AIRE
agricoles, ainsi que dans leurs maisons urbaines de médiocre iuii)ortance, ils se contentaient d'aires en argile ou en terre à four bien battue. Dans quelques pièces seulement ils recouvraient ces aires d'un dallage en brique ou en tuiles posées à plat. Toutes les fois qu'ils voulaient olitenir des aii-es d'une grande solidité, ils les fiiisaient en béton ou en mortier de bri- (]ues ou de tuiles pilées, mortier que Vitruve (VIII, 614) appelle ojms signimon (1), et ils posaient ces aires sur un empierrement bien battu.
Lorsqu'ils voulaient leur donner plus de richesse, ils revêtaient leurs aires eu béton ou en mortier de dalles de marbre ou de mosaïques.
D'après Varron, les Romains, après avoir fait leurs aires avec des terres fortes bien battues , les arrosaient d'un enduit fait avec de la lie d'huile (amurca) , ce qui durcissait la surface et empêchait la croissance de l'herbe.
Columelle (de Re rustica, 1. II, cap. 2U) conseille le même enduit.
Palladius recommande de faire les aires avec des briques de de%(x pieds ou plus petites.
Aujourd'hui, l'aire est une place, plus ou moins étendue, limitée par les côtés d'un polygone; c'est, en un mot, la surface d'un polygone.
C'est aussi la superficie de terrain occupée par un bâtiment; un sol exécuté de main d'homme, établi sur la terre, sur une voûte, sur un plancher, etc. : c'est cette dernière acception du mot aire qui sera l'objet de la fin de cet article.
Les aires se font en terre ou salpêtre battu, en sable, en argile, en cailloux ou cailloutis, genre d'aire appelé emjnerre^nent. Ce dernier mode est fort employé pour les voies publiques et autres espaces découverts (voy. Chaussée); enfin on fait des aires en béton , en ciment, en mortier, en plâtre et en bitume : ce sont là des aires proprement dites.
D'autres, qui se construisent avec des briques ou des carreaux de terre cuite, se nom-
(1) Cet ouvrage tirait son nom de la ville de Signia, aujourd'hui Segni, qui était fameuse par la bonne qualité de ses tuiles, et où avait été inventé Yopus slgninum. (Columelle, I, C, 12; Pline, Ilist. nat., XXXV, 46.)
ment carrelages; celles qu'on nomme plus particulièrement pavements se font en pavés de grès, de granit, de lave, et même en marbre : ces dernières portent le nom de dallages, en raison de la conformation des matériaux (jui les constituent. Il est enfin un dernier genre d'aire plus i-iche et plus somptueux que le précédent, celui formé, conune chez les Romains, avec de la mosaïque.
Les aires en bois se nomment parquets et marqueteries. Quand elles sont formées de Ijois choisis , différents de ceux communément employés et d'essences variées, coupés et assemblés avec recherche, elles prennent la dernière dénomination.
Dans les campagnes , dans les constructions rurales, on emploie encore trop fréquemment les aires en terre battue que nous avons dit avoir été très usitées dans les temps anciens ; aujourd'hui cependant on commence à leur substituer assez souvent celles en Salpêtre battu (voy. ce mot). On forme ainsi le sol des caves et celliers, des granges et autres bâtiments agricoles (1).
Xous donnerons ici quelques détails au sujet des aires en plâtre qu'on pose sur les planchers; pour les autres genres, nous renverrons le lecteur aux articles Bitume, Cae- RELAGE, Dallage, Mosaïque, Parquet, Pavement, etc.
Les aires en plâtre sont établies sur des bouts de Bardeaux (voy. ce mot) ou sur des lattes posées jointivement en travers des solives. Ce sont elles qui reçoivent la forme ou chape de gravois ou de plâtras sur laquelle on assied le carrelage , ou qui portent les lambourdes sur lesquelles on cloue le parquet lorsqu'un carrelage ou parquet les recouvre, ce qui n'a pas toujours lieu.
Le bardeau étant posé, on gâche assez serré du gros plâtre pur, et, lorsqu'il commence à Couder (voy. ce mot) , on verse toute l'auge
( 1 ) Voir, au sujet des aires de granges , ce que nous avons dit, pages 342 et suivantes, dans notre Traité des Constructions rurales, un vol. in-S" Jésus de 509 pages accompagnées de 576 figures intercalées dans le texte ou hors texte, Paris, V« A. Morel et C^^ 1875.
Aïs. — AISSELLE.
sur 'le bardeau, on étale ensuite le plâtre à la truelle en réglant son épaisseur à 0'",05, en ayant soin que l'aire ne joigne pas tout à fait les murs ou les solives d'enchevêtrure, parce que la force d'expansion du plâtre , rencontrant ces obstacles, soulèverait l'aire et la ferait rompre.
La construction des aires en plâtre devient inutile sur les planchers en fer qui sont hourdés pleins ; aussi l'usage des aires en plâtre se restreint chaque jour davantage, et l'on peut prévoir le moment où elles disparaîtront des constructions dans les pays en progrès.
On fait des aires de recowpe dans les allées des jardins, c'est-à-dire qu'on répand 0™,20 de recoupe de pierres qu'on pilonne fortement et qu'on recou^Te de terre, de salpêtre battu, de sable ; c'est un excellent moyen d'aiïermir le sol des allées.
Enfin ou donne le nom à'aire à mie surface plane dressée sur le sol et qui sert à tracer des Épures (voy. ce mot), des profils ou autres dessins grandeur d'exécution.
■ En charpente, on nomme aire la charge supportée par les solives d'un plancher.
En serrurerie , Vaire est la face du marteau, ou la table de l'enclume.
En géométrie, c'est la surface d'une figure rectiligne, curviligne ou mixte. Mesurer l'aire d'mi triangle, d'un cercle, d'un polygone, etc.^ c'est déterminer les dimensions de ces surfaces.
Aïs, s. m. — Bois débité en planches de moyenne épaisseur (de O^jOSà 0'",06) et qu'on peut employer soit en charpenterie, soit pour de gros ouvrages de menuiserie. Ce mot est plus employé par les charpentiers que par les menuisiers; ces derniers, en effet, se servent plutôt du mot planche. (Voy. Planche et Madrier.)
Les ais de louHque sont des planches de chêne qui servent à fenner les boutiques; ce mode de fermeture, fort en usage anciennement, tend à disparaître depuis l'invention des fermetures mobiles faites eu feuilles de tôle supeii^osées.
Les ais d'etitrevons sont des planches de bois de chêne à feuillure, qu'on pose entre les solives d'un plancher haut pour couM-ir le
vide existant entre les solives qu'on laisse aj)parentes. Ce genre d'entrevous, qui ne manquait pas d'élégance et qui était très rationnel au point de vue de la construction, tend à disparaître ; car aujourd'hui les planchers en bois ou en fer sont recouverts de plâtre et enduits.
Les ais de bateau sont des planches ordinairement en bois de sapin provenant du déchirage des bateaux. On emploie ces ais, enduits de plâtre des deux côtés , pour construire des cloisons légères qui donnent fort peu de charges aux planchers.
On nomme ais feuilles , des planches sur les rives desquelles on a pratiqué une feuiUure à mi-épaisseur.
Les peintres appellent ais, les planches de chêne sur lesquelles ils étendent les bandes de papier de tenture pour y imprimer la colle.
AISANCES, s. /. pL — Voy. Chausse d'aisances , Lieux d'aisances , Cabinet d'aisances. Fosses d'aisances, et Water-clo-