‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 3)Chapitre 30 sur 73 · DEPENDRE · texte numérisé non relu

DEPENDRE

cause que de la faiblesse du cheval ou de Fignorance du cavalier. Pour les éviter, le premier principe est de n'exiger rien au-dessus des forces du cheval , de ne jamais lui rien demander de compliqué, et de lui indiquer, avec lenteur et progression, ce qu'il doit faire ; sans ces précautions, en admettant même qu'il ne se défendit pas , toujours est-il que vous ruineriez promptement son excitabUité,

Quand on voit des chevaux bien conformés, mais ma) placés, résister aux efforts du cavalier , on s'en prend à leur mauvais caractère de ce qui n'est qu'un manque d'équilibre. J'ai cent fois acquis la preuve que des chevaux réputés méchants étaient on ne peut plus pacifiques. A qui donc imputer la faute de leur prétendu entêtement? Au cavalier, toujours au cavalier. Qi^e celui-ci se persuade bien que c'est d'abord à l'intelligence du cheval qu'il faut parler, et qu'alors, avant d'en exiger un mouvement, il faut lui donner la position sans laquelle il ne saurait «e rendre compte de ce qu'il doit faire.

Le cavalier doit bien être convaincu qu'aussitôt celte position donnée, il ne rencontrera plus d'obstacle ; l'intelligence du cheval le mettra promptement à même de saisir et d'exécuter tout ce qui ne sera pas contre nature.

* Le choix n'est pas douteux entre l'instinct qui, machinalement, divulgue les secrètes manœuvres, et le raisonnement qui ne les déjoue qu'après avoir failli en être la victime.

B^FENDBE. Les chevaux ne peuvent se défendre sans un temps d'arrêt préalable.

Ce principe, justifié par la pratique et la théo-

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rie, est de la plus grande importance pour le cavalier. On conçoit qu*ici par ce mot, j*entends désigner une personne douée d'un certain aplomb, et asses instruite en équitation pour distinguer promptement les mouvements justes ou faux, soumis ou rebelles, du coursier qu'elle veut diriger. Sans ce tact , cette sorte de toucher équestre, il n'y a pas d'babileté, point de sûreté possibles pour le cavalier, puisque, ne pouvant sentir les déplacements du cheval , il ne saurait les prévenir ; mais s'il possède cette sensibilité qui ne laisse échapper aucune des contractions de l'animal, il peut, avec de l'adresse, non-seulement suivre, mais encore empêcher la plupart des défenses.

En effet, quand le cheval est bien placé, soit au pas, soit au trot, soit au galop, il règne dans tous les mouvements de ses articulations une action égale qui meut le centre de gravité d'une manière régu«lière. Tant que celte égalité se conserve, le cavalier est lui-même en bonne position. Le premier talent de récuyer, c'est de maintenir cet équilibre ; et d'arrêter tout mouvement par lequel le cheval tenterait de disposer de ses forces.

Le PAS, le TBOT, le galop, consistent nécessairement en un certain nombre de mouvements opérés avec une action donnée ; il est facile à l'écu jer d'en apprécier le jeu, et, par conséquent, de sentir le surcroit d'effort qui dérangerait la régularité des allures. Ainsi, pour se cabrer, ruer, faire des écarts à droite et^à gauche, dans lesquels l'avant-main ou l'arrièremain gagnent indistinctement l'unesur l'autre, il faut nécessairement que le cheval commence par prendre les positions mères de ces mouvements rebelles. Si

récayer 1« «ai«il et les détrait, k défense est impossible. C'est un mal qu*il faut eouper dans sa raeine pour éviter d'avoir à le combattre.

Citons des exemples : le cheval tend-il à se cabrer ? l'avant-main ne jpeut 6*enlever sans avoir fait refluer son poids sur les jambes de derrière, qui prennent aussitôt un point d'appui sur le sol , pour alléger d'autant les jambes de devant. L'animal ne peut donc surcbar|!;er celles de derrière que par un mouvement réactif sur lui-même. Si le cavalier s'en apetçoit k temps, par l'approche et le soutien ferme des jambes , il porte en avant les forces et le poids qui tendaient à immobiliser rarrière-main , et retire à la défense le point d'appui sans lequel elle échoue.

Le principe est le même pour prévenir les ruades et les écarts, mais avec des moyens d'exécution différents, c'est-à-dire que le secret est toujours d'empéeher, autant que possible, le cheval de s'emparer du point d'appui sur lequel il veut baser sa défense. Ainsi, pour la ruade, c'est Tavant-main qui se surcharge, la tête et Tencolure se baissent vers lé sol ; il faut donc sentir aussitôt ce déplacement pour obliger les forces à refluer vers le centre, en élevant et soutenant vivement les poignets pour redresser l'encolure.

Dans les écarts, le temps d'arrêt offre quelque chose d*anatogue; mais il faut distinguer si le cheval se dérobe d'abord du devant ou du derrière ; si c'est la partie antérieure qui opère le premier déplacement, l'appui se prend sur les jambes de derrière avec une inclinaison plus considérable du côté

•ÉFUIAE. M

«è l'ésart doit avoir liea ; le cafalier, qui saisît ee changement de position , réactire la partie qui faiblit, et, profitant de oet élan , rédresse l'inflexion de l'encolure, et rend aux extrémités TéquIMbre de poids etd'aetion.

Est-ce, au contraire, par un moQ^emeot dégroupe que le efaeral se dérobe à Taetion des aides en se portant à droite^ son poids reflue sur les jambeâ de de» vaut, et TincKnafson se fait à droite ; l'écart va suivre aussitôt le déplacement de ce cèté> si le cavalier, par un surcroît d'action déterminé par les Jambes, ne s'empresse de dégager le poids de cette partie anté* rieure , ne ramène au plus vite Tanimal dans sa position première. Si la pression de la jambe droite ne fait point rentrer assez promptement la croupe, en agissant sur les épaules et les reportant de ce côté, on la forcera bientôt à fêvenir dans sa direction première $ c'en est assez pour équilibrer de nouveau Tae^ tton dés articulations.

Je n'entrerai point dans plus de détails; ceci suffit pour établir' que toujours une défense, quelle qu'elle soit, est précédée d'un temps d'arrêt que le cavalier doit saisir pour en déjouer le résultat.

Mais on ne saurait trop le répéter : potir prévenir les luttes qui sont souvent au désavantage du cavalier, le premier moyen est encore d'assouplir l'encolure du cbeval , et de rexercer au reculer. Grâces k ces essais préparatoires, l'écuyer captive prompte— ment l'attention de son coursier, il lui fait perdre plus vite les mauvaises positions. A mesure qu'il tente d'en prendre une, il la rectifie, et le rend si soumis- aux moindres pressioi» iu mJM ou des

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jambes, qu'il arrête ses déplacements et lui ôte même jusqu'à l'idée de se défendre.

* La morale n'est profitable qu'autant qu'elle est faite en temps opportun.

DIÎLIBÉRER UN CHEVAL, c'est le déterminer aux allures qu'il a de la peine à prendre.

Tant que le corps du cheval est porté bien également sur ses quatre colonnes , évidemment il n'y a Eis une allure qui lui soit plus difficile à prendre, e pas est le résultat immédiat d'un peu d'action ; le trot lui succède avec un surcroît de force, le galop s'obtient avec un ramené plus parfait et un degré d'action plus considérable.

La bonne position et le juste degré d'action sont donc les mobiles également indispensables et efficaces pour toutes les allures du cheval. Le talent du cavalier est de bien déterminer l'une et l'autre ; sans cela il s'expose à n'être écuyer que par hasard, et à se tromper beaucoup plus souvent qu'il ne rencontrera juste.

* Le bonheur consiste à se contenter de peu.

DEMANDER, c'est parler à l'intelligence du

cheval.

Gomme le cheval doit obéir et exécuter immédiatement quand on lui commande, il ne faut lui demander que les choses qu'il peut comprendre, afin de ne jamais le mettre en droit de se révolter contre d'absqrdes exigences.

* On est étranger à tout sentiment profond, quand, sans motifs plausibles, on se détache de la foi jurée.

DliSARÇONNERy se dit de l'action par laquelle

DÉSESPÉBÀDE. 61

le cheval met le cavalier hors selle, par des sauts ou des mouvements violents.

Certes, celui qui prétend n'être jamais tombé n*a pas monté de chevaux difficiles; mais ce ne serait pas être écuyer que de se laisser désarçonner par des ruades, des écarts ou autres sauts qui sont des plus faciles à suivre, à moins qu'on ne soit pris à Timproviste.

Avec une bonne flexion de reins, et une forte pression des genoux , il est peu de défenses qu'on ne puisse supporter. Mais la pratique seule peut amener à bien saisir ces à-propos , et les livres ne peuvent rien apprendre à cet égard.

* L'amour véritable se contient avec un RI; la passion désordonnée rompt les liens les plus forts.

DESCENTE DE BIAIN. La descente de main se fait ordinairement quand le cheval est au galop.

Après avoir glissé la main droite jusqu'au bouton, et s'être assuré de l'égalité des rênes, on les quitte de la main gauche, et la droite se baisse lentement jusque sur le pommeau de sa selle.

Il faut , pour que la descente de main soit régulière , que le cheval n'augmente ni ne diminue la vitesse de sou allure , et que sa tête et son encolure conservent toujours leur position.

Cette licence ne doit se permettre que sur un cheval bien mis; elle dénote sa justesse, et fait voir aux spectateurs que sa belle attitude dépend de l'égale répartition de son poids et de ses forces.

* Il faut se mettre en garde contre les caprices du sort, ou croire à la fatalité.

DiSESPÉRABEy vieux mot qui se dit d'un cheval qui va en désespéré.

Qi DftTâCBIA.

Pmir^xvrîger cei àèimitê, évitant hieft à^e les moyens que mettaient en iiiâgeMlf« do lai ei PkiTiBeL ( Foyejv DUasn.)

* Ne pas savoir se dominer entièrement est vam victoire incomplète*

HÉMUU Le cheval est désoai du devant lora^ que, en galopant à main droite^ c*est la jambe gaaehe antérieure qoi oommenee le galop f et il Test du derrière qnand la jambe postérieure droite reste plus en arrière que la gaoche^Dans le premier oas^ les jambas de derrière ont un jeu régulier; dans le seeond^ eo sont celles de devant. ( VoyeM oaloi» ^ pevr las moyens à employer.)

* Le malavisé qui répond à vos procédés par des impertiaenees n'a nul dîroit à vos égards»

0]éTACBlR LA RUADB, c'est mer vigodreusement.

Le moyen de corriger le cheval de ce défaut est d'éviter que les jambes de devant ne se fixent sur la sol; car il faut, pour que le derrière s'enlève ^ que Ut poids qui lui est assigné pour le jeu des quatre jambes soit reporté sur la partie antérieure.

Le cheval a deux manières de placer son encolure pour donner aux jambes de devant ce poiot d'appui : lune a lieu par son affaissement, et l'autre par sa contraction. Bans le premier cas, il faut scier vigoureusement du bridon , jusqu'à ce qu'oa ait élevé cette partie; dans le second, se servir du mors delà bride avec une force continue Jusqu'à ce que rcncolure ait cédé.

On conçoit combien il serait difficile de combattre ce dernier effet de force, si d'avance le eheval n'était

pas habitué à répoaâre à la pkft pelîtd Mijédon de ce frein ; c'est donc du travail préparatoire dans Vi^ naction que dépeod la réussite.

* Une résolttticm ferme détruit pramptement les mauvais germes qui preneeni raoiiie dans les orga» nisatioDS faibles.

DliTERMINBlI VK €BB9JUL, eeai le porter en avant, quand il résiste ou se retient.

U faut se rendre bien raison de ce qui fait naître le refus du cbeval, avant d'employer le châtiment.

Il y a, presque toujours, une cause matérielle dans ces sortes de résistances, et le cheval ne combine et ne dirige ses forces contre le cavalier, que pour se débarrasser d'un joug auquel il serait douloureusement et maladroitement assujetti.

* Pour être bien compris, il faut parler distinc-tement

VÉTBAÇVEM* Un cheval est détraqué lorsque le cavalier, par sa maladresse , a corrompu ou falsifié ses allures.

Celui qui détériore ainsi les mouvements du cheval n'eit pas capable d'y remédier à l'aide des principes tracés seulement sur le papier; il doit se mettre dans les mains d'un bon écuyer pour -apprendre à se bien placer à cheval, et ensuite il s'occupera de la bonne position de l'animal; s'il n'acquiert pas le tact nécessaire pour corriger les mauvaises allures , il en saura du moins assez pour conserver celles qui sont correctes, et c'est déjà quelque chose.

* Il faut coordonner toutes ses pensées pour se Kvrcr avec succès aux études sérieuses.

DÉWmM. On dit qu'on cheyal dévide^ lorsque,

6k DONNER.

en marchant de deux pistes , les épaales vont trop vite, et que la croupe ne suit pas.

Comme ceci tient à l'ensemble des mouvements du cavalier, ce n*est que par des explications verbales et faites sur-le-champ même qu'on peut rectifier ce manque d'harmonie ; il en est ainsi de tout ce qui tient au mécanisme de l'équitation,

* Il faut de lasupériorité pour imposer aux autres, et avoir de l'empire sur soi-même pour n'en pas abuser.

DOMPTER UN CHEVAL , c'est vaincre ou subjuguer ses penchants.

C'est rarement par la force qu'on parvient à dompter un cheval; le châtiment est quelquefois utile, mais en temps opportun seulement.

Si , par des moyens de douceur, qui sont toujours préférables , on arrive à maîtriser ses forces , on en modère plus facilement la fougue ; car le cheval n*est violent qu'autant qu'il sent la force dont il peut disposer , et c'e^ souvent une manière de la lui faire connaître que de chercher à lutter avec lui.

Le travail en place et les allures lentes valent mieux que tous les actes de rigueur, pour calmer son action , et diminuer les mouvements impétueux qui en résultent.

* Les faux amis profitent de vos largesses indiscrètes, pour tramer contre vous.

DONNER LA MAIN ou abandonner la main , signifient lâcher la bride au cheval.

Quand on veut diminuer les effets du mors, il faut bien éviter d'abandonner la main, ou de la porter trop en avant. Le mors n'a plus d'action aussitôt qu'il est éloigné seulement d'une ligne de la sensibilité

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