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RACE

RACE. Le cheval de race est celui qui appartient à une espèce connue et signalée plus spécialement ; c'est le cheval arabe de première origine.

A l'exception des chevaux appelés chevaux de pur sang , qui conservent en partie les qualités de leurs père et mère , j'ai peu de confiance en ceux dont on ne vante que les titres de noblesse héréditaire , bien qu'ils aient la queue en balai et peu de poil aux jambes ; selon moi , ce ne sont pas là des signes caractéristiques de bonté. On m'appellera vandale , mais je n'apprécie qu'une chose chez le cheval , ses moyens ; je m'inquiète peu de son pays et de son origine. Combien y a-t-il à Paris de ces chevaux d'espèce , qui n'ont que les qualités qu'on leur prête ! C'est assez dire qu'ils en ont peu de réelles.

Quoique mon amour-propre national s'en irrite, je donne la préférence aux chevaux de race anglaise ; ils sont brillants , propres au manège et aptes à tout genre d'exercice. Nos chevaux , et même ceux des autres pays , ne peuvent qu'imparfaitement les remplacer; mais je n'en reste pas moins convaincu qu'avec de

l'art et de l'aptitude , il n'est pas de chevaux, non tarés, dont on ne puisse tirer bon parti.

RACCOURCIR UN CHEVAL , c'est ralentir son allure sans diminuer son action ; une juste opposition de forces de la main et des jambes lui fera gagner en hauteur ce qui lui servait à prendre du terrain. Cela s'obtient aux allures du pas et du trot ; mais c'est surtout au galop qu'il est important d'y rompre son cheval, pour rendre les changements de pieds plus faciles et plus précis.

RALENTIR UN CHEVAL , c'est modérer son mouvement.

RALENTIR ( se ) , se dit du cheval qui diminue son allure à l'insu de son cavalier.

A moins que le cheval n'ait une action première qu'il entretienne lui-même, il faut lui en communiquer une factice, qui sera renouvelée par les jambes et la main du cavalier, faute de quoi le cheval perdra de son ardeur et de sa promptitude à obéir. L'allure du galop est surtout celle qui nécessite cette attention , son mouvement étant plus forcé.

RAMENER (tous les chevaux peuvent se).

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On entend par ramener placer la tête du cheval dans une position perpendiculaire.

L'idée première de ce principe me vint en examinant la position naturelle que prennent les chevaux dans l'écurie.

L'état de repos du cheval , quelle que soit d'ailleurs sa conformation , n'est pas d'avoir le nez au vent , puisque cette position ne peut exister sans la contraction des muscles supérieurs de l'encolure ; aussi , selon qu'il est plus ou moins bien conformé , le voit-on naturellement ou ramené , ou tout au moins la tête basse.

Le cheval naturellement ramené doit à son organisation une bonne position. Ce n'est pas de lui qu'il faut s'occuper ici , puisque la nature a rendu l'art moins utile a son égard ; mais il s'en faut bien que tous aient cette heureuse conformation ; il en est un grand nombre auxquels le secours du cavalier est nécessaire pour qu'ils arrivent à une belle attitude.

Néanmoins , chez ceux-ci comme chez les autres , la flexion de Fencolure est naturelle , mais plus ou moins facile ; tout le secret , a leur égard, est donc de ne donner que la flexion convenable, et le plus en rapport avec leur conformation. En effet, les difficultés qu'un cheval offre à se ramener , ne peuvent venir que du

manque de souplesse des muscles fléchisseurs ; c'est un obstacle qu'il est facile de lever , en examinant les forces résistantes de cette partie.

Quand on aura retiré aux muscles leur raideur, il faudra agir sur eux de façon à les harmoniser, pour ainsi dire, comme les cordes d'un instrument, de façon qu'ils se prêtent un mutuel secours. Si, par exemple, l'emboîtement de la tête est défectueux, par suite de sa mauvaise attache avec l'encolure, au lieu d'agir sur les premières vertèbres, c'est la troisième ou la quatrième qu'il faut faire céder.

Mais, en définitive, comme toutes sont également flexibles, je ne crains pas de poser en principe que tous les chevaux peuvent se ramener, non pas avec la même extension d'encolure, cela ne se pourrait pas, puisque les conformations sont différentes, mais avec une flexion telle, qu'elle donnera toujours (et c'est le point capital) une direction perpendiculaire k la tête.

Pour en arriver là, il suffit, je le répète, d'assouplir l'encolure, de faire comprendre au cheval, par des temps simples et bien raisonnés, tous les mouvements qu'exige de lui chacune des impressions que nous lui communiquons, et de l'habituer à prendre toutes les positions , et surtout a conserver celles qui sont nécessaires

à son éducation. Ceci posé et bien compris, je dois expliquer le procédé à laide duquel on obtiendra infailliblement ce résultat.

C'est d'abord dans l'inaction qu'il faut exercer le cheval, et le faire plier à droite et à gauche, puis étudier ses habitudes et ses défauts. S'il est lourd à la main, cette résistance est toujours occasionnée par l'affaissement de l'encolure, ou la contraction des muscles de cette partie. Dans le premier cas, on doit placer le filet sous la liberté de la langue, séparer les rênes dans chaque main, scier bien discrètement avec ce frein, et augmenter progressivement la force qu'on transmet a l'animal jusqu'à ce qu'on le sente céder. Qu'on se contente d'abord d'une petite élévation dans l'encolure; premier signe d'obéissance, qu'il faut immédiatement récompenser par une moindre tension des rênes. Aussitôt après, les poignets reprendront leur force et leur position première.

Le rapprochement exact et continu du filet avec les barres est doublement utile, puisqu'il fait connaître au cheval qu'il doit rester dans la même attitude, et le corrige a temps d'un déplacement non provoqué. Les poignets doivent être soutenus avec vigueur pour que la force dont on fera usage soit en raison de celle que le cheval oppose.

Il faudra ensuite renouveler l'action par de petits mouvements consécutifs , jusqu'à ce que le cheval soit arrivé au point désiré. Une fois l'encolure élevée autant que sa conformation le permet , si le cheval se maintient dans cette position sans le secours du filet , ce sera le moment de se servir du mors pour lui ramener le nez.

Mais il faut, avant d'user du mors, rendre le jeu de son encolure également flexible dans tous les sens, et, pour y parvenir, l'habituer aux flexions à droite et à gauche. Pour cela, donnez une tension plus grande à l'une des deux rênes du filet ; fixez fortement la main à la suite d'une petite pression, et laissez le cheval éviter lui-même cette sujétion, il n'y parviendra qu'après avoir cédé; puis saisissez cet instant pour rapprocher la main lentement et faire venir la tête à votre genou ; caressez-le sur le front , et rendez-lui progressivement la main , afin qu'il reprenne sa position première.

S'il résiste, il faut user de stratagème pour le faire céder, et, à cet effet, avoir soin de retenir la rêne qui plie l'encolure, sur l'encolure même; ce point d'appui donnera un levier supérieur avec lequel on vaincra toute résistance.

L'encolure une fois assouplie, il sera facile

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de la soutenir et de la conserver bien droite, afin de préparer le cheval a recevoir les pressions du mors, lequel, comprimant également les deux barres, le forcera promptement à prendre la position du nez ramené.

C'est surtout dans ce travail que les rênes de la bride doivent être tenues a une juste longueur, afin d'éviter le déplacement du bras et la rencontre de la main avec la ceinture, ce qui lui retirerait sa justesse ou paralyserait ses mouvements. Le poignet, bien placé et vigoureusement soutenu, se rapprochera du corps par degrés, jusqu'à ce que, par la tension égale des rênes, on excite une légère pression du mors.

Une fois arrivé a ce terme, on se gardera bien de chercher à faire céder le cheval par une force plus active , qui ne ferait qu'augmenter sa résistance ; il faut se contenter de l'attendre avec une force d'inertie qui augmente ou diminue en raison inverse de ses résistances , mais sans changer le point de départ de la force.

En un mot, il faut que le cheval cède, non à la force, mais a la douleur; qu'il ait le choix, en raison de sa position , d'une résistance pénible ou d'une obéissance qui le soulage ; que le poignet enfin soit, non une puissance qui le contraint, mais une barrière qui l'arrête. Il n'est pas de cheval qui ne cède après quelques ins-

tants de cet assujettissement, parce qu'il sent, non-seulement que la douleur augmente proportionnellement à ses efforts, mais encore qu'elle en est le résultat. Dès qu'il cédera, rendez, ce sera la récompense et l'approbation qui l'avertiront qu'il a compris. Ainsi, par ce procédé simple, facile et sans aucuns dangers, on fera donner dans la main, en moins d'un quartd'heure, tous les chevaux quels qu'ils soient. Dès qu'ils prennent cette position, ils peuvent la conserver; c'est une vérité dont on se convaincra, en renouvelant les mouvements qui élèvent l'encolure et ramènent la tète.

Dans les diverses résistances du cheval, il arrive souvent que, par l'inclinaison de la tete a droite ou à gauche, ses forces, inégalement employées, rendent impuissants les effets du mors; dans ce cas, il faut, par le secours du filet , exercer de petites pressions du côté opposé à celui où la téte se porte , et les continuer tant crue dure la résistance, pour qu'il y ait harmonie entre les deux forces. Aussitôt que cette action aura détruit la fausse position de l'encolure, le mors reprendra son empire et la tete sa belle attitude.

Je viens de dire que, pour récompenser, il faut rendre la main, mais non pas l'abandonner; il suffit de diminuer imperceptiblement la ten-

sion des rênes, afin d'être toujours prêt à intercepter a temps la force rapide avec laquelle le cheval sortirait de cette position : cela aura de plus l'avantage de le forcer a la conserver.

En dépit de ces principes, bien des auteurs et des écuyers affirment avec assurance qu'il est des conformations invincibles et qui ne peuvent se prêter à la position du ramener.

Je lis dans M. de La Guérinière, par exemple,

que :

« Si le cheval a la ganache trop étroite, il » soutiendra difficilement la position de la tête

» ramenée. »

C'est une erreur : la ganache serrée n'empêche pas de mettre les chevaux dans la main ; il faut seulement, pour y parvenir, faire céder, comme je l'ai dit plus haut, les vertèbres les plus éloignées de la tête.

D'autres donnent a cet égard des principes sans fondement; ainsi, dans un traité d'équitation destiné aux daines, publié en 1826, on trouve que la position horizontale de la tête « nécessite la main basse et presque sur la » cuisse, afin de pouvoir ramener cette tête » par l'action du mors , dont l'effet sera dif- >, férent. »

Et pour la position qui amène le nez presque sur la ligne des oreilles, l'auteur s'exprime

ainsi : « Cette attitude est fart incommode et » même dangereuse ; le cheval qui porte ainsi » la tête doit être exclu du service de la selle, » et particulièrement pour une dame. »

Pourquoi la main sur la cuisse? est-ce pour exercer une force plus grande ? Il est facile de comprendre cependant que l'avant-bras n'étant pas sur la ligne du coude perd le point d'appui d'où il tire une grande partie de sa force. Soutenons la main dans sa position habituelle, ou baissons-la d'un pouce Ou deux pour bien fixer notre avant-bras près du côté ; laissons le cheval au repos , et combinons nos forces sur ses effets de résistance; ayons dix minutes de patience, et cette mauvaise attitude disparaîtra, a notre grand étonnement.

L'auteur ajoute qu'il faut exclure le cheval qui porte le nez en l'air. Comment! parce que tel cheval à la tête plus mal attachée qu'un autre, vous ne le jugez plus digne d'entrer dans vos manèges!

Je le répète, tous les chevaux peuvent se ramener, et, dès-lors, tous sont susceptibles d'éducation; seulement, pour leur donner la position normale et les dresser, il faut de la patience et du raisonnement. Mais, sans ces deux qualités essentielles, y a-t-il rien de possible en équitation ?

Ce n'est pas assez d'avoir une Conviction profonde de l'utilité d'une découverte, il faut savoir en trouver les moyens d'application les plus généraux. Je croirais donc n'avoir rempli que la moitié de ma tâche si je me contentais de constater ici les heureux effets de ma méthode , et si je n'appelais sérieusement l'attention des chefs de corps sur ses résultats.

Dans la cavalerie , où tant d'accidents arrivent par suite des défenses des chevaux ; à la guerre surtout, où il est si essentiel d'obtenir promptement tel ou tel mouvement, de quel avantage ne serait-il pas d'avoir des chevaux assez bien assouplis pour perdre l'habitude, la possibilité même des résistances, et obéir aux moindres indications du cavalier?

Après cette considération principale, puisqu'il y va souvent de la vie des hommes, j'en ajouterai une autre qui frappera peut-être plus encore les hommes d'administration, je veux parler de la raison économique.

Combien de chevaux, achetés sur le prix ordinaire de la remonte, sont ensuite réformés, et revendus à perte, parce qu'on n'a pas su les approprier au service ! Tel cheval qui s'emporte, qui ne peut pas se tenir dans les rangs, ou qui ne saurait marcher au pas, deviendrait, en peu de temps, susceptible d'un excellent ser-

vice , si l'on prenait la peine de le soumettre au travail en place.

Or, jamais innovation n'offrit moins de difficultés que celle que je propose, jamais aucune n'entraîna ni moins d'avance, ni moins de frais.

11 ne s'agit que de faire monter chaque jour les cavaliers une heure dans l'écurie; là, chaque homme retournerait son cheval de la tête à la queue, et l'exercerait comme je viens de l'expliquer; un instructeur serait chargé de surveiller dix hommes, durant la première quinzaine ; au bout de ce temps, bien suffisant pour faire comprendre ce travail au cavalier, on pourrait réduire de moitié le nombre des instructeurs.

Grâce à cette méthode, non-seulement le cheval se corrigerait des résistances qui nuisent à la précision de ses mouvements, mais encore le cavalier apprendrait, 1° quelles sont les positions par lesquelles le cheval résiste; 2° quelle est la force qu'il faut employer pour changer ces positions; dans quelles circonstances et dans quelles proportions il faut employer cette force ; 3° quelles sont les positions qu'il faut donner au cheval pour en obtenir la soumission et les résultats demandés.

Que finit-il de plus que cette connaissance

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