciennes murailles presque tout entières. Ces acropoles, au nombre de neuf, sont : les acropoles d'ATiNA (Annali detV Inst. archeol., t. III, p. 412) ; d'ALATRi (Petit-Radel, Recherches sur les monuments cyclopèens oupèlasgiqiies, p. 161) ; d'ARPixu3i {Annali delV Inst. archéol., t. III, p. 157) ; de CoRA (Petit-Radel, op. cit., p. 186) ; de Ferentinum (Petit-Radel, op. cit., p. 172); de Norba (Petit-Radel, op. cit., p. 188 ; Monumenti ined., etc., t. I, pi. 1 et 2; Canina, Architettura romana, pi. -47); de Prœxeste, de Sigxli (Petit-Radel , of. cit., p. 174 à 185; Annali delVInstit. arch., 1834, p. 143, 353, 361), et de TuscuLUM, cette dernière explorée par Canina {Descrizione dclV antico Tusculo, pi. 6 et 7, p. 73 ; voyez aussi VAntica Veia descritta, etc.).

Pour compléter cette liste des acropoles d'Italie, nous citerons deux villes hautes étrusques : Veies (Canina, TAntica Etruria marittima, t. I, p. 103), et Fiesole, dans les environs de Florence {Annali dclV Inst., etc., 1835, p. 14).

lY. Acropoles de l'Asie Mixeure. — Les acropoles de l'Asie Mineure et des îles de la mer Egée sont fort nombreuses. Nous mentionnerons l'acropole de Xicomédie en Bithynie, dont on peut voir encore les murailles

(Texier, Descript. de F Asie Mineure, 1. 1, p. 18 ; du même auteur, Univers pittoresque, Asie 3Iineure, p. 61) ; l'acropole de Cius avec ses murailles pélasgiqucs (Perrot et Guillaume, Exploration archèolog., p. 12) ; celle de Prusa.

En Mysie, nous citerons trois acropoles : celles de Cyzique, de Pergame et d'Assos : celle-ci possède un temple dorique, dont on peut voir les bas-reliefs au musée du Louvre, et qui sont , dit-on , d'un style antérieur au siècle de Périclès. (Texier, Descrip. de V Asie Mineure, t. I, pi. 108 et 115, p. 197.)

Sur le mont Sipyle , dans l'antique Méonie, sa capitale, détruite par un tremblement de terre, nous montre l'acropole de Taxtalis, qui appartient à une époque très reculée. (Texier, Descrip. de l'Asie Min., t. II, pi. 129, p. 254, 255.) .

La Lydie possède des restes de l'acropole de Sardes ; l'Ionie, ceux de l'acropole de Prièxe, sur le mont Pagus, et celle de Smyrne. Enfin, sur les bords du littoral, nous signalerons encore : en Lycie , les acropoles de Telmissus et d'AxTiPHELLUS,qui datent des temps helléniques (Hamilton, Researches, etc., 1. 1 et t. II); dans la Carie, les acropoles d'HALiCARXASSE et de CxiDE (Texier, Descrip. de l'Asie Mineure, t. III, pi, 159, p. 174; Newton, Halicarnass., Cnide and the Branchides, pi. 73) ; et dans la Pamphylie , l'acroiDole de Perga.

Si nous pénétrons dans l'intérieur de la grande presqu'île, nous voyons : en Phrygie, l'acropole de Kotiaicox; en Galatie, celle de Pesixuxte, et en Cappadoce, celle de Pté- RIUM, l'ancienne capitale de la Ptérie, détruite par Crésus. (Perrot et Guillaume, Exploration archéologique, etc., pi. 34.)

Citons aussi, dans le royaume de Pont, l'acropole d'A^iASlA, de construction hellénique (Perrot et Guillaume, Exploration, etc., pi. 70 et 71) , et dans la Troade, l'acropole de Troie, qui renfermait , dit-on , un grand nombre de tombeaux élevés à ses grands hommes.

Si maintenant nous abordons les îles de la mer Egée, nous citerons, pour compléter notre nomenclature, les acropoles de Samos (Guérin, Descrip. de Vile de Samos et dePatmos, p. 11) ; de Patmos; de Délos, sur le mont Cinthius; de Samothbace, et celle de jMitylèxe, dans

ACROSTOLE. — ACROTERE.

l'île de Lesbos. {T'opog. et liist. de Vile de Lestas, par WoMi'àw, Arch. des missions scientifiques, V série, t. V, p. 273 ; Mission dans l'île de Samothrace,-paY G. De\'ille et Coquart, Arch. des miss, scient., 2° s., t. IV, p. 254 et 258.)

Pour terminer ce long article sur les acropoles , mentionnons encore, en Afrique, celles de Cauthage, qui, fondée parles Phéniciens, fut le berceau de la ville primitive ; de Byrsa, autour de laquelle la ville prit de grands développements. (Beulé, Fouilles à Cartilage, p. 3, 6, 15 et 20.)

ACROSTOLE, ACROSTOLIUM, s. m. — Ornement que les anciens mettaient à l'extrémité supérieure de la proue des navires (stolus), et qu'il ne faut pas confondre avec la partie inférieure nommée rostrum, bec que les vaisseaux de guerre portaient pour leur défense.

L'acrostole était un simple ornement qui affectait la forme d'un bouclier, d'un casque, d'une spirale, d'un cercle, d'un animal quelconque, mais surtout d'un col de cygne ou plutôt d'une oie, oiseau symbolique de bon augure. (Voy. Chénisque.)

Cet ornement, qui élevait la proue du navire, lui donnait une forme gracieuse.

Acrostole de l'arc de triomphe d'Orange.

C'était l'usage de détacher les acrostoles'des navires pris sur l'ennemi et de les accrocher à ceux des vainqueurs. Cet usage a sans doute fait passer les acrostoles dans l'ornementation des monuments triomphants, et c'est dans les bas-reliefs antiques que nous avons pu retrouver les diverses formes des acrostolia. (Bottari et Fuggini , Mus. cap., t. IV, tab. 34 , p. 169 à 180.)

En France, nous avons vu cet ornement sur l'arc de triomphe d'Orange (Caristie, Momimentscmt. à Orange) ; nous le donnons ci-dessus.

On figurait souvent les acrostoles sur les revers des médailles.

Il ne faut pas confondre l'acrostole a^'cc l'A- PLUSTRE (voy. ce mot), qui était un ornement supérieur de la poupe.

ACROÏÈRE, s. m. — De (Jxpojr/ipîov, de «>cpoç, pointu, placé à l'extrémité. Dans sou acception générale, ce mot signifie extrémité ou sommet quelconque d'un objet et même du corps humain, les pieds, les mains, les ailes d'une statue, l'éperon ou la proue d'un navire, le pic d'une montagne, les créneaux d'ime muraille, le faîte d'un édifice.

Nous donnons, dans la figure ci-dessous, l'un des griffons posés en acrotères sur le temple d'Égine, et qui se trouve actuellement au musée de Munich,

Aerotère du temple d'Egiue.

Plutarque nomme aerotère une surélévation décorative que le sénat fit placer sur la maison de César, comme marque d'hoimeur ; malheureusement cet auteur ne nous dit pas autre chose sur ce genre de surélévation , de sorte que nous pouvons nous perdre en conjectures et nous demander si c'était une tour, une terrasse, un édicule quelconque, un trépied. (Plut., Cœs., LXIII.) Vitruve donne ce nom aux socles avec ou sans moulures, aux piédestaux portant des statues, des groupes, que les anciens plaçaient au sommet et aux extré-

PI. 3. — Restauration de l'Acropole d'Athènes.

ACTION. — ADENT.

mités des frontons. (Vitr., III, 3.) Les statues elles-mêmes prirent le nom à'acrotères, ainsi <|ue ces appendices nus ou décorés qui en tinrent lieu dans les petits monuments ; par suite, rornementation découpée qui régnait sur les rampants des frontons reçut le même nom. Cette ornementation , empreinte souvent d'une grande élégance, était exécutée en terre cuite, en marbre, parfois même en bronze doré. Sur les corniches horizontales formant l'entablement des faces latérales des édifices, une ornementation semblable résultait de la présence des antéfixes sur lesquelles venaient aboutir les tuiles creuses faisant partie de la couverture. (Voy. AXTÉFIXB.)

Dans l'architecture moderne, on nomme acrotères les dés en pierre engagés de distance en distance dans les balustrades qui couronnent les bâtiments , et qui servent à dissimuler les chéneaux ; nous n'en citerons pas d'exemples, car chacun connaît de nombreux monuments qui sont couronnés de la sorte.

Enfin, par une trop grande licence, dans ces temps modernes on a quelquefois appelé acrotères des Attiques (voy. ce mot).

ACTION, s.f. — Dans une acception générale, ce mot a de nombreuses significations; mais, en ce qui nous concerne, l'action est le moyen que nous tenons de la loi de nous faire rendre ce qui nous est dû : c'est le droit qu'on a de former une demande en justice.

Suivant leur objet, les actions sont administratives, civiles ou pénales; les premières se portent en premier ressort devant les conseils de préfectm-e, et devant le conseil d'Etat en dernier ressort. Les actions civiles, suivant leur importance , se portent devant les juges de paix, les tribunaux d'aiTondissement ; en appel, devant les tribunaux d'arrondissement, s'il s'agit de sentence rendue par les juges de paix, et en cour d'appel, si les sentences, au contraire, ont été rendues par les tribunaux d'arrondissement.

Contre toute sorte de décision, en dernier ressort, on peut se pourvoir devant la cour de cassation, mais seulement pour violation de la loi.

Les actions pénales se portent devant les tri-

bunaux de simple police ou de police correctionnelle, ou devant les cours d'assises, suivant que le fait qui a donné lieu à l'action constitue une contravention, un délit ou un crime.

En droit romain, on entend par le mot acfio le fait ou bien la faculté de recourir à l'autorité publique pour faire valoir ses droits. Ce mot désigne aussi une forme particulière de procédure.

Les Romains pratiquèrent successivement trois systèmes de procédure : 1" Vordo judiciorum, 2" le manus injecUo, 3° le pignoris capio.

Nous n'entrerons pas dans des détails au sujet de ces systèmes de procédure, car il nous faudrait sortir du cadre de notre travail ; nous renverrons seulement ceux de nos lecteurs qui désireraient approfondir ce sujet aux Commentaires de Gaïus, à Aulu-Gelle, à Varron et aux Institutes de Justinien.

ACTUS. — Mesure de longueur des Romains, qui avait 120 pieds romains (35'",489). (Pline, Hist. nat., XVIII, 3, 9 ; Columelle, II, 2, 7.)

ADAPTER, V. a. — Signifie, comme dans le langage usuel, appliquer après coup avec précision, ajuster par encastrement ou par assemblage. (Voy. Encastrement et Assemblage.)

ADDITION, s.f. —Constructions ou bâtiments nouveaux ajoutés après coup à un édifice terminé.

Les additions doivent parfaitement se raccorder avec les parties exécutées antérieurement, tant pour les dispositions et les proportions que pour le style de l'architecture ou de la décoration. Il faut aussi fonder avec beaucoup de soin les additions qu'on fait à un bâtiment, sans quoi il se produit des tassements qui occasionnent des déchirures entre les anciennes et les nouvelles constructions.

ADENT, s. m. — Assemblage tel que les pièces assemblées ont la forme de dents; on pratique cet assemblage au moyen de tenons et de languettes pénétrant dans des rainures ou mortaises taillés en forme de dents.

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