‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 44 sur 67 · LEÇON · texte numérisé non relu

LEÇON

LACHER LA MAIN A SON CHEVAL, e'est

labandoDuer à lui-même. Plus d'un amateur sa figure Uire acte de courage et de haute équitation en laissant flotter les rênes et en se coniiant ainsi à sou cheval.

C'est un tort grave et qui pronveautant d*igno« rance que d'imprévoyance dans le cavalier ; car, non-seulement le cheval perd dans cet abandon ses bonnes habitudes, et par-dessus tout celle de la soumission» mais il court le danger de tomber, et de compromettre ainsi les jours de celui qui le monte.

LEÇON. Donner une leçon, c'est expliquer à ses élèves les principes à Taide desquels on arrive à suivre d'abord et à diriger ensuite les mouvements du cheval.

Il y a plusieurs manières de démontrer Uéquîtation, dit-on sans cesse ; quelle est la meilleure? Voilà ce qu'il est difficile de résoudre» du moins pour les élèves, parce qu'ils attachent naturellement un peu de gloriole i rehausser le talent de leur professeur; aussi conviennent-ils avec peine de son incapacité, en admettant même qu'ils aient les connaissances requises pour en juger ; car il tant posséder à fond une science pour ap-

IM LBçcm.

précier le 8a¥oir des hommes qai la caltivent.

Quant & moi, je crois que le premier mérite de l ecuyer qui enseigne, est d'observer dans sa leçon une mateha noo-saulêmeat progrestiTe, .mais surtout rationnelle. Il en est (qu'on nous passe oette oomparaisoa) dei mouTemœla de Té»

lève, par rapport h son aplomb, comme de ceux du cheval relativement à sa position : l'assiette de l'un, comme l'équilibre de l'autre, doit pré« céder tout mouvement des extrémités ; sans ce soin, les progrès sont d'une déseipétanta lenteur.

Mes collègues ne m'en voudront sûrement pas, sii tout en laissant chacun agir à sa manière» je cherche à faire connaître la pratique qui m'a paru la plus goûtée des élèves ; celle qui, tout eu . réalisant pour eux de promptes et durables jouissances» leur fait éprouver le besoin de se perfectionner en prolongeant d'eux-mêmes le temps de leurs études.

Voici donc comment je divise mes leçons ; Trois ^semaines 6u un mois en bridon, pour commencer à rompre le cavalier et donner à chaque partie l'attitude qu'elle doit conserver. Vingt jours en bride, pour placer l'élève carrémeaU sans le secours des deux rênes» et pour consolider sa position. Les éperons ne s'adaptent aux talons qu'au bout de ce temps. Ainsi, c'est au bout de deux mois que mes élèves commencent à tirer avantage de leur solidité, pour régler

le mouvement de leurs aides» et disposer le clie*val pour le galop.

Il est biâQ eatendu que ces divisions de temps n'ont rien de sacrameiitel) et que Téouyer peut ' et doit même les mudiûer, selon la capacité des commençants.

n est bon que j'explique encore comment je gradue le choix des trotteurs qui servent aux premières études» avant de permettre remploi de tous les instruments propres à foiire connaître au cheval la volonté du eavalier* Pendant le premier mois, ils ne montent que des chevaux doux d'al-» lure et de caractère; ensuite ils moulent indis«« tinciement des ohevaui doux ou durs, mais n'oiFrant pas d'autres diflicuités que celles qui résultent de leur allure. Cependant» comme ils en changent i chaque reprise, j'ai soin que le premier soit toujours celui qui a les réactions les plus . fortes.

De cette méthode l'élève tire deux avantages: d'abord, lesdéplaoements continuels qu'il éprouve

lui apprennent à se servir de ses forces, de. manière à reprendre son équilibre le plus prompte**

ment possible, et, pour cela, j'ai grand soin (jua ses épaules et ses jambes ne lui prélent aucun secours.

Ensuite, lorsqu à la seconde reprise il passe sur un cheval plus doux, il ressent une telle aisance,

qu'il emploie de lui-même^ à se bien placer, les

300 UQON*

eilurts qui ne lui servaient d'abord qu*à se tenir; le bien-être qu'il éprouve lui fait sentir le désir et Je besoin des progrès. •

Un soin que j'ai encore, c'est, par des conseils assidus, de m'emparer de rattention de l élève; de le forcer incessamment à veiller sur lui-même, à rectifier sa position, et à profiter ainsi de chacun des moments de sa leçon ; d'approprier ipes expressions, et jusqu'aux intonations de ma voix, au caractère de l'élève et aux dispositioui» morales que je lui ai reconnues. A celui qui met tout à profit, je parle avec douceur, et j'explique plus à fond ; au raisonneur, je réponds brièvement, sans laisser toutefois aucune de ses de* mandes sans réponse;, je contrains Tesprit paresseux k me donner le pmrqwn du pourquoi^ tantêt

en l'obligeant à penser, tantut en Taidant à propos. Pour l'élève apathique ou indolent, j*use de mots sonores et expressifs (toujours honnêtes, bien entendu). Il est des élèves dont la prompte compréhension devance les progrès physiques; tous mes soins, avec eux, se portent vers leur mécanisme; je m'attache à ne présenter de nouveaux aliments à leur intelligence qu'au fur et à mesure que l'habitude d'exécution répond à leur conception. Bref, mon premier soin est de chercher à connaître le genre et le degré de capacité de chaque élève» et j'affirme que cette connaissance a toujours été plus utile à leurs progrès

Page 1