‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 43 sur 67 · HARDIES. 1B · texte numérisé non relu

HARDIES. 1B

vendra , la quantité de chevaux dont on peut

avoir besoin pour la guerre, la chasse, le manège^ la promenade, les voitures, etc., etc.

e H est encore temps de régénérer toutes ces espèces ; mais il faudrait s'en occuper activement et sans lésinerie.. Jamais gouvernement ne placeraitpjus utilement l'argent du pays, puisque, outre leÎB^avantages qu'il en tirerait pour sa gloire ét sa ' sûreté, il ferait chaque année une épargne considérable sur les ibnds qui sortent de France pour Taehat des chevaux étrangers.

HARASSER UN CHEVAL, cest 1 exténuer

de fatigue.

Les courses forcées sans ménagement harassent promptement un chev/il : c'est en commençant par un travail modéré qu'on arrive pieu à peu à lui donner Thaleine et la force convenables.

HARDIES (branches), sont des branches de mors, dont le levier forme une longue saillie. Elles aident, disent les auteurs, à ramener le cheval et à le loettre dans la main. Si c'est par la force que donne la construction des branches qu'on obtient ce résultat , celui qui les confectionne me parait avoir plus de talept que Técnjer. (Voyez moas et s6s effets.)

I{ARID£L«LË« C'est ainsi que l'pa appelle ces ohevaai maigres et ciflanquéa, attelés an modeite char lie la petite propriété. Ces chevaux, ordinal* rement restes de lirillants coursiers q«i fiiisaieat radroiration des connaisseiiFS, rendent qaelquer fois plus de services dans leurs vieux jours, qu'ils ne l'ont dit k l'àf e de la beaoté et de la ^gueur ; mais ce n'est qu'à force de coups et en les expo^ lant àehaque instant à périr de fatigue, que Vm obtient d'eux ces inèraes services. Aussi, quelle eiistence mènent- ils? Et n'est^oe pas le oomble de régoîsroe et de l'ingratitode de la part de l'homme, que d abandonner ainsi dans vieillesse» l'animal que l'on a le plus aimé, et de le livrer à la condition la plus misérable, dès que,

par suite des services qu'il a fendus, il oommenee i perdre de sa valeur!

HARPER, c'est lever les jambes de derplère

par un mouvement couvulsif plus grand que oeltti qui est naturel au eheval. Cette fleiion sfmntanée est le défaut des chevaux qui ont dos éparvins secs. On doit bien éviter de confondre œ que Ton appelle Aoif^er aveo le tride d'un cheval bien constitué, qui se cadence également et régulièrement.

HAUTE-ÉCOLE. On entend par la haute- .

école tout travail de deux pistes au pas , au trot

iMU. UT

el au galop (voyez fuir les manches)» ainsi que lei changements do pieds du tact au taot nnr les

lignes rétrécies ou en iormant des huit de chiiTies, le piaffer, etc., etc. (Fojfaj ces différents mots.)

Les chevaux qui exécutent tontes ces figures avec précision s'appellent chevaux de téte» d étude ou de haute«école.

Dans la haute-école, le cavalier agit de toute sa puissance sur le physique et le moral du cheval * par les exercices difficiles auxquels il le soumet, il perfectionne sa souplesse et son équilibre; par la continuité de- ses actes, il lui fiiit connaître quelle est son inhueoce sur lui, et à quel point il le domine ; domination qui n'a rien de révoltant pour le cheval, puisque, loin de le dégrader, elle augmente sa fierté naturelle par les poses les plus nobles et les plus gracieuses.

HOLA. On se sert de ce mot sonore et aasee

viveiiienl compris des chevaux pour les arrêter sans le secours de la bride.

Le cheval que Ton met dans les piliers doit cesser toute espèce de sauts ou de mouvements» quand, par des répétitions fréquentes, on lui aura fait comprendre la valeur de ce mot holà.

Les personnes délicates qui n'auraient pas l« force de cal mer leurschevaux pourraient s'en faire dresser qui s'arrêteraient à la parole. Kien u'est plus facile que d'amener le eheval à ce point de

i$S aoBs-DiHmirroii.

campréheDsion et d'obéissance ; il suMl pour cela, diaque fois qu'on Teol l'arrêter, d aoeompagner ce mut des effets de la main ; puis oa les diminue au fur et à mesure que les résistances deviennent moindres, et bieotAt le but de cette exclamation se grave tell< nteiit dans son intelligence, que /lo/ù suffit pour l'arrêter court.

Les dames perdront sans doute tonte crainte quand elles sauront qu avec un seul mot elles peuvent soumettre à la docilité le cheval qui vainement tenterait de les intimider.

HOMME DE CHEVAL. On entend par homme de ehmnd celui qui joint à une solidité à toute

épreuve l'usage libre de tous ses membres, ne les meut que par sa volonté, et sait en apprécier les effets.

On confond souvent, à tort, T homme de cheval et l'écuyer. 1^ premier, comme je viens

de le dire, est un cavalier solide et habile; mais le second doit joindre à ces qualités toutes lesconnaiasances accessoires, requises non-senlement pour démontrer les principes dont se compose son art, mais pour la direction d*aa manège, (i'est à l'écuyer à former les houiines de cheval.

HORS-DU-MONTOIR, c est le coté droit du cheval. [Fot/ejr montoir.)

UIFCL8I0K. 189

HUIT-DE-CHIFFRES, c'est un air de manège •aquel on a donué ce noiUt parce qu'il en représente la figure.

En effet y il se compose de deux chaDgements de main successib, dont on rejoint les points de départ en (raversaut les petits côtés du maoége.

On fait des huU-de*chiffre$ de différentes grân-* deurs. Les premiers que Ton demande au cheval doivent couper le manège par Ueux changements de main de toute la grandeur de ses diagonales. A mesure que le cheval acquiert de la précision, on en diminue la cireonférenoe^ jusqu'à ce qu'enfin on l exécute dans un cercle aussi petit que possible.

Comme toutes ces difficultés ne doivent occasionner d eiibrts ni au cavalier ni au cheval , je n'ai pas besoin de dire quel doit être Tensemble des mouvements du pieuuerpour que i exécution ne laisse rien à. désirer.

Tout cheval assoupli et bien d'aplomb, peut faire des huU-de- chiljres. L admiration qu'on accorde è cet air de manège doit être réservée tout entière pour le dresser qui Ta conduit la.

^IMPULSION. L'impulsion est l'effet de L'action qui, d abord, doit être produite par le cavalier» el, autant que possiblOt se continuer par le

190 mâCHOM»

dieintl. C'est è TuMe dé dette force d*iffif>iikioii bien graduée qu'on arrive à iaire prendre toutes les positions possibles» et c'est avec œs positions que le cheval prendra les directions; rimpulsion, donnée justement) servira à évitw toute espèce d'eocttlement fâ de défenses éê ta part dn cbevat et le rendra {^écis et réguliet dans ses mouvements.

INACTION^ €e mot, ^êi se iwiioontre dans un grand nombre d articles de ce Dictiontiaîi^, pourrait prêter à l'anibiguité; j'en dois l'expiicaiion.

J'entands par inaction, taîmr le thmal h$ pm^ Ire jambes immobiles sur le sol, dans le but de £iii« fléohir l'encolnre M Ions sens et de lui dfanner tout le liant qu elle peut acquérir.

Cet exercice local est à l'éducation du cheval ( qu'on uae passe cette cemparaHKm j œ ^'une bonne fondation est à un édifice.

M. de la Guénniàre et tous les auteurs qui lui ont succédé jusqu à ce jour, prétendent que le trot e^ 1 ailure la plus lavorable poar donner une grande «oupiesse «u uhe i u l ; cela pusmât 4tr6 vrai si le cheval devait rester livré a lui-iiKniq; mais comme le cavalier qui Tassujettit doit être maître de tous ses mouvements, ce n'est jias avec une allure «aussi décidée^ allure où le cbevai hii mm gmtid efoplot de fttœ «t ^lerd y par couseqiraiil^ de eoo <éqtttliiH:^ qu'au parviendra À être

imbomptablë, 191 nMÉtrè unique de ses moUTements : c*eBt dans l'inaction , c'est au pas que l'on en sera le seul moteter, et cpi'on letiisjpôêera, Un (prompt as-» soiiplissementv à une bèUe exécution. En cfTet, au repos il a quatua points d'appui, au pas il en a tmis) sa base de auatMitatton esl fiieile; son aetioû étant nulle ou minime, il apprécie.promplement Teffet de vos forces ; n'ayant pas de dii^tiofls À donuer, vous ne permettreE aucun Mouvement an détrim^l de la poaitton» et ne cKMnbatl^ec que ceux font résistance ; bieaMt ils vous seront tous subordonnés; dès iors, le cheval répondra à des impulsions imperceptibles, et vous arriverez graduellement à donner k ses lilui^ te g^cimiiL «al la eadenoe désiraètos.

INDOMPTABLE, il y a peu de chevaux qu'on ne pftîaBê dom^Cer quant «n w«elére. Les mis

qui oilrt^t des diâicultés réellement îniiiraiontabks sont hs ebevaux chaiouiUetx et les juments qu'on appelle pissemes, Celles-'ci ont un vice d'organisattcNï sanguine ou naiMaulaii-e qu'on ne peut diangers et qui les scMistimt (Modaftl mn plvs long temps à ractron du cavalier.

Quant à ceux dont la réuteode tient au wiral^ l'érudilion équestre parviendra certainement à les sonmettfe : «1 suffit de savoir empkyer tour 4 tottt*^ et -à propos, le cÉiÉtiioaent et w Teoosipense* Comment et dans «quel moment? Voilà ^ qu'on

193 INTELLIGJSHGS.

ne puut expliquer dans un livre. Ici ia théorie ne peut pas suppléer à la pratique. Disons-le cependant , il ne fiint employer les moyens de rigueur qu'après avoir acquis rintime conviction que TopiniAtreté du cheval n'est pas le résultat d'une mauvaise réparti tiua Je forces, ou d'un travail prématuré.

INSTINCT. N'accorder que de J'instinct au cheval t c'est de notre part une vanité que je ne relèverais pas, si elle ne devait pas nuire à son éducation. (FoyezufTELUQBNGB.)

INTELLIGENCE (de 1 ) du cheval.

J'ai toujours cru à rintelligence du cheval, et c'est sur celte opinion que j ai basé ma méthode et tous les principes énoncés dans cet ouvrage. Grâce à elle, en maîtrisant la volonté du cheval , je suis parvenu à n'exiger de lui que ce qui, préalablement, avait été saisi par son intelligence.

Je ne m'occuperais pas du développement de cette thèse, si elle n'était que curieuse ; mais cette intelligence du cheval est , selon moi , si utile et si précieuse» que j'ai cru indispensable démettre an jour le fruit de mes étudei.

L'écuyer qui traite T animal comme une machine soumise senlement à l'impression du moment , sans souvenir et sans conception , ne sera jamais qu'un mauvais écuyer. Gomment, en effet,

nraaJiGmcs, 199

n'accorder que de l'instinct à 1 être qui discerne le bien d*avee le mal, apprécie leseiroonatances, et jugé même de la capacité du cavalier I Sans doute il ne sait riea à TaYance ; les enfauts dont on commence l'éducation en savent-ils davantage? Disons-le donc, les idées innées sont le propre de Yimtinet; mais YinielUigenee n apprend qu à force de conviction et d'habitude.

Le cheval a la perception comme il a la sensa* tion, la comparaison et le souvenir ; il a donc le jugement et la mémoire ; il a donc VkUeUigenee. Voilé pourquoi T-écuyer doit ne point agir en aveugle sur son cheval , et ne pas oublier que chacun de ses actes agit aussitôt, non-seulement sur le sens physique, mais aussi sur la mémoire de ranimai. U faut tenir compte de cette oi^;anisation essentielle du cheval, ne jamais passer que du connu à l'inconnu, ne point le soumettre à de mauvais traitements^ et ne point abandonner à des mains inhabiles les commencements de son éducation; les mauvaises habitudes eierceraienjt necessaireiDent une lâcheuse iniluence sur les suites de cette éducation*

Ceux qui se figurent que le chAtiment et la recompense suftisent pour dresser un cheval commettent une grave erreur. Ces deux moyens

no peuvent j.)ioduire de bons résultats que s'ils sont employés àprppoê; par l'éperon et le fouet, le sucre et lea caresses, on n'obtiendra rien» si les

i9À INIELUGENGE.

ans et leé ftatres ne sont ménagés avec disoérne-»

ment. Il en est de même pour les écoliers : le pain m et le eackot ne leur apprennent ni le grec ni le latin; il fiiut d'abord parler à leur intelligence.

Gomment» sansTusagedela parole, s'adresser à celle faculté dn cheval? Rien de plus facile, si Ton examine avec qoelqae attention la manière dont les idées pénétrent dans nne intelligence quelconque. Pour faire concevoir une pensée à quelqu'un» on commence par lui présenter toutes les idées qui peuvent l'y conduire ; on s'empare des forces de son esprit; -on les dispose, on les dirige de telle sorte qu'il ne puisse échapper à l'impression qu'on sollicite. Avec le cheval, il fani un travail tout à &it semUable. Que loi demande-t-oQ? des inouvements. La manière de Ty amen«* consista à disposer ses forces de fiaicon k ce qu'il ne puisse faire que le mouvement qu'on exige. La position est le langage qui parle au cheval, qui eat tntslUffible pour lui ; elle explique et iaU uallre le muuvemeut, comme le raisonnement explique et fait naître k pensée.

Ici se trouve la source d'une erreur qu il est temps de relever* Tandis que certains écuyers ne font dn cheval qu'une nMcfaine, d'autres, au contraire, basent sur son intelligence toute la ftcilité de son éducation ; ainsi les chevaux andaloux passent pour les génies de l'espèce^ parce

umumiicB. tM

qa*on les dreise plus promptemeat at avec plus de faetlilé que les autret chevaux. Cette eonaé^ quence est fausse : cette promptitude d'éducatioa tient moine i rintalligeoce des chevaux andalou qu'à leur coofonnation physique.

La diose indispeusabie dans l'éducatioa. du dievil est Téqnilibie, qu'on n'obtient que par UQ6 bonne position. CeujL-là donc qui tiennent déjà de la nature cette bonne position, refusée i d auli es, sont nécessaireiiieiit plus disposés à recevoir une instruction prompte et facile.

Il faut distinguée ce qui tient à Torganisation physique de ce qui dépend de i organisation inlalleetttaUe; j'ai étudié atlentivemèiil l'une el l'autre, et j ai conclu de mes observations que, si le phyaiqne da cheval influe sur la longMur de son éducation, son mord seul doit en déterminer le mode.

D'une part^ j'ai remaïqué qne ai les chevan

naturellement bien faits obéissent plus aisément, oauz d'une ooDiormatîoii inférieim, qni ne sont pas tarés, peuvent aussi être ramenés à un degré d'équilibre suHlsant pour qu'une main habile puisse en tiner bon parti ; j'ai donc reconnu cette vérité que tous les chevaux, une fois bien piaoés« obéissent sans diffîonlté, s'ils sont bien conduits.

D'autre part, j'ai vu que le cheval apprécie les bons et les mauvais lnilememB ? qu'il a eoe nn att

196 JOGKBT.

i'habilelé ou i'iacapacité de son cavalier; qu'il discerne ses fautes propres de celles qu'on lui fiiit faire. J'ai vu que ses bonnes ou>mauvaises qualités dépendent autant des circonstances de son éducation que de son naturel, et j'en ai conclu qu'il faut le dominer» mais seulement par une suporiorilé d'intelligence, et en lui faisant sentir que ce qu'on exige de lui est le moyen le plus propre pour arriver à tel ou . tel résultat.

JOCKËÏ ANGLAIS ou HOMME DE BOIS.

L'on nomme ainsi un échafaudage fourchu qui

' se fixe au moyen d'une sangle sur le dos du cheval ; aux extrémités supérieures des deux fourches sont fixées les rênes du bridon ; uu jiiécanisme, dont le système varie, laisse i ces rênes un certain jeu, au bout duquelle cheval trouve une résistance bxe«

De graves auteurs ont attribué è cet instrument des propriétés que la saine équitation réprouve. En effet, la force permanente du bridon dans la bouche du cheval est une gêne et non pas ua avis; elle lui apprend à revenir sur lui-même en s'acoulant pour éviter la sujétion.- A l'aide de cette force brutale et inintelligente, il connaîtra de bonne heure comment il peut éviter les effets de la main du cavalier.

Page 1