‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 3)Chapitre 71 sur 73 · TRAVAIL DES CHEVAUX EN LIBBRTIÉ · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES CHEVAUX EN LIBBRTIÉ

La première fois qu'on a vu les chevaux s'agenouiller, se coucher, se mettre à table, etc., etc., on a dû nécessairement être émerveillé; maintenant encore, on éprouve un moment de surprise * ; et ce-

* L^élonoement est allé souvent jusqa*à la crainte du sortilège.

Nousavons sous les yeux un vieil ouvrage sur VÉquitation, de M. Delcampe, écuyer de la grande écurie du Roi, imprimé en 1664. qui nous en donne un triste exemple :

« Un Napolitain, nommé Piétro, avait un petit cheval dont il sut mettre à profit les dispositions naturelles ; il le

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pendant il y a peu de personnes qui ne puissent parvenir à faire opérer tth tiiôatèflïêttfè^eii teiVafit les règles et les moyens que je vais détailler, tl(fllâitt^ bien on pense , je négligèlrai coihplétëftieiit c^ singeries qui n'exigetit aucun savoir éhet rin^actetity aucune étude pour Tanimal , et qui YTébtouifôeht le vulgaire que parce qu*ii en ignore les catfses. Mon but n*est pas de traiter ces actes dé pulr èharteta» nisme \ mais seulement d'Mîquer Tés èx^fcicés qui

nommak USaîgmco.'U le dvesM > et lof tfppifl à «e MtnisriBaM mlleni bride, et mbs que ^ef«tfun« fftt éWiM i.

» €e petit imiBnl ee ooacâiaity «e «ettait t ^wmBt ^ ttM^iMit «aient 4e eoqrbeUee tfm «on iveUfe loi dieiût. fi portait an gant, oa tel autre gage -qa^il plaisait à «on maître de lui domiOT, à la personne qu'il lui désignait. H sautait le bâton et passait à travers deux ou trois cercles les Hm de^ vaut les autres, et faillit mille autres sîngérleà;

» Après aroir parcouru ittite gtà^fie ^ialttiè ttfe !%tifr«piB', son ttftttie touKtt fie Y^tireT; inais'eift paMSint ptfr Axiee, à s'y arrêta. Ces tnefTeiHes ft«ppèrent teHiifli^iit H fev^lè» m f^ tonnement fut porté à tel point qu'on le|ilili|KiÎHr on «nmtt. IKétio €% Mauraco forat ht^ké» eamn» «els«ar k|^faiee publique. »

' Par exemple, dans un mimôdrame intitulé, je €roi&, Gérard de Neverê, un cavalier amoureux, plongé dans le cliagrin , fait débrider son cheval pour lui donner de l*avoînè; ranimai (telle est l'intention de l*auieut) doit pàftager îa dtfttleur de son mettre; il ne veut pas manger le grain fni'^n lui a jeté; aussi, après avoir mis le nez dedans, Tève-t-il la tète avec un signe négatif, et cela au grand étonnement et aux applaudissements des spectateurs.... ÏI faut dire que Vaqge esta claire-voie et hérissée de clous ^'épingle.

Dans une autre pièce . un maître assure que son cheval répond à ses questions : pour le prouver, il lui adresse la pa-

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demandent à rhomme du tact et de la ptience . et âénôltent<lhéz le cbevàl ùhë Intenigbncé ifr^usàmé.

Le point essentiel pour instruire un diévàl con-> siste 11 Ken discerner M , lorsqu'il refusé d*dbèir| il agit par eaqpnce, opiniâtreté, méchancdtè, ou bien par Ignorance. L*art de Tinstructeur n^offre pas a*autres difficultés.

^ £n effet, si le cbeval n'a pas bien compris ce qu'on lui demande ^«t qu'on le frappe pour le punir de ne pouvoir exécuter ce qu'il n'a pas compris, comprendra-l-il davantage? La première cbose I faire est d'apprendre au cbeval ce qu'on lui demande ; pour y arriver, il faut déterminer, jpar tlhé Isérie bien exacte d'actes intellectuels, ce qu'on veut fixer dans sa mémoire. Est-ce avec des coups qu'on lui donnera cette compréhension? Non, sans doute; c'est d'abord en lui indiquant bien clairement le but désiré; ensuite, par des châtiments ou des récompenses appliqués à propos, en lui ihculquânl dans fa mémoire les mouvements qu'il doit exécutef.

Le plus beau travail pour le cbeval est celui où 3 est presque livré à lui-même; aussi nous en occuperons-nous d'abord. Pour ce genre d'éducation^ te manège circulaire est le plus propice; l'instructeur èe trouve plus près du cbéval, ël toijyours égal^nent à portée de réprimer ses fautes.

Notts apprendrons d'abord au cbeval à rester sur

fole,ièt le ftee imiaédtoleiBMit t Véft^U^ aUmi I» cfaMnil j^Mmw un petit t»i , et ieirt te mondée le yiwfr 4'tiatoUw»* 0A «AititûdiB s«ti8. peine 'Ui^ ptieil «^MikAt «¥ec>to«i les ik^ V4iux diâtouiUeux.

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la piste près des planches, au pas^ au trot , au galop, puis à l^ quitter pour tourner à droite ou à gauche.

11 faut mettre le cheval nu, avec un surfaix et un anneau rond fixé sur le coussinet, pour y passer les rênes d'un bridon ou d*une bride; en les y fixant on proportionnera convenablement leur tension sur son action et sur la position naturelle de son encolure , puis on lui adaptera un caveçon après lequel sera bouclée une grande longe de trente pieds.

Une fois le cheval entré dans le manège , oq l'approchera avec douceur, on lui donnera du sucre , ce à quoi on Faura habitué à l'avance ; la longe sera tenue de la main gauche et la chambrière de la droite; on ne lui laissera d'abord que six pouces de longe, on l'habituera au claquement de fouet, et s'il ne cherche pas à s'en éloigner, on lui prodiguera des caresses. On se placera vis-à-vis de lui à trois pas environ, en le regardant avec bienveillance : les chevaux savent parfaitement distinguer si l'on est plus ou moins favorablement disposé à leur égard; ils se rapprochent plutôt de celui dont le regard est doux. On doit prendre le même soin de sa voix , et lui donner les inflexions qu'exigent les circonstances.

Ce ne sont pas là des règles de peu d'importance; plus l'homme veut avoir d'empire sur l'animal, plus il doit s'attacher à lui faire comprendre et juger ses propres impressions.

On le fait venir à soi de trois pas de distance dont il est éloigné , en lui disant à haute voix : A moiJ II ne comprendra rien les premières fins, mais, qu'on se serve de la chambrière, en lui cinglant de petits coups sur la partie inférieure du rentre, jus-

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qu'à ce qù*il s'approche, puis on calmera l'irrilation qui a dû suivre le châtimenl, par la voix, les caresses et le sucre; on recommencera ce même travail, en lui donnant un peu plus de longe quand on sera assuré qu'il ne cherche plus à fuir, et bientôt il obéira à la voix ; enGn on le fera tenir éloigné autant que la longe le permettra. Au mot: -4 moil le palefrenier le laissera aller; s'il vient directement, on le récompensera du geste et de la voix , et on lui donnera du sucre, autrement, on tiendra ferme la longe, en restant toujours à la même place, et l'on se servira de la chambrière pour l'en toucher vigoureusement, jusqu'à ce qu'il obéisse. Il vaut mieux habituer le cheval à obéir par la crainte du châtiment, que par l'attrait des récompenses. 11 n'oubliera jamais les causes qui font naître le châtiment, et comme on lui aura appris à l'éviter, en s'approchant, il obéira franchement et avec promptitude ; si, au contraire, on ne mettait en usage que des moyens de douceur, il pourrait les oublier, pour se livrer à un caprice quelconque ; comment le punir alors de cet écart? Ce serait chose difficile, puisque son idée de révolte lui aurait fait perdre de vue la récompense habituelle, il faudrait donc attendre qu'il lui plût de revenir vers vous. On serait alors à sa discrétion, et il n'obéirait qu'autant que le souvenir de la récompense lui reviendrait en tête. On doit, tout à la fois, se faire craindre et aimer.

Il faut que le cheval s'approche à la voix , et que le mouvement en arrière de votre corps lui fasse prendre facilement toute espèce de changements de direction. Conduisez-le sur la piste à main droite,

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placez-vous près de son épaule^ en le tenant avec la loi!^ge du càvecon, iie TOùâ è\(A^éz de liiî ^âé progressivement et quand il kie chèfcfaera j^!us & revenir sur vous. Montrez-lui ïe bout de votre chambrière chaque fols qti'il quittera là pisté; s*il prend le trot avant votre commandement; dites-lui : Au paè t en prolongeant la première syllabe.

ISi le cheval est instruit par un homme patient^ ayant le tact observateur, son intelligence ne restera pas en défaut, et, en peu de jours avec cette gradation dans le travail , il marchera au pas avec régularité , bien que vous soyez k vingt-cinq pieds de lui.

Pour le faire partir au trot, élevez la main, en avançant votre chambrière pouf la lui faire voir 5 commandez : Au troïl en élevant la voix el en alongéant la dernière syllabe. Prévenez le retour àa pas en entretenant son action par la chambrière^ ou fiaites onduler horizonlahment la plate-longe s'il précipite son allure; faites-le passeir souvent dû trot au pas, en vous servant du mot : Au pasî et eu faisant un usagie modéré du caveçon.

Le galop s'obtiendra parles mêmes procédés quant à la chambrière ; bciaîs lorsque vous prononcerez : Au galop} la voix prendra un toii plus élevé qùè pour le trot. Ce n'est pas le mot qui lé force à obéîr^ mais des intonations différentes.

Le passage du <galop au trot s^éxécuie comme Celui du trot au pas, en baissant la voix et prolongeant le mot : Au trot!

Outre rintonation , il faut aider au sens des paroles par des mouvements de corps plus ou moins vifs 9 en rdsondeis allure que voui» lui comoutfidex î

ïe

ains^i marchez p^s vitç ^naofid jt est au galoç^plus doucènfient quand il va le Irot^, et ralentisffez encoce pour Fallure. du pas. Bjçn que vous soyiez à une grande distance du cheval, il n*en aura pas moins [es yçux siir vous, et cuivra plus facilement la mobilité de votre corps, qpil n*obéira à des paroles qu*il niç comprendra que par les indicatiçins accessoires.

tfii cheval ayant élç habitué d'avance à s'approîçher au met :A mot/ accompagné d'une retraite de çorp^, prendra aisément des changements de direction par U moyçA suivant : ditesrlui : I)ouilext s'il hésite, la chambrière et le caveçon feront leurs fonctions pour ramener jusqu'à vous; puis vous le conduirez jusqu'à l'ej^ttémité de la, li^nç du doublé, en restant â son épaule; si» après avoir répété ce mouvement Sautant de (oh qu'il {parquera de rhé^itatign , il vient Çcancheiçeut à vqus,, marchez pour entretenir son action, et le conduire sur la piste opposée.

tiQ^ changements de main s'obtiendront plus facilement encore >k cheval cherchant toujours à s'éloigner de son instructeur. Pour obtenir ce changement, vous V0U3 portçi^e?, un peu en avant, du côté vers lequel il marché,, en lui montrant la chambrière. Le reste de défiance qu'il éprouvç le poussera naturellement à couper le manège par la moitié, et à reprendrela piste dans l'autre s.çns: cependant, soutenez-le avec Ifi caveçon, ayez même recours au fouet pour le faire venir jusqu'à vous^ car il finirait par tourner sur lui-même. Câressez-le et faites-lui connaître la route qu'il doit $yivrc. Les mêmes mouvements, fréquemment répétjps, Cuiront par pénétrer dans son intelligence ; alors iî vous secondera et vous prévien-

dra, pour aiusi dire. Ceci est tellement vrai, qu'il ne m'était pas possible de me moucher en exerçant un de mes chevaux, sans que le mouvement de mon bras pour cette action ne le fit immédiatement rentrer dans le manège. Il faut dire que je m'étais emparé de ses facultés intellectuelles à un tel point, que toujle son attention était portée sur moi; aussi lui faisais-je exécuter toute espèce d'évolutions, sans ouvrir la bouche et avec des mouvements de tête et d'épaules imperceptibles aux spectateurs.

Quand le cheval répondra à tout, sans la moindre hésitation, débarrassez-le du caveçon , et qu'il fasse en liberté le travail qu'il exécutait précédemment avec ce lien; vous reviendrez à ce premier expédient quand il n'y mettra plus la même régularité. II serait bon, pour prévenir toute insubordination, départager le temps de la leçon en deux reprises, la première avec le caveçon, et la seconde sans ce secours. .

Il faut une grande patience pour apprendre an cheval à "rapporter. Cependant, si les progrès sont, pour ainsi dire, nuls les premiers jours, ne vous découragez pas ; c'est dans ce moment-là que le cheval classe, dans sa mémoire, les faits qui doivent, plus tard, se développer dans son intelligence, et qu'il arrive ainsi à comprendre parfaitement. Ne compliquez pas ce que vous lui demandez par trop de promptitude, et il saura bientôt mettre à profit vos bonnes leçons. Du reste, voici à peu près la marche à suivre :

Pour qu'il ne se tourmente pas, et s'occupe uniquement de vous, laissez-le dans l'écurie, et à sa

placQ habituelle. Ayez , dans un mouchoir blanc de lessive, une bonne pincée d'avoine et quelques petits morceaux de sucre; mettez-vous du côté du montoir , passez votre bras droit sous sa tête, faites qu*il ouvre la bouche, en appuyant l'index sur la barre inférieure, et introduisez (avec la main gauche), entre les incisives , le petit tampon préparé; appuyez le pouce et le troisième doigt sur les lèvres supérieure et inférieure, et chaque fois que le cheval fera un mouvement pour se débarrasser de ce qu'il tient entre les dents, marquez une pression forte et rapide; recommence/ cent fois de suite, s'il le faut, et replacez le mouchoir dans sa bouche chaque fois qu'il s'en échappera, surtout saisissez bien l'instant de la petite correction que je viens d'indiquer.

Quelque temps après cet ennuyeux commencement , les dents seront plus de temps sans se desserrer; commencez alors à le caresser de la voix et de la main.

L'avoine et le sucre imprégnés de salive ne larderont pas à éveiller la friandise du cheval à tel point, que bientôt il se jettera sur le mouchoir, si on le place près de ses lèvres. Èloignez-le petit à petit, ou baissez-le, mais toujours progressivement, et, en peu de temps, il ira le chercher partout où on l'aura placé, de façon, toutefois, à ce qu'il puisse le voir.

Pour le lui faire prendre sur le sol, vous vous servirez du mot : A terre! S'il résiste, on lui fera connaître ce qu'on lui demande, en lui indiquant, de la main, ce qu'il doit faire, et l'endroit où se trouve l'objet qu'il doit saisir. En cas de refus, le caveçon pourrait encore être mis en oeuvre avec

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j^Tantage. Tout ceci doit se faire avec beaiicou( ménagement y jusqu'à ce qu*on se soit aperça q n*j a plusi d'ignorance; il y aurait caprice si , aj^i bien exécuté ^ il venait à s'y refuser; alors parlez-J avec sévérité, et servez-vous du fouet vigoureuse ment, sans toutefois y mettre de colère. Il est si vn qu*on ne saurait se passer du ehâtimept pour force le cheval^ même instruit, à une passive obéissance, que souvent il m*est arrivé, avec une jument foH intelligente, de lui jeter le mouchoir à une certaine distance, et de ne pouvoir obtenir qu*elle le saisît ^ sans la menacer de la chambrière ; mais alors elle se lançait dessus avec une action considérable j^ et me le rapportait immédiatement.

C'est avec regret que je fais connaître les mojens à employer pour faire mettre le cheval à geoour, le faire boiter, le forcer à se coucher ^^ et à rester asisis \ sur ses fesses dans la position dite du chevat gastro^ l nQtne, Ce genre d*exercice, qui dégrade le che^af , l' est pénible pour récuyêr, qui ne retrouve plus, dans \ celte bêle tremblante et humiliée, le coursier plein de ,, fougue et d*ardeur qu'il a eu tant de joie h dompter, il Mais je me suis avancé, et, bien qu'il m'en coûte, i| je dois remplir la tâche que je me sois impose.

Pour obtenir du cheval qu'il se mette a genoux, nouez, à l'aide d*un^ corde, le paturon pour fîxor la partie inférieure de la jambe 9u bras, cl maintenir cette jambe en l'air; servez-vous d'une seconde longe, que vous adapterez de même au paturon de l'autre jambe. Faites- la tenir biçn tendue, et frappez cette Jambe de plusieurs petits coups de cravache, profitez de l'instant où le cheval s'enlève pour iircr

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sur celte seconde corde, de manière à faire plier la jambe. Il ne peut alors faire autrement que de tomber sur les genoux. Ayez soin de garnir de sciure de bois, ou de toute autre substance molle, le terrain sur lequel il se trouve, pour qu'il n'éprouve pas de douleur par cette espèce de chute, et qu'il ne se blesse pas; on doit aussi, pour plus de sûreté, lui garnir les genoux de morceaux de toile. Flattez— le beaucoup dans cette position , et laissez-le se relever sur le pied dégagé de tout lien. Quand il n'offrira plus de difficultés, vous ne ferez plus usage de la longe qui lui fait plier la jambe; bientôt après vous lui laisserez les deux jambes libres, et il saura qu'il doit se mettre à genoux à la suite de petits coups de cravache frappés sur cette partie.

Cette position une fois obtenue, soutenez-lui fortement la tête à gauche, en vous plaçant de ce côté, et appuyez la rêne droite du bridon sur son encolure, pour le faire tomber sur le côté du montoir; ne discontinuez pas cet emploi de force, qu'il n'ait cédé; une fois couché tout de son long , flattez toutes les parties de son corps; pendant ce temps, faites-lui tenir la tête pour qu'il ne se relève , ni malgré vous, ni trop brusquement ; profitez de cette position pour l'asseoir sur ses fesses et sur ses jarrets. Pour y parvenir, élevez-lui doucement la tête et l'encolure, avancez-lui les jambes de devant , soutenez-le fortement avec le bridon tenu par les deux mains, et placez-vous près de sa croupe. En l'élevant ainsi graduellement , vous parviendrez , en quelques leçons, à le placer en gastronome.

Une fois le cheval posé sur les gei^oiix. et habi—

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tué ï y rester, il <er^ lactle, à l'aide de la cravacbe, de le »ire ainsi nurc^er; pour cela, on allégera » je su^Qse, d*abord la partie droite, en portant J 'encolure plus à gauche, et de légers coups de cravache activeront le côté allégé; quand le cbeFal aura fait un Hioavement progressif de ce coté , on opérera sur Fautre de la même manière ; et ainsi de suite pour Tune et Tautre jan^be , jusqu'à ce que celte marche lui soit devenue familière.

L'imitation du cheval boiteux se fera encore avec le secours d'une longe qui soutiendra la jambe chaque fois que la cravache touchera dessus. Comme vous l'aurez mis en action et que vous le forcerez à avancer, il faudra bien qu'il retombe sur la jambe libre. Après quelques répétitions de cet exercice , il le fera avec ua léger mouvement de la cravache.

C'est au moyen d'une cruauté semblable qu'on obtiendra ee ^u on âf^elle le pas de basque; pour y réussir promptement , il faut mettre le cheval dans les piliers, l'hïiituer aux demirpesades , et, chaque fois qu'il retombe, le frapper de la cravache sur une jambe, puis sur l'autre, alternativement; pour qu'il en prenne jamais son point d'appui que sur une ^oibe. Le caveçon, pour faciliter ce mouvement, sera soutenu avec force du côté où le point d'appui doit avoir lieu, ce qui bientôt donnera le balancé qui caractérise cette espèce de danse.

Le cheval tirera un coup de pistolet quand il saura rapporter, et qu'on l'aura habitué à supporter la détonation sans ciller.

On disposera le pistolet de manière a ce qu'un bouton, long d'un pouce, rembourré légèrement,

TBAVAIL. afcS

fasse partir la détecte quand le dieval le preadra avec les dei^ts, et le pistplet sera solidement attaché sur une table par des vis placées en dessous.

On trouvera d*abord très-difficile d'aipeoer le cheval à donner de lui-HiêHie la secousse gui h\t partir le pistolet; C'CSt en peq de temps cependant qu*il s'y soumettra, quand on l'aura bien éimiliarisé avec cette arme. Voici la gradation à observes :

Placez le cheval dans un endroit isolé, pour qu'il n'ait aucun sujet de distraction^ montrez-lui îe pistolet non chargé, éloignez-le et rapprochez-le de ses yeux à plusieurs reprises. Quand il ne cherchera plus k l'éviter, mettez en jeu la batterie ou le chien, puis après, lâchez la détente, pour faire sortir des étincelles de la pierre. Éloignez le pistolet de ses yeux, et ne le rapprochez qu'au iPur et à mesure qu'il s'y habituera. Commencez à brûler de légères amorces, placez-vous à cinq ou six pas de sa tète, et continuez jusqu'à ce qu'étant bien près de lui, sa tête reste dans une immobilité parfaite. Il existe des chevaux dont l'ouïe se familiarise aux détopations plus vite que la vue ne s'accoutume au feu qui jaillit par le contact de la pierre et du couvre-feu ; pour ces derniers, il faut, pendant quelques jours, battre le briquet près de leurs yeux. Quand ces deux organes seront bien accoutumés h ces diverses opérations, mettez la dixième partie d'une charge sans bourre dans le canon du pistolet. Restez à une distance pareille à celle que vous conserviez pour l'habituer aux amorces; après le coup parti, venez le Datter, en tenant toujours le pistolet à bras tendu vjs-à-vis de sa tête ; augmentez la charge et rappro-

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chez-Tous insensiblement de lai. Si le cheval cherche à se dérober à ce brait, ne le frappez pas , car les coups n'amèneraient pas la série d'idées qui lai font apprécier et discerner Tefifet de la sensation qu'il éprouve; mais ramenez-le avec beaucoup de ménagement à son point de départ, et revenez à des détonations plus faibles. Il faut avoir soin de charger le pistolet devant le cheval , et de manière à ce qu'il puisse suivre tous vos mouvements. Voilà, selon moi , les moyens les plus efficaces pour faire connaître aux chevaux la nature du pistolet, les mouvements de la charge, et la détonation qui en résulte; une fois cet avantage obtenu, il n'y a plus qu'à leur faire serrer les dents sur le ressort , et nous avons indiqué plus haut les moyens propres à les façonner à ce travail ; il faut qu'un cheval soit bien farouche pour ne pas être entièrement familiarisé avec cette arme , si on l'exerce ainsi une demiheure chaque jour pendant un mois.

Je ne m'étendrai pas davantage sur les exemples de ce genre; on trouvera suffisamment de quoi exercer sa patience dans ce que je viens d'expliquer. Je me serais même abstenu de ces démonstrations, si plusieurs personnes ne m'avaient manifesté le désir de connaître la théorie la plus prompte pour déve— lopper l'intelligence du cheval, théorie qui ne se trouve en effet dans aucun ouvrage.

Peu de gens se livrent à ce genre de connaissances, qui cependant n'est pas sans quelque mérite, quand on le possède assez pour lire dans la pensée de ranimai , et pour le soumettre au moindre geste.

J'engagerai l'homme de cheval observateur à se

livrer quelquefois à cette étude; elle n'est pas inutile pour son état, et c'est une distraction instructive et amusante, quand on n*en abuse pas.

Cet article aura de plus l'avantage de faire perdre au charlatanisme cette espèce de suprématie qu'ail avait usurpée sur la véritable équitation , en donnant pour merveilleux et presque surnaturels les moyens employés pour arriver à ces singeries, dont la plupart exigent moins de science et [d'habitude qu'il n'en faut pour le simple dresser d'un cheval monté.

Les écuyers-voltigeurs qui , par état , sont obligés de satisfaire la curiosité publique, trouveront, je crois, dans cette esquisse^ les moyens d'arriver à des résultats pareils à ceux qu'ils obtiennent, mais beaucoup plus vite , et sans avoir recours aussi souvent au châtiment machinal.

On conçoit que je n'ai pu tenir compte ni de l'aptitude plus ou moins vive des chevaux que l'on dresse, ni de celle plus ou moins prompte de l'ècuyer à saisir les nuances et les à-propos. C'est à chacun à réfléchir, à étudier et à se créer ce tact indispensable qui renferme en lui seul les deux tiers des principes.

* C'est au repos qu'on peut réunir tous les matériaux nécessaires à la confection d'une belle œuvre.

TRAVAIL EN PLACE. Le travail en place est, d'après la méthode que j'indique, le moyen dont on doit se servir pour commencer l'éducation du cheval.

( Voyez, pour le sens du mot, l'article intitulé indication, auquel je donne la même signification ,

et qai est plus détaillé | mais pour les résultats, voyez

ÉDUC&TIO!! BAISÔlfNÈÉ.)

* On tombe sourent datis Tortiière dès qu'on s*é' loi^e de la route tracée.

TRAVERSER (se). Le cheval se traverse quand il se jette de la croupe sur Tune des jambes du ca- Talier et la force.

Pour arrêter ce mouvement il faut soutenir yîgotireusertient la jambe , et ^ si ce mojen est insuffisant, user du filet pour opposer les épaules à la croupe.

Le cavalier doit être averti par son assiette de ces sortes de déplacements, et se mettre dé suite eu mesure de les prévenir ; car, pour qu*Une correction opère ^ il faut qu'elle suive immédiatement l'intention même de la faute.

Il y a plus, le cheval ne comprendrait la Volonté de Técoyer qu'à la longue, si le mouvement de celui-ci succédait au sien , au lieu de le prévenir ; il saurait bien qu'il doit revenir dans sa première position, quand on Vf forcerait; mais, comme on ne lui avait pas dit qu'il devait s'y maintenir , il ne eroitait pas faire un acte de désc^rassance en se déplaçant de temps à autre; or, voilà ce que l'on doit lui expliquer blairement.

* La colère apparaît sôus mille formes; mais le masque dont elle s'affuble ne peut la rendre tûëcon- Haïssable.

TREPIGNER ^ c'est l'aotion d'un cheval colère qui précipite le mouvement de ses jambes en battant la terre à la même place.

Cette impatience naît qndquefois de i'irritalnlité

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