‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 2 sur 67 · IT INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IT INTRODUCTION

Je me suis donc occupé de publia mes observations, parce que j'ai senti la nécessité de faire connaître ce que je regarde et comme une imiovation« et comme un progrès réel en équitation.

En expliqudul les résultats, j'ai dù dire comment je les ai obtenus, et, parfois aussi, comment mes devanciers se sont trompés. J'ai comme^icé par reconnaître la fausseté de deux assertions importantes qui, malheureusement pour l'art, ont été trop accréditées jusqu'à présent, et d'où découleiit naturellement une foule d'impossibilités ; je me suis convaincu que les chevaux n'ont jamais la bouche dure, puisqu'en changeant la position de la tête et de l'encolure , je pouvais fodre cesser la résistance attribuée à cette prétendue dureté de bouche. Je pense avoir suffisamment démontré cette vérité dans le cours de mon ouvrage.

On croyait encore que Von ne pouvait ramener ou mettre dans la main les chevaux qui avaient la téte mal attachée, ou ceux dont l angle de la ganache était trop serré ; mes observations ont détruit, à mes yeux, celte erreur, et m'ont donné la conviction qu'en , faisant céder plw ou moins l'encolure, on donnait à l'animal une position qui le rendait léger à la main. C'est ce que

iJSTRODUGTIOM. ▼

, j'ai eiplii^ué à l'article : Tous les chevaux peuvent H ratnener.

Il me restait encore à découvrir le meilleur moyen pour arriver promptement et sans danger à ce but. J'ai pensé à Téducation première d'mi enfant, et je me suis dit : D'abord, on lui lait connaître les lettres « puis il les assemble, enfin il lit couramment. Le cheval doU suivre une gradation-analogue dans son instruction, et, s'il mi'était permis de pousser cette comparaison jusqu'au bout, je dirais : La connaissance des lettres, c'est 1 assouplissement ; épeler, c'est placer convenablement toutes les parties de son corps ; lire enlin, c'est prendre facilement toutes les directions, une fois qu il est en action : voilà l'instruction par gradation ; mais, loin de la mettre en pratique, on la néglige. Ce n'est pas par degrés et insensiblement qu'on veut dresser un cheval : au contraire, on brusque son instruction, et une étude simple n'en précède pas toujours une plus compliquée. Aussi, bien des chevaux qui auraient été appelés à rendre de bons services, ont été viciés et même ruinés, grÀce à ce mauvais enseignement.

Mes recherches ont donc eu pour but d'amener le cheval à acquérir promptement , et sans

VI liNiKODUCnO^,

(Astocle, cette souplesse et cette position dont je viens de parler. Le trot» tant recommandé pomr les jeunes chevaux, ne pouvait remplir mes intentions, parce cpi*à cette allure j'avais h travailler à la luis l'action et Id position. Le pas présentait moins de difficultés ; mais encore me fallailr il conduire le cheval, et mes mouvements pour le diriger se coofoiidaient avec ceui que je frisais pour combattre ses forces. C'est dcmc par un travail en place, les quake jambes fixées sur le sol, que j'ai délinitivement pensé qu'il Mlait commencer l'éducation.

Le cheval n'étant occupé que d'une seule chose, il est beaucoup plus facile de faire prendre toutes les positions possibles à sa téte et à son encolure, positions qui sont indispensables, puisque le cheval ne peut rési^r que par le plus ou le moins de facilité qu'il a à disposer de ses forces, et que la souplesse des parties soumises au cavalier, en neulcalisflmt leurs contractions, le contraint à répondre à luus les mouvements de celui-ci.

J ai tout ramené à ce principe, et le lecteur remarquera que tous mes moyens poir un cheval*, le corriger de ses mauvaises habitudes», elL Ymesm à effectuer un mouvement au-»

INTBODDCTION. f|I'

quel il se refusait, consisleal dans le xuème mode d'agir ; ce mode , c^est le travail en plaee oq rinaction, qui sont synonymes.

Si, dans quelques articles de ce DietioiiiMkire,^' j'ai €iié ^ réfoté des passages d'auteurs vivants^ > ce n'est pas que j'aie cherché à me faire des prosélytes en dénigrant ceux qui ont écïtt avant* . moi; telle n'a jamais été mon intention; mais j'ai vouhi montrer aux jeunes earaliefs lea «rreurs dans lesquelles on est toml^* Une oonvioticm ferme et entière, fruit d*étiides constantea^' m'a seule déterminé^ je le r^ète^ à publier le résultat d'observations que je crois justes et utiles à l'art de l'équititioB.

Au surplus, n'aurais-je fait que prouver cette vérité, 4M fmque îmÊim kê défema au mmmnim* duposiPims des chevaux tiemimt à une seulp ^oute,* lê mmqm d'^iiilîèra, mtê d» ticMm de «auplem; n'aunds^^e fait que donoer les moyens é^' oomgKT ees déHgiute, je eroiraii^ avoir venéu mt assez gr^^ service à Tarty et la critique déviait au moins m'en tenir compte.

On trouvera» sans douta^ que fe n'^î pas aseai indiqué les mouvements qu'on doit fstire danS' mainte» oesaeions. Je fépendrai que ma métMe* a pour unique base 1 mstiuclion et k^bimmmmn.

via uixaoDUcuoN.

du cheval ; que, dès lors, je ue puis raisonaer qu'ayec des hommes déjà imbus de certains prinr cipes ; c'est à rintelUgeuce de ceux-ci que je m'adresse. Eipliquer avee la plume l'effet plus ou moins iort de tel ou tel contact n'est pas chose facile; aussi ne serai-je compris qu'imparfaitement par les g^s qui n'auront pas d^à les connaissances préliminaires.

J'ai cru qu'il était nécessaire de donner k signification de phisieurs mots techniques assez mal compris, en général, des personnes qui s'oo cupent de cet art, leur faisant toutefois observer qu'il est préférable de parW un langage entendu de tout le monde. Ces considérations m'ont am^é à penser que la forme de Dictionnaire se prétait suffisamment aui explications que je voulais donner, et qu'elle rendait les recherches plus &dles.

J'ai dévdioppé, aussi longuement et «dairemeiit qu'il m'a été possible, les articles que je considérais comme fondamentaux. Je recommande dcNOC principalement à l'attention du lect^ les articles intitulés : iéc0ter. — éducation raison-

HBS. — mJSS. — FUIR LBS HANCHES* — GALOP* — IN- TBLUGfiiNCfi. — LEÇON. — BIARTINGALE* — MUilS. — ramON BB L'HOmiB a CHBVAL. — RAMBNia. — RASSBMBLEH.

INTAOlMHITlOlf. IX

Je n*ai recueilli que ce qui avait un rapport immédiat à l'équitaiion proprement dite; bien d autres auteurs ont suffisamment, trop longuement peut-être, parlé de tout ce qui conqpoae les selles, brides, etc., etc.

Quant aux vingt espèces de mors les plus connues, je me suis bien gardé d'en faire connaître même les noms; Tusage de la plupart de c^ mors est par trop pernicieux. Le mors le plus doux et le plus simple est celui dont je me sers avec tous les chevaux. {Vùyez mous et ses Epms.)

Je n'ai pas youIu non plus parler des soins à donner aux chevaux ; nous avons sur l'hygiène et 1 iûppiatrique d'excellents ouvrages modernes, qui ne laissent rien à désirer à cet égard.

Dix-sept années se sont écoulées depuis l'époque à laquelle j'écrivais cette iutroduction; mes recherches et mes travaux constants m'ont amené à reconnaître que cette édition de mon Dictionnaire, entièrement épuisée du reste» laissait encore beaucoup à désirer. Je me suis donc déterminé à le faire réimprimer en y ajouUmi, d'une part, les articles qui m'étaient échappés et en modifiant ceux auxquels la pratique m a fait apporter quelques changements.

Depuis cette première publication, j'ai fait pa*

\ I]SiXBOOCGTIOII«

raître une méthode J equitatiou qui a éveille l'aitantion de quelques ofBden nq)érieiir8 de cayalerie. C'est alors que le ministre de la guerre m'appela à initier l'aniiée i mes nouteaux principes. Après deux aimées d'essais, les colonels et capitaines instructeurs donnèi^nt leur approbation; le duc de i>iemours et quatre généraux du comité de oavalerîe forent opposés ; cette majorité de quatre contre trois ûi rejeter ma méthode, k part toutefois les flexions. Je ne parlerai pas de mes peines et de mes soins, dont on ne m'a même pas remerdé, maistle peu d égards que l'on a eu pour l'opinion exprimée par les offîcim de caTalerie, très^-eompétents dans la matière, est trop criant pour le laisser passer sous silence. le crois donc devoir dcmner ici la copie d'un certain nombre de rapports inédits pour que le lecteur puisse apprécier les faits an moyen de pièce» authentiques.

1*' régiment de Hussards. — RapiKjri de M. de KersolaiiQ, capitaine instructeur, lospeciion

Des cent trente-sh chevatix qui ont passé ri«* goureusement par toutes les prescriptions de la méthode provisoire, aucun n'a présenté de sérieuses difficultés. Celles qui ont pu s âerer mO' mentanément, provenaient uniquement du cava-

inTRODOCnOR. XI

lier, et ila suffi de faire montor le cheval par im homme plus adroit pour eu acquérir la certitude. Bien mieux, cette patience, cette deuceur, si nécessaires dans les flexions, la mise en main, ete., ont toujours vaiucu dès les premières leçons les susceptibilités, les méchancetés même de quelques-uns, soit puui- s assujettir à la croupière , soit pour se laisser monter. Tant il est mi, que ces principes qui reposent autant sur l'intelligenee du che?al que sur cdk du eayalierr élir blisseut de prompts rapports entre eux.

Cette méthode est plus prcmpte, puisqu» retranchant les dimanches ou jours de fêtes, ou ceux pendant lesqui ls le travail se trouve forcément interrompu» 1 instruction du oheYal est iovn jours terminée en tr.ent&'cinq ou quarante leçom d'une heure, et que rigoureusement, si les oô^ constances le demandaient, le cheval serait déjà, dès la traimime leçon, assez soumis, assez souple pour entrer dans les rangs.

Cette méthode est plus facile, parce qu'au moment oii le cavalier commenee à monter sur le cheval, il a déjà sur lui un moyen de puissance, soit dans la oonuaissance qu'il lui a donnée du mors, soit dans 1 assouplissement qu'il a obtenu de l'euccduret qui est le TéritaUe pohit d'appui

xn jumiooucnoN.

de toutes les résistances. £t puis, cette sage pn>gression qui ne passe que successivement d'une partie du cheval à Fautre, ayant-main d'abord , arrière-main ensuite , en bornant les exigences toujours trop grandes des cavaliers avec les jeunes chevaux, facilite le travail de Tun et de Tau-tre, et évite tous ces désordres, ces accidents qui se renouvelaient si souvent p^r Fancienne mé^ thode. Il ne pourrait être cilé aujourd'hui un seul exemple de défenses qui aient désarçonné un cavalier.

Cette méthode est plus complète, car admis à Fescadron, beaucoup de chevaux conservaient autrefois leur mauvaise position de téte, qui détruit toujours la mise en main. Hais assouplis par le travail prépara:toire et individuel, ils cédaient plus habituellement pa^î* irritation que par conviction, et dès que les mouvements devenaient individuels, on rencontrait souvent des résistances qui compromettaient le cavalier, s'il ne savait pas les vaincre, ou jfotigaaient le cheval par des luttes incessantes, s'il le réduisait. r . Eiiliu, cette méthode est essentiellement con- 99rvairice du cheval ; elle ne suscite de sa part aucune de ces défenses qui rendent l'application difficile et dangereuse, et la progression en est

JNTBODDGTiON, m

aussi rctlionnelle pour ses moyens, que modérée pour ses forœs » si on la restreint à la méthode du 17 décembre 1842, qui ne donne lieu à aucune obsenralion critique.

Les autres principes développés par M. Baur eber, touft raisonnés qu'ils sont, restent dans le domaine de la haute équitation» et par conséquent des cavaliers privilégiés ; leur application .rencontrerait impuissance pour beaucoup et inconvénients pour les autres.

Le eapikàÊie ingirueteur.

Signé m Iiërsolain.

5* régiment de Cuirassiers.* — Rapport sur i' Essai de la Méthode Baucher, pour le dressage des jeuues cUevaux, par M. Guaja. eapitaine instmctear.

Cette méthode a donc été essayée sur six chevalix n-ayant jamais travaillé « deux chevaux ayant déjà reçu hait kcons, et deux chevaux présentant des difficultés.

M. Baucher, qui jouit d'une inunense réputation comme écuyer, a pu se convain<»*e par luimême que la roideur de l'encolure et de la croupe occasionne seule les résistances que nous attribuons à tort à une mauvaise bouche ou aux mauvais penchdiils du cheval ; il a donc cherché à

m imoixrGTxoii.

assouplir ces parties avant de mettre le cheval m mouYement.

Au moyen de ces assouplissements et de la mise en main, le cheval m présente plus de ré^ distances sérieuses et est oontinuellement à la dispositiou du cavalier; cette mise en main donne aussi au cavalier la possibilité de maintenir tou* jours le cheval en équilibre en ramenant le centre de gravité à sa véritaible place ; par la mobir lisation de la croupe, le cheval apprend à connaître les jambes en une ou deux leçons.

Cette méthode paraissait d'abord difficile à' appliquer, parce qu'il était à craindre qu'elle ne fût au-dessus de Tintelligence de beaucoup de sous-officiers et brigadiers, et surtout des cuirassiers qui exécutent ; au bout de trois leçons, nonseulement les instructeurs donnaient la leçon, mais encore les cuirassiers exécutaient sans' le secours de personne.

Les chevaux soumis au travail sont, au bout de douze leçons, assouplis de l'avant et de larricrc-main, répondant sans hésiter à ce que leur demande la main du cavalier, cèdent à l'instant à la pression des jambes, reculent sans s'acculer et sont légers à toutes les allures, autant que leur

conformation le leur permet.

nitltOllOCTION. Xf

Des deux chevaux qui prés^taient des difficultés, l'un est devenu parfaitement tranquille et obéissant, Vautre n'a pas nié depuis quatie jours.

Ces résultats obtenus en si peu de temps ne

laissant plus de doutes sur rexcellence de la méthode de M. Baucher pour le dressage des jeunes chevaux, et fout désirer qu'elle soit adoptée pour l'armée ; en l'employant, on obtiendra en douze ou quinze leçons ce qu'on n'obtenait pas avant en deux mois, et on arrivera à assouplir le cheval dans toutes ses parties et à annuler ses résistances.

la mpiUme imtructmr^

GUAYS.

s* régiment de Lanciers. — Rapport d« M, de Mezange, capitaine instructeur, sur les résultats obtenus par la mise en essai dans son régiment, de la noaveiie Méthode de M. Baucher,' pour dresser les jeunes chemx.

Dix chevaux de troupe et deux d'officiers ont été mis à la disposition de M. Baucher, pour

être soumis au mode de dressage proposé par cet écuyer*

n eût été à désirer que les chevaux désignés pour cet essai eussent été complètement neufs.

Xfl msmactum.

et sans nulle ébauche d'éducation ; mais le régiment n*en ayait plus dans cette catégorie , et il a &Uu choisir parmi ceux dont l'induction se trouvait la moins avdiicée, c'est-à-dire parmi d^ chevaux qui, quoique depuis un an environ au corps, n'avaient vraiment, à cause de leur jeune âge, commencé leur instruction que depuis une quinzame de jours, et encore parmi ceux-là a-U>n choisi de préférence ceux qui présentaient quelques difficultés, soit par défaut de construdicm, soit par irritabilité, méchaEcclé ou toute autre cause.

H. Baucher a obtenu en douze leçons ce que nous n'osions demander aux chevaux qu'après deux mois au moins de travail, et il Ta obtenu avec des cavaliers inhabiles et non formés h sa méthode, sur des chevaux choisis parmi les plus difficiles et les plus mal conformés. Les chevaux, s'ils n'ont pas encore tout le âni de l'éducation, obéissent au moins avec cette souplesse et cette légèreté qui sont tout ce que Ton peut demander au cheval de guerre. Cest là sans doute un résultat immense et qu'on doit d autant plus apprécier qu'il a été obtenu par des procédés aussi simples que naturels, et par une méthode graduée, raisonnée, à la portée du ca-

tHTBOÙOCXSOVU JLWU

valier médiocre» sans aucun danger et sans £Gh tigue pour le dieval.

n y a en e£[et deux parties bien distinctes ^ans le système de M. Baucher. La première consiste dans Tannulation oomplèle de toutes les résîs* tances du cheval par l'assouplissement successif et méthodique de la mâchoire, de Fencolure, dm hanches et des reins. A. l aide de ces assouplissements arrive bientôt la mise en main, «ans la* quelle il n'y a point de bonne position et de lé* gèreté. Le cheval est alors disposé à supporter des effets d'ensemble ; de légères oppositions de main et de jambes mettent facilement en rapport les forces dès deux extrémités ; le dieval obéit à toutes les impulsions qu'on veut lui donner, toujours léger, souple et liant. C'est là, en quelque sorte, la parue élémentaire de Tart; c'est la limite oh doit s'arréier l'éqpiitation militaire commune et rinstruction du cheval de troupe. Cette partie, aussi facile dans F exécution (jue prompte et féconde dans ses effets, a suffi pour obtenu» les résultats dont nous avons parlé plus haut. Que Ton se hâte donc de propager cette méthode, ce sera rendre un service émment à la cavalerie ; par elle en effet les instructeurs trouveront économie de temps dans le dressage des

jeuQûi ehavaux» aniélioration et cousarvaiiou de ces animaux. Par elle encore l'inteUigence des cavaUei;»^ développera; ils aequerront la connaissance et l'usage des aides, ainsi qu'un tact plus 6Ùr et plus délicat dans la main; il y.aum parmi eux émulation; l'amour du cheval et le goût de réquitation ae ré?eilleront« car Ton se passionne vite, lorsque chaque pu^ amène un progrès. Faire vite et bien faire, voilà enfin oil conduira une méthode si suuple, qu'elle peut 6(re apprise et pratiquée m une seule séance, mais si bien raisonnée, si bien graduée, que 1 on ne s'étonne bieutoi plui» que les résultats soient aussi décisifs.

La seconde partie de l'art, qui du reste se lie intimement à la première, consiste dans la con» centration de toutes les forces du cheval vers le centre de gravité, ooneentration qui tend à les annuler , à les livrer à la disposition du cavaUer, de telle sorte qu'il puisse les répartir à son gré, suppléer aux vices physiques de l'animal , et produire toutes ces savantes combinaisons de la haute équitation, avec lesquelles H. Baueher a su rendre familiers tous ceux qui s'occupent d'équitation.

C'est là la partie savante de l'art, la partie qui

mnoimGTiQiir xix

doit rester l'apanage de l'écuyer, mais que cependant Ton ne saurait trop s eflForcer de propa* ger partout où il y a goût et intelligence de Té^ quitation.

Ge n'est point à moi qu'il appartient de suiTre la méthode de M. Baucher dans tous ses développements et dans son application à la haute école ; mais je ne saurais terminer sans témoi-' gner ici toute mon admiration pour une science qui peut se raisonner, arec autant de précision et de logique qu'un problème mathématique, et dont les effets dans l'application, sont aussi certains et aussi positifs que ceux que le mécanicien imprime à la machine qu'il a savamment organisée.

Pm, 4 avril t84S.

£e capitaine imirueteur,

DE l{£2ÀN6fi»

9* régiment de Cuirassiers. — Rapport de M. le Hentenant-colonel de Menuet, sur la Méthode Baucher, Inspeciiou générale da

Mon colonel.

Conformément à votre lettre du 18 juin, j*ai l'honneur de vous adresser un rapport sur le

dressage dei> chevaux de remonte par la méliiode Baucher.

XX IMTIOIHIGTMNI.

M. fiaucber a trouvé des adversaires, cela ne pouvait pas être autrement : cpiel novateur n'a pas trouvé d oppositions? Ses adversaires naturels étaient d abord les professeurs d'équitation, dont ramour-propre n'a pu se rés^^r à ad<^ter une doctrine dont quelques points essentiels sont en opposition directe avec ce qu'ils ont pratiqué toute leur vie. Une autre classe d'adver* saires (et celle-ci est la plus nombreuse et la plus dangereuse) se compose de gens qui n'ont ni assez de patience, ni assez de temps pour étudier à fond, non-seulement dans les livres, mais en pratiquant la nouvelle méthode d'équitaiion, et qui trouvent beaucoup plus commode de dire :

Ceci ne vaut rim , que de chercher à combattre par des raisonnements, fruits d*une étude approfondie, une chose qu'ils ne comprennent pas* J'ai suivi avec soin et assiduité le développement et la mise en pratique de la nouvelle méthode d'équitation , depuis Tépoque où elle a fait du bruit dans le monde équestre, et je puis affirmer un iait qui est le fruit de mes observations depuis trois années, c'est que je n'ai pas vu un seul des adversaires de M, Baucher, quelque pré* venu qu'il fdi, persister dans ses préventions après une étude sérieuse de sa méthode. Sur

INTRODUCTiON. . XXI

trente-deux capitaines instructeurs ou lieutenants d'instraction réunis à Lunéville sous mes ordres» pour y être initiés au nouveau mode d'équilation, pas un n*est retourné à sou régiment sans emporter la conviction la plus complète ; et pourtant, parmi ces officiers , qui depuis longtemps professent eux-mêmes l'équitation, la méthode de M. Baucher devaii liaturellemeiit trouver une grande opposition.

La méthode de M. Baucher est positive et rationnelle ; elle est facile à comprendre, attrayante pour le cavalier, donne le goût du cheval et de réquitation, si généralement perdu dans la cavalerie française; elle tend à développer les qualités du cheval, surtout celle de légèr^ qu'on aime tant à rencontrer dans le cheval de s^e« Mise en pratique dans les régiments de cavalerie, elle doit donner les meilleurs résultats et l'aire faire à cette arme un immense progrès ; appliquée au dressi^e du jeune eheval, elle développe son hitelligence et adoucit son caractère en lui faisant trouver aisance et agrément dans la domination du cavalier ; elle le préserve de la ruine primitive qu'entraîne souvent un dressage mal entaidu. AppUquée à rinstruction des officiers, des sous-ofJieiers et du peloton modèle,

XXU MTBOOUGÏIOII.

donne le goût de réquitatioii« qui, on ne cesse de le répéter, se perd de jour en jour. Mon opinion personnelle es4 donc entièrement £avorable à la nouvelle méthode d'équitation de M. Baucher. Je pense qu'elle est appelée à produire de grands et heureux résultats, et que cas résultats seront encore bien plus positifs, si, comme cela me parait mdi&pensable, ou met promptement en rapport avec les principes de k nouvelle métiiode, les trois premières leçons de Véoole du cavalier à cheval. Je puis cit^ à l'appui de mon opinion les résultats que j'ai obtenus au de cuirassiers, où, détaché avec deux esoadrons, j'ai dressé, d'après la nouvelle méthode, et mis dans les rangs en six semaines cent soixante jeunes chevaux, tandis que les dievaux de la même remonte des autres escadrons, dont rinstruetion avait été développée d'après l'ordonnance, étaient encore aux jeunes chevaux trois mois après. Je ctt^ai également les travaux exécutés à Lunévilley oii j'ai dirigé» sous les ordres de M. le lieutenanl général Oudiiiot, les essais de la nouvelle méthode d'équitation* Ces résultats ont été tels, que j'ai exécuté devant M. le duc de Nemours, avec cent jeunes dievaux provenant de$ remontes d'Allemagne, d Axigle-

IMTKODUCTlOm XXIII

lerrc et de Normandie, le carrousel militaire de l'éoole de Saumur, en trenieH}uafre jonniées de travail. Hais ces diiTéreuts essais ayant été Vob* jet de rapporte particuliers adressés au ministre de la guerre, je me borne à les indiquer ici comme servant de base à mon opinion personnelle.

Depuis que la nouvelle méthode provisoire a élé mise én usage au 9* régiment de euirasÀerSt elle a été suivie par messieurs les officiers et sous-officiers qui ont fait un cours de manège et appliquée au dressage des jeunes chevaux.

Messieurs les officiers ont obtenu des résultats très-satisfaisants suf leurs propres chevaux : plusieurs d'entre eux ont dressé des chevaux dont ils n'auraient jamais pu se servir sans l'applicatioa de la nouvelle méthode*

Les résultats obtenus par les sous^officiefs ont été également remarquahies, et Ton s'aperçoit fiieilement à la manœuvre que les guides et les sous'offieiers des ailes des escadrons, sont deve^ nus de plus en plus mâltres de leurs chevaux à toutes les allures*

Quant aux jeunes chevaux , qui tous depuis deux ans et demi ont été dressés par la nouvelle méthode, pas un n'a été rendu au capitaine in-

XXIV imODUCTiOlC.

stnieteur par les escadrons comme n'étant pas suffisommeni m&trmt, ce qui arrivait journellement autrefois.

lion opinion sur la méthode provisoire de M. Baucher lui est entièrement favorable; je pense qu'il est utile d'en continuer Tapplioation fiu dressage des jeunes chevaux, et de la meltre en rapport le plus promptement possible avec notre ordonnance sur les exercices et les évolutions*

J'ai l'Jdonneur d'être, etc.

Le limtenantrcoloml ,

m BISRIIKT.

6* régimeiit de Laaderi, Rapport de M. Peireimoud , capitaine

instructeur.

Pour résumer notre opinion, nous dirons : Le système émis par M. Baucher est de tous les systèmes . d'équitation publiés le plus complet, le plus logique, le seul dans lequel, de déduction en déduction, le principe donne les résultats obligés; qu*il doit donc être la base de toute éducation do cheval ; mais à Tintelligence de celui qui l'applique à le faire, suivant les besoins, les services auxquels le cheyal est destiné.

La méthode provisoire du mois de décembre,

miODOCTIOM* XXT

raccordée avec les principes du système général en tout ce qui s*en écarte, consacrant, comme exception pour les natures difficiles, Tatlaque, cette conséquence essentielle d'un principe vrai, satisfait À tous les besoins deVinstruction militaire.

Ënfiua, la vérité de la méthode nouvelle admise, modifier Tordonnance, et par suite l'instruction générale des corps dans le sens de cette théorie acceptée, car il ne peut y avoir dans larmée deux principes différents d'instruotien, deux éducations dissemblables, celle de rhomme et celle du cheval.

L'historique des essais laits au corps est tout entier dans la division et la progression prescri* tes par la méthode provisoire du 12 décembre.

Comme premier essai, cinquante chevaux fuient soumis à cette méthode nouvelle ; ils exécutèrenttout ce qu'elle prescrivait: quarante-deux

dix leçons.

Depuis, quatre-vingt-cinq autres jeunes chevaux ont été instruits d'après les mêmes principes, et ik sont prêts à entrer dans les escadrons après le même nombre de leçons environ. La progression parfaite de cette méthode, qui procède toujours de la partie au tout, du simple au

IXfl IMTtOIWCnOK.

oomposé, fait que Ton rencontre rarement de sérieuses résistances dans l'éducation du jeune clieyal. Tous les chevaux se sont montrés dociles, et leurs progrès ont été en raison de leur race, de leur conformation, de leur énergie, des cavaliers enfin qui les dressaient. JNous ferons observer seulement qu'une partie des chevaux de cette dernière catégorie, montés par les cavaliers qui avaient dressé les premiers soumis aux essais, ont été plus {ffompts, plus &ciles dans leur instruction : cela devait être, les homiiies avaient compris.

Pour tous, les résultats de cette instruction nouvelle sont remarquables et réels, les chevaux ont été jugés faciles, obéissants, légers, mieux dans leur aplomb, et ce à toutes le» allures*

Que si ces résultats n'ont point été encore tout ce qu'ils devraient, tout ce qu'ils pourraient être, la&uten'en est point à la méthode eUe^uème, mais bien à des causes indépendautes de ses principes.

Ainsi, nos selles, si mal entendues poui' toute véritable équitation, tendant constamment & se porter en avant, privent le cavalier, en grande partie, de l'action des jambes en même temps que le pommeau géne ceUe de la main.

IMTBODUGTIOU. XXVU

Les libéraUcKOS anticipées, si rapprochées les unes des autres^ ne nous laissent que des recrues et point de cavaliers faits, capables ; puis, pour faire des cavaliers, nous n'avons que des cadres qui, chaque aimée, se renouvelant presque complètement , permettent à peine à ceux qui les composent d'apprendre ce qu'ils doivent enseigner.

Là est l'empêchement le plus réel à toute instruction vraie, bonne, complète.

Voilà les obstacles à vaincre pour doter l'armée d'une cavalerie instruite, intelligente, pour obtenir d'une méthode tous les résultats qu'elle peut donner.

Le capitaine intHruetmrf

Fëirëimond.

rtgiinnit de Haataids. — RappoK annuel sur la Méthode Bancher, par M. nelard» capitaine insCructeur.

Dans la méthode Baucher, il faut distinguer : premièiement le but, secondement les moyens.

La méthode Baucher a sur toutes celles qui l'ont précédée au moins cet avantage, que son but est clairement et nettement déâni ; elle se propose de rectifier YéquHikre mUtrd du cheval

XXVm UHAOfHJCTiOli*

quand cet équilibre est défectueux. Léquilibre fuUurel du cheval est défectueux lorsque par une conséquence mévitable de toute conformation vicieuse le poids général est réparti de telle sorte, que le centre de gravité se trouve plus ou moins éloigné de sa place normale. Alors il y a surcharge sur l'un des deux points extrêmes de la base de susieutation, et il est facile de comprendre que cette surcharge doit nécessairement fimsser les allures et rendre l'exécution des mouvements propres à la partie surchargée, sinon impossible, au moins d'une extrême difficulté* Do là les défenses et sui toul l usure prématurée de ces chevaux de troupe, dont la conformation est généralement si imparfaite. Le but que se propose la méthode Baucher, en rectifiant Véquilibre naturel du cheval, est donc rigoureusement conforme à la raison et d'une utilité incontestable.

Les moyens mis en usage par la méthode Baucher pour arriver au but que nous venons d'indiquer, sont d'une grande simplicité; ils n'exigent l'emploi d'aucun mode particulier de harnachement. La méthode repousse égalenieat comme inutiles ces divers uistruments qui figurent dans les manèges de 1 ancienne école, et sont

pour le cheval autant de tortures. La main et les jambes du cavalier lui suffisent avec la bride d'ordonnance pour accomplir toutes les actions prescrites. La méthode se contente de soumettre isolément et suceessivenient dans un certain or^ dre» les principales parties du système locomoteur à un exercice approprié, qui procure à chacune d'elles la plus grande souplesse et la plus grande liberté de mouvement. Cet assouplissement gradué et successif conduit ainsi à un résultat général ou d'ensemble, lequel donne au cavalier la faculté de faire refluar le centre de gravité dans telle direction qu'il lui plaît de choisir. Or» le cavalier disposant à son gré du centre de gravité de la machme équestre, il est clair que rien ne peut Vempécher de ramener et de maintenir le centre de gravité à sa place normale, d'oii il résulte que le but de la mélliode est attdnt

Il convient maintenant de poser les trois questions suivantes : l"" la méthode Baucher estrclle dangereuse 7 est-elle ef&cace 7 S*" est-elle applicable è Varmée ?,

i"* Les procédés qu'emploie la méthode sont d'une intelligence si facile et d'une exécution si simple, qu'il suffit de les avoir pratiqués une seule

xxz nmoiMDCiRiii»

fois pour être conyaincu de leur parfiiite inno*

cence; par ces procédés on sollicite constamment le cheyal, non à faire e/)bn, mais, an contraire, à céder: dès lors il ne peut évidemment en résultér aucun dommage pour son organisme* *

2r Quant à 1 efficacité de la méthode, fl est clair qu'elle tient essentiellement à l'emploi judicieux des procédés indiqués. 11 en est de la méthode coiuiue d un médicaiiionl doiit l'effet salutaire dépend de Yopporttaiiié de l'application et de la dose. Cependant il ne faut pas trop s exagérer la difficulté i'appréeialion et àe fnmire que présente l'emploi de ia métiiode; en cela comme en toute chose, il faut du travail et du temps; mais pour peu que le cavalier soit attentif, il est rare qu il n'acquière pas en quelques leçons on tact suffisant.

3* La partie élémentaire de la méthode renfermée dans l'instruction proyisoire, est assurément à la portée de toutes les intelligences, et nous ne yoyons rien, sous ce rapport, qui puisse l'empê* cher d'être applicable à l'armée.

En résumé, le but de la méthode est rationnel;' les moyem qu elle emploie ne présentent aucun danger ; son efficacité peut être garantie toutes les fois qu'elle est pratiquée par un cavalier suf^

fiisammeut instruit, et son applicatioii à Tarmée ne peut soulever aucune difficulté sérieuse,

' Dexard*

Bésamé des rapports de MM. les Ofticiers composant TétatHnajor de r£oole de cavalerie de Saïunur,

M. CoNRAKo, capitaine. U se résume ainsi ;

Les résultats que j*ai obtenus en trente*six lo' çons dans le dressage de Joccé^ ont été immenses et m'ont convaincu de toute la vérité du système de M. Bauoher. £n eSéi^ Joccé, d'une conforma-» lion commune et à encolure courte, est ar-rivée à une légèreté telle qu'elle figurerait avec succès dans une reprise de chevaux, de manège, La méthode Baucher demande une grande ré* serve dans l'emploi de ses principes» exige du tact et de l'intelligence, et surtout le sentiment du cheval; mais elle est exacte, les calculs en sont bien raisonnés. J'ai lieu d^espérer qu'avec le temps et l'expérience, justice lui sera rendue ; il n appartient qu'au temps de faire germer les principes de cette méthode et de lui assurer une supériorité bienméritée sur l'ancieime équitaiion*

H. Rame» capitaine. Après avoir rendu compte du travail journalier, il dit ;

XXXn INTBOOOCTiOlf.

A celle dernière séance, la jument était aussi dressée qu'il le faut pour Tadmettre à l'escadion, et montée le lendemain par un homme qui ne

connaît pas le système Bauchcr, et au sabre elle a répondu correctement à tout ce qu'on lui a demandé.

M. DE JouRDAN, Capitaine. Avant que cette jument ne lût soumise à cette instruction, elle avait été plusieurs mois à rinfirmerie pour boiterie de l'épaule. Je ne pense pas qu'elle soit complètement guérie, il lui reste du moins une grande faiblesse ; ce qui le prouverait, c'est lamoindrissement de celte partie coiuparativement à l'autre épaule ; toute la conformation est faible et réclame un travail modéré et très-progressif. Celui qui a été suivi et dont la précipitation ne peut avoir pour excuse que le peu de temps qu on avait à y employer, n'a été d'aucun fruit pour son instruction, qui néanmoins est assez complète au pas et au trot. Il n'est pas douteux qu'avec ua plus grand nombre de leçons, je serais parvenu à lui conserver sa légèreté et la bonne position dans tous les mouvemœts et à toutes les allures.

Quoique cette instruclion ne fût pas en rapport avec le degré de force de mon cheval, je n'en ai pas moins été à même. d'observer la justesse des

immoiwGTiom; xxxui

principes qui m'ont été, donnés, et reste eonvaincu qu'avec un nombre de leçons propor-.

tionn^à ses moyens» je serais arrivé à une instruction complète et à un degré de légèreté que je n'aurais pas obtenu sans la méthode de M. Baucher.

Les résultats obtenus en ^éral, quoique trèsincomplets, suffisent pour prouver toute l'importance que l'on doit attacher à Vexpérimenler à l'école de cavalerie surtout, et dans les régiments.

Si on s'en occupe sérieusement, on aura peutêtre bientôt reeonnu ce qui est applicable par la < cavalerie et tous les avantages qu'elle peut en retirer.

M. Rolland, capitaine. À cette dernière leçon n la jument était aussi légère qu on pouvait le désirer, elle exécutait avec précision et facilité les changements de pied en lair et toutes les figures de man^. En résumé, je crois que cette méthode, bien comprise et bien appliquée, doit amener de bons résultats pour les chevaux de troupe, et de grands avantages pour les chevaux de manège^;

M. Oldet, capitaine écuyer. la progression

m!a paru très-bien entendue jusqu au départ au

fflop. Jttique-Ut, mm, les fésuUationt ététrès^^ saii^tâmuti. A parUr de ce moment, soit que les chevaux ne fussent pas assez avancés, soit que la prograsfiic»! au galop ne fiit pas assez graduée* les progrès ont été moins grands. Cependant, au bout de huit à dix joyrs, l'ensemble des chovaux allait bien et ciiangeait même de pied passablement. H est bon d'observer que M. Baucher, n'ayant qu'un temps limité, a dû bâter son trayail, et; comme il Ta dit lui-même,* «'attacher à bien iaire comprendre les principes plutôt que la perfection de l'exécution^ Je pense qu'il a bien rempli sa mis^ipn* £t en résumé, je considère que la méthode de M, Baucher est une source de grandes jouissances pour l'homme de cheyal et de progrés pour la cavalerie, étant essentiellemffiit domiiiatrioâ.

il, Bau^AUT, éeuyer. Ma maladie m'a empêché de profiter des premières leçons, qui sont les plua importantes* Eméralda^ quoique avec peu (ie moyens, n'a pas opposé de fortes résistances; la$ mises en main étaient bonnes et les attaques bieu supportées. JI. Baucher, forcé de se presser vers la fin des dernières séances, a expliqué et fait eJi^écuter de^ mouvementâ dont l'application, n eût été bonne que quinze Jours plus tard; or.

cette jument pressée dans son travail du commenowent comme à la fin, je ft'di pu obtenir les résultats sur lesquels il m'était permis de compter a?ec fitos de temp^à moi, et surtout « le» ettim^ liers de ma reprise eussent été de moitié moins nombreux.

H. JocAHDi lieutenant sona^iijr^^ Les résul"-

tats que j'ai pu ubienir m'ont paru satisfaisants, et Je erois qu'ib auraient été encore meîHeurs» si l'application de» moyens avait eu lieu isolément. Cette jument, d'un earactère doux^ n*a fm offert de difficulté t elle a acquis une légèreté que je ne croyais pas possible en eonsMéiMt «Ml extérieur assez lourde

AâpforU te. Gapiiaiaes déucbte à âaimuir.

M. Demolon, 4« d'artillerie. Oansle^demi^m

séances, le cheval devejaaiii de moins en moins seittible m monTemconts des autres ehnmra « exécute bien la plupart des mouvements qu'on lui detnande« et Mi les> efaangeBsrats de pieé én

■ tact au tact avec beaucoup de lacibté. Le recules est trb-bon, mais bien plua régulier avee 4es acûùm de jambes pres({ue insensibles, ie cbev^d reste dans la main dans toutes les poâitioas« eiM

XXXVI IMRÛDUCilON.

cherche jamais h en sortir que lorsqu'il sent l'éperon, mais y revient néanmoins un instant après. Il supporte très-bien les plus fortes actions 4le jambe sans éperon» et se rassemble à un très^ grand degré.

M* Besançon, 13* d'artillerie. Je m'aperçois que ma jument a acquis de la légèreté et qu elle répond bien quand je lui demande juste.

. Les effets d'ensemble sont compris, et ce travail est fort attrayant ; elle conserve la vitesse de son trot, tout étant placée.

Je pense que cette méthode a l'avantage d'être irts-progresslTe et surtout fort puissante sur le physique et le moral du cheval. Ses résultais, sur les jeunes chevaux, me paraissent infaillibles, quand elle sera pratiquée par des cavaliers qui y auront été préalablement initiés d'une manière convenable.

M. Petit, 4" cuirassiers. En résumé, le cheval ayant d'être soumis à la nouyelle méthode, était roide, peu maniable et cherchait à fmr, surtout dans les mouvements au galop : aujourd'hui il est léger, souple et calme à toutes les allures.

M. Hoffmann, 6* cuirassiers. Je puis affirmer que sans le secours du système Baucher, je n'aurm jamais obtenu ks résultats que j'ai eus sur

jMiaoDucTioM. xxxm

mon cheval, qui a cinq pieds un pouce et d'une conformation toute de trait ; je trouye en lui maintenant légèreté, soupière et justesse dans le trayail que je lui demande ; cependant nous n avons reçu que trente-quatre leçons. Je ne mets pas en doute que s'il eût été possible à M. Baucher de nous donner seulement les cinquantecinq prescrites par la méthode provisoire, à l'usage du dressage des jeunes chevaux, je fusse parvenu à exécuter la haute .école avec .un cheval qui ne remplit en rien les conditions voulues pour le manège.

M. BouRNiGAL, dragons. Mon cheval sort quelquefois de la main aux allures allongées, mais il est paiiditement ramené aux allures ordinaires ; il se renferme bien dans les attaques, comprend les effets de rassembler et a acquis beaucoup de ^uplesse et de légèreté. Lors de son instruction première, ce cheval avait été trèsdifiBcile et avait eu particulièrement le défaut de se cabrer souvent. Dans l'instruction qu'il vient de recevoir, il a montré peu de difficulté, et le cavalier a maintenant sur lui des moyens de domination qu'il ne possédait pas.

M. DE BaiMONn, 7* dragons. Le temps que ce cheval a été indisponible» m'a fait faire 1 obser-

IIXVIU UITIODUGTION.

vation qu'un cheval soumis k la méthode Baucfaer, ne perd pas pour quelques jours d'iliter* rupiion, car il s est retrouvé très^bieu dans la main et répondant bien aux attaques.

iiin résumé, je suis surpris des résultats obter lius sur oc cheval après si peu de temps, et j'acquiers une preuve de plus de la perfection de la méthode et de sa sage progression.

M. Dblvspaul^ li* dragons. Le dheval n'avait jamais i'té inoiité en bride avant de commencer le travail de' la nouvelle méthode, qui lui a été très-proiitable» puisque après trente-cinq leçons d'une heure et demie chacune, il a été léger et facile à diriger dans tous les sens et à toutes les allui-es.

M. DB Balzac» 2* chasseuÂ' Ce dieval « qui a

suivi l'instrucliun pratique de M. Baucher, eut £uit sans aucun doute des progrès plus sensibles si le temps consacré à son instruction (et d après ce nouveau système) eût été celui prescrit par la progression de ce travail» et si, enfin» Je n avais -fias eu moi-même à apprendie avant de lui demander. Je sois donc bien convaiiictt que ee système d'instruction, aussi simple que rationnel, doit apporter dans la manière d'être du cheval, souplesse» légèreté, ainsi qu'un grand ménage-

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