‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 64 sur 325 · ANTE · texte numérisé non relu

ANTE

pilier adossé ayant une forte saillie, comme les éperons ou contre/ois. JMais ou désigne plus généralement et presque toujours par ce mot l'extrémité des murs latéraux de la cella d'un

Antei , a, a.

temple antique prolongée sur les côtés du péristijh et décorée de pilastres ; souvent même on ne comprend sous cette dénomination que le pilastre extrême; mais, selon nous, le nom à'ante doit être donné à la saillie tout entière.

Fig. 2. — Alites, a, a.

D'après Vitruve, la largeur ou le diamètre des antes doit être égal à celui des colonnes qui les accompagnent, mais il est arrivé quelquefois,

qu'ils se raccordaient pour le style et le caractère avec ceux des colonnes.

Fig. 3. — Chapiteau d'aiite de rErechtliéion, tribune des Cariatides, à Athènes.

Nous donnons (fig. 3) la moitié du chapiteau d'ante de rÉrechthéion à Athènes.

Parfois une frise décorative se liait au chapiteau d'ante et semblait y prendre naissance. Notre figure 4 montre un exemple très heureux de cet ajustement. Il pro\ient du pronaos du

Fig. 4. — Ante et frise (hi temple de Rome et il' Auguste, à Ancyre (Galatie).

principalement chez les Grecs, que les antes étaient beaucoup plus larges ; d'autres fois aussi les pilastres d'antes éprouvent dans leur largeur la même diminution que les colonnes. — Dans l'architecture grecque, les chapiteaux des antes furent presque toujours différents de ceux des colonnes, mais ornés de telle sorte

temple de Rome et d'Auguste, à Ancyre en Galatie (1). Ce fragment a été restauré par notre érudit confrère Edmond Guillaume.

(1) Voy. Exploration avchi:olofjique delà Galatie et de la Bithynie par G. Pcnot et Ed. Guillaume, "2 vol., Paris, Firmin-Didot et Cie.

AXTE-BOIS. — AXTEFIXE.

Il en fut souvent de même chez les Romains, principalement aux belles époques de leur architecture. On voit par là combien les anciens étaient judicieux en établissant une distinction entre deux genres différents de supports ; c'est dans les chapiteaux d'antcs, dont la variété est infinie , que les architectes de l'antiquité ont le plus fait valoir leur goût exquis et pur, tout en s'abandonnant franchement à leur verve et à leur imagination.

Les Romains appelaient templum in antis (Vitruve, III, 2, 2) oulvTrapaaTadi, celui dont le portique est formé par la saillie des murs latéraux terminés, comme nous l'avons déjà dit, par deux pilastres carrés qui ont entre eux deux colonnes.

On donne encore ce nom aux pilastres qui accompagnent les jambages des portes ; enfin aujourd'hui, on applique surtout le mot ante aux pilastres situés aux extrémités des murs ou placés aux encoignures des bâtiments.

ANTE-BOIS, s. m. — Tringle de bois mise sur le plancher d'une chambre, à une certaine distance des murs, afin d'empêcher le dossier des meubles de dégrader les parois des murs et de conserver les dossiers eux-mêmes.

ANTÉFIXE, s.f. — Objet d'utilité autant que d'ornementation, qui dans les couvertures

Fig. 1. • — Antéfixe en marbre'du Parthonon.

antiques aii'êtait et terminait inférieurement

les lignes de tuiles creuses et formait par conséquent une ligne décorative au-dessus de la corniche d'entablement.

Dans l'antiquité, les antéfixes furent toujours en marbre dans les couvertures de cette nature (fig. 1), et parfois aussi dans celles plus modestes en terre cuite ; mais plus fréquemment, surtout à l'époque romaine, ce furent des œu\Tes de céramique (fig. 2).

Fig. 2. — Antéfixe eu terre cuite.

Quelle que soit la nature de leur matière, les antéfixes se composaient toujours d'une partie verticale, plus ou moins ornée ou épanouie, et d'une queue épousant la concavité des tuiles creuses {imhrices), qui venaient s'amortir ou s'appuyer sur la partie de l'antéfixe s'élevant perpendiculairement. Notre figure 3 fait voir

Fig, 3. — Autéfixe avec queue.

comment les antéfixes s'introduisaient sous les tuiles creuses et comment elles en prévenaient le glissement, tandis que notre figure 4 montre la ligne décorative des antéfixes.

Fig. 4. — Antéfixes en place sur la toiture.

La décoration ordinaire des antéfixes consistait dans une palmette souvent exécutée, avec un goût et un soin remarquables ; cependant, à partir des ii*^ et iii'^ siècles de notre ère, on commença à remplacer plus fréquemment

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