‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 65 sur 325 · ANTER. — ANTICHAMBRE · texte numérisé non relu

ANTER. — ANTICHAMBRE

la palinette par d'autres motifs, tels que des masques, des figures d'animaux, des enroulements, etc.; dans les édifices chrétiens, on y voit des croix et autres emblèmes religieux. Mais, tant que dura l'usage de ce genre d'ornement, sa partie antérieure décorée conserva la forme épanouie devenue en quelque sorte le type caractéristique de sa décoration primitive.

Les autéfixes en teiTe cuite sont celles qu'on rencontre le plus fréquemment en France, en Angleterre et en Allemagne, etc., dans les ruines des- édifices antiques ; leur ornementation , souvent différente dumotif primitivement adopté , la palmette, se ressent de l'époque de décadence à laquelle elles appartiennent le plus ordinairement. Leur pâte est assez fine, mais légère, poreuse, peu compacte, médiocrement cuite et de couleur brun pâle.

On possède aussi quelques antéfixes des temps mérovingiens, qui se distinguent surtout par une extrême barbarie soit comme décoration, soit comme fabrication.

On a également nommé à toit antéfixes les croix qui surmontent les pignons des églises de l'époque romane, principalement quand ces croix sont en pierre ; nous pensons cependant qu'il est plus rationnel de les considérer comme des Amortissements (voy. ce mot).

Antéfixes. — Tablettes plates en terre cuite, ornées de bas-reliefs; on les clouait sur la sm'face d'une frise, pour la décorer ou cacher les joints de la pierre.

Dans quelques circonstances, des mufles d'animaux qui rejetaient l'eau d'une couverture prenaient aussi le nom ô.' antéfixes.

AXTER, V. a. — Joindre bout à bout une pièce de bois avec une autre : on ante un pilot ; on dit aussi anter les voussoirs d'une voûte ou d'une arche, lorsqu'on est obligé de les allonger pour leur donner une longueur déterminée.

AXTI-BOLS. — Yoy. Axte-bois.

AXTICABIXET, s. m. — Pièce qui précède un cabinet.

ANTICHAMBRE, s.f. — Pièce attenant au vestibule ou à l'escalier et qui précède un

appartement. Cette pièce moderne correspond à ràvTÎôaXajjioç des. anciens. (Voy. Maison.) L'étymologie de ce mot, ou plutôt sa composition, ferait suijposer que cette pièce précède iimnédiatement la chambre à coucher ; il n'en est rien. Sans doute, dans le principe il eu fut ainsi ; mais, d'après ce que nous trouvons dans Vitruve (VI, 10, 2), dans la maison romaine l'antichambre occupait déjà une place analogue à celle qui lui a été assignée dans les appartements modernes.

Jusqu'au commencement du xix*^ siècle, l'antichambre, sorte de vestibule intérieur, n'existait que dans les grands hôtels ou dans les palais. Les appartements modestes, bourgeois, pourrions-nous dire, en étaient ordinairement dépourvus et les salles à manger, placées immédiatement près de la porte d'entrée, en tenaient lieu, sans toutefois les remplacer.

Aujourd'hui, les appartements les plus modestes ont leur antichambre, mais il faut convenir qu'on leur donne une exiguïté par trop conforme à celle de nos habitations ellesmêmes.

Quoi qu'il en soit, l'architecte ne devra jamais négliger dans ses constructions les antichambres, parce qu'elles sont d'un usage commode, et que, par suite, elles augmentent la valeur de l'appartement.

Dans les palais, dans les grands appartements, l'antichambre est toujours précédée d'un vestibule et suivie d'une seconde et même d'une troisième antichambre. Ces dernières portent le nom de salons d'attente, qualification moins désagréable pour les personnes qui sont obligées de faire antichambre. En effet, l'antichambre étant le lieu où se tiennent les domestiques, les visiteurs forcés d'attendre sont admis, suivant leur qualité, soit dans la seconde, soit dans la troisième antichambre. Par suite de cette gradation dans leur destination, la décoration des antichambres suit une progression croissante, tandis que leur dimension est en raison inverse de cette décoration. Dans la ])remière pièce, l'architecte doit être sobre dans l'ornementation ; Fart, sous quelque forme qu'il s'y montre, sera modeste, le mode de chauffage môme n'est nullement indifférent; dans une première antichambre, un poêle eu

ANTICOUR. — ANTIQUE.

faïence doit suffire, tandis que dans les autres des cheminées sont indispensables; inutile d'ajouter que l'ameublement sera en rapport avec la décoration plus ou moins riche des antichambres.

Dans les palais d'Italie, les antichambres sont généralement plus nombreuses, plus vastes et plus riches que dans ceux des autres pays ; quelques-unes, par leurs vastes formes et proportions, rappellent la basilique privée des (jrandes maisons de l'antiquité romaine.

ANTICOUR, s. f. — Synonyme à' avantcour.

ANTIGRAPHE, s. m. — Terme de paléographie. Manuscrit, copie manuscrite.

ANTILOGARITHME, s. m. — Complément d'un logarithme. Peu usité aujourd'hui.

ANTIQUAIRE, s. m. — Avant l'introduction dans notre langue du mot Archéologue, on appelait antiquaire celui qui recherchait les monuments antiques et qui les étudiait. Aujourd'hui, la signification du mot antiquaire est beaucoup plus restreinte; elle n'est appliquée qu'à ceux qui s'adonnent avec plus ou moins de passion à la recherche et à la collection de petits objets d'archéologie. L'architecte ne saurait être tout à fait étranger à l'archéologie, mais il peut se dispenser d'être antiquaire.

Il s'est formé, depuis le commencement du siècle, de nombreuses sociétés d'archéologues et d'antiquaires, qui toutes ont pour but l'étude et la recherche des monuments anciens, des objets de toilette et d'ameublement antiques. Ces sociétés discutent sur les monnaies, les sceaux, sur les questions d'art et d'histoire, les mœurs, les usages et les coutumes des anciens peuples, etc.

Parmi les sociétés les plus connues, il faut citer : la Société des antiquaires de France , fondée en 1805 sous le nom de Société celtique; la Société des antiquaires de Normandie, fondée à Caen en 1824; la Société des antiquaires de V Ouest, fondée à Poitiers en 1835, et celle des Antiquaires de Picardie , fondée à Amiens en

L'une des plus célèbres et des plus anciennes est la Société des antiquaires de Londres, qui , fondée en 1572, a publié, de 1770 à 181.5, 18 volumes ayant pour titre : Archeologia, or misceltaneous tracts relating to antiquity. Nous devons aussi mentionner, comme s'occupant beaucoup d'antiquités et d'archéologie, la Société royale des architectes britanniques de Londres. (Voy. Archéologue et Nu-aiisxate.)

ANTIQUE, adj. m. et/. — Tenue qui s'applique aux ouvrages des artistes qui ont vécu avant l'invasion des barbares, c'est-à-dire avant 476.

Antiques. Se dit des ouvrages de sculpture grecs et romains de toutes sortes, statues, médailles, pierres gravées, ustensiles et objets ciselés, fondus, sculptés, moulés, etc. — Aujourd'hui, toutes les villes de quelque importance ont des collections à' antiques.

Antique (Art) , s. m. — Les conceptions de l'art, si nombreuses et si variées dans leurs formes, n'ont été à aucune époque plus belles et plus parfaites que dans l'antiquité ; c'est donc avec raison que l'étude des modèles antiques a été conseillée par des hommes éminents pour l'éducation et l'instruction des jeunes artistes.

L'imitation servile de la nature n'a jamais donné et ne donnera jamais la perfection des œuvi'es créées de toutes pièces par la briUante et féconde imagination des artistes de l'antiquité; sans doute, ces hommes ont beaucoup étudié la nature , et les artistes modernes , en opérant comme eux, pourraient produire à leur tour de belles œu\Tes; mais ce chemin serait beaucoup plus long à parcourir que celui qui consiste à étudier tout d'abord les chefsd'œuvi-e de l'art antique. Du reste, pourquoi les contemporains se priveraient-ils de )natériaux si précieux légués par nos ancêtres ? Une fois imbu des beaux types de l'art, l'esprit des jeunes artistes, également pénétré des beautés de la nature , pourra à son tour créer des œuvres remarquables. Tel est, croyons-nous, le plus sûr chemin pour arriver promptement au but désirable , la production de beautés idéales parfaites.

Ajoutons que les étudiants d'art devront se préoccuper de conserver leur originalité

ANTIQUITÉS. — APLUSTRE.

propre, lonr personnalité, sans laquelle une œu\Te d'art manque totalement de caractère ; les jeunes artistes tâcheront donc, en s'inspirant de l'antiquité, d'éviter une imitation servile , bien autrement dangereuse que la copie de la nature. (Yoy. Éducatiox, Enseignement.)

ANTIQUITÉS, s./, pi. — On désigne ainsi tous les objets d'art , quelle que soit leur importance , exécutés avant le moyen âge ; quand ces objets n'ont qu'une médiocre valeur artistique, on les nomme vulgairement antiquailles.

L'étude des antiquités a donné lieu à d'immenses travaux, on peut en juger par notre bibliographie de ce mot.

Bibliographie. — G. Grœvius, Thésaurus anti- 5Ui7a/in?i j'omo«aîv(m, Trêves, 1094-99,12 vol.in-fol.; — J. Gronovius, Thésaurus antiquitatmn grœcaruin , Leyde, 1697-1702, 12 vol. in-fol. ; — Sallengre, Xovus thésaurus antiquitatum romanarum, La Haye, 1716-19, 3 vol. in-fol.; — Montfaiicon, V Antiquité expliquée, Paris, 1719, 15 vol. in-fol.; — W. Baxter, Glossarium antiquitatum hritanniearum , Londres, in-8«, l'-» éd., 1719; 2<= éd., 1733; du même, Glossarium antiquitatum romanarum, Londres, Mos. William, 1731, in-S"; — Poleni, iS[ova supplementa thesauri antiquitatum romaiiarum et gracarum, Venise, 1737, 5 vol. in-fol.; — J. Eosini. Antiquitatum romanarum corjnis ahsolutissimum, Amstelod., 1743, in-4''; — de Caylus, Recueil cV antiquités, Paris, 1750-67, 7 vol. in-4°; — Mongez , Dictionnaire cTantiquités de Y Encyclopédie méthodique, Paris , 7 vol. in-4<'; — Hadr. Keland, Palestina ex monumentis veterum illustrata, Trajecti Batavorum, 1714, 2 vol., p. in-4''; du même, Antiquitates sacrœ veterum Hebrœorum, Traj. Bat., 1712, seu 1717, p. in-S"; etc., etc.

AXTOISER. — Yoy. Entoiser.

AXTOIT, s. m. — Instrument en fer dont se servent les charpentiers de navire pour faire approcher les mis après les autres les membres de bordage.

APLANIR. V. a. — Rendre plan, enlever les inégalités d'une surface, d'un terrain, etc.

APLOMB, H. m. — Un mur, une pièce de chaqiente, un lambris, placés perpendiculaire-

ment en équilibre, sont dits cVaplomh; on s'assure de l'aplomb des objets à l'aide d'un fil à plomb. Quand un mur, une colonne , ne sont pas perpendiculaires à l'horizon, on dit que ce mur, cette colonne, ont perdu leur aplomb.

Quoique l'aplomb soit une des conditions de la stabilité, il ne s'ensuit pas que les monuments privés d'aplomb ne puissent longtemps subsister; on en connaît, au contraire, des exemples célèbres : la tour penchée de Pise, celles de Bologne, et la colonne de la Bastille.

D'aplomb, loc. adv. — Verticalement dressé par rapport à l'horizon. Aplomb de, perpendiculairement situé au-dessus d'un objet ou d'un point déterminé.

Descendre un aploml) est synonyme de Plomber (voy. ce mot).

APLUSTRE, s. m. — Ornement de la poupe des vaisseaux des anciens répondant absolument à Vacrostolium de la proue. L'aplustre (acpXadTov) se composait de plusieurs pièces de bois, plates et recourbées, réunies à leurs bases. Il existe des spécimens d'aplustres sur la colonne Trajane, sur le bas-relief Colonna, qui représente l'apothéose d'Homère (Winckelmann , Momtment. ined. , § 33, t. V, p. 315, éd. Prat.), et sur celui du palais Spada (Braun, Zwoel Basrel, p. 349).

Aplustre et ancre d'uu bas-relief. ( Musoe du Capitolo.)

L'aplustre servait d'emblème pour une victoire navale , aussi les vainqueurs s'efForçaientils de l'arracher au vaisseau des vaincus (Juvénal , X , 1 35) ; on le trouve aussi figuré sur des médailles en guise d'attribut dans la main de Neptune {Monn. de Bijzance, de Démétrius) et de la Victoire (Monn. d'Himcra;

Page 1