‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 94 sur 325 · ARGENT. — ARMATURE · texte numérisé non relu

ARGENT. — ARMATURE

H attaclicr les bâtiments. Les mariniers disent aussi organcau.

Argaiieau.

ARGENT, s. m. — Ce métal, réduit en feuille mince par le battage ou en poudre impalpable, a été employé en application dans la décoration concurremment avec l'or, mais d'une manière moins fréquente. Il a cependant été utilisé en feuilles au xiii® siècle sous des plaques de verre de couleur, pour en augmenter l'éclat. (Voy. Argenture.)

L'argent est un des métaux héraldiques.

Dans la peintm-e, on le représente soit en blanc, soit sous son aspect naturel ; lorsqu'on ne peut employer des couleurs, comme en sculpture et en gra\'xire, on indique l'argent par une surface unie sans hachures ni pointillé. (Voy. Blasox.)

Comptabilité. — Dans les mémoires de travaux, on porte directement en valeur ar^fn/ les ou%Tages qui, par leur nature ou leur peu d'importance, ne peuvent ou ne valent pas la peine d'être métrés. Ce mode d'appréciation, dont les entrepreneurs abusent, doit être aussi rarement employé que possible dans les mémoires consciencieusement établis. (Voy. Mémoire.) (Cf. Dictionnaire de la curiosité, V Argent.)

ARGENTURE, s.f. — Opération qui consiste à appliquer de l'argent sur un objet ; cette application peut être faite de plusieurs manières, soit au moyeu d'un mordant et du brunissoir, soit à l'aide d'amalgames et de

feu, soit enfin par la pile électrique. La décoration au moyen de l'argenture est d'un emploi beaucoup plus restreint que la dorure,

ARGILE, s. f. — Substance minérale terreuse, composée de silice, d'alumine et d'eau. L'argile provient de la décomposition de certaines roches, telles que granits, porphyres, etc. ; on ne la rencontre jamais à l'état pur, elle est toujours mélangée avec des matières étrangères, du sable, de l'oxyde de fer, du carbonate de chaux, des matières combustibles et bitimiineuses, etc. C'est son alliage avec des matières étrangères qui la colore diversement.

Le caractère distinctif des argiles est de former avec l'eau une pâte molle et liante plus ou moins plastique, suivant la qualité de l'argile. En se desséchant, cette pâte conserve sa solidité ; une fois desséchée, si on l'expose à une chaleur croissante, elle se solidifie de plus eu plus, au point de former un corps assez résistant pour supporter des pressions considérables sans s'écraser ; arrivée à ce degré , l'argile ne se dissout plus dans l'eau. Ce sont ces diverses qualités qu'on a utilisées dans les arts pour la fabrication des poteries, des briques, des tuiles, des carreaux, etc.

L'argile sert à de nombreux usages. Crue, on l'emploie dans les constructions à faire des CoRROis (voy. ce mot) ; cuite, elle donne tous les produits connus sous le nom de terre cuite, et pour la décoration ou l'ornement les produits connus sous le nom de céramique; enfin les argiles très pures, qui ne fondent pas à la température la plus élevée, donnent des matériaux réfractaires ou apyrcs, qui servent à la construction des hauts fourneaux.

Par la cuisson, l'argile éprouve un retrait d'environ un quinzième de son volume; beaucoup d'architectes, pour n'avoir pas tenu compte de ce retrait, ont produit des décorations maigres ou hors d'échelle, et ont souvent été obligés de faire recommencer des terres cuites. L'argile crue est -vulgairement connue sous le nom de terre glaise.

ARMATURE, s. f. — Ensemble de pièces de fer ou de bois (jui servent à consolider, à réunir un assemblage en charpente, ou à con-

ARMEMEXT.

ARMILLES.

tenir récarteineiit d'une voûte, d'nn dôme, d'une flèche, d'un fronton ou de tout autre ffenre de construction. Les Romains ont fait un grand usage des armatures pour rendre solidaires les claveaux des plates-bandes, des architraves, quand ils n'étaient pas monolithes. Ils s'en sont servis également pour relier les pierres ({ui composent les frontons. Notre figure 1 montre un exemple d'une armature complète d'architrave.

Fig. 1. — Annature d'arcbitrave.

L'architecture ogivale a aussi employé l'armature dans ses constructions ; elle en a même abusé dans les nervures et les colonnettes des grandes baies de certaines églises ogivales, dont les fenêtres ne se maintiennent que grâce à une ossature en fer. A la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, les arêtes de la voûte absidale sont

Fig. 2. Fig. 3. Fig. 4.

Armature simple. Armature d'une fenêtre Armature

(nef (le la cathédrale plus compliquée, de Chartres).

éclissées par deux courbes en fer méplat posées de champ et rehées entre elles par des boulons à rivets, qui traversent la tête des claveaux.

Ici l'alîus est é\'ident , car ces armatures ne sont d'aucune utilité. A la môme époque, les armatures en fer ont été d'un grand secours pour le montage et l'assujettissement des balustrades et surtout des grands "\'itraux ; la disposition des pièces composant ces sortes d'armatures a suivi les modifications survenues dans l'agencement des vitraux. Après avoir formé à l'origine des compartiments simples, composés de montants et de traverses (fig. 2), les armatures se sont peu à peu compliquées (fig. 3 et 4 ) , et sont amvées à n'être plus que des Barbotières (voy. ce mot) ; ce qui a offert un plus vaste champ aux compositions des peintres verriers.

De nos jours, on a eu recours à de fortes armatures pour consolider les dômes du Panthéon et des Invalides de Paris ; on a également employé des armatures pour renforcer des Poutres et des Poitrails (voy. ces mots) , qu'on a nommées à cause de cela poutres armées.

Dans le langage des fondeurs , l'armature est un assemblage de pièces de fer destiné à porter le noyau et le moule de potée des ou^Tages de grande dimension.

Les sculpteurs emploient aussi des armatures pour soutenir leurs modèles en glaise ou en plâtre.

Dans une pompe, on nomme armature les pièces de fei', telles que châssis, balanciers, tringles et brides, dont l'ensemble avec le corps de pompe constitue la pompe proprement dite.

ARMEMENT, s. m. (Couvert.) — On nomme ainsi les ardoises qu'on place sur les murs ou sur les jouées des lucarnes, pour les garantir contre les atteintes de la pluie.

ARMER, V. a. — Mettre une armature. On arme une poutre en la reliant à une autre au moyen d'étriers et de boulons, ou en flanquant une poutre en bois de deux fers à T ; on arme une borne, un chasse-roue, en les entourant de deux ou trois ceintures en fer.

ARMES. — Voy. Blasoît et notre Diction, de la curiosité.

ARMILLES. — De armilla, bracelet, synonyme d'A^NELETS (voy. ce mot).

Page 1