ANC ONE. — ANCRE
intérieur d'une salle. Chez les anciens, ce mot avait diverses significations : il désignait une console soutenant, au-dessus d'une porte, une corniche d'ornement (Vitruve, lY, C, 4); un bas de fauteuil, un crampon reliant des assises de maçonnerie ou de gros blocs de pierre. (Vitruve, X, 13,21.)
ANCONE, s.f. — Centre des quartiers de la volute ionique.
ANCRAGE, s. m. — Système d'attache des extrémités des chaînes ou des poutres en bois ou en fer sur les murs qui les supportent. Notre figure montre l'extrémité d'une chaîne
Ancrage.
avec une ancre apparente; notre figure 1 du mot suivant , une poutre en bois armée d'im bout de fer méplat terminé par un œil qui possède également une ancre apparente.
Quoique l'ancrage soit un élément important dans l'art de bâtir, nous n'en parlerons pas plus longuement ici ; mais au mot suivant, Ancre, et au mot Chaînage, nous donnerons des détails complémentaires.
ANCRE, s.f. — Pièce de fer introduite dans l'œil d'une chaîne ou d'un tirant, et qui sert à maintenir l'écartement des murs. Cette pièce de fer est ainsi nommée par suite de l'analogie qu'elle présente avec l'ancre d'un vaisseau, soit par sa forme, soit par l'office qu'elle remplit.
Les ancres existent presque toujours là où sont établis des Chaînages (voy. ce mot), surtout dans les constructions modernes. Elles servent également à rendre solidaires avec la maçonnerie des pièces de charpente. Notre figure 1 en montre un exemple.
Les ancres peuvent être apparentes ou ca-
chées. Pendant longtemps elles furent noyées dans l'éi^aisseur de la maçonnerie ; on les dis-
Fig. 1. — Poutre portant une ancre.
simulait au moyen d'une entaille pratiquée dans le parement du mur ; aujourd'hui que l'architecture ne craint point d'accuser avec raison la construction, beaucoup d'architectes montrent les ancres sur les façades de leurs constructions et les utilisent comme décoration.
Comme nous le verrons bientôt, les ancres jouèrent un certain rôle dans la décoration des façades , et ne furent pas seulement de simples barres de fer droites dépourvues d'ornementation.
L'origine des ancres remonte presque à celle des chaînages de fer (1), c'est-à-dire au XIII® siècle. A cette époque, elles durent être d'un usage encore peu répandu; néanmoins quelques exemples sont parvenus jusqu'à nous, l'un, entre autres, qui existait sur la façade de l'ancien hôpital Sainte-Catherine, rue Saint- Denis, à Paris, dont la construction, aujourd'hui démolie, remontait au xiir siècle. Signa-
Fig. 2, — Ancres de la boucherie d'Ypres.
Ions, comme étant à peu près de la même époque, les ancres de la boucherie d'Ypres,
(1) Aux Xi« et xiie siècles, on faisait des chaînages en bois, et dans les constructions en pan de bois on employait des ancres également en bois.
ANCEE.
(fig. 2), qui présentent un spécimen aussi curieux qu'intéressant (1).
Peu de temps après l'adoption des ancres dans l'art de bâtir, on songea à en tirer parti pour la décoration extérieure, et, dans les édifices bâtis avec quelque recherche, elles reçm'ent les formes les plus riches et les plus variées.
Au XIV® siècle, les ancres revêtirent les contours caractéristiques de cette belle époque de l'ait ; dès le xv'= siècle, leur emploi devient fréquent et leur forme est une transition entre celles dont nous venons de parler et les riches
Fig. 3.
Ancres ornées.
ancres à rinceaux qui couvi-ent, dans les pays du nord surtout, les façades du xvi® au xvii'^ siècle.
Les ancres représentent tantôt des lettres simples ou ornées, tantôt des chiffi-es (voy. fig. 3 et 4). Un point important de la struc-
Fig. 4. — Ancres ornées et en cliifiEres.
ture des ancres anciennes, et dont on tient peu compte aujom-d'hui, c'est le talon d'arrêt
(1) Pour plus de renseignements sur les ancres d'Ypres, voy. Y Architecture du v» au xvii^ sikh et les arts qui en dépendent, par J. Gailhabaud, 4 vol. m-4'^', Paris,' Gide, 1858.
et le crochet de pose (voir la partie gauche de la figure 5) dont étaient munies celles que leur forme permettait d'introduire par voie de glissement dans l'œil de la chaîne. L'usage de ces appendices est très ancien,
nt^
Fig. 5. — Ancre avec talon d'arrêt et crocliet de pose.
car on a déjà pu l'observer sur les ancres précitées de la boucherie d'Ypres, du xiii® siècle. Nous ajouterons que sur les ancres dont la forme épanouie en tous sens ne se prêtait pas à la pose par voie de glissement, et dont les ornements faisaient naturellement arrêt sur l'œil de la chaîne, ce talon et ce crochet, devenus superflus, n'existaient pas ; l'ancre était posée en même temps que la chaîne.
Il est fâcheux qu'on dissimule les ancres dans l'intérieur des murs, car on diminue ainsi l'élasticité du chaînage, et l'on affame aussi les murs.
Il faut avouer que peu d'architectes modernes ont compris tout le parti qu'on pouvait tirer des ancres pour la décoration, et le caractère qu'elles pouvaient donner à certains édifices. Il serait à désirer que, mettant à cet égard tout préjugé de côté, un plus grand nombre de nos confrères revinssent à une pratique qui est avant tout rationnelle, puisqu'elle a pour l)ut d'accuser un élément indispensable de la construction.
Jurisprudence. — Lorsqu'un mur mitoj'en est reconstruit à neuf, les deux propriétaires ont uu égal droit de placer dans ce mur des ancres qui tendent à le relier aux maisons contiguës, mais en les encastrant dans l'épaisseur des murs.
Celui qui élève le premier, et à ses frais seuls, un mur séparatif pour recevoir une construction , ■ a le droit de placer les ancres comme il l'entend ;
ANCRURE. — ANGLAISE (akchitkcture).
le propriétaire voisin, venant ensuite à adosser des constructions contre ledit mur, ne peut placer de tirants et d'ancres le traversant qu'en réparant toutes les dégradations que ses travaux auront occasionnées ; lesdits", tirants et ancres devront être recouverts du côté du voisin d'un enduit de 0",03 au moins d'épaisseur. (Commentaire de Vart. 655 du Code civil. Manuel des lois des bâtiments de la Société centrale des architectes, p. 38 et 39, 1™ éd.)
ANCRURE, s./. — Barreau de fer que l'on passe dans rœil d'un tirant pour empêcher soit l'écartement des murs , soit la poussée des voûtes, soit le déversement d'une cheminée.
ANDAILLOT, s. m. — Petit cerceau en forme d'anneau que l'on pose sur la ralingue des voiles triangulaires.
ANDRON. — Du grec tJvSpojv. C'était la première des deux divisions principales du plan d'une maison grecque; elle était exclusivement réservée aux hommes, de là son nom. (Vitruve, YI, 7, 4 ; Festus, s. v°.) C'était une cour découverte (aùXri) entourée de colonnades, autour de laquelle étaient disposées les diverses pièces composant l'appartement du maître et de ses gens de service.
L'andron était séparé de l'appartement des femmes ou gynécée par un passage et une porte. (Voy, Maison.)
ANDRONITIDE, s. m. — Synonyme d'ANDRON (voy. ce mot).
ANE (En DOS d'), adv. — Une chaussée est dite en dos d'âne, quand elle est bombée. Ane (Bec d'). — Yoy. Bec-d'ane.
ANÉMOMÈTRE, s. m. — Instrument qui sert à mesurer la vitesse ou la force du vent dans un conduit de ventilation, ou qui sert à faire des expériences sur la ventilation.
ANÉMOSCOPE , s. m. — Instrument de physique qui sert à faire coimaître la direction du vent. Cet instrument était connu de Vitruve, au dire de Rolland le Virloys (Dictionnaire d'architecture).
ANÉMOTROPE,s. W2.
par le vent.
j\Ioteur actionné
ANGAR. — Ancienne orthographe de Hangar (voy. ce mot).
ANGELIN ou ANDIRA, s, m. — Arbre de 12 à 15 mètres de hauteur, originaire de l'Amérique méridionale, dont le bois, dur et d'un brun rouge, est employé dans la charpenterie.
ANGLAISE (Architecture). — Comme dans beaucoup d'autres contrées de l'Europe, les monuments les plus anciens de l'architecture anglaise sont les pierres druidiques. (Voy. Celtiques, Monuments.) Quelques savants ont voulu faire remonter jusqu'à l'époque des Bretons certaines forteresses qu'on retrouve éparses çà et là sur divers points de l'Angleterre, nous ne le pensons pas. Il est reconnu aujourd'hui, par le plus grand nombre des archéologues, que les constructions civiles primitives de ce pays furent faites de bois et d'argile, de roseaux ou de pierres irrégulières. Ce ne furent que des cabanes circulaires, des huttes de sauvages , pour ainsi dire, dont le toit en chaume, de forme pyi-amidale, avait son sommet ouvert pour laisser pénétrer l'air et la lumière, et permettre en même temps la sortie de la fumée qui se dégageait du foyer.
Tels sont les seuls vestiges d'architecture avant la conquête romaine. Après cette époque, les Romains ne laissèrent dans la Grande-Bretagne que des routes et des chaussées ainsi que quelques murailles fortifiées, destinées à arrêter les incursions des Calédoniens. Ainsi donc , même sous la conquête romaine, nous ne trouvons aucune trace de constructions arcliitectoniques ; il faut arriver à la période comprise entre la conquête romaine et la conquête normande pour trouver enfin une architecture dans la Grande-Bretagne.
A cette époque, les Anglo-Saxons emploient le plus souvent des artistes français pour l'édification des églises et des monastères. La cathédrale d'Hexliam et le monastère de "Weremouth, bâtis au vu® siècle, sont sans contredit des œuvres d'artistes étrangers ; ainsi donc
ANGLAISE (architecture).
les Anglo-Saxons n'ont pas eu d'architecture propre ; le style dominant fiit une lourde architecture romano-byzantine importée par les Normands; on retrouve celle-ci dans certaines parties des églises cathédrales de Glocester, de Durham, d'Exeter, de Péterborugh, d'Oxford, etc. Le même style se retrouve encore dans les cathédi-ales de Sainte-Croix près de Winchester, de Eochester, de Norwich, ainsi .que dans l'église de Lastingham et dans les ruines du prieuré de Batholp et de l'abbaye de Waltham.
Plus tard l'ogive succède au plein cintre; elle est introduite par le frère du roi Etienne , Henri de Blois, évêque de "Winchester, vers 1115 ou 1120. Elle apparaît d'abord au monastère de Cantorbéry, à la cathédrale de
Fig. 1. — Taçade de Somerset-House.
Eochester et à l'église Saint-Pierre de Northampton. Sous Henri II (1154), l'ogive s'implante définitivement et la quantité des édifices religieux de stvle ogival élevés du xii^ au
xV siècle est considérable ; sous le seul règne de Henri III (1216), on en compte près de 160 principaux ; parmi les plus remarquables, mentionnons les grandes cathédrales d'York, de Cantorbéry, de Lincoln, de Sahsbury, de "Winchester, de Chichester, enfin la célèbre abbaye de Westminster.
Après une période brillante, nous arrivons à une époque de décadence, au style maniéré et surchargé dit des Tudors (1461), singulier mélange du gothique et de la renaissance. Les monuments les plus curieux, sinon les plus remarquables de ce style bizan-e, sont : le palais de Richemond, bâti sous Henri VII
(1485), celui de Hampton-Court, enfin la chapelle de Henri VII dans l'abbaye de Westminster.
Sous Jacques I" (1587-1603), l'architectiire anglaise adopte le style classique ; ce ne sont plus que colonnes et frontons, on étudie le néo-grec et le gréco-romain. L'architecte Inigo Jones bâtit en style classique le palais de White-Hall, la galerie de Somerset-House, la maison royale de Greenwich, actuellement hôtel des invalides de la marine ; pendant cette période, l'architecture ne manque pas de caractère, comme nos figures 1 et 2 peuvent en témoio'uer.
Fig. 2.
Vestibule d'entrée de Somerset-House.
A la suite du fameux incendie de Londres (1666), Christophe Wren, qui était à Paris, retourne précipitamment dans son pays, et il y dresse un plan de reconstruction de la ville. Dans ses projets, il étudie surtout la renaissance française ; c'est à cette époque qu'il jeta les fondations de Saint-Paul, réduction de Saint-Pierre de Rome, qu'il construisit l'église de Saint-Étienne, de Wallln-oock, le théâtre de l'université d'Oxford, le Monument, la douane de Londres, la tour de Westminster, les fièches des églises de Sainte-Marie le Bow
DICT. d'architecture.