‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 311 sur 325 · COUSSINET · texte numérisé non relu

COUSSINET

COUTURE

parchemin sont plus hautes et disposées de façon à pouvoir être phées après le travail ; notre figure 2 montre ce genre de coussin. — En couverture, le coussin est une petite fascine en paille que les comTeurs fixent aux extrémités de leurs échelles pour garantir la couvertm-e contre le choc ou la pression du bois de l'échelle.

COUSSINET, s. m. — Ce terme est synonyme de Sommier (voy. ce mot). — C'est aussi le flanc ou face latérale des volutes du chapiteau ionique à volutes droites ; on appelle le coussinet oreiller ou Balustre (voy. ce mot, page 195).

En serrurerie, c'est un morceau d'acier dans lequel on a pratiqué des filets ou pas de vis. Cette pièce porte un tenon de chaque bout pour s'ajuster dans un tourne-à-gauche, qui sert à Tarauder (voy. ce mot).

Sur les voies ferrées, c'est un support en fonte qui sert à fixer les rails sur les traverses. Les coussinets sont de formes diverses et de deux genres, les coussinets de joint et les coussinets intermédiaires; ils sont en excellente fonte, car ils doivent pouvoir supporter une grande compression, et résister aussi à une traction de 12 à 14 kilogr. par millimètre carré de section. — Les coussinets se composent d'une semelle ou base, qui sert à les fixer sur les traverses au moyen de dievillettes et de joues, comprenant entre elles un espace appelé chambre, laquelle est traversée par le rail, qui est serré contre l'une des joues avec des coins en bois de chêne fort dur.

COUTEAU, s. m. — Plusieurs corps d'états se servent de couteaux : les peintres, pour ramasser leur couleur pendant le broyage, c'est le couteau à jialette; ils en possèdent un autre

Kg. 1.

■ Couteau du doreur.

dit fjrattoir, parce qu'il sert à gratter ; les dorem's, pour couper les feuilles d'or (fig. 1). Les vitriers en ix)ssèdent de plusieurs genres : c'est le couteau à mastiquer, qui affecte deux formes

DICT. D'ARCHITECTniE. — T. I.

différentes (fig. 2 et 3); le couteau à démastiquer ow dévifrer (fig. 4), qui sert à faire sauter les débris de verre ou de vieux mastic ; le couteau à remettre en plomb, qui a deux tranchants ; il est mince sur les bords, plus épais

Fig. 2. — Couteau à mastiquer (l'"' type).

et à côtes dans son milieu ; il est emmanché dans un morceau de bois de 0'",08 à 0'",11 de longueur. Le couteau à raccoutrer a la forme

Fig. 3. — Couteau à mastiquer (2' type).

d'un couteau de table dont la lame serait courte ; sa lame n'est pas tranchante. Le vitrier, avant de contre-souder les panneaux, se sert

Fig. 4. — Couteau à dévitrer.

de ce couteau pour relever les ailes du plomb qui entoure une pièce à changer , ensuite pour les rabattre sur la pièce nouvelle. Le couteau à raccoutrer sert aussi à gratter les soudures cassées ou brûlées qui sont à refaire.

En serrurerie, forger en lame de couteau, c'est amincir un fer sur l'une de ses rives.

COUTEE, s. m. — Outil du treillageur, dont le tranchant à deux biseaux est sur la longueur. Il y a deux genres de contres qui ne diffèrent que par la manière dont ils sont emmanchés.

COUTTE. — Voyez Crapaudine.

COUTURE, s. f. — En charpente, on nomme coulure la distance qui existe entre un joint et Venlaçure d'un assemblage. — En couverture, ce sont deux doubles plis existant entre deux feuilles de métal ou deux tables de plomb, et qui servent à les assembler. — Enfin les treillageurs nomment ainsi le lien de fil de fer avec lequel ils arrêtent leur treillage.

couvp:rte.

COUVERTURE

COUVERTE, s.f. — Espèce de vernis, dû à la vitrification d'oxydes métalliques ou de substances salines, dont on revêt les terres cuites, qui sont alors dites terres cuites vernissées. Il ne faut pas confondre la couverte avec Vémail. La pensée d'assurer la conservation des objets de la céramique, l'intention de les rendre imperméables et de les décorer, ont conduit à les revêtir d'une couverte. C'est principalement dans le but de décorer les terres cuites qu'on mêle aux matières constitutives de la couverte des substances colorantes susceptibles de vitrification, et au moyen desquelles on obtient des tons à la fois éclatants et solides. (Cf. Dictionnaire de la curiosité, aux mots Faïence, Email, etc.)

Les Égyptiens, les Assyriens, les Indiens, les Chinois, connaissaient les couvertes métalliques et les ont employées pour décorer leurs terres cuites et leur assurer une grande durée. Les Grecs, les Etrusques, ont suivi leur exemple , tandis que les Romains , qui ne pouvaient ignorer ce perfectionnement, paraissent n'avoir produit aucune terre cuite vernissée. — Au moyen âge, à la renaissance et actuellement, on a recouvert et on recouvre de couvertes diversement colorées des carreaux pour pavements et revêtements, des tuiles pour couvertures, des briques pour constructions, enfin des objets de toutes sortes employés à la décoration des édifices.

COUVERTURE, s.f. — Revêtement appliqué sur le comble d'un bâtiment dont il forme la toiture. On emploie dans ce but de nombreux matériaux, les pierres dm*es, l'ardoise , la terre cuite , les métaux , le chaume, des cartons, des toiles et des feutres bitumés, ainsi que du bitume. Mais, quelle que soit la nature de la matière employée, une bonne couverture doit remplir des conditions indispensables d'imperméabilité, de légèreté, d'incombustibilité, de durée et de solidité.

Les anciens paraissent avoir apporté un soin extrême dans la construction de leurs couvertures. Ils en faisaient en bronze, en dalles de marbre pour les édifices d'une grande richesse, et en terre cuite pour ceux d'un ordre plus modeste. Les riches et gTacieux anté-

fixes dont ils décoraient les toits témoignent hautement de la recherche qu'ils apportaient dans ce détail de leur construction.

Dès le xiii'^ siècle, et jusqu'au milieu de la renaissance, la couverture fut l'objet de soins tout particuliers de la part des architectes, qui en ty-èrent un parti très avantageux pour l'ornementation générale des bâtiments. A l'aide de tuiles vernissées de diverses couleurs, au moyen d'ardoises diversement taillées, ils composèrent des couvertures d'un aspect agréable, accompagnées de Crêtes (voy. ce mot), d'épis, de girouettes et autres ornements.

Couvertures en tuiles. — L'emploi des tuiles pour la couverture des édifices remonte à une haute antiquité ; les Romains y ont imprimé ce caractère vigom-eux et monumental qui distingue leur architecture. La couverture se composait de grandes et fortes tuiles plates, à peu près rectangulaires et pourvues dans le

Fig. 1. — Couverture en tuiles romaines.

sens de la longueur de deux rebords saillants, et de tuiles à peu près demi-cyUndriques ; les tuiles plates reposaient à côté les unes des autres, et leurs joints (fig. 1 et 2) étaient couverts de tuiles creuses qui à chaque rangée se terminaient par un Antéfixe (voy. ce mot).

Les tuiles plates se nomment tcgulœ , les tuiles creuses imbrices. La durée de cette couverture est très longue , mais son poids est excessif : elle pèse jusqu'à 136 et 138 kilogrammes par mètre carré, ce qui nécessite de fortes charpentes pour la supporter. Cependant l'Italie moderne a conservé dans bien des pro-

COUVERTURE

vinces ce genre de couverture, mais en la rendant plus légère. On fait usage également dans ce pays de tuiles plates s'emboîtant les unes sur les autres. Nous en parlerons plus loin.

iCïZYZïO

ZlCDEil

Fig. :;. — Coui'c Je la couverture romaine.

Tuiles creuses ou a canal. — En France, au contraire , surtout dans les provinces méridionales, les tuiles creuses ont été seules con-

Fig. 2 bis. — Couverture eu tuiles creuses.

servées ; on les nomme j3«w^eS; cMnées, cliapeaux. Ce sont (fig. 2 Ms) des demi-cylindres légèrement coniques et qui mesurent de 0"' ,35

Fig. 3. — Couverture eu tuiles flamandes en ip.

à 0"',55 de longueur. Pour établir cette espèce de couverture, il ne faut pas que la pente du com1)lc soit de plus de '2(î degrés. Sur des chevrons distants de 0'",30 les uns des autres, on établit un plancher en voliges jointives ou en

tuiles minces, et sur ce plancher on pose les tuiles creuses; celles de dessous servent d'égout et sont nommées clianées, et celles de dessus chapeaux.

Tuiles en u^ dites flamandes. — Les tuiles flamandes sont à la fois concaves et con-

Fig. 4. — Tuile carrée et à crochet.

vexes ; elles se posent à recouvrement , c'est-àdire que la partie concave s'emboîte dans la partie convexe ; elles forment donc à la fois chapeaux et chanèes. (Voy. notre fig. 3.)

Tuiles carrées. — Les tuiles carrées sont munies sur deux de leurs côtés contigus d'une ailette; et à l'angle opposé, et en dessous, le tuilier a ménagé une sorte d'agrafe ou crochet (fig. 4) qui porte dans l'angle formé par les ailettes de la tuile, de sorte que celle-ci, une fois accrochée, ne peut glisser. Notre figure 5 fait voir ce genre de couverture. Enfin

Fig. 5. — Couverture eu tuiles carrées et à crochet.

il se fait aujourd'hui une quantité de tuiles à emboîtement dont les modèles sont si multiples que nous n'essayerons même pas de les énumérer ; nous ajouterons seulement qu'avec des tuiles rouges et noires on forme des couvertures

COUVERTURE

présentant des dessins variés : notre figure 6 montre un spécimen de ce genre de couvertures.

Couvertures en pierres. — Toute pierre

Fig. 6. — Couverture avec tuiles à deux couleurs.

qui peut se débiter en dalles minces est susceptible d'être employée pour ce genre, '[de couverture. Les anciens en firent un fréquent

Fig. 7. — Couverture en ardoises, écaiUes à cinq faces.

usage ; aujourd'hui on n'emploie guère qu'une pierre schisteuse , V ardoise.

Couvertures en ardoises. — L'ardoise

Fîg, 8. — Couverture en ardoises, formant des hexagones.

est une excellente couverture. Sa légèreté jointe à sa propreté la fait préférer à toute autre matière pour les grands édifices. On peut la tailler sous diverses formes. Au mot Ardoise, nous avons donné différents spécimens de ce genre de couverture ; nous compléterons

ici ces spécimens. (Voy. nos fig. 7, 8, 9, 10, 11 et 12.) — L'ardoise, comme la tuile, s'attache sur un voligeage avec deux ou trois clous par ardoise, suivant ses dimensions. Notre figure 13 montre le genre de construction de cette

Fig. 9. — Couverture en ardoises , en écailles po'ntues.

couverture ; à droite on aperçoit les pannes et les chevrons, à gauche le voligeage et dans le coin inférieur les ardoises posées. Enfin notre figure 14 montre une disposition adoptée pour

Fig. 10. — Couverture en écaiUes carrées.

agrafer les ardoises pour couverture. C'est un système assez ingénieux. Le crochet de gauche est employé pour les charpentes métalli-

Fig. 11. — Couverture en ardoises posées alternativement droites et obliques.

ques, il s'agrafe simplement sur la cornière formant latte; le crochet de droite sert, au contraire, pour les charpentes en bois. L'extrémité de la lame en métal, légèrement coudée, est percée d'un trou qui permet son clonage sur le lattis ; l'extrémité infériem-e agrafe l'ar-

COUVERTURE

doisc. Les crochets portent dans le bas nne petite bande ou traverse faisant corps avec eux. Cette traverse sert à engager ses deux bras sous les pureaux inférieurs de droite et de gauche, ce qui donne de la rigidité à l'ensem-

Fig. 12. — Couverture en ardoises, losanges et écailles.

ble de la couverture et ôte toute prise au vent. — La coupe placée entre les deux crochets fait suffisamment comprendre la construction de ce système de couverture.

Fig. 13. — Construction de la couverture en ardoises.

Laves. — Dans les contrées dans lesquelles il existe des volcans éteints, on utilise la lave en couverture ; ou construit avec celle - ci comme si on employait la grosse ardoise ( modèle anglais).

Couvertures jiétalliques. — Le plomb, le zinc, le cuivre, la fonte et même le fer la-

miné ont été successivement appliqués en couverture. — Le plomb ne peut être employé que pour certaines portions de couvertures, c"ar son prix élevé et même son poids sont un grand obstacle pour généraliser son emploi. — Le zinc, depuis qu'on est parvenu à le laminer, c'est-à-dire depuis cin(}uante à soixante ans, a remplacé le plomb dans presque tous ses emplois en couverture. On doit éviter de le mettre en contact avec d'autres métaux, no-

Fig. 14. — CrocUets pour an'êter et fixer les ar.loises pour couvertures.

tamment avec le fer ; car, sous un climat humide, ces deux métaux constituent les éléments d'une pile voltaïque , ce qui contribue à lem" destruction réciproque et par suite à celle des couvertures où ils sont employés. Avec le zinc on fait des couvertures à tasseaux; on fait également des couvertures ondulées pour appentis, hangars, etc. — Enfin, sous le nom d'ardoises métalliques , on fabrique aux forges de Montataire des tôles galvanisées qui ne pèsent que 4 kilogrammes le mètre carré, et qui coûtent, voligeage compris^ 6 francs à G fr. 50 le mètre carré.

Couvertures économiques. — Sous ce titre , on comprend tous les genres de couvertures dont le prix de revient n'est pas très élevé; ce sont : les couvertures végétales; les couvertures bitumineuses ou à base de goudron, qui renferment : le papier et le carton goudronnés, le carton-cuir, \q feutre aspludtique; enfin les couvertures en lois (planches ou Bardeaux) (voy. ce mot).

Nous ne pouvons nous étendre sur ces divers genres de couvertures, sans sortir du cadre de ce dictionnaire; aussi renverrons-nous le lecteur aux mots Bardeau, Cartox, Feu

Page 1