LEÇON
que celle du physique; car il n'est pas de conformation avec laquelle on ne puisse monter à cheval; mais il est des organisations intelleetnelles avec lesquelles tout progrès serait lent ou nul, si récuyer ne savait en tenir compte.
Gela dit, je reviens k la position de l'élève.
Mou attention première consiste dans le soin de irectifier les parties qui composent et constt-
tuenl son assiette, chaque fois qu'elles sortent de la bonne position que je lui fais prendre en le mettant à cheval.
Je supprime pour mon élève tout changement de direction, ne tenant même pas à ce qu'il conduise régulièrement son cheval en ligne droite ; je veux qu'il ne soit occupé que d'un seul point, celui de se tenir de son mieux.
Quand il est placé convenablement, c'est-à-dire les reins bien disposés et les cuisses adhérentes à la selle, alors, mais seulement alors, je lui fais connaître les fonctions des poignets et des jambes et leur inlluence sur le cheval, ea lui expliquant clairement leurs effets» séparés ou combinés* C'est en exerçant constamment l'élasticité de chaque extrémité que l'élève parvient promptemént à s'en servir d'une manière locale et avec un ensemble raisonné, el qu'il en communique les impulsions au cheval, non pour lui donner des directions, mais bien pour le placer; je lui apprends ainsi qu'à son exemple le cheval doit
être assujetti k un aplomb véritable, sans lequel
il n y a pas de travail possible. Enfin, ce n'est que quand i élève obtient' une amélioration seii« aible dans l'éqoilibre de ranimil qu'il doit e»* gayer à le diriger; mais, dès lors^ il. le fait avec précision et sàreté, je dirai pins, aveo con<viction.
N'est4l pas mieux de suivre cette marche toute logique et naturelle, que de francliiF sans discer<*
iiement les échelons qui servent de base fondamentale à la science? Je le répète, la première chose que l'élève doit acquérir, est une bouiiu pontion, car la position est è l'emploi des forces inotrices ce que le point d'appui est au levier.
Les écuyers se plaignent assez souvent dn peu de persévérance des élèves et du dégoût qu'ils apportent aux leçons. Le moyen d'obvier à, cet inconvénient est d'abord de faire disparaître la monotonie et la longueur des leçons classiques, de rajeunir les errements de nos vieux profes^ seurs, qui pensaient que sans bottes à réenyère et cJiapeau à trois cornes on ne pouvait bien monter à cheval, et . laissaient le commençant beaucoup trop de temps aux premiers principes. Évitons ces ennuis h nos élèves, mais sans pourtant tomber dans l'excès contraire, en les faisant monter, au bout de qumze jours de leçons, avec des éperons et des étriers, sans leur avoir reconnu des dispositions extraordinaires ; car, dans un cas
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emme dans l'attire, ils se dégoûteraient prdiiip-
terncnt; dans le premier, parce qu'ils croiraient réquitatioQ d'une ia»urj|u>nUble difficulté; daus le Beoond, an oontraire, parce qu'ils penseraient de suite tout savoir ; comme on ne leur aurait fait oonnatCre aucune des difficultés de Tart, loin de chercher h surmonter celles qui s'y réncontrentt ils ne les devineraient même pas.
Nos chevaux, bons et paisibles, suppléent souvent à l'incapacité de ces derniers cavaliers et .flattent leur ignorance ; car le cbeval qui a de bons yeux va naturellement droit devant lui, évi-. tant soigneusement ce qui se trouve sur son passage; mais, s'ils viennent à en monter de quelque peu difficUes, que deviennent nos cavaliers improvisés? Ils sont le jouet du cbeval et la risée des assistants, et bientôt se dégoûtent d'un art qui aurait fiiit leurs délices, s'il leur avait été démontré avec plus de méthode.
Je le répète^ en apportant cette suite et cette progression dans Tordre des leçons et des exercices, les professeurs gagneront sous le rapport pécuniaire; et, sous celui de l'opinion publique, ils rajeuniront Téquitation qui tombe en désuétude; ils donneront le goût des chevaux et feront une science d'un art auquel rindiflërence publique ferait bientôt même refuser ce nom,
LÉGER A LA MAIJS ou léger du DEVAN^r.