‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 33 sur 325 · ADOUBER. — ADOUCISSEMENT · texte numérisé non relu

ADOUBER. — ADOUCISSEMENT

Certaines constructions ne pcu^•ent être adossées à un mur mitoyen qu'avec des conditions et des précautions déterminées : par exemple, les Cheminées, les Magasins a sel, les Fosses d'aisances, les Fours, les Ecuries (voy. ces mots).

ADOUBER, V. a. — Calfeutrer, boucher des trous, réparer, raccommoder un navire. Dans ce sens, ce terme a vieilli ; on dit aujourd'hui Radouber (voy. ce mot).

ADOUCI, s. m. — Opération qui a pour but de dresser une glace en la frottant avec du sable , du grès eu poudre et une Molette (voy. ce mot). C'est la première façon qu'on donne aux glaces brutes ou au cristal ébauché pour la taille.

Pour rendre l'adouci plus parfait, on emjDloie en second lieu des poudres de sable plus fin et même de l'émeri.

Dans les manufactures, les ouvrières disent aussi doiicissement des glaces.

ADOUCIR, V. a. — Dans la langue des beaux-arts, ce terme exprime divers procédés, suivant qu'on l'applique à l'architecture, à l'aquarelle, à la peinture, à la sculpture, à la marbrerie et à la dorure. En architecture, dans la composition de certains profils , on emploie diverses courbes qui servent à raccorder deux membres d'architecture faisant sailHe l'un sur l'autre ; on emploie dans ce but des chanfreins en cavet, des Scoties, des Congés ou Apophyges (voy. ces mots).

Les plinthes qui régnent autour d'un bâtiment s'unissent avec le nu du mur, soit à l'aide d'un talon renversé, soit à l'aide d'un simple chanfrein.

En aquarelle, ce mot signifie fondre les teintes d'un lavis de façon à ce que les demiteintes et même les ombres vigoureuses ne tranchent pas trop avec les clairs. On doit adoucir surtout son la\;is pour rendre les colonnes et en général tous les corps cylindriques et sphériques ; on doit agir de même pour les coi'ps de moulures et les ornements qu'on tient à modeler finement.

En peinture, adoucir, c'est fondre une teinte

pour la raccorder avec une autre. Pour la peinture décorative, ce mot exprime la même chose que pour l'aquarelle.

En sculpture, adoucir a deux significations : l'une concerne l'étude et le modelé ; l'autre veut dire purger un plâtre ou un marbre des aspérités qui ne nuisent pas k la perfection de l'étude d'un sujet, mais qui ôtent le poli, le fini à une oeuvre, la transparence au marbre.

En marbrerie, l'opération de l'adouci succède à l'égrisage et au rabat. On adoucit le marbre avec des pierres ponces dures et en employant toujours de l'eau.

Après cette opération, on procède au piqué, ou adouci à fond, avec un tampon ou molette de chiffons de linge fin et bien serrés, et imprégnés de la boue provenant du polissage des glaces ou de la taille des pierres précieuses.

En dorure, on emploie bien aussi le mot adoucir, mais on pratique plutôt Vadoucissage. Cette dernière expression diffère un peu du mot adoucir. (Voy. Adoucissage.)

ADOUCISSAGE, s. m. — Sorte de poH qu'on donne aux métaux au moyen de poudre provenant de diverses substances.

En marbrerie, c'est la troisième opération du polissage du marbre.

L' adoucissage des marbres consiste à les frotter avec de l'eau et une pierre ponce très dure. (Voy. Adoucir.)

En dorure, on pratique l'adoucissage de la façon suivante : quand on a donné les dernières couches de blanc et qu'on a rebouché, on mouille à l'eau froide la surface et on la passe légèrement avec de la pierre ponce profilée suivant le profil des moulures à adoucir. Pour les parties finement sculptées oîi l'on ne peut arriver avec de la ponce , on emploie une prêle {Jnppuris), plante semi-aquatique qui croît dans les fossés humides ou dans les terrains marécageux; on l'appelle aussi qucve-de-cheval. Enfin» on passe un linge ou une toile sur la surface à dorer, ce qui la rend lisse et douce au toucher,

L'adoucissage est une opération qui ne se pratique que pour la dorure à la détrempe. (Voy. Dorure.)

ADOUCISSEMENT, s. m. - Transition

ADYTUM.

obtenue au moyeu d'une inclinaison entre deux membres d'architecture de saillies différentes.

L'adoucissement est ordinairement galbé; dans ce cas, il affecte le profil de la cimaise ou de la doucine renversée, mais bien plus souvent celui du cavet, comme le montrent les figures ci-dessous. Un simple chanfrein constitue un adoucissement.

Adoucissements eu cavet et eu doucine.

Il peut trouver son emploi sur bien des parties d'un édifice ; il nous serait difficile de les énumérer toutes.

On ne peut guère se dispenser d'en faire usage, car l'adoucissement aide à constituer des membres d'architecture aussi élégants qu'utiles, attendu que par sa forme et sa situation ordinaire il facihte l'écoulement des eaux pluviales. Seulement il faut bien se garder d'en abuser, sous peine d'introduire de la mollesse dans les lignes architecturales.

Le goût seul peut et doit en régler l'emploi, ainsi que le galbe.

Il ne faut pas confondre l'adoucissement avec ce qu'on appelle le raccordement, bien qu'il y ait entre ces deux emplois une grande similitude dans le but comme dans l'exécution. (Voy. Raccordement.)

ADYTUM et ADYTON, s. m. — De oîSo- Tûv (a privatif, et Sut»), je pénètre) ; ce mot a la même signification que «êaxov (à Baw, pat'vto) (voy. Abaton), lieu dans lequel on ne peut pénétrer. Ce mot s'applique plus particulièrement à une partie du temple interdite aux profanes. C'était un sanctuaire sacré et obscur où les prêtres seuls, et même dans quelques temples une seule prêtresse, pouvaient pénétrer. La disposition de Vadyfon facilitait une foule de su-

percheries pour tromper les fidèles : c'était de Vadjjton que sortaient les voix surnaturelles et que se montraient les apparitions.

Ce sanctuaire, dit Eich (Dict. des antiq. rom. et grec, p. 14), n'avait ni portes ni communication visible qui ouvrît sur le corps du temple. On n'y entrait que par la porte dérobée d'une enceinte fermée de murs, sur les derrières de l'édifice : c'était par là que les prêtres s'introduisaient avec leurs machines sans être vus ni reconnus. Mais il est un fait remarquable, un fait qui prouve sans réplique la destination de Vadytum, c'est qu'on y trouve une quantité de tubes et de conduits qui communiquent de ce réduit avec l'intérieur du temple, qui aboutissent aux différentes ])arties des parvis de la cella, et qui permettent ainsi à une voix de se faire entendre dans tout endroit du temple pendant que la personne et la place d'où part la voix restent cachées.

Nous donnons d'après Rich, qui l'a tiré luimême de l'ouvrage de Labacco {Lihro delï arcMttetiire, Rome, 1558), le plan, a, de Vadytwn d'un petit temple dorique existant jadis près du théâtre de Marcellus, à Rome. Cet adyhan a été vu encore au xvi'' siècle par Labacco.

Temple dorique avec son adytum , a.

Nous avons donné cet exemple, parce que nous le croyons unique dans son genre et qu'on peut le considérer comme vrai, puisqu'il a été décrit et dessiné par un témoin oculaire.

On ne sait pas au juste comment les adyta étaient construits ; mais ce qui paraît certain, c'est que les uns se trouvaient au niveau du sol et les autres étaient souterrains, et que leur entrée était quelquefois sous terre : ce dernier point est établi d'une manière évidente par le passage suivant de Pausanias (liv. II, c. 2) : (c Le temple de Palémon est dans l'enceinte de celui de Neptune, à gauche... Il y a aussi un adytum dont Ventrée est sous terre. On dit que Palémon y est caché. »

.EDES. — AETOMA.

Ijes anciens profitaient aussi des grottes et cavernes natm-elles pour les transformer en achjta ; l'un des plus célèbres de la Grèce était celui de Delphes, qu'on nommait V antre de Delphes. (Pans., 1. X, c. 24.)

Quelques auteurs ont confondu la cella avec Vadytinn ; cette confusion s'explique facilement, puisque la cella, où habitait la divinité, était considérée comme un adytum; nous citerons comme exemples le temple de Héra à ^Egium , ou celui d'Ilithyie, à Hermione, dans lesquels les prêtresses seules étaient admises à voir les statues de ces deux déesses. (Pans., II, 35, 10 ; YII, 23.)

Dans certains temples, les cella de ce genre étaient quelquefois ouvertes à ceux qui avaient accompli les purifications, qui avaient fait les lustrations (KaOapai;). Quelquefois Vadijtum comprenait le temple tout entier et s'étendait même en dehors du temple à une enceinte close et quelquefois à un bois, tels que l'enceinte de Zeus sur le mont Lycée, en Arcadie (Paus., YIII, 38, 6), le bois sacré des Euménides à Colone, dans l'Attique (Soph., Œd. Col., 125), le bois d'Artémis Soteira de Pellène, dans l'Achaïe (Paus., VII, 27), ou celui des Grandes Déesses à Mégalopolis, en Arcadie (Paus., YIII, 31, 5).

^DES. — Mot qui servait à désigner, chez les Romains, mi édifice, une maison, le logis, le temple. (Yoy. Maison, Temple, etc.)

^DICULA. — Diminutif de œdes , qui sert à désigner une petite construction , une maison de peu d'importance, une partie de la maison, soit une chambre, soit une cellule; mais ce mot était surtout appliqué aux édicules sacrés, votifs, ou commémoratif s , ou funéraires. (Yoy. Édicule.)

^.GICRAXE, s. m. — (De aï?,alyo'ç, bouc, chèn-e). Tête de bguc. ou de chè^Te, dont les sculpteurs de l'antiquité ont fait un motif d'ornementation à l'aide de bandelettes et de guirlandes de feuilles, de fleurs et de fruits. Cet ornement décorait certaines frises d'entablement, mais il était surtout employé dans la décoration des autels et des tombeaux.

L'exemple que nous donnons décore un autel qui est au musée du Capitole, à Rome.

JEgicrane du musée du Capitole.

^OLIPYLE. — Yoy. Éolipyle,

AÉRxlGE, s. m. — Action de renouveler l'air d'une enceinte fermée de toutes parts. (Yoy. Yentilation.)

AÉRER, V. a. — Renouveler l'air d'une enceinte fermée. On aère les salles d'hôpitaux , les navires, etc. On dit d'un édifice qu'il est bien aéré, lorsqiie rien ne s'oppose à ce qu'il reçoive la salutaire influence de l'air. (Yoy. Yentilation.)

AÉRIENNE (Perspective). — Yoy. Perspective.

AÉROMÈTRE, s. m. — Appareil servant à mesurer la condensation ou la raréfaction de l'air, et qui est indispensable pour les études de Yentilation (voy. ce mot),

AÉROMÉTRIE, s.f. — Mesure de la constitution physique de l'air et de ses effets mécaniques.

AÉTOMA, s. m. — Synonyme de Aétos (voy. ce mot) , du grec àÉTwaa , synonyme de àeTÔç, fronton.

AETOPHORE. — AFFAMER.

AÉTOPHORE, adj. — Qui porte l'aigle, épithète donnée souvent à Jupiter parce qu'on représente souvent ce dieu portant un aigle sur la main, (Paus.'l. V, c. 22.)

AÉTOS , s. m. — (Du grec (X£tô;, aigle, pignon, fronton.) Ce mot désigne en architecture la partie culminante de la façade des temples, le Fronton (voy. ce mot), à cause de la ressemblance de ce membre d'architecture avec la figure d'un aigle planant dans les airs ; de là , par extension, les Grecs donnèrent le nom de ptera (Trtspo'v), ailes, aux colonnades extérieures situées de chaque côté des temples. (Voy. Aile.) — Les Romains eux-mêmes, bien qu'ils eussent dans leur propre langue le raotfasti- (jium pour exprimer fronton, se servaient aussi du mot grec œtoma, lîuisqu'on le trouve dans une inscription latine du recueil de Reinesius (^Sijntagma inscript, antiq., 1. 1, p. 255, n° 17) : ad extradionem mtQlSL^.

AFFAIBLIR, v. a. — Rendre faible. En voulant pousser une œuvre d'art jusqu'à la perfection, il arrive parfois qu'on l'affaiblit.

AFFAISSER, v. a. S'AFFAISSER, v. pr. — Descendre, ployer sous son propre poids. On dit qu'un bâtiment s'affaisse lorsque, par certains vices de construction, il cède, il baisse, il tombe sous son propre poids. L'Affaissement (voy. ce mot) peut provenir de diverses causes , comme nous le verrons à l'article suivant.

AFFAISSEMENT, s. m. — Effet qui peut se produire dans les bâtiments par deux causes différentes et qui se présente sous deux états.

Dans le premier cas , il faut ranger les affaissements qui sont produits par le manque d'épaisseur et de force suffisante des points d'appui ou de l'ossature d'un bâtiment, ce qui le fait en quelque sorte ployer sur lui-même et en désunit les diverses parties.

La seconde cause réside dans le peu de résistance du sol, qui se comprime sous la charge de la construction. Dans ce dernier cas, qu'on nomme plutôt Tassement (voy. ce mot), il n'y a pas toujours désunion des parties constituantes de la construction, surtout si le sol

tasse d'une manière uniforme. Il n'y a pas non plus désunion lorsque le tassement se fait suivant une direction inclinée, pourvu toutefois que le mouvement ait lieu suivant une progression régulière. Par exemple, il n'y a pas de déchirures dans la tour peiichêe de Piaé, ni dans celle de Bologne, qui sont très fortement inclinées. Mais les exemples de ce genre sont extrêmement rares.

Les affaissements, quelle qu'en soit la cause, quelle que soit la manière dont ils se produisent ou se manifestent, les affaissements, disonsnous, sont toujours des accidents très fâcheux contre lesquels on ne saurait trop se prémunir.

Le meilleur, le seul moyen de les éviter, consiste à établir les bâtiments sur de bons sols, ou rendus tels par des travaux ; ensuite il faut en bien construire non seulement les fondations, mais encore les parties en élévation. Il faut, dans ce but, bien étudier les plans et donner une forme , et une épaisseur con^'enables aux murs , les bien relier entre eux par tous les moyens (et ils sont nombreux) que l'art des constructions met à la disposition de l'architecte et des constructeurs.

AFFALER, v. a. — Abaisser, soulager un cordage pour l'aider à courir dans sa poulie et le faire descendre. Ce mot, en usage en termes de marine, a passé dans le langage des chantiers.

AFFAMER, v. a. — Ce mot s'applique à la pierre, au marbre, au bois, qui, après I'Aba- TAGE ou I'Ébauchage (voy. ces mots), ont été

par accident ou ignoran<3e tellement amaigris , qu'il ne reste plus assez de matière pour leur

AFFERMIIl.

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