LES HANCHES
MARTINGALE (la). On entend par martingale une large courroie qui s'adapte au mentqp du opç-r ▼al , ç^ correspond aux sangles.
Des écuyers ont encore recours à la martingale pour assurer la tête du cheval qui bat à la main , ou pour ramener le nez de celui qui l'éloigné trop , qui pointe au ventf selon Texpression consacrée.
On s'est imagine à tort que l'emploi de ce moyen pouvait servir à corriger le cheval qui aurait le défaut de se cabrer; celte erreur est excusable quand on sait que, sur douze ou quinze ouvrages qui traitent de l'équitation , aucun n'a caractérisé l'effet de la martingale et les inconvénients qui en résultent; ils sont cependant faciles à concevoir.
Les chevaux battent à la main, portent le nez au vent, 1" par ignorance, 2*" par vice de conformation ou par faiblesse, 3° par malice ou méchanceté.
Supposons d'abord que l'ignorance soit la seule cause de ces faux mouvements, ce qui arrive quand elle amène le cheval à prendre de mauvaises positions de tête et d'encolure, qui réagissent sur les autres parties du corps; en second lieu , que ce soit la suite de cette idée innée en lui, que des mouvements brusques le débarrassent des corps qui le gênent, et qu'il essaie ainsi à se délivrer , soit du mors , soit des rênes , soit de tout autre obstacle.
Quel remède la martingale apportera-t-elle à ces mauvaises habitudes? Comme elle n'agit que dans le sens d'une ligne droite, elle aura pour seul but d'empêcher une trop grande élévation de la tête ; mais s'opposera-t-elle à son mouvement dans les limites mêmes de sa longueur ? fixera-t-elle cette partie de l'animal? Non, sans doute. Éclairera-t-elle son ignorance? Encore moins; cette espèce de lien, placé entre la tête et le poitrail, est une gêne et non
pas un avis. La seule idée qu'elle puisse faire concevoir au cheval, c'est qu'il ne peut point éloigner son nez au delà d'une certaine borne.
Indiquer à l'anipial qu'il ne peut faire une chose n'est pas lui apprendre ce qu'il faut qu'il fasse. Quel est le but du cavalier? de l'avertir qu'il fait bien ou mal; eh bien I la martingale lui dit, par son action permanente , qu'il fait toujours mal. Je le demande, quand saura-t-il donc qu'il fait bien, et surtout ce qu'il faut faire? Avec la martingale, il élèvera moins la tète; mais il ne cessera pas de batire à la main , seulement le ipouvement s'exécutera dans un moins grand espace.
Si l'écuyer, après avoir débarrassé l'ajîimal de ce lien aussi incommode qu'inutile, s'attache à lui faire comprendre , par des pressions ménagées avec adresse et opportunité, qu'jl ne doit point se livrer à ces mouvements, le cheval les diminuera, et les cesser^ bientôt de lui-même par le bien-être qu'on aura soin de lui faire éprouver en lui rendant insensiblement la main, chaque fois qu'il reviendra dans ]a position convenable.
Comme il ne s'agit que des défauts produits par l'ignorance, Téouyer ne manquera pas de recourir à l'ensemble des aides, a6n de coordonner, de mettre en harmonie toutes les poses et tous les mouvements; résultat qu'on n'obtiendra jamais à l'aide de la marlingale, puisqu'elle n'agit , jjc le répète , que dans un sens, et avec une force égaie et continue, force qui paralyse même les efTcls de la main.
Il n'est pas plus difficile de démontrer que nonseulement la martingale n'est d'aucun avantage pour
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obvier à la faiblesse ou aux vices de conformation , niais, qii*àu contraire, elle peut avoir les plus graves inconvénients.
Admettons que, par la faiblesse des reins ou des jarrets, le cheval élève la tête continuellement ou par saccades, afin de se soustraire, parTaclion de Tavantmain, à la gène et à la souffrance qu'une position forcée fait éprouver à Tarrière-main trop débile ; en ce cas, la martingale, avec son seul mode d'action , offrira-t-elle au cavalier le moyen de renouveler à propos l'emploi de ses forces, et de donner à ranimai le relâchement nécessaire ? Non , évidemment ; car cette courroie qui l'enchaîne n'agira pas seulement sur l'effort que fait le cheval pour soulager l'arrière-main , mais elle lui donnera un point d'appui, alourdira l'avant-maîn, prendra sur son action, et l'empêchera de sentir la différence des pressions que le cavalier donne au mors, ce qui détruit le principe fondamental de toute correction. £n un mot, elle ne lui donnera qu'un avis, quand il faudrait les multiplier à l'infini.
Une main savante peut seule, dans ce cas, avec le secours des aides inférieures, placer le cheval, et, par des pressions légères et adroites, ne permettre à l'avant-main que la liberté justement nécessaire au degré de faiblesse des reins et des jarrets. £n vain objectera-t-on qu'on peut user de la martingale avec modération, et de manière à ne point nuire aux mouvements de la main; de deux choses l'une, ou la martingale a un effet spécial , et alors il ne faut pas appeler à son secours celui de la bride, le cavalier est inutile^ il n'a plus qu*à se croiser les bras; ou
elle n*a pas d'effet spécial, et alors ce n'est qu*un colifichet sans but réel , ou même , et cet avis est le mien, elle a de graves inconvénients, et, dans ces deux derniers ca&, il faut se hâter d'«n abandonner Tusage. Examinons ensuite le cas où la méchanceté donne au cheval les défauts contre lesquels on propose la martingale; si le cheval se livre à ces mouvements défectueux, c'est qu'il a compris qu'il pouvait disposer à son gré de toutes ses forces; alors, se croyant affranchi du joug du cavalier, il se livre à'des déplacements brusques et précipités , par lesquels il tâche de se débarrasser de ce qui le gêne. Loin de diminuer cet inconvénient et les nombreux dangers qu'il entraîne, on les augmentera encore par l'usage de la martingale ; car le cheval prendra sur cette courroie un point d'appui dangereux. Nous ne saurions trop insister sur ce dernier inconvénient ; car, dès l'instant où l'animal rencontre une opposition qui, par sa continuité, lui fait deviner un point d'appui, il s'en saisit, et, fort de l'inertie de cette puissance qui lui sert à lutter avec avantage, puisqu'il n'en ressent aucune douleur, il livre au cavalier un combat dont l'issue peut devenir funeste à celui-ci. Dans ce cas , son encolure contractée, tendue, devient insensible à toute la force que la main pourrait lui opposer. Quel moyen alors de résister à ses défenses? S'il rue, en vain soutiendra-t-on les poignets pour enlever l'avant-main , et reporter son poids sur l'arrièremain ; la martingale s'y oppose par son action , qui abaisse l'encolure et attire Tavant-main vers la terre. Le cheval se cabre-t-il? inutilement vous relâchez les poignets et actionnez Tarrière-main pour reporter