‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 3)Chapitre 51 sur 73 · LEÇON · texte numérisé non relu

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goûtée des élèves; celle qui, toot en réalisant pour eux de promptes et durables jouissances , leur fait éprouver le besoin de se perfectionner en prolongeant d'eux-mêmes le temps de leurs études.

Voici donc comment je divise mes leçons : Trois semaines ou un mois en bridon, pour commencer à rompre le cavalier et donner à chaque partie l'attitude qu'elle doit conserver. Vingt jours en bride, j)Our placer l'élève carrément, sans le secours des deux rênes, et pour consolider sa position. Les éperons ne s'adaptent aux talons qu'au bout de ce temps; après les avoir portés huit jours, on commence l'usage du filet, qui est tenu dans la main droite, pour agir sur la position du cheval. Ainsi, c'est au bout de deux mois que mes élèves commencent à tirer avantage de leur solidité, pour régler le mouvement de leurs aides, et disposer le cheval pour le galop.

Il est bien entendu que ces divisions de temps n'ont rien de sacramentel, et que l'écuyer peut et doit même les modifier, selon la capacité des commençants.

Il estbon que j'explique encore comment je gradue le choix des trotteurs qui servent aux premières études, avant de permettre l'emploi de tous les instruments propres à faire connaître au cheval la volonté du cavalier. Pendant le premier mois , ils ne montent que des chevaux doux d'allure et de caractère; en-* suite ils montent indistinctement des chevaux doux ou durs, mais n'offrant pas d'autres difficultés que celles qui résultent de leur allure. Cependant, comme ils en changent à chaque reprise, j'ai soin

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que le premier lolt toujours celui qui à les réactiOBs les plus fortes.

De cette méthode l*élève tire ûm% avantages; d*abord, les déplacements eontlnuels qu'il éprouve lui apprenuent à se servir de ses forces j de fflanière à reprendre son équilibre le plus promptement possible, et, pour cela, j'ai grand Soin qiie ses épdules et ses jambes ne lui prêtent aucun secours.

Ensuite, lorsqu'à la seconde reprise il pftsse sur un cbevail plus doux, il ressent une telle aisance, qu'il emploie de lui-même, à se bien placer, les efforts qui ne lui servaient d'abord qu'à se tenir; le . bien-être qu'il éprouve lui fait sentir le désir et le besoin des progrès.

Un soin que j'ai encore, c'est, par des conseils assidus, de m'emparer de l'attention dé l'élève; de le forcer incessamment h veiller sur lui-même, à rec- \ tifier sa position , et à profiter ainsi de chacun des , moments de sa leçon ; d'approprier mes expressions, et jusqu'aux intonations de ma voix , au caractère de i l'élève et aux dispositions morales que je lui ai recon- I nues. A celui qui met tout à profit, je parle avec doUceur, et j'explique plus à fond; au raisonneur, je é réponds brièvement, sans laisser toutefois aucune \ de ses demandes sans réponse; je contrains l'esprit { paresseux à me donner le pourquoi du pourquoi, tantôt en l'obligeant à penser, tantôt en Taidant à propos. Pour l'élève apathique oU indolent, j'use de mots sonores et expressifs (toujours honnêtes, bien entendu). Il est des élèves dont la prompte compréhension devance les progrès physiques : tous mes soins, avec eux, se portent vers leur mécanisme;

je in*jiUacbQ à m pré«aaUr d9 uoHVAaux alimenU à leqr ÎQUlligençe qu'au fur et à mesure que Tbabitude d'exécution répond i leur coneaption. Bref» mon premier soin est de chercher à connaître le genre et le degré de capacité de chaque élève, et j'affirme fp\e cette connaissance a toi^ours été plus utile à leurs progris que celle du phf sique; car il n'est pas de conformation avec laquelle on ne puisse monter à cheval; mais il est des organisations intellectuelles avec lesquelles tout progrès serait lent ou nul, si Fécuyer ne savait en tenir compte.

Cela dit, je reviens à la position de l'élève.

Mon attention première consiste dans le soin de rectifier les parties qui composent et constituent son assiette, chaque fois qu'elles sortent de la bonne position que je lui fais prendre en le mettant à cheval.

Je supprime pour mon élève tout changonent de direction» ne tenant môme pas à ce qu'il conduise régulièrement son chevid en ligne droite; je veux qu'il ne soit occupé que d'un seul point , œlui de se tenir de son mieux,

Quand il est placé convenablement, c'est-à-dire les reins bien disposés et les cuisses adhérentes i la selle, alors, mais seulement alors, je lui fais connaître les fonctions des poignets et des jambes et leur influence sur le cheval, en lui expliquant clairement leurs effets, séparés ou combinés. C'est en exerçant constamment Télasticilé de chaque extrémité que rélève parvient promptement à s'en servir d'une manière locale et avec un ensemble raisonné, et qu'il en communique 1^ impulsions au cheval, non pour

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lui donner des directions, mais bien pour le placer; je lui apprends ainsi qu'à son exemple le cheval doit être assujetti à un aplomb véritable, sans lequel il n'y a pas de travail possible. Enfin, ce n'est que quand l'élève obtient une amélioration sensible dans réquilibre de l'animal qu'il doit essayer à le diriger; mais, dès lors, il le fait avec précision et sûreté^ je dirai plus, avec conviction.

N'est-il pas mieux de suivre cette marche toute logique et naturelle, que de franchir sans discerne* ment les échelons qui servent de base fondamentale à la science? Je le répète, la première chose que l'élève doit acquérir, est une bonne position , car la position est à l'emploi des forces motrices ce que le point d'appui est au levier.

Les écuyers se plaignent assez souvent du peu de persévérance des élèves et du dégoût qu'ils apportent aux leçons. Le moyen d'obvier à cet inconvénient est d'abord de faire disparaître la monotonie et la longueur des leçons classiques, de rajeunir les errements de nos vieux professeurs, qui pensaient que sans bottes à l'écuyère et chapeau à trois cornes on ne pouvait bien monter à cheval, et laissaient le commençant beaucoup trop de temps aux premiers principes. Évitons ces ennuis à nos élèves, mais sans pourtant tomber dans l'excès contraire, en les faisant monter, au bout de quinze jours de leçons, avec des éperons et des étriers, sans leur avoir reconnu des dispositions extraordinaires; car, dans un cas comme dans l'autre, ils se dégoûteraient promptement; dans le premier, parce qu'ils croiraient l'équitation d'une insurmontable difficulté; dans le second,^

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