‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 72 sur 325 · ARABESQUE · texte numérisé non relu

ARABESQUE

tiens et les Assp-iens ; les Étrusques , les Grecs et les Romains l'adoptèrent également; ces derniers même en abusèrent, car Vitruve s'en plaint en ces termes :

Mais tous ces sujets de peinture que les anciens tiraient des objets véritables et de la nature, aujourd'hui des habitudes vicieuses les font réprouver; ce qu'on peint sur no^ enduits n'a plus de modèle fixe et régulier. Ce ne sont plus que des monstres ; on substitue aux colonnes des roseaux ; aux frontons a succédé je ne sais quelle espèce d'entortillage de formes cannelées et bigarrées. On voit des candélabres soutenir de petits temples du faîte desquels sortent, comme d'une racine, des feuilles délicates et flexibles qui , contre toute n-aisemblance , portent de petites figures, toutes choses qui ne sont point, n'ont point été et ne peuvent être ; mais telle est la force de ces pratiques nouvelles , que , soit paresse d'esprit , soit faute de jugement, on semble perdre de vue ce qui devrait être le véritable but des arts.

Plus loin, Vitruve ajoute :

Les anciens s'efl^orçaient de plaire, dans leurs ouvrages, par le travail et le talent; aujourd'hui on se plaît à obtenir d'éclatantes peintures et des effets forcés de couleurs ; aussi la valeur que l'art tirait auparavant du mérite de l'artiste , il la reçoit maintenant de la dépense du propriétaire.

Ce que Yitruve disait de son époque est encore vrai pom* la nôtre, surtout en fait de décoration ; cette citation montre aussi que l'ornementation telle que l'a décrite cet auteur est bien la même que celle que nous appelons aujourd'hui arabesque; elle était donc bien connue des Romains.

Mais ce furent les Arabes qui sans contredit poussèrent ce genre de décoration à son plus haut degré de splendeur, et, sous ce rapport, son nom qualificatif à' arabesque nous paraît tout à fait justifié. (Voy. Arabe, Architecture.)

Admises depuis si longtemps dans la décoration architecturale, les arabesques en étaient devenues un des éléments essentiels et ne devaient plus en sortir ; aussi les voyons-nous encore en grande faveur au moyen âge, où elles sont souvent bien dessinées, mais parfois d'une façon grotesciue ; elles concourent à l'ornementation des archivoltes, des frises, des pilastres, des ven-ières et des dallages. A l'époque de la

renaissance, les arabesques atteignirent une vogue, un développement et une perfection rares; les plus remarquables furent exécutées

Fig. 3. — Arabesque française (salon d'Anne d'Autriche).

en Italie, surtout à Rome et dans ses environs ; celles du Vatican peuvent en fournir la preuve. Signalons aussi celles dii palais de Fontainebleau, dont nous donnons (fig. 3) un spécimen de l'époque de Louis XIV, tiré du salon d'Anne d'Autriche ; notre figure 4 donne un exemple de l'époque de Charles IX, tire du château d'Ancy-le-Franc.

Fig. 4. — Arabesque frani,>aise (cliâteau d'Ancy-le-Franc).

Vers la fin de la renaissance les architectes abusèrent tellement de l'arabesque qu'elle fut délaissée peu après pendant quelque temps;

ARABOUTIN.

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