APODYTERIUM. — APPAREIL
Winckelmann, Monn. ined., 120; de Clarac, Mus. de Se, 223, 175; Mus. di Mantova, 111,7.)
APODYTERIUM, s. m. — Lieu où l'on se déshabillait dans les bains antiques ; c'est dans ce local que les baigneurs suspendaient leurs vêtements à des patères et en confiaient la garde à des esclaves (voy. Bains et Thermes); de (XTTo, loin, exprimant l'idée d'enlèvement, et 8u£tv, vêtir.
APOIXTISER, V. a. — Rendre pointu.
On dit aussi apointir.
APOPHYSE ou APOPHYGE, s. f. — Portion de cercle, quart de rond, ou courbe concave, formant un adoucissement entre le bas ou le haut du fût d'une colonne, en haut pour se joindre aux annelets ou filets, en bas pour se joindre à la première moulure de la base. On considère quelquefois à tort ce terme comme synonyme de Congé (voy, ce mot).
Ces mots tirent leur étymologie : apophyse, dé àTO!pu(7iî («TTo, loin, exprimant ce qui sort et fait saillie, et cpuai;, croissance) ; apophyge, de «TTo^uY''! {.^''^'^1 loin, et cpuyrj, de cpe-JYw, fuir).
APOSTILLE, s. f. — Xote que des arbitres mettent en marge d'un compte , d'un devis ou d'un mémoire ; recommandation d'une personne influente sur un placet, une pétition, etc.
APOTHECA, s. f. — Magasin ou dépôt pour toutes sortes de denrées,' mais principalement un dépôt pour le vin dans la partie supérieure de la maison près au. fumarmm (Plin., Ep. 2, 17, 13) ; on gardait le vin dans ce local pour le faire vieillir plus rapidement.
APOTHÈME, s. m. — De «7:0 et TÎôr.ai, poser; action de mettre en bas. Rayon du cercle inscrit dans un polygone régulier ; perpendiculaire menée du centre sur le côté d'un polygone régulier, abaissée du sommet d'une pyramide droite régulière sur l'un des côtés de la base; génératrice d'un cône droit à base circulaire.
APPARAUX, s. m. p)l. — Du latin apparatus, apprêts, machine. Tout ce qui est nécessaire à un navire pour naviguer (voiles, vergues , poulies , ancres , câbles , cabestan , gouvernail, etc.). Dans les chantiers, on appelle ainsi les poulies, moufles , câbles, cordages, etc. M. Littré prétend que tous les marins instruits regardent ce mot comme le pluriel d'appareil.
APPAREIL, 5. m. — Ce terme désigne les dimensions, la disposition et l'ajustement des pierres qui font partie d'une maçonnerie. La coupe des pierres comprend donc ce qu'on nomme appareil. Xous ne nous occuperons ici que de l'appareil des murailles ; pour l'appareil des plates-bandes, des cintres, des arcs et des voûtes, nous les étudierons chacun à leur rang. Relativement à la dimension des pierres, on distingue trois sortes à'appareil horizontal : le grand, le moyen, le petit. Les deux premiers se composent de roches ou pierres de taille, et le dernier de briques et autres matériaux de petites dimensions employés seuls ou collectivement.
Quoiqu'il soit assez difficile de détei'miner les dimensions exactes qui caractérisent les diverses sortes d'appareils, nous pensons qu'on peut admettre, comme les plus généralement reconnues , les données suivantes :
Les pierres constituant le grand appareil n'ont pas moins de Û™,40 à 0",50 de hauteur sur 0"',70 de longueur, et celle-ci peut être aussi considérable que le comporte la nature des matériaux.
La longueur des pierres de moyen appareil est comprise entre 0,™3() et ()™,7Û ; celle des matériaux de petit appareil est inférieure à 0™,30. Lorsque le petit appareil a moins de 0'",16, la hauteur des pierres est presque toujours égale à leur largeur ; mais lorsqu'elle est moindre , c'est le petit appareil allongé. Le pe-
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Fig. 1. — Petit appareil en briques crues.
tit apparel horizontal remonte à la plus haute antiquité; les constructions archaïques de la
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haute Asie et de l'Egypte sont encore là pour en témoigner ; elles sont faites en briques cuites ou simplement séchées au soleil (fig. 1).
Au (lire de Pausanias, les Grecs avaient construit des édifices avec des briques cuites ; dès lors il n'est pas douteux que les Grecs n'aient employé le petit appareil.
Les Eomains ont aussi utilisé la brique comme petit appareil, nous en trouvons des spécimens dans quelques-uns de leurs temples et surtout dans les restes de leurs thermes. Nous voyons égalemeut que les Romains, de même que d'autres peuples qui ont fait usage de ces matériaux, se sont ingéniés à produire des combinaisons plus ou moins riches en posant les .briques alternativement sur leurs faces longues, sur leurs extrémités, ou bien encore en laissant entre les briques des vides qu'ils comblaient avec des laves ou d'autres matériaux ; nous dirons encore que les architectes byzantins, arabes, du moyen âge et de la renaissance ont par les mêmes moyens produit d'heureux effets décoratifs.
Relativement à leurs formes, les appareils peuvent être réguliers ou irréguliers , ces derniers même ont été sans contredit les plus anciennement employés, et parmi eux nous devons citer en premier lieu l'appareil polygonal , employé par les Pélasges, notamment dans les murs des acropoles. Cet appareil, comme le montre nytre figure 2 , était formé par des blocs de forme polygonale in-égulière , dont les côtés coïncident exactement les uns avec les autres.
Fig. 2. — Appareil polygonal.
Il existe des spécimens de ce genre d'appareil dans les murs d'enceinte de Limnea en Acarnanie, et dans beaucoup d'autres localités.
Plus tard, la première civilisation hellénique améliora l'appareil irrégulier par la taille à l'équeiTe ; il fut formé par la réunion de pierres de toutes les formes et de toutes les dimensions, mais dont les joints se raccor-
daient les uns aux autres, comme on le voit dans notre figure 3; enfin, les assises devin-
rent de même hauteur, il n'y eut que les joints verticaux qui formèrent des angles plus
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Fig. 4. — Appareil iiTéguller (2« type).
OU moins aigus ou obtus (voy. notre figure à), pour aboutir enfin à l'appareil isodomon,
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Fig. 5. — Appareil isodomon (opus insertum).
nommé aussi cpus insertum (fig. 5) , parce que les pierres, toutes de même dimension, sont en liaison, c'est-à-dire disposées de façon à ce que les joints verticaux d'une assise soient à peu près au-dessus du milieu de chacune des pierres qui composent l'assise inférieure.
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Fig. G. — Appareil pseudisoilomon.
A part V isodomon , les Grecs employaient encore \e jJseudisodomon (•ku5i7Ôooaov), le faux
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isodomon on isodomum, dont les assises étaient alternativement hautes et basses (fig. 6). On peut voir un appareil de ce genre à l'arsenal du Pirée, à Athènes, et à la porte des Lions de l'acropole de Mycènes. (Voy. Poète.)
Fig. 7. — Appareil grec (l'^"' type).
Les Grecs avaient aussi l'appareil dénommé aujourd'hui appareil grec (fig. 7), qui consiste à employer une pierre en Boutisse (voy. ce mot) et une autre se montrant dans toute sa longueur sur les parois de la muraille. Un autre appareil consistait en pierres semblables à celles dont nous venons de parler, mais disposées de manière à ce que chaque assise soit alternativement formée de deux pierres qui ont leur longueur en parement, et dont la réunion fait l'épaisseur du mur.
• Fig. 8. — Appareil grec (2" type).
Cet appareil (fig, 8) était usité chez les Romains et chez les Grecs ; ces derniers le nommaient oiotTovouç ; nous appelons aujourd'hui parjKcmgs ces pierres à deux parements carrés ayant toute l'épaisseur du mur.
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Fig. 9. — Emplectos des Grecs : c, h, carreaux; o, blocages.
Quand les murs sont très épais^ ou bien s'ils n'ont pas à supporter une lourde charge, on
garnit (fig. 9) l'intervalle existant entre les pieri'cs qui ont leur longueur en parement, c, avec de la maçonnerie en blocages, o; on peut utiliser poui' ce genre d'appareil des caiTcaux de toutes dimensions, comme le montre notre figure en c, b. Cet appareillage s'appelait chez les Grecs E[X7r>£XTÔ(;. (Vitruve, II, 8.)
Fig. 10. — Opus incertum ou autiquum.
Les anciens avaient encore d'autres appareils qui jusqu'ici n'ont pas été bien déterminés par les auteurs qui nous ont précédé, on a même confondu plusieurs genres en un seul. L'appareil qui a le plus souvent occasionné des confusions , c'est celui représenté par notre figure 10, Vopus incertum ou antiqumn, formé de pierres irrégulières noyées dans du mortier; c'est purement et simplement une maçonnerie de blocage qui n'a d'appareillé que ses angles saillants ou rentrants. On a souvent confondu Vopits incertum (fig. K») avec Voj)us insertitm (fig. 5).
Fig 11. — Opus reticulatum, appareil réticulé.
Un autre appareil fréquemment employé est celui que représente notre figure 11 : l'appareil réticulé (o]n(s reticulatum)^ que Pline {Hist. nat., XXXVI, 51) et Yitruve (II, 8, 1) nomment simplement reticulatus.
Ce dernier genre de maçonnerie a été très en vogue pendant les derniers temps de la république romaine et les premiers temps de l'empire. Cet appareil réticulé présentait à l'œil, par ses joints de mortier souvent colorés en
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rouge, l'image d'un réseau, les mailles d'un filet : de là son nom de rcticuJatus.
Cet appareil a été employé et peut se voir encore au théâtre de IMarcellus à Rome, dans le Xymphée d'Albano et dans d'autres monuments existant aujourd'hui.
Fig. 12. — Opus spicatum.
Un autre genre d'appareil est dit en èpi (fig. 12), opus spicatum. Il se compose de briques oblongues disposées de manière à imiter l'arrangement des grains de blé dans leur épi {spica). Yitruve (VII, 1, 5) nous apprend qu'on employait cet appareil pour certains planchers ; nous ajouterons que quelques villes méridionales de l'Europe, en France et en Italie notamment, ont certains trottoirs de leurs rues eu briques appareillées en épi. Ce mode d'appareillage en brique est usité aussi pour le pavage des écuries. (Voy. notre Traité des constructions rurales j page 235.)
Fig. 13. — Appareil oblique.
Un appareil qui a quelque analogie avec le précédent, c'est Vajjpareil obliqué, vepvéseuté par notre figure 13.
Un appareil qui a été usité à toutes les époques, c'est y appareil mixte (fig. 14), qui comporte des pierres de grand appareil dans le bas de la construction, de moyen appareil dans les arêtes d'angle et de petit appareil dans le restant de la construction. Ces derniers peuvent être en moellons i)iqués ou smillés, ou même en briques.
Enfin un appareil dont les pierres sont unies ou reliées avec des queues d'aronde en métal ou en bois est dit opus revinctum (fig. 15).
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Fig. 14. — Appareil mixte.
Tels sont les appareils des murs qui ont été les plus employés. En dehors de ceux-ci, les an-
Fig. 15. ^ Opus reviuctum.
ciens avaient encore ce qu'ils nommaient des maceria ([xaxeXov) ; c'étaient des murs bruts sans revêtement (Isid., Orig., XV, 9, 4; Cic, ad Fam., XYI, 18), construits avec des pierres de différentes grosseurs posées les unes sur les autres sans ciment ni mortier, dont les matériaux provenaient souvent d'édifices démolis et dans lesquels on aperçoit des pierres avec des moulures et des trous de scellement.
Fig. 16. — Maceria.
On employait même quelquefois dans les maceria des poutres ou des fûts de colonnes, comme l'indique la figure 1 G, qui montre jusqu'à quel point on utilisait dans ces constructions des appareils de tous genres ; enfin les maceria étaient employés pour les murs des villes, et
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bien souvent , pour donner aux matériaux plus de solidité, on les reliait entre eux avec des goujons de fer ou de bois de châtaignier. Quand
Fig. 17. — Maceria : a, vide ; e, e, vide comblé.
les pierres (fig. 17) laissaient entre elles des vides («) de peu d'importance, on ne s'en préoccupait pas ; mais s'ils étaient trop grands (e , e), on faisait un remplissage en pierres. Si même il fallait élever très rapidement des murs de ville , on se servait pour relier les matériaux de l^ièces de bois. (Vitruve, I, 6; Jules César, Com., liv. VII).
Les divers appareils employés dans la construction des murailles sont si nombreux qu'ils est presque impossible de les énumérer tous. Nous devons même dire que si nous avons donné à cet article l'importance qu'il a, c'est que jusqu'ici aucun auteur n'a étudié l'appareillage des murs avec les développements que méritait cette question si intéressante au double point de vue de l'archéologie et de la construction.
Pratique. — La forme à donner aux pierres composant les murs et pieds-droits est celle d'un parallélépipède rectangle, lorsque l'appareil est régulier, c'est-à-dire dans le cas qui se présente aujourd'hui le plus fréquemment dans la pratique. On ne peut y employer l'appareil polygonal que lorsqu'il n'a d'autre charge à supporter que la sienne propre, et qu'il n'a à vaincre qu'une résistance latérale, comme dans les murs de quais et de remparts , de digues , etc. En effet , la stabilité de l'appareil polygonal est plus grande que celle de l'appareil en pierres de taille rectangulaires, parce que les blocs dont il se compose sont enchâssés les uns dans les autres. En outre, leur effort étant oblique, ils ne peuvent glisser ni à droite ni à gauche ; mais, précisément à cause de cette disposition
de pierres en forme de coin, ils ne sont pas aptes à supporter une forte charge.
Dans l'appareil à pierres rectangulaires , au contraire, la stabilité réside dans la perfection de la taille des lits et dans leur parfaite juxtaposition, caries joints verticaux ne contribuent en rien à la solidité, ce qui ne saurait être cependant une raison pour que leur taille soit négligée.
En général , la stabilité d'une constraction dépend de la dimension des pierres ; plus elles seront grandes et plus elles seront sujettes à se rompre, si un seul point de leur lit ne porte pas d'une façon parfaite sur l'assise inférieure.
Tout en cherchant à donner aux pieiTes la plus grande dimension possible , il convient cependant de rester dans certaines limites que nous allons indiquer, en faisant remarquer tout d'abord que plus les pierres sont minces , plus facilement elles rompent sous la charge ; aussi, pour les ouvrages destinés à supporter une forte charge, comme les jambes étrières, piles, colonnes et autres points d'appui, on doit préférer les pierres cubiques, comme présentant le plus de résistance. On modifiera dans les proportions suivantes les divers cas qui peuvent se présenter.
On peut donner aux pierres tendres le double de longueur de la hauteur et en largeur la moitié en sus ; aux pierres d'une dureté moyenne, on donnera en longueur deux ou trois fois leur hauteur, et en largeur une ou deux fois cette même hauteur. Enfin les pierres extrêmement dures peuvent avoir en longueur jusqu'à quatre et cinq fois et plus encore que leur hauteur, et deux ou trois fois celle-ci en* largeur. Il existe même des pierres, telles que les granits, pour lesquelles la proportion peut être pour ainsi dire illimitée , si on en juge par certaines constructions de l'antique Egyi^te.
Une des assises du grand temple de Balbeck mesure 57 mètres , et elle n'est formée que de trois pierres ayant chacune 19 mètres de longueur sur 4 mètres de hauteur; c'est ce qui fait que ce temple a été nommé TptXiOoç, c'està-dire à trois pierres.
Dans les ruines de Persépolis , on a retrouvé des pierres qui avaient 17 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur et de hauteur. (Yoy. Plate-bande, Cintre, Voûte.)
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