‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 5 sur 325 · PRÉFACE,, VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE,, VII

cien. La science fait chaque jour d'incessants progrès, et si elle influe d'une manière générale sur la société, son influence se fait également sentir d'une manière directe et toute particulière sur l'architecture. A leur tour, les études historiques ont amené des découvertes archéologiques importantes, et ont introduit dans la langue des néologismes dont il faut bien tenir compte; enfin, le perfectionnement de l'outillage et des apparaux, en donnant naissance à de nouveaux outils, à de puissants engins modernes, a créé de nouveaux termes et de nouvelles locutions qu'il nous a bien fallu enregistrer. Ces termes ne pouvaient se trouver dans les dictionnaires anciens, et il faut à une période nouvelle des livres nouveaux.

La plupart des publications parues répondent insuffisamment, en effet, au besoin auquel nous avons voulu satisfaire.

La première en date est une « explication des termes d'architecture » que Daviler donne à la suite de son Cours d architecture. Cet ouvrage a eu deux éditions : la première est de 1691 et la seconde de 1720.

En 1697, Félibien, à la suite de ses Principes de T architecture de la sculpture et de la peinture^ donne également « un Dictionnaire des termes propres à chacun de ces arts. )) Mais les ouvrages de Daviler et de Félibien sont l'un et l'autre très incomplets ; ce sont à peine des vocabulaires contenant les termes généraux de l'architecture. Il nous faut arriver jusqu'en 1770 pour rencontrer un véritable dictionnaire, celui de Rolland le Virloys.

Enfin, en 1832, Quatremère de Quincy refond en un dictionnaire son encyclopédie d'architecture. Nous nous dispenserons de porter un jugement sur cet ouvrage, dont la réputation a été grande, un archéographe, A. Berty, l'ayant jugé d'une manière impartiale ; or voici ce que dit cet auteur, dans la préface de son Dictionnaire du m.oyen âge^ publié en 1845 : « D'un autre côté, les dictionnaires d'architecture ne peuvent être que d'un secours très incomplet; ceux qui sont anciens, c'est-à-dire qui datent d'une époque où on ne s'occupait guère que de l'architecture antique, y sont consacrés exclusivement; quant à ceux qui sont plus modernes, généralement pauvres copies des précédents et rédigés tous dans le même esprit exclusif, ils n'offrent pas plus de ressources. Il existe, il est vrai, un livre qui, par la quantité de matières qu'il contient et l'époque récente à laquelle il a été publié pour la dernière fois, semblerait devoir être d'une grande utilité

viir PRÉFACE.

pour riiitelligence de tous les genres d'architecture : c'est l'ouvrage de M. Quatremère de Quiiicy. Malheureusement, si une grande érudition s'y déploie dans ce qui a rapport à l'architecture antique, au contraire, lorsqu'il s'agit de celle du moyen âge, l'auteur, qui la méprise et s'ingénie sans cesse à la dénigrer, ce qui a lieu sans doute parce qu'il ne la connaît en aucune façon, l'auteur, disons-nous, n'en parle qu'assez peu, et ce qu'il en dit, criblé des plus inexcusables erreurs, est aussi loin que possible de la hauteur des connaissances actuelles. D'ailleurs, on ne trouve pas plus dans le dictionnaire de M. de Quincy que dans les autres les expressions, telles que 2?m«c/e, doclieton^ lancette, etc., qui sont maintenant d'un usage général. ))

Quant au dictionnaire de Berty, il ne traite que du moyen âge ; il ne contient que 1 ,098 mots , et encore son auteur s'est-il renfermé dans un cadre fort restreint (1 vol. in-8° de 332 pages).

Notre éminent confrère Viollet-le-Duc a publié également de 1858 à 1868 un Dictionnaire raisonné de V architecture du nf au xvi® siècle; mais ce long et remarquable travail, bien digne du succès qu'il a obtenu dans son temps, est une histoire architectonique du moyen âge classée alphabétiquement, plutôt qu'un véritable dictionnaire, car certains articles, celui d^ Architecture par exemple, ne possèdent pas moins de 336 pages, celui de Construction, 279. Or un dictionnaire, si raisonné qu'il soit, ne peut comporter des développements aussi considérables. Il est bien évident que Viollet-le-Duc n'a pas voulu faire un simple dictionnaire, puisque les neuf volumes dont se compose son ouvrage ne donnent que 515 mots, tandis que notre dictionnaire en fournit près de 6,000. La seule lettre A en renferme 617 ; la lettre G, 776 ; la lettre P, 534; la lettre R, 413, etc.

Il est vrai que notre confrère n'a écrit que sur l'architecture du moyen âge ; mais il reste vrai aussi que Berty, qui n'a fait qu'un vocabulaire sur la même époque , a le double de mots, comme nous l'avons déjà vu.

Ainsi, la plupart des publications déjà parues sont restées incomplètes , ou se sont bornées à l'étude d'une partie ou d'une époque de l'art, sans en embrasser l'ensemble ; celles qui ont le plus de valeur sont généralement conçues dans un sens exclusivement historique ou archéologique.

D'autres publications, au contraire (et ces dernières sont fort nombreuses),

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