‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 76 sur 325 · ARBRES · texte numérisé non relu

ARBRES

])réveiiu beaucoup de procès et, dans les travaux d'une certaine importance, on ne doit pas négliger d'en prévoir la création dans le contrat.

ARBITRE, s. m. — Simple particulier appelé par les parties dissidentes ou nommé par le tribunal, pour vider une contestation.

Juges tout pacifiques et de conciliation, les arbitres doivent être des gens éclairés et compétents sur les questions qui leur sont soumises.

Tout le monde ne peut être arbitre, car il existe des incompatibilités et des incapacités prévues par nos codes de procédure civile et de commerce.

Pour de plus amples informations, voyez Code de proc. civ., livre III, titre unique, Des arhitrages, 1003 à 1028.

ARBITRER, v. a. — Estimer, régler, juger comme arbitre : arbitrer une dépense, des frais , un dommage, etc.

ARBOUSIER ou ARBRE A FRAISES, s.

m. — Cet arbre, de la famille des éricinées , mesure 4 à 5 mètres de hauteur ; son bois, dur et résistant, est employé pour les petites pièces de machines. Son fruit est rouge et ressemble à de grosses fraises.

ARBRE , s. m. — Axe principal qui communique le mouvement aux diverses parties d'une machine.

ARBRES, s. m. pi. — Les arbres ont fourni à Tarchitecture naissante les soutiens les plus naturels , les plus commodes et les moins dispendieux; on a prétendu que les arbres ont donné l'idée de la colonne , et que la forme naturelle du tronc a motivé le galbe de celle-ci. Tout cela est fort possible , mais il est inutile pour le moment d'insister sur ce point ; ce qui est incontestable, c'est l'importance du rôle que les arbres jouent dans les constructions ; on les emploie, en effet, sous forme de poutres, de planches, de lattes, de supports, etc.

Les arbres jouent encore un rôle important dans la décoration des jardins, et sur les voies et routes de communication ; nous n'avons pas à nous occuper ici de cet emploi des arbres , et

nous renverrons le lecteur à l'article Planta-

TIOX.

Jurisprudence. — Les arbres se divisent en arbres à haute tige et arbres à basse tige.

Sont réputés arbres à haute tige, tous ceux qui sont susceptibles de s'élever à plus de 4 mètres de hauteur, et arbres à hasae tùje , tous ceux qui , mis en buissons, quenouilles, haies , palissades, charmilles, espaliers, etc., ne s'élèvent pas ou sont tenus taillés au-dessous de 4 mètres de hauteur.

On voit donc, par la définition qui précède, que le botaniste et le jurisconsulte ne sont j^as du même avis sur le classement des arbres à haute et à basse tige : en effet , pour le jurisconsulte, une haie de cyprès de première grandeur ne sera considérée que de hasse iiye, si cette haie n'atteint que 3'°,99; au contraire, un jasmin, une clématite, un rosier, un chèvrefeuille, un buis même, seront réputés à havie tige, s'ils dépassent 4 mètres de hauteur. Après cette explication, le lecteur comprendi-a que nous n'avons pas à énumérer les arbres à haute et basse tige d'a^îrès les justes appréciations du botaniste.

La distance pour la plantation des arbres à haute tige, ainsi que certains droits et certaines obligations qu'on a à leur égard, sont déterminés par les articles du Code civil que nous donnons ci-après :

Art. G71. — Il n'est permis de planter des arbres de haute tige qu'à la distance prescrite par les règlements particuliers actuellement existants, ou par les usages constants et reconnus; et, à défaut de règlements et usages, qu'à la distance de 2 mètres de la ligne séparative des deux liéritages pour les arbres à haute tige, et à la distance d'un demimètre pour les autres arbres et haies vives.

A Paris , où les terrains sont fort chers et les propriétés souvent peu étendues , on plante depuis un temps immémorial à toute distance ; ainsi l'usage a prévalu et les voisins ne sont pas strictement tenus à l'application du Code.

Art. 672. — Le voisin peut exiger que les arbres et haies plantés à une moindre distance soient arrachés.

Celui sur la propriété duquel avancent les brandies des arbres du voisin peut contraindre celui-ci à couper ces branches.

ARC

Si ce sont les racines qui avancent sur son liéritage, il a droit de les }• couper lui-même.

Art. 673. — Les arbres qui se trouvent dans la haie mito3'cnne sont mitoyens comme la haie, et chacun des deux propriétaires a droit de requérir qu'ils soient abattus.

La législation efc la jurisprudence sur les arbres sont fort étendues ; nous ne pouvons en parler ici plus longuement , et nous renverrons nos lecteurs aux ouvrages spéciaux traitant la matière, pour connaître à qui appartiennent les arbres, les droits et devoirs de leurs propriétaires, et pour déterminer les servitudes dont les arbres sont susceptibles.

ARC, s. m. — Portion d'une courbe quelconque. C'est, dans son acception générique, mie portion de circonférence.

En architecture, on donne le nom d'arc à toute construction qui est limitée en dessous par une surface courbe ; cependant certains arcs affectent des formes géométriques linéaires droites , comme nous le verrons dans le courant de cet article (voy. Arc zigzagué) ; hâtons-nous d'ajouter qu'ils font exception.

On est assez généralement habitué à établir une distinction entre les mots arc et voûfe, et nous-même nous sui^Tons cet errement, mais nous partageons cependant l'opinion d'un auteur anglais, H. Wotton, qui considère ces deux tenues comme synonymes, disant qu'une voûte n'est qu'un arc d'une grande profondeur et l'arc une voûte peu profonde.

L'origine de l'arc remonte à la plus haute antiquité, c'est incontestable. Les peuples orientaux ([ui employaient de petits matériaux, comme la brique , durent forcément employer des arcs eu maçonnerie dans lem's constructions; mais il est probable que les premiers constructeurs n'arrivèrent là qu'après beaucoup d'hésitation et de tâtonnements ; ils durent jirocéder par encorbellement , absolument ajmme font de nos jours des enfants qui constnn'sent de petites portes avec des pierres, voire même avec des jeux de dominos.

L'exemple que nous donnons ci-dessous lX)urrait en témoigner.

Certains peuples, les Grecs par exemple, employant de gros matériaux , avaient adopté la

plate-bandecomme mode général de construction ; aussi ces peuples n'ont-ils jamais ressenti la nécessité de l'arc. Au contraire, grands amateurs des petits matériaux (moellons, briques, amphores, etc.), les Romains étudièrent avec soin toutes les ressources que l'arc pouvait fournir pour leurs monuments; et, grâce à cette étude approfondie, leurs constructions atteignirent un développement et un degré de solidité presque inconnus avant eux.

Les arcs reçoivent des noms variés qui expriment leurs diverses formes, ou qu'ils doivent à leurs fonctions ou à la place qu'ils occupent dans les constructions ; les arcs sont simples ou composés : simples^ quand on peut les décrire soit par le tracé d'une, de deux ou de trois lignes, soit au moyen d'un ou de deux centres au plus;

Arc en eucox-bellemeiit (ruines de Missolonghi).

composés, quand leur tracé exige une opération phis compliquée et nécessite le secours de plusieurs centres ; ces derniers arcs sont souvent formés par la réunion de deux ou de plusieurs arcs simples. (Voy. Anse de panier.)

Comme la nomenclature des différents arcs sera fort longue, nous suivrons l'ordre alphabétique pour la description de chacun d'eux.

Arc a contre-courbure. • — Voy. Arc infléchi.

Arc aigu. — Voy. Ogive.

Arc angulaire ou brisé. — Cet arc est formé par deux parties droites inclinées comme les côtés d'un triangle isocèle. On le nomme également arc en fronton ou en mitre, à cause de sa ressemblance avec cette forme architecturale et cette coiffure.

ARC

L'arc angulaire (fig. 1) existe à l'aLbaye de Lorsch, eu Allemagne, et dans quelques édifices

Fig. 1. — Arc angulaire.

romans du Bourbonnais et de l'Auvergne ; il est un des traits caractéristiques de l'architecture dite anglo-saxonne. On le retrouve aussi dans les vieilles constructions de Constantinople, d'Ancône, de Rome, et dans les murailles de l'antique Messène.

Fig. 2. — Arc angulaire tronqué.

L'arc angulaire peut être tronqué, comme le montre notre figure 2.

Abc aplati. — Cet arc est décrit à l'aide de quatre centres , qui sont déterminés par un

Arc aplati.

carré abaissé de la corde de l'arc , carré qui a ses côtés égaux au tiers de cette corde.

Arc biais. — Arc dont les pieds-droits ne sont pas d'équerre , c'est-à-dire dont le plan de

l'un est à angle obtus, et le plan de l'autre aigu. (Voy. Biais.)

h^ ^'ii'.' ^Mi

Page 1