DOUBLES. 6S
des barres; cette minime distance suffit donc pour récompenser ou faciliter un mouvement en avant. En outre, cette manière délicate de diminuer les impressions du mors, permet de saisir les à-propos pour corriger un déplacement de tête, de maintenir le cheval longtemps dans la même position , et de rendre invisibles les transmissions de forces du cavalier.
On conçoit bien qu'en disant de ne rendre qu'une ligne, j'entends par là diminuer imperceptiblement la tension des rênes.
]>08 DE CARPE. (Voy» doubler les reins.)
* L'esprit s'embellit par des variations quand elles ne sont pas diffuses.
DOUBLER, terme de manège, c'est traverser le manège dans sa largeur, par une ligne droite, sans changer de main.
On s'en sert ordinairement pour apprendre ^au cavalier à tourner son cheval.
Le doubler n'est pas une chose difficile pour le cavalier; cependant il exige une certaine attention, pour éviter les oscillations de l'assiette , oscillations qui suivraient nécessairement tout mouvement de corps qui précéderait ceux du cheval. Pour obvier à cet inconvénient, il faut, préalablement aux changements de direction, diminuer, au moyen d'un plus fort soutien des reins, la mobilité du corps donné par l'élan du cheval , et avancer imperceptiblement l'épaule de dehors.
Grâce k ces attitudes,' tout à fait en rapport avec la position du cheval, l'équilibre n'est pas dérangé, et les fesses deviennent le pivot sûus lequel le cheval
BAUC. DICT. 5
tourne aisénuml, puisque jamais ses tiieu?«iiMmis ae sont cmiibatttts pav des irapuisions coatraâietpiNB.
Plusieurs auteurs, qui ont parlé dki dtmkler dans i^rs ouvrages^ lout en iodiipiaBt «on? enablement les mo yeas à prendre pour Texéeulep , ont cependant asses mal déedt ceux k employer pour ▼aincre les résistanoes du dietai qui refuserait de tourner. L'un d*eux, entre autres, un des plus modernes, s'exali-* que de la manière suivante : « Si, en employant les a moyens d'aides ordinaires , le eheval refusait d V » béir , il faudrait alors se servir de la jambe de de- » hors pour le détacber du mur. » Il ajoute que, « pour le cfaeral qui tient au mur, on peut se servir » de la jambe gauche pour l'en détacher. »
Il me semble que le défaut de ce pasnge est de ne pas définir quel ^et produit la jambe gauche, de ne pas dire si elle doit toujours être mise en usage a?ee tous les dievaux qui refosent de se porter à droite. Il fallait, ce me semble, indiquer quelles peuvent être les causes de ee refus , et pourquoi le cheval n'obéit pas aux moyens ordinaires. Or , selon moi , deux choses seulement peuvent empêcher le cheval de répondre à l'effet de nos mouvements : la première est le manque de souplesse de l'encolure et des cétes; la raideur de ces parties lui été la faculté de prendre une inclinaison proportionnelle à la courbe qu'il parcourt La seconde est la mauvaise répartition de 1 action , le manque d'ensemble dans l'emploi des forces. En effet, si la force qui fait fléchir l'encolure et les côtes à droite prend sur celle qui doit entretenir le mouvement, le changement de direction est difficile, ou même impossible.
DRiESSSft, tff
En priDcipe , les moyens à employer ponT arrêter les résistances du cheval sont toujours en raison des diverses positions qu'il prend. Avant de chercber à tourner un cheval, assouplissez son encolure, et apprenez-lui à reculer, à revenir sur lui-même, et il n'y aura plus de changements de direction pénibles.
* La malignité est ingénieuse; il faut, pour n'en pas être la dupe, déjouer ses projets hostiles à leur premier signe d'existence.
HOUBLER L£S REINS y c'est lorsque le di^— val voûte le dos; cette position rend le rassemblé im^ possible. Or, toute attitude qui amène un pareil résultat est mauvaise et met le cavalier en danger.
Les flexions de Tencolure et le reculer sont des procédés excellents pour corriger ces défauts. Sans l'assouplissement que donnent ces exercices, il serait difficile d'entretenir la mobilité des extrémités, et, par conséquent, d'empêcher la réunion de$ quatre jambes du cheval.
* La générosité fait honte à Tavarice ; Tune doqne avec grandeur tout ce qu'elle possède, Pautre s'approprie même ce qui ne lui appartient pas.
DRESSER, On entend par cheval dressé celui dont l'éducation est complète.
Le dresser des chevaux a de tout temps été une source féconde d'erreurs.
Les uns^ peu soucieux des avantages d'un dresser accompli, ne suivent aucune règle pour juger de l'instruction du cheval, et regardent comme achevés des chevaux qui savent à peine prendre le^ allures naturelles.
Pour donner un point de repère , une pierre de touche aux amateurs, il est bon de leur dire que Te dieval dressé est celui qui prend immédiatement toutes sortes d'allures et de directions avec une prestesse telle, qu'il faut connaître Tinfluence du cavalier sur un cheval bien équilibré pour savoir d'où lui viennent ses impulsions. Même sous un cavalier inexpérimenté, si le cheval n'a pas cette grande régularité, du moins supportera-t-il avec soumission l'incertitude de ses mouvements.
Mais, si l'on s'est souvent abusé sur le degré d'instruction nécessaire aux chevaux , on s'est trompé bien plus souvent encore sur les moyens propres à les instruire. Soit que la force de l'habitude ait empêché les écujers de réfléchir sur les pratiques qu'ils employaient^ soit que la plupart des hommes qui se sont occupés d'équitation , n'aient pas su mettre dans leurs études cet esprit philosophique qui a fait progresser tous les autres arts et sciences , il est certain que le dresser des chevaux est demeuré soumis à vingt méthodes défectueuses.
A cet égard , ce serait chose curieuse que d'examiner la plupart des traités qui ont donné des principes d'éducation, et de voir combien longtemps on s'est éloigné des idées les plus naturelles.
Sans remonter plus loin , se figurerait-on que des hommes de réputation , tels que MM. de la Broue et de Pluvinel, aient recommandé, comme des moyens assurés, de faire creuser des fossés profonds de deux pieds dans les manèges pour faire exécuter des voltes avec précision , et se servir d'une montagne pour apprendre à un cheval à reculer ; de le pi-
quer avec une molette au bout d*une longue perche, pour lui apprendre à sauter ; « de corriger et mena- » cer à voix furieuse (ce sont leurs expressions) ceux À qui de leur naturel étaient fingarts; de prendre » patience deux ou trois leçons pour un cheval que » Ton désire affiner, lequel serait ennuyé , rebuté » de l'école , débauché et hors de justesse pour voir » s'il voudrait se soumettre avant d'être rudement » battu ; de jeter son manteau sur les yeux à un » cheval qui forcerait la main et courrait à la dése»- » pérade; de lui donner parfois des escavessades et » des esbrillades; de lui attacher les génitoires avec » un cordon ; de le pousser avec les deux éperons » contre un mur, contre une porte , contre une corde » tendue dans une allée d'arbres à la hauteur du 1» poitrail , ou pousser le cheval à la têtière duquel )> on aurait attaché deux cordes, une de chaque » côté , dont les extrémités seraient attachées à deux » arbres, etc.? »
Encore ces moyens si violents ne sont-ils rien auprès de ceux dont usaient leurs prédécesseurs. Ces moyens consistaient, par exemple, pour un cheval iqui partait à la désespérade^ à le frapper à grands coups de nerfs sur la tête pour Tétourdir, à lui mettre les deux molettes dans les flancs , jusqu'à ce que ranimai , hors d'haleine , tombât de fatigue et d'épuisement, à le pousser dans un précipice pour lui apprendre à s'arrêter, par l'effroi du danger; et mille autres pratiques plus absurdes les unes que les autres.
M. de la Guérinière, dont l'ouvrage est loin de remplir les conditions nécessaires pour un bon traité d'équitation , a du moins eu ce mérite, que sesprin-
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eipeft 80fit plus dans la nature. Sans doute il n*a pas fait faire de grands progrès à fart, mais» au moins» il ne Ta relardé par aucune de ces erreurs comme on eh trouve encore dans nos livres modernes» erreurs qui font scliisme, et arrêtent la marche de i'équitation.
Ainsi y j'ouvre un traité moderne, et je suis frappé du peu d'ordre et de suite que Tautifur emploie pour dresser un cheval; je vois qu'il se sert d'une longe, puis d'une plate-longe , toujours tenues par un second cavalier ; je ne sais pendant combien de temps il en use; mais, d'après la marche qu'il adopte, je doute que le cheval soit dressé avant huit mois ou un an. Comment iraît-il plus vite, puisqu'il s'attache à demander beaucoup au cheval, sans s'occuper en rien de lui donner la souplesse sans laquelle il ne peut parler à son intelligence? Son cheval est au galop, et fuit les hanches avant que son instructeur se soit assuré s'il revient sur lui-même ; le voil4 parvenu aux grandes difficultés , et toutes ont été surmontées avec le seul secours du gros bridon. A la vérité» fauteur recommande fréquemment de rassembler le cheval; mais comment veut-il qu'on j réussisse, puisque le frein qu'il prescrit pendant les deux tiers de l'instruction , tend à éloigner le nez du cheval , et à augmenter la contraction de son encolure , h moins que sa position naturelle ne soit des plus parfaites t
Dans un article du même ouvrage, intitulé : Sur TutilUé de conserver ou de faire prendre au cheval les allures naturelles, ei de corriger ceux qui en orU de défectueuses, on lit :
« Si le cavalier s'aperçoit que le cheval ait pro- » pen&ioQ à prendre des aUures défectueuses , ou
» q%*û en ait dcjà contraeté Thabilade étaol pou*- )» lain^ il faut, pour l'en corriger, lorsqu'on te » dresse, le faire trotter très^alodgé, marquer les » temps de trot avec le tact de Tassielte; puis il faut » ne tendre les rênes que très-raoelleusement , me- » ner le cheval dans un terrain raboteux ou très- » mouvant, les tênes presque flottantes, en ayant » S(»n d'être en mesure de soutenir le cheval, s'il » venait à broncher, ou à ne pas se laisser prendre » les jambes dessous lui, s'il venait à tomber. Je » recommande d'alonger les allures et de mener le » cheval dans un chemin raboteux et mouvant, afin j> qu'il soit forcé, pour ne pas tomber » de rétaUir » son équilibre en prenant ses allures naturelles ; » étant presque abandonné k lai-mémé, la nature » lui indique et te force k songer à sa sûreté. »
il me semble que s'en référer à de pareils moyens pour le dressa* des chevaux , c'est méconnaître en* iiërement les ressources de Téquitation. Évidemment ce qui donne des allures défectueuses, irrégulières, c'est le mauvais emploi de force dont le cheval fait usage (quand il n*est pas taré), et la disposition da sol où on l'exerce ne peut rien faire à cela» En SHp' posant même qu'un terrain mou et raboteux change la mauvaise allure du cheval , ce que je ne crois nul* lement) tatûtude qu*il y aura prise lui restera-t-dle toïyours? Et, dans le cas où elle loi resterait, serace bien celle avec laquelle le cavalier pourra lui faire api^écier ses moyens de direction ?
D'ailleurs, cette attitude venue sans le secours du cavalier pourra bien s'en aller, en dépit de sesefTortsr et voilà l'écuyer dans la nécessité de ne jamais use ;
de ce cheval ainsi dressé que dans des terrains mxms et raboteux.
Malheureusement ces erreurs tiennent à ce qu'on ne s'est pas encore pénétré de cette vérité, qu'il n'y a pas d'allures défectueuses avec de bonnes positions. Le cheval né trotteur, qui prendrait l'amble ou toute autre allure vicieuse, n'y parviendra qu'en raison du mauvais emploi de ses forces. Ce n'est pas avec les rênes flottantes et le tact de l'assiette qu'on parviendra à les rectifier , car le tact de l'assiette ne peut être apprécié du cheval que dans l'équilibre parfait, et cet équilibre ne s'obtient que par une bonne position.
De cette première erreur en découlent mille autres. Il n'y a plus de règles fixes pour l'iDStraction du cheval; on agit sur lui en aveugle, et les résul— tats qu'on obtient sont aussi incertains que les méthodes.
Nous avons blâmé tout à l'heure les barbares moyens d'éducation qu'employaient nos ancêtres r nous avons ri de leur ignorance, sans songer que nos livres modernes n'offrent, pour la plupart, rien de plus rationnel.
Dans un traité fort récent , intitulé : Promenades à cheval, ^e vois, par exemple, entre autres choses : <c II y a peu de chevaux qu'un bon cavalier ne parv vienne à réduire; les caresses, le sucre, le temps » et la constance produiront généralement des effets » bien préférables à ceux déterminés par les sacca- » des, la cravache et les coups d'éperon. x>
L'auteur n'a oublié que l'aide de Dieu. Mais les caresses y le sucre, la constance et même le temps
ne seryiront pas plus que les rigueurs à dresser les chevaux , si le cavalier ne sait pas faire comprendre au cheval d'abord qu'il doit être assujetti , et ensuite ce qu'il lui demande. Car dans quel moment doiton le caresser? pourquoi du sucre, et comment lui en faire manger étant à cheval? quelle idée lecheval en concevra-t-il ? L'auteur oublie évidemment que c'est sur l'intelligence du cheval qu'il faut agir, et que le choix des moyens importe peu, pourvu qu'ils arrivent à propos.
Du reste, l'auteur passe promptement d'une extrême douceur à l'excès opposé, car il ajoute en note que « les hommes qui , par métier, domptent » les chevaux, considèrent la privation du sommeil » comme un moyen efficace. »
Quelle erreur! quelle folie!
Quand donc les écuyers se persuaderont-ils bien qu'il n'y a rien à tirer de ce charlatanisme; que l'art de dresser les chevaux consiste dans le soin soutenu de récompenser à propos et immédiatement chaque acte d'obéissance qui ramène le cheval à une bonne position, et de punir chaque déplacement comme une désobéissance; mais qu'il n'est pas dans la privation du sommeil, cruauté qui ne saurait faire cornprendreau cheval qu'elle lui estinfligée pour unefaute passée ou future? Laissez dormir ces pauvres bêtes tranquillement , et tâchez de sortir l'équitation de ce sommeil léthargique où l'ont laissée jusqu'à présent l'irréflexion et la routine. Méfiez-vous des gens à secret, et des moyens hors nature. Servez- vous de vos poignets et de vos jambes avec discernement ; ayez pour but unique Y équilibre du cheval ; faites en sorte
7^ ÉBftANiiM.
qu'il ne |>iisse jamais sorUr d« Mie b^e pe^iîen qui est la base et le ceAplémeni âe ma éducation f et trois mois ne se seront peint éeoulés sans que Fàni^ mal le plus ignorant travaille avec une précisioB re^ marquable. ( Voyeg toocktion kaisonnée.^
* La faiblesse qui singe la force est dangereuse, car elle a souvent pour auxiliaire la méahanceté«
DRESSER (se). Le dieval qui se dresse est c^tfi qui se lève tout droit sur se» pieds de derrièreé
{Voyez CABREE.)
* Quiconque ne sent pas les justes réprimandes qui lui sont généreusement adressées, a un mauvais oœor^
DUR A CUIRE j expression triviale qui se dit du eheval peu impressionuable au fouet ou à réperon.
Il est peu de chevaux auxquels des attaques ap« pliquées à propos ne donnent pas suffîsanufient de sensibilité ou de erainte; il serait donc maladroit de les abandonner à la première résistance, car plu* sieurs de ces chevaux^ regsordéa oomme paresseux ^ n'en sont pas moins bons pour le service, et suppor* tent lûême beaucoup filiaux la fatigue que d'autres qui paraissent plus ardents.
* Pour ne blesser aueune des susceptibilité» d'un monde etigeant, il faut s'y présenter aVee eandrar et majesté.
^RRANLER 80M CHEVAL AU GALOP, e'est lui donner la forée et la posttioiai avec lesquelles il passe dû pè»k eetle albire; quand e'edt de Itnae-
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tion et sans transition qa*on l'ébranlé au galop , cela s^appelle partir de pied ferme.
Mais y pour ce dernier cas, il faut être bien sûr de son cheval , afin de ne pas dcmner lieu à des sauts de défense. {Voyez galop.)
* La vieillesse n*est pas exempte des faiblesses du jeune âge.
ÉCART f saut de côté, plus ou moins violent , par lequel le cheval s*éloigne d'un objet qui lui fait peur.
Le cavalier doit* être sur ses gardes avec les chevaux qui font des écarts, afin de ne pas éprouver de surprise; car il a besoin de son assiette pour soutenir énergiquement ranimai des mains et des jambes , et le porter immédiatement Sur ce qui frappe désagréablement sa vue.
Du reste , il ne faut se servir du châtiment qu*a*près avoir employé les moyens de douceur. Mais si le cheval s'obstine à ne pas vouloir s'approcher de l'objet qui l'effraie, il faut que le châtiment soit d'autant plus fort que l'effroi causé aura été plus considérable.
Hippocrate dit qu'il faut, par Une douleur plus rive, détourner l'attention du malade de celle qu'il éprouvait précédemment et que l'on veut guérir. C'est ici le cas d'appliquer te sage précepte. L'objet effrayant est la douleur dont l'attention du cheval doit être détournée.
Tant que l'animal paraîtra inquiet et disposé à fuir, on devra le maintenir , et lui faire braver l'obiet de sa frayeur et de son aversion. Au reste , il ne but pas abuser de la punition f mais se hâter, au