ALBATRE
AJUTOIR, s. m. — Voy. Ajutage.
ALABASTRITE, s. m. — Faux albâtre.
Cette matière (variété saccharoïde de sulfate de chaiLx) se rencontre en France dans les carrières à plâtre, mais surtout en Toscane. Son emploi en architecture est fort restreint , et c'est le plus souvent en incrustations, contrastant avec le marbre noir, qu'on en fait usage. Employé de cette manière, l'alabastrite ne pouvait convenir qu'à des monmnents funéraires, ou bien à la décoration d'objets de grand ameublement ; ce fut sm'tout du xiii'' au xyi*^ siècle que ce genre de décoration a été le pluS répandu.
L'étymologie de ce mot est 'AXaêâaTpov, Aille de la Thébaïde aux environs de laquelle il se trouvait des carrières de cette matière.
ALAISE , s. /. — Pièce de bois étroite rapportée, embrevée sur une pièce plus forte. On fait des casiers en bois de sapin alaises en chêne, c'est-à-dire que tout le casier est en sapin et que la face est en chêne dans une plus ou moins grande profondeur.
L'alaise est employée, comme on voit, par économie , et quelquefois aussi pour rélargir ou compléter la largeur d'un ouvrage.
Littré, dans son Dictionnaire, renvoie à Alèze ; malgré la juste autorité de ce savant, nous affirmons que dans la langue des chantiers on écrit toujours alaise.
On nomme aussi quelcjuefois l'alaise, Frise (voy. ce mot).
ALAISER, V. a. — Mettre des alaises. Bois aJaisè, bois qui a des alaises.
ALBARIUM (Opus). — Sorte de stuc employé par les Romains corome enduit appliqué en couches fort minces sur d'autres enduits ; cela ferait supposer qu'il était plus précieux. On prétend que dans sa composition il devait y avoir du marl)re blauc, de la chaux et du plâtre, loraqu'il était emjjloyé pour des ornements recherchés dans l'intérieur dos (édifices; ou bien du grès, de la brique et de la chaux, pour les enduits extérieurs. (Voy. Vitra ve, VII, 2; Pline, Hist. nat, XXXVI, 55, 59.)
L'ouvrier (jui cmjjloyait cet enduit était appelé albarius.
ALBATRE, s. m. — Matière de nature calcaire, de couleur blanchâtre demi-transparente et présentant soit des veines ondulées et continues, soit des veines confuses et rompues à la manière des marbres appelés brèches. Dans le premier cas, on nomme cette matière albâtre rubanné, s'il n'est que demi -transparent ; albâtre onyx, s'il est translucide; et, dans le second cas, albâtre fleuri.
On distingue deux qualités d'albâtre : celui dit oriental, en raison de sa provenance, et V albâtre commun.
L'albâtre oriental est beaucoup plus fin, plus dur et de couleur plus vive que l'albâtre commun ; il est par conséquent plus recherché et d'un prix plus élevé. Le dernier se rencontre aussi en Orient comme le premier ; mais on le trouve aussi en France dans plusieurs localités , dans quelques régions de l'Allemagne avoisinant le Rhin, et en Italie.
Nous donnerons une mention particulière au calcaire onyx translucide provenant de la réexploitation des carrières antiques d'Aïn-Tecbalek près Tlemcen (Algérie), et dont nous avons vu en France des échantillons très remar(|uables aux expositions universelles (1) et des produits de l'Algérie. Aujourd'hui quelques fabricants de Paris utilisent cet onyx pour diverses applications.
Les Romains avaient déjà exploité ces mêmes carrières.
L'onyx algérien est une très belle matière, d'un aspect très agréable et analogue , à la couleur près, au plus précieux albâtre oriental. Il présente de grandes veines ondulées, comme Vonyx oriental; mais ces veines, au lieu d'être brunâtres, sont de diverses nuances, tantôt d'un ton rosé ou couleur de chair, tantôt verdâtres, etc.
Les anciens, principalement les Romains, qui furent si amateurs de matériaux précieux , firent un grand usage de l'albâtre, surtout de celui
(1) A l'exposition univeiselle de 1655, à Paris, des écliantillons étaient classés sous le u" 480 du catalo{,'ue dus i^roduits de l'Algérie.
ALCALIMETRU — ALETTE.
dit oriental du genre onyx. Mais la matière l)ar sa nature ne se jn'ésentant pas sous forme de blocs considérables, ils ne purent l'employer (]ue pour des statues , vases , cuves , etc. Ils n'en purent faire des colonnes qu'à l'intérieur des édifices, et, lorsqu'ils voulaient les faire monolithes, il ne lem- était pas permis de dépasser une dimension assez restreinte ; la plus grande colonne monolithe d'albâtre que nous ait léguée l'antiquité ne dépasse pas 5'",20 de hauteur, ce qui est déjà peu commun.
Il existe une variété de chaux sulfatée demitransparente, d'une très belle couleur blanche, susceptible de prendre un beau poli, que l'on nomme à tort albâtre, puisqu'elle diffère totalement de celui-ci : c'est I'Alabastrite (voy. ce mot).
Il existe en Italie un albâtre ffi/p.wux, très blanc et très facile à travailler ; on l'utilise pour la confection de menus objets d'art. L'un des plus beaux, et le plus répandu dans ce pays, est celui de Volterra.
Albâtre.
Pendant les xiii^, xiv^ et xv*^ siècles, on a beaucoup employé l'albâtre en bas-reliefs décoratifs ainsi qu'en ornements découpés, incrustés dans du marbre noir, pour former des arcatures, comme le montre notre figure.
ALCALIMÈTRE, s. m. — Instrument qui sert à mesurer la richesse de la dissolution d'un alcah, potasse, soude, etc.
ALCOOL, ESPRIT-DE-VIN, s. m. — Liquide obtenu par la distillation de divers sucs végétaux (raisins, betteraves, etc.), et d'infusions sucrées qui ont subi la fermentation vineuse. L'alcool est un dissolvant employé dans la fabrication des couleurs et des vernis pour la peinture.
Sa valeur, qu'on apprécie à l'aide de l'alcoo-
mètre ou pèse-esprit, est en raison inverse de la quantité d'eau qu'il renferme.
ALCOVE, s./. — Ce nom qui, d'après son étymologie (al, le, Jcoba, petite maison, oxxJcubbet, voûte, tente), signifie fente j est le nom donné à un petit réduit, à un cabinet en maçonnerie ou en menuiserie pratiqué dans une chambre à coucher pour y placer le lit : l'alcôve est quelquefois fermée par des portes pendant le jour. Cette disposition paraît ne pas avoir été inusitée chez les anciens, à une époque où la grandeur des pièces d'un appartement en faisait presque une nécessité. Il n'en est plus de même aujourd'hui ; aussi les alcôves sont-elles moins en usage que par le passé. Cependant elles peuvent présenter quelques commodités dans la distribution des appartements.
ALESAGE, 5. m. — Action d'aléser.
ALÈSE. — Voy. Alaise.
ALESER, V. a. — Unir et polir la surface intérieure d'un tube ou d'un trou dans une masse métallique.
ALESOIR, s. on. — Instrument qui sert à aléser, c'est-à-dire à finir et polir les surfaces cylindi'iques à l'intérieur d'un objet foré.
Quand les trous à aléser ne mesurent que 0'",10 à 0",15 de profondeur et 0"',015 à 0"\020 de diamètre, on emploie des alésoirs pleins en acier, qu'on manœuvre à la main ou à l'aide d'un Vilebrequin ou d'un Tournea-gauche (voy. ces mots) ; quand il faut pratiquer des trous de plus grandes dimensions dans les pièces à aléser, il fliut placer sur un arbre un ou plusieurs outils et le faire passer dans le trou en le faisant tourner très lentement dans le sens de la longueur. Il faut avoir soin de bien guider l'arbre, sans quoi on pomTait perdre la pièce à aléser.
ALETTE, s./. — De V italien atetta, petite aile ; s'il était dérivé du français, on écrirait ailette. Portions de la face du pied-droit ou du trumeau qui restent de chaque côté de la colonne ou du pilastre et qui s'étendent jusqu'au
ALEZE.