ARCHITRAVE. — ARCHIVOLTE
exemples aux portiques des temples de Jupiter Tonnant, de ^Mars Vengeur, d'Autonin et de Faustine, de Jupiter Stator, du Panthéon, et dans d'autres édifices. Quand les Romains ne voulaient pas ou ne pouvaient, faute de matériaux convenables, employer des architraves monolithes, ils posaient dans l'axe de chaque colonne un sommier, et ils appareillaient l'architrave comme aujourd'hui nous appareillons les Plates-baxdes (voj. ce mot) ; souvent même ils armaient ces plates-bandes avec des crampons et du fer, comme on peut le voir plus loin, à l'article Armature, où nous avons donné un exemple d'armature d'architrave.
Les plates-bandes, composées de claveaux, avaient souvent le tort de se disloquer malgré leur armature ; aussi les Romains employèrentils de préférence à l'architrave I'Arc et I'Ar- CADE (voy. ces mots).
Xous devons ajouter cependant que, de nos jours, les architraves armées bien exécutées présentent une grande solidité et semblent devoir être d'un bon emploi. Il en existe à Paris dans divers monuments , et jusqu'à présent aucune dislocation ne semble faire présager leur ruine. Nous citerons, entre autres monuments possédant des architraves, les péristyles du LomTe et du Panthéon , les édifices de la place de la Concorde, de la Madeleine, de rOpéra, de Saint-Vincent de Paul. Mais les architectes ne doivent pas s'abandonner avec trop de confiance à ce mode de construction qui permet d'obtenir un large entre-colonnement pouvant quelquefois compromettre la solidité d'un édifice, et toujours nuire à son caractère. Combien le dorique grec, avec la forte écliine de son chapiteau, nous parait d'un emploi plus rationnel ! Cette saillie, en effet, servait à soulager l'architrave, en réduisant dans le haut de la colonne le vide de l'entrecolonnement.
La forme, la proportion et même la décoration des architraves varient suivant les ordres d'architecture auxquels elles appartiennent.
Dans les ordres toscan et dorique, l'architrave est simple et sa surface est lisse; dans le dorique, elle est surmontée d'un listel orné de gouttes sous les Triglyphes (voy, ce mot).
Cependant Vignole donne une architrave dorique romaine qui a deux faces et qui a un module de hauteur.
L'architrave ionique a deux faces, dont la supérieure est couronnée par une cimaise qui la sépare de la frise ; sa hauteur est d'un module et demi.
li'architrave corinthienne et composite a trois faces inégales ; la plus élevée est la plus large, et la face inférieure est la plus étroite. Dans ces deux ordres , les faces de l'architrave sont ornées de moulures , de perles , etc.
Il existe des exemples d'architraves corinthiennes où les faces les plus larges sont les faces inférieures , c'est-à-dire que la progression est renversée, notamment à l'arc d'Auguste à Fano et à Suse, et au temple d'Auguste à Pola. Cette disposition est plus élégante et en définitive plus logique, puisqu'un des principes fondamentaux de l'architecture est que le fort doit porter le faible. (Voy. Dictionnaire de l'Acad. des heaux-arts, t. II, p. 1<>2.)
Architrave mutilée. — Celle dont les saillies sont supprimées pour agrandir la surfiice lisse de la frise , afin de pouvoir placer une longue inscription.
Architrave coupée ou interrompue. — Celle qui est interrompue dans l'espace compris entre deux colonnes ou pilastres, afin de pouvoir donner plus de hauteur à une baie ; on dit aussi arcliitrave brisée.
ARCHITRAVE, ft^?/. — Ce mot n'est guère employé que pour désigner une corniche qui repose immédiatement sur l'architrave ; c'est tout simplement un entablement mutilé qui n'a ni frise ni architrave. Il s'emploie dans les intérieurs, et là où le défaut de hauteur ne permet pas de placer un entablement complet.
ARCHIVOLTE, s. f (Arcus volutus, arc contourné.) — Moulure contournant l'extrados d'un arc, et servant à sa décoration. Cette moulure vient buter sur des impostes , des colonnettes, ou sur un culot. Quelcpiefois l'archivolte se retourne, court horizontalement au niveau des naissances des arcs et forme bandeau sur les trumeaux. Cette dernière disposition se trouve fréquemment dans l'architecture ro-
ARÇOX. — ARCUEIL.
manc et romano-ogivale, et dans celle de la renaissance. La figure ci-dessous montre un exemple d'archivolte retournée de cette dernière époque ; il est tiré de la maison dite de Henri II, à la Rochelle.
A l'époque romane, les archivoltes furent enrichies d'ornements, tels que hillettes, louions, lésants, hâtons rompus, chevrons, contre-chevrons, frettes , pointes de diamant, rosettes, etc.; parfois aussi elles empruntaient leur décoration à un appareil formé de pierres de diverses couleurs ou découpées avec une très grande recherche.
Les exemples d'archivoltes sans support et brusquement interrompues sont assez rares ; il
Archivolte retournée de la maison dite de Henri II, à la Rochelle (xvi^ siècle).
en existe néanmoins. Quelquefois dans l'antiquité et presque toujours pendant le xv'' siècle, les archivoltes viennent reposer sur le même point d'appui que les pieds-droits, et forment chambranle autour de la baie.
Suivant les ordres dont elles font partie, les archivoltes sont plus ou moins ornées : elles sont simples dans le toscan et le dorique, plus ornées dans le corinthien et le composite ; enfin •elles sont en harmonie avec les architraves, et généralement on leur donne comme largeur moyenne le cinquième de l'arcade.
La clef des arcades coupe l'archivolte , quand cette clef est une agrafe ou une console ; c'est surtout dans les Arcs de triomphe (voy.
ce mot) que l'on retrouve cette disposition , en même temps que les plus beaux modèles d'archivoltes.
Dans l'antiquité, il est assez rare que des arcs ou des arcades soient privés d'archivolte ; au contraire, aiLX xi^, xii'^ et xiii" siècles, les baies, surtout si l'édifice était bâti avec simplicité, n'avaient souvent d'autre décoration qu'un chanfrein sans chambranle ni archivolte ; et cependant, aux xi'= et xii" siècles, les archivoltes commencent à se compliquer soit comme profil , soit comme décoration ; elles sont prises dans l'épaisseur des murs, au lieu de faire saillie ; ce mode de construction persiste jusqu'au retour à l'architecture classique, c'est-àdire vers le commencement du xvi* siècle.
Pendant la plus grande partie du moyen âge, la moulure saillante, véritable archivolte, persiste ; mais vers la fin du xiv'' siècle elle est remplacée par une succession de moulures concentriques évidées en retraite l'une sur l'autre, qui finissent par constituer les portails à VorssuRE (voy. ce mot).
Les champs triangulaires circonscrits entre le pilastre ou la colonne, l'architrave et l'archivolte , se nomment Tympans (voy. ce mot) et reçoivent très souvent une riche décoration.
En menuiserie , on nomme archivolte le revêtement extérieur d'une arcade en plein cintre. Le plafond ou revêtement de cette même arcade se nomme aussi archivolte.
Archivolte rustique. — Archivolte dont les claveaux sont ornés de bossages, de vermiculures ou de stalactites.
Archivolte retournée. — Archivolte dont les moulures , au lieu de se terminer sur les impostes, s'unissent à l'archivolte voisine (voy. la figure ci-contre).
ARÇON, s. m.
mot).
Petit Archet (voy. ce
ARGOT, s. m. — Résidu de cuivre qui, allié avec du plomb, constitue le potin.
ARCUEIL (Pierre d'), s.f. — Pierre calcaire très dure , qu'on trouve dans les environs de Paris, dans la plaine d'Arcueil, et qui résiste aux injures du temps ; elle porte de 0™,33 jusqu'à 0'",41 d'appareil.