‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 29 sur 67 · DÉTRAQUÉE · texte numérisé non relu

DÉTRAQUÉE

battre ce dernier effet de force , si d'avance le cheval n'était pas habitué à répondre à la plus petite sujétion de ce frein ; c'est donc du travail préparatoire dans rinaction a pied , à cheval

et au pas, que dépend la réussite.

DÉTERMINER UN CHEVAL, c'e^ le portco*

en avant» quand il résiste ou se retient.

Il faut se rendre bien raison de ce qui fait

naître le refus du cheval, avant d employer le châtiment*

Il y a , presque toujours , une cause physique dans ces sortgs de résistances , et le cheval ne combine et ne dirige ses forces contre le oava-lier, que pour se débarrasser d'un joug auquel il serait douloureusement et maladroitement assujetti.

DÉTRAQUER. Un cheval est détraqué lorsque

le cavalier, par maladresse, a corrompu ou falsifié sesallnies.

Celui qui détériore ainsi les mouvements du cheval n'est pis capable d'y remédier à l'aide des principes tracés seulement sur le papier; il doit se mettre dans les mains d'un bon écuyer pour apprendre k ée bien placer i cheval, et ensuite il s'occupera de la bonne position de l'animal ; s'il n'acquiert pas le tad nécessaire ponr corriger les ' mauvaises allures» il en saura du moins assez pour

Jiaifraau g?

eonmtvet eriles qui mit eorrectes , et c'est déjà quelque chose.

DÉVIDER. On dit qu'im cheval dévide, lorsqu ea marchant de deux pistes, les ^ules vont trop vite et que la croupe ne suit pas.

Comme ceci tient à TeaBembie des mouvements du «ralier, oe n'est que par des explîeations verbales et faites sur-le-champ même, quon peut reotifier ce manque d'harmoBÎe; il en est ainsi de tou|t ce qui tient au mécauispie de réqntalion*

DUiWTËR m CU£VAL, o^i vaiacre ou subj u guer ses penelianis.

C est rarement par la force qu'oii pai vient à dompter un cbeval; le chàtiinent est quelqu^ois

ulile, mais en temps opportun seulement.

Si| par des moyens judicieusement appliqués, "on arrive i maîtriser ses forces, on en modère plus ÎMïilement la fougue; car le cheval n'est . violent qu'autant qu'il sent la loroe ^loiit il peut disposer, et c'est souvent une manière de lui faire «ofiduttro sa supérionbta, que de lutter avec lui.

Les assouplissements, le travail en place et les allures lentes, vaiLent mieux que tous les actes de i^^ueur pour calmer son action et diminuer les . ittottv^enls impétueux qui en résultent.

.96 DOUALES.

DONNER LA MAIN on abandonhbr la. main,

sigQiûent lâcher la bride au cheval.

Quand on Yout diminaer les effets du înors, il faut bien éviter d'abaudonner la main, ou de la porter trop en ayant. Le mors n'a plus d action aussitôt qu'il est éloigné seulement d'une ligne des barres; celte minime distance suifit donc pour récompenser ou faciliter un mouvement en avant. En outre» cette manière délicate de diminuer les impressions du mors, permet de saisir les è propos pou i cor rigei; un (iéplacementde tète, de maintenir le cuevai longtemps dans la même position, et de rendre invisibles les transmissions de forces du cavalier.

On conçoit bien qu'en disant de ne rendre qu une ligne, j'entends par là diminuer imperceptiblemeni la tension des rênes.

DOS DE CAliPi:^. {Voy. doubleb les rbuvs.)

DOUBLER, terme de manège, c'est traverser le manège dans sa largeur, par nne ligae droite* sans changer de main.

On s'en sert ordinairement pour apprendre au cavalier i tourner son cheval.

Le daubler n'est pas nne chose difficile pour le cavalier ; cependant il exige une certaine attention, pour éviter les oscillations de l'assiette, oscillations qui suivraient nécessairement tout

ijiouvement de corps qui précéderait ceux du cheval. Pour obvi^ à cet inconvénient» il laut, préalablement aux changements de direction»

diminuer, au moyeu d uu plus fort soutien des ' reins/la mobilité du corps donnée par l'élan du cheval, et avancei' imperceplibleiueut l'épaule de dehors.

Grâce à ces attitudes, tout à fait en rapport avec la position du cheval, Téquilibre n'est pas dérangé, et les fesses deviennent le pivot sous lequel le cheval tourne aisémeat , puisque jamais ses mouvements ne sont combattus par des impulsions contradictoires.

Plusieurs auteurs, qui ont parlé du doubler dans leurs ouvrages, tout en indiquant convenablement les moyens a prendre pour rexécuter, ont cependant assez mal décrit ceux à employer pour vaincre les résistances du cheval qui refuserait de tourner. L'un d'eux, entre autres, un des plus modernes, s'explique de la manière suivante : « Si , en employant les moyens d'aides » ordinaires, le cheval refusait d*obéir, il faudrait ^ alors se servir de la jambe de dehors pour le » détacher du mur. » U ajoute que, « pour le » cheval qui tient au mur, on peut se servir de » la jambe gauche pour l'en détacher. »

11 me semble que le défaut de ce passage est de ne pas dé&nir quel effet produit la jambe gauche, de ne pas dire si elle doit toujours être mise en

90 DODBLBB.

usage avec tous les chevaux qui refusent de se porter à droite. Il fallait, ce me semble, iadiquer quelles peuvent être les causes de ce refus , et pourquoi le cheval u obeil pas aux moyeus ordinaires. Or, seloa moi , deux causes seulement peuvent empêcher le cheval de répondre à l'effet de nos mouvements : la première est le manque de souplesse de l'encolure et des reins; la raideur de ces parties lui ôte la faculté de preudre une inclinaison proportionnée à la courbe qu'il parcourt. La seconde est la mauvaise répartition de l'action, le manque d'ensemble dans l'emploi des forces. En r3iret, si la force qui fait fléchir T encolure et les reins a droite, prend sur celle qui doit entretenir le mouvement, le changement de direction est diHiciie, ou même impossible.

Il en est de même si l'actian est trop considé*rabie; elledcrange la position.

En prindpe» les moyens i employa pour arrâter les résistances du cheval sont toujours en raison des diverses positions qu'il prend. Avant de chercher à tourner un cheval , il faut s'ocenper de lui faire acquérir uiie léger ete paiiaile, et alors toutes les résistances disparaîtront.

DOUBLER LES REINS.c'est lorsque le cheval voûte le dos ; cette position rend le ramener impossible. Or» toute attitude qui amène un pareil lésttltat est mauvaise et met le cavalier en danger.

Il ftlut chercher avant tout à porter le cheval en avant par des pressions de jambes énergiques, et même par les éperons , afin d'éviter l'accnlement, cause principale de cette prédisposition à la déSanse. ^

DR£SSËR« On entend par e/t^l dre9$i celui dont réducation est complète.

Le dresser des chevaux a de tout temps été une source féconde d'erreurs.

Les uns, peu soucieux des avantages du é^tsser •ooompli, ne suivent aucune r^le pour juger de Tinstruction du cheval , et regardent comme achevés des chevaux qui savent k peine prendre les allures naturelles.

Four donner un point de repère^ une pierre de touche anx amateurs, ti est bon de leur dire que le cheval dressé est celui qui prend immédiateiiMiit toutes sortes d'allures et de directions avec une prestesse telle , qu'il faut connaître l'influence du cavalier sur un cheval bien équilibré, pour savoir d'oil lui viennent ses impulsions. Même sous un cavalier inexpérimenté, si le cheval n'a pas cette grande régularité, du moins supportera-t-il avec soumission l'incertitude de ses mouvements.

Mais, si l'on s'est souvent abusé sur le degré d'instruction nécessaire aux chevaux, on s est trompé hka ploa «luveol envoie sur les moyens

92 ftHM^MIf

propres à les iublruire. Soit que la forée de l'iiabitude ail empêché les écayers de réflédiir sur leB pratiques qa'ils employaient , soit que la plupart des hommes qui se sont occupés d'équitalion n'aient pas su mettre dans leurs études cet esprit philosopLique qui a fait progresser les arts et les sciences, il est certain que le dre$$er des chevaux est demeuré soumis à vingt méthodes défectueuses.

A cet égard , cé serait chose carieuse que d'examiner la plupart des traités qui ont donné des principes d'éducation , et de voir combien longtemps on s'est éloigné des idées les plus .naturelles.

Sans remonter plus loin, se figurerai t-oa que des hommes de réputation, tels que MM. de la Broue et de Plavinel, aient recommandé, comme des moyens assurés, de faire creuser des fosséli profonds de deux pieds dans les manèges, pour (aire exécuter des voltes avec précision, etseservir d^une montagne pour apprendre à un cheval a reculer; de le piquer avec une molette au bout d'une longue perche» pour lui apprendre à sauter; « de corriger et menacer à voix furieuse » (ce sont leurs expressions) ceux qui de leur » naturel étaient fingards; de prendre patience » deux ou trois leçons pour un cheval que Ton » désire affiner, hfwl $eraiU enmyé, rebuté de

iecok^ débauché et hors dejuslmc pour vou' s'il

» vouârmtêemmenre avant d'élrerudemeiU battu ; » de jeter son manteau sur les yeux à un cheval » qui forcerait la luaiii et courrait à la àé-mpé* » rock ; de loi donner parfois des mfmnaàtn et ^ des esbnliades; de lui atlaciier les génitoires » avec nu cordon; de le pousser ayec les deux

éperons contre un mur, contre une porte, » contre une corde tendue dans une allée d'arbres » è la hauteur du poitrail, ou pousser le cheval h » la têtière duquel on aurait attaché deux cordes, w une de chaque cAté, dont les extrémités seraient » attachées à deux arbres, etc. ? »

Encore ces moyens si violents ne sont-ils rien auprès de ceux dout usaient leurs prédécesseurs. Ces moyens consistaient, par exemple, ponr un cheval qui portait a la déftei^pérade, à le frapper à grands coups de neris sur la tète pour Tétourdir» i lui mettre les deux molettes dans les flancs , jusqu'à ce que Tanimal , hors d'haleine, tombât de fatigue et d'épuisement; h le pousser dans un précipice pour lui apprendre à s'arrêter, par Tefiroi du danger; et mille autres pratiques plus absurdes les unes que les autres.

M. de la Guérinière, dont l'ouvrage est loin de remplir les conditions nécessaires pour un bon traité d'équitation, a du moins eu ce mérite, que ses principes sont plus dans la nature. Sans doute il na pas fait iaire de grands progrès à Tart, mais, an moins, il ne Ta retardé par aucune de

94 nmmm.

ces erreurs comme od en trouve encore cians non livres modernes, erreurs qui font sebisme, et

arrêtent la marche de réquiutiaa.

Ainsi , j'ouvre un traité moderne « el j.a suis

frappé du peu d'ordre et de suite que l'auteur emploie pour dresser ua cheval; je vois qu il ^ sert d une longe, puis d'une plate»longe, toujours tenues par un second cavalier; je ne sais pendant oombien de temps il en use; mais, d'après la

marche qu li adopte, je dijute qu^ le ciievai soit

dressé avant huit mois oq un an* Commeot

irait-il plus vite, puisqu'il s'attache à demander beaucoup au cheval, sans s occuper en rien de lui donner la souplesse sans laquelle il ne peut parlera sou intelligence/ Son cheval est au galop, et fuit les hanches avant que son instructeur se suit assuré s'il est léger à la inain ; le voilà parvenu aux grandes di^cultés , et toutes ont été surmontées avec le seul secours du gros bridoQ. A la vérité, l'auteur recommande fréquemment de rassembler le cheval « rassembler qu'il ne comprend pas; mais comment veulril qu'on y réussisse, puisque le frein qu'il prescrit pendant les deux tiers de riiisUucUoa, teud à eluignerle nez du cheval , et k augmenter la contraction de son enoolure , à moins que sa portion naturelle ne soit des plus pariaites?

Dans un artide dn mâme ouvrage , intitulé :

Sur l'utilité de com^ver ou de faire ifrçidre qu

DnMBt

cketiol des allurei noiureiies» et de comigêr cem qui m (M de défeetim$es, on Ht :

<i Si le cavalier s'aperçoit que le cheval ait pro^ » pension k prendre des allures défectneuses» ou

qu'il en ail déjà contracté l'habitude étant » poulain» il ÙluI, pour Ton corriger, lorsqu'on le » dresse, le faire trotter très-atlongé , marquer » les temps de trot avec le tact de 1 assiette; puis » il fiiut ne tendre les rênes que très^moelleuse^ » meut, mener le cheval dans un terrain raboteux » ou très- mouvant y les rênes presque flottantes» » en ayant soin d'être en mesure de soutenir le » cheval, s il venait à broncher, ou à ne pas se

laisser prendre les jambes dessous lui, s'il » venait à tomber. Je recommande d'allonger les » allures et de mener le cheval dans un chemin » raboteux et mouvant, afin qu il soit lorcé, pour 1» ne pas tomber» de rétablir son équilibre en » prenant ses allures naturelles ; étant presque » abandonné à lui-même, la nature lui indique 1^ et le force de songer k sa sûreté. »

Il me semble que s'en réierer à de pareils moyens pour le drener des chevaux, o'est méconnaître entièrement les ressources de l'équitation. Évidemment ce qui donne des allures dé^ fectueuses, irrégulières, c'est le mauvais emploi de force dont le cheval fait usage (quand il o'est pas taré), et la disposition du sol où on Texerce ne peut rien &ire à cela, £u supposant même

M mnssER.

qa*m terrain mou et raboleox change les man-

vaises allures do cheval, ce que je ne crois nullement, ïaltilude qu'il y aura prise lui resterat-elle toujours? Et dans le cas où elle loi resterait, sera-ce bien celle avec laquelle le cavalier pourra lui £iire apprécier ses moyens de direction?

D'ailleurs, cette attitude venue sans le secours du cavalier pourra bien s en aller, en dépit de ses efforts; et voilà Técuyer dans la nécessité de ne jamais user de oe cheval ainsi dressé que dans des terrains mous et raboteux.

Malheureusement ces erreurs tiennent i ce qu'on ne s'est pas encore pénétré de cette yérité» qu il n'y a pas d'allures défectueuses avec de bonnes positions. Le cheval né trotteur, qui prendrait Tamble ou toute autre allure vicieuse, n'y parviendra qu en raison du mauvais emploi de ses forces. Ce n'est pas avec les rênes flottantes et le tact de l'assiette qu on parviendra à les rectifier, car le tact de l'assiette n'est même pas apprécié par le cheval dans l état d'équiiibre le plus parfait.

De cette première erreur en découlent mille autres. Il n'y a plus de règles fues pour Tinstniction du cheval ; on agit sur lui en aveugle, et les résultats qu ou obtient sont aussi incertains que les méthodes.

Nous avons blAmé tout à 1 iieure les barbares moyens d éducation qu'employaient nos ancé«-

ires ; nous avons ri de leiir ignorance, sans songer que nos livres modernes n'ofirent, pour la plupart, rien de plus ratioQDei.

Dans on traité fort récent, intitulé : Prom&^ inades à cheval, je vois, par exemple, entre autres choses : « Il y a peu de chevaux qu'un bon cava- » valier ne parvienne à réduire; les (aie^^ses, le » sucre, le temps et la constaocet produiront gé- » néralensent des effets bien préférables à ceux » détermines par les sacciades, la cravache et les » coups d'éperon,

L'auteur n*a oublié que laide de Dieu. Mais les caresses, le sucre, la constance et même le temps ne serviront pas plus que les rigueurs à dresser les chevaux, si le cavalier n^ sait pas faire comprendre au cheval d'abord qu'il doit lui être assujetti, et ensuite ce qu il lui demande. Car dans quel moment doit-on le caresser? pourquoi du sucre, et comment lui en faire manger étant à cheval? quelle idée le cheval en concevra-t-il? L'auteur oublie évidemment que c'idst sur riutelligence du cheval qu'il £Biut agir, et que ce n'est que par les positions convenables aux mouvements que l'on y parviendra.

Du reste, lauteur passe promptement d'une extrême douceur a 1 excès opposé, car il ajoute en note que ce les hommes qui, par métier, domp*

tent les chevaux, considèrent la privation du » sommeil comme un moyen efficace. »

9S hÊoaam.

Quelle erreur I quelle folie I

Quand douo les écayers se persuaderont-iis bien qu il u y a rien à tirer de ce oharlaiauisme; que Tert de dresser les chevaux consiste dans le ioin soutenu de récompenser à propos et immédiatement chaque acte d obéissance qui ramène leclieval à une bonne position, et de punir cha* que déplacement comme une désobéissance ; mais qu'il n'est pas dans la privation du sommdl , cruauté qui ne saurait faire comprendre au cheval qu'elle lui est infligée pour une faute passée ou future? Laissez dormir ces pauvres bêles tranquillement, et làchei de sortir l'équitation de ce sommeil létbaigitj^ue où l'ont laissée jusqu'à présent Tirréflexion et la routine. Méfiesvous des gens k secret et des moyens hors na-» ture. Servez- vous de vos poignets et de vos jambes avec discernement; ayei pour but unique Yéquilibre du cheval; faites en sorte qu'il ne puisse jamais sortir de cette belle position qui est la base et le complément de son éducation, et trois mois ne se seront point écoulés sans que l'animal le plus ignorant travaille avec nne précision remarquable, (foj^êz fiDucATiozv RAi$oi<iN££.)

DRESSER (se). Le cbeval qui se dresse est celui qui se lève tout droit sur ses pieds de derrière. (Voyez CABRER.)

DUR A CUIRE, expression triviale qwi se dit du cheval peu impressionnable au ibuel ou a l'éperon.

L'écuyer doit bien m garder de consiciérer comme sans ressource» om sortes de eherauz froids; une demi-educdiiou bien entendue reportera le centre de gravité plus en avant et rendra le mouvement d'arrière en avant plus prompt et plus facile.

ÉBRAISLER SON CHEVAL AU GALOP, c'est lui donner la ibrce et la position avec lesquelles il passe du pas à cette allure; quand c'est de rinaction et sans transition qu on l'ebranie au galop, cela s'appelle partir de pied ferme.

Mais, pour ce dernier cas, il faut être bien sûr de son cheval» afin de ne pas donner lieu à. des sauls de défeuse. [l'oyez galop.)

ÉCiÀiiT, saut de côté, plus ou moins violent, par lequel le eheval s'éloigne d'un objet fffÊV lui

fait peur.

Le cavalier doit être $ur ses gardes avec les chevaux qui font des écarts» afin de^ne p» ètte surpris désagréablement; cai* il a besoin de son assiette pour soutenir énergiquement ranimai

100 ÊCBAPPBIU

des mains el des jambes , et le porter iuiiuedialemenl sur ce qui frappe désagréablement sa

vue.

Da reste, ii ne faut se servir du châtiment

qu'après avoir employé les moyens de douceur. Mais si le cheval s'obstioe a ne pas vouloir s approcher dé l'objet qui Feffraye, il iaut que le châtiment soit d'autant plus tort que l'etiroi causé aura été plus considérable.

Hippocrate dit qu'il faut, par une douleur plus vive, détourner l'attention du malade de celle qu'il éprouvait précédemment et que l'on veut guérir. C'est ici le cas d'appliquer ce sage précepte. L'objet effrayant est la douleur dont lat-* tenlion du cheval doit être détournée.

Tant que l'anitnal paraîtra inquiet et disposé à fuir, on devra le luaiiiienir, et lui faire braver l'objet de sa frayeur et de son aversion. Au reste, il ne faut pas abuser de la punition, mais se hèter, »u contraire* de revenir à des moyens doux, aussitôt que la soumission a fait place k la peur.

Ces sortes de chevaux demandent à être moutés pour eux-mêmes, c'est-à-dire sans but fixe dans les promenades qu'on leur fait faire. [Voyez

BEFENURB.)

ECHAPPER. Laisser échapper son cheval de la main, c'est tout lui rendre, afin qu*il prenne un galop accéléré.

Êcomini. iot

Je n ai jamais été partisan de laisser ainsi le cheval livré i lui-même, d'abord parce qu'on perd les tnoyens de le diriger et de le secourir, ea modérant ses forces ; ensuite parce qu'on se met i la merci de ses eapriees on de sa fiible^se.

Il est vrai que certains chevaux seraient plus adroi(8, avec la liberté de leurs monvements, que sous le joug de moyens cuatre nature ; mais alors le cavalier, qui se met ainsi k la discrétion .de son clieval, fait un éclatant aveu de son ignorance, et doit en supporter toutes les conséquences.

ÉCOUTER SON CHEVAL, c'est être attentif à ne point le déranger quand il se manie bien.

C'est mie attention qu'on doit avoir avec tous les chevaux et dans toutes les occasions. L'écuyer même le plus habile n a pas trop de l'intelligence qu'il possède, pour s'emparer de celle de son cheval et lui transmettre sa volonté; aussi, en général, le cheval dressé a d'autant plus de tact» de finesse et de régulante dans les mouve^ ments, que son écuyer a les £icu|tés intellectuelles plus développées et plus saines.

ÉCOUTEUX, c'est un cheval qui hésite, qui ne sait pas aborder franchement l'allure qu'on lui demande, et saute au lieu d'avancer.

Delà mauvaise disposition des forces nait sou-

103 ÊGUÏfiR.

▼enl entre elles uiie lutt» qui paralyse toute espèce de mouvement, et reod le cheval écoutem; mail ee n'est pas là de la mauvaise yolonté, et ce défaut ditip^ruil sous une main habile. Car, n'en doutons paa« k plupart du temps^ le cheval moral n'est pas le principe des résistances du eh^ivai maiérid, et si ce dernier l'emporte sur le cavalier» c'est que cdui-ei n'a pas assez de volonté et de jugement pour discerner la justesse de forpe à lui opposer.

ÉCUYER. On appelle éeuyer l'homme qui sait

dresser un cheval, le conduire avec précision, et rendre compte des moyens qui lui ont procuré ces résultats.

hà France a possédé et possède eocore des écuyers dont le savoir ne peut àtra eontesté» puisque, de tout temps, il y a eu et il y a encore des chevaux dont le travail ne laisse rien à désirer; or, réducatioQ du cheval est la pierre de touche de Téouyer; cependant je crois que l'art de réquitation est loin d'avoir fait ebee nous tout le progrés dont il est susceptible.

Jusqu'ici, par exemple, on n'a presque dressé que des chevaux dont la nature avait fait à moitié réduçatioQ. C^tfort bien sans doute. Mais, sans porter atteinte à la réputation d'éouyers justement estimés, je voudrais que leur savoir s'exerçât auBsi sur des chevaux défectueux; là, du

âcimu 108

moins, le talent aurait une lice plus large et plus difBcile, an but plos méritoire.

J'ai vu» dans les gravures anciennes, les chevaoz montés par les rois et les princes ; j'ai exa<miné ceux des manèges royaux, et j'avoue que j*ai peine à ine rendre raison du long espace de temps que l'on met à dresser de tels chevaux, quand il serait si facile à un écuyer instruit d'çn tirer tout de suite un très-grand parti.

Ces chevaux sont tous de premier choix, sans vices de position, presque sans dé&uts. Quels obstacles oflfrent-ils donc k vaincre? Leur heureuse conformation leur donne ce par&it équilibre dont l'absence, chez d'autres, fait toute la diilicuité de l'éducation ; il ne reste qu'à parfaire leur souplesse pour faciliter les changements de position, et Toili le dresser termine.

La preuve de cette assertion, c'est que ces chevaux sont tout aussi giauieux avant qu'après leur éducation.

Je le répète donc, pour tirer avantage de leurs connaissances, il aurait fallu que ces écuyers en eussent ftiit l'essai sur des chevaux d'une constitution vicieuse, afin de réparer par l'art ce que la nature avait négligé. C'est alors qu'ils auraient lait connaître les ressources que Ton peut tirer de réquitation, en donnant k un cheval d'une natuie Inférieure la giàce d'un cheval de cboix, et en le faisant travailler avec la même précision.

I0& ^ ^ Êcmm.

Il faut au. cheval une posilion première avec laquelle il prend facilement toutes les autres; cette position est celle où les forces, ayaiU une harmonie parfaite entre elles, le maintiennent dans un juste équilibre. A l'obtenir consistent toutes les ditiicuités de réquitation , et plus le cheval est mal conformé, plus les obstacles sont grands. C'est alors qu'il faut du tact et de la promptitude dans les mouvements* pour combattre les forces résultant de celte mauvaise constitutioUy et faijre sentir instantanément celles qui doivent indiquer la position à prendre et i conserver.

Les chevaux placés naturellement répondront

d'abord aux premiers mouvements des mains et des jambes du cavalier, et lui obéiront. Ceux qui le sont mal n'y répondront pas sans un travail préabhle» parce qu'il y a che% eux une force d'opposition à combattre, et une autre force à commuiiiquei' pour les metlre en équilibre.

Tous les cfaevanx, sauf les chevaux tarés, peu* vent, d'après ma uiéthode, être dressés en moins de trois mois. Ceux qui, avec une bonne constitution, seront favorisés d'un peu d'action primitive, exécuteront les grandes difficultés de lart dans le même laps de temps, car il n'en coûte pas plus au cheval qui a des moyens de travailler sur les hanches au galop, qu'à celui qui n'en a point d'exécuter au pas les mêmes airs de ma-

tcxrm. . 105

nége. Le piaffer est aussi facile pour Tun que le pas d'école pour l'autre ; mais, en définitive, l'un et l'autre arrivent presque au mérae but avec ie temps. Évitons donc à l'avenir de mettre à la ré* forme les chevaux qui présenleat des défectuosités de conformation, et non^^ulement nous y trouverons d'utiles études, mais encore nous rendrons à l equitation des chevaux qui , sans cela» eussent été regardés comme impropres k tout beau service.

Quelques-uns de 'mes confrères ont l'habitude de faire debumier leurs chevaux par des cassecou» c'est un tort. C'en est un autre çhez la plupart des écuyers, de s'imaginer qu'après avoir acquis la pratique de Téquilation» ils ont atteint le terme de leurs études; grande erreur I Ils possèdent à peu près 1 art de 1 equitation, ils n'en conçoivent pas la science. Qu'en résulte*t-ii? Faute de réflexions tfiéoriqueSi ils ne peuvent définir le plus simple mouvement» rendre compte du moyen le plus usuel. Croirait-on que je n*ui pas rencontré un écuyer qui pût expliquer le moyen à l'aide duquel on corrige les mouvements (le tete d un cbevai, ce qu'oa appelle battre à la main? Quand on les interroge à ce sujet* voici à peu près ce qu'ils répondent (j'entends has plus capables) : «Il faut soutenir la main pour que le cheval, ressentant une douleur à chaque mouvement qu'il fait, (inisse par terûr sa tête en

iû6 • tCUYKB.

repos, n C*est donc la main qui doit agir d'abord? fort bien. Mais pourquoi la main doit-elle précéder les jambes? Pas de réponse. £t si on leur dit qu'avec certains che?aux ce sont les jambes qui doivent agir d'abord » la plupart sont déroutés, faute de comprendre q ae la cause qui produit ce déplacement n'est pas la même chez tous les chevaux. Rien n'est cependant plus facile à dé* montrer.

J'ai dit plusieurs fois dans cet ouvrage que l'allure du pas était préférable à toutes les autres pour corriger le cheval de ses mouvements instinctifs. Je suppose donc qu'il £Disse usage de la quantité de forces nécessaires au maintien de cette allure; il faut être bien attentif à écouter pour tenir toujuuis prêtes les forces h lui opposer, et n'agir que sur le point de départ du mouvement &utif ; mais il faut prendre garde de se tromper sur le fait de ce point de départ. Ainsi, pour bat^ tre à la main, une fois en action, le cheval n'agit pas seulement de l'encolure, mais encore il faut qu'il use de l'ensemble de ses forces.

Si le déjilacement est le résultat d'une augmentation de forces, la main doit précéder les jambes; si, au contraire, ce mouvement le fait revenir sur lui-même, c'est aux jambes qu'il faut d'abord avoir recours, puisque la main ne lui dirait rien autre chose, sinon qu'il doit se ralentir.

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