‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 53 sur 67 · MS · texte numérisé non relu

MS

galop, s'appelle aussi galop gaillard ; galop capricieux oonviendrait mieux, puisqu'il n'est que le

résultat d'une fantaisie du ciieval.

PAS ESPAGNOL. On entend par pas espagnol, l'action du cheval qui en marchant donne toute l'extensiQn possible à cbaenne des jambes de devant alternativement. C'est à tort que l'on a attribué ce mouvement aux chevaux ' espagnols, dont la marche est tout à &it différente ; ils élèvent, il est vrai, très-haut les jambes de devant, mais sans la tension soutenue que nous exigeons pour en faire un de nos airs de.manége. Pour obtenir ce mouvement, il faut d'abord forcer le cheval à tenir une de ses jambes en l'air; on y parviendra prompLemeiit eu raiiKiiiaut la tète du cheval, par exemple à droite , à l'aide de la réne du bridon ou de la bride; cette position prise, on portera la main de la bride à gauche en soutenant fortement les deux jambes; toutefois, la gauche sera tixée au flanc avec plus d'énergie , afin de former opposition à la main ; peu à peu le poids de la jambe droite du cheval se reportera sur la gauche, et la pt eiuière quittera le sol. Ce que l ou aura lait à droite se pratiquera également à gauche. Une fois que cette flexion sera devenue facile, on soutiendra les deux jambes comme si l'on voulait porter le cheval en avant, et la tension s'exécutera.

Hue lois que le cheval marquera les temps

d'uo6 manière difltiiieta à i alluffa du [im« on ibr*> l'aoiioii pour arriver i l'obianir au trot. Ce

travail ne doit se Cûmiiiuniqu^ qa*Aprè$ avoir amené le cheval à un état d'équilibre par&it. Il faut que Ifi position à l'aido do laquelle on obtient le pas espagaol» aoit bien juate el que la cavalier en soit toujours le promoteur, aflii que le flheval ne prenne jamais l'initiative, puisque ûost ua air de manéfa qui ne doit a auéeuter qu'à un no* ment donné.

PA8SAIMË (la) ae dit des divers mouvemento,

des tours, détours et retours, que le cheval exécute au galop» en passant avee rapidité d'un peint su Fautre.

Cela peut avoir aussi un but d'utilité pour les offleiers de cavalerie, qui veulent apprendre k

manier leurs chevaux avee promptitudo ; mais, pour cela, il laut avoir un ot^val bien subordonné aux eflbts du mors et des jembei , et dont on puisse clianger les positions du (aot au tact. Ce point est le plus itioportant, pour qu'un défaut d'équilibre ne fasse pas manquer une évolution et n'amène pas ia chute de laBimal.

PASSAGE est un diminutif du piailer; dans cet air, le eheval lève les jambas» comme pour le trot , mais il n'avance qu'imperoeptiblement i chaque temps.

Digitizeo by

puifw. M*

Pour ce travail» le ialaut du a&vaiier oâoiiiatd» non pas à laire une oppositioii oootmw «yeo U

Liide, chaque fois que les jambes agissent, inaifl bian a réuair tâUûiueat toutes les forcer «u Geati# de graTÎté, comme pour le piaffer, que, même aveo les rênes flottantes» le cbeval n^avanoe qu ipsaoiiMenient à obaque aurorolt d'aotiou.

On conçoit qu'il faut un rassembler bien oom* plet pour que le obeval puisse exécuter avec céga« lafité oe brillant et saTapt «ir de manège*

PESÂDË (la) se dit du cheval qui lève très-baut aoa avant-main en ne quittant pas le sol de ses piedâ iie derrière.

Ce mouvement est une imitation du «airer»

mais c'est le cavalier qui en est le promoteur. Il faut que le vheval soit bien dressé pour qu'U jai^ s'y livre pas nudieieasement» ee qui dégénéiefait

en défense; le cheval arrivé à un ceitaiu degré

d'àostfuction peut £aire tous oes mouvements sauft contrainte pénible, A le prudent et savant

cavalier s'est attaché à perfectionner ses dispositions^ et ail veille à le lûreté de ses points

d'appui.

PIAFFER se dit du cheval qui lève ses jambes

par la diagonale* comme au* dut, mais saA3 ayancer ni reoulert

Si ce mouvement, qui rend le obeval âer et

belliqueux, ne coù(e au cavalier que d'impercep* tibles opposiUons de main et de jambe» il prouve son savoir ; car, pour lui donner cette cadence précieuse» que d'obstacles à surmonter par des exereiœs habilement gradués I

Il faut faire une exceptioa pour les chevaux ap* pelés piaffmm, qui sè prêtent si aisément à ce mouvement, que la difficulté, avec eux, est de les en corriger et de leur donner une allure.

Néanmoins, la plus grande partie des chevaux est susceptible d'acquérir un piaffer plus ou moins gracieux.

Pour en arriver là, non-seulement il est essentiel de mettre son cheval dans un parfait équilibre et. de lui/donner le rasmnbler le plus ooidplet, mais coinine il est difUcile de lui faire concevoir qu'il doit agir sous l'impulsion égale de deux aides contraires» il faut exiger peu i la fois» le caresser aussitôt qu'on oi>tient un mouvement; puis, petit à petit» régulariser» rhythmer» si je puis me servir de cette expression, Taction des extrémités, et quinze jours ne s'écouleront pas sans qu'on obtienne un beau commencement de ce necplm ultra de l'équitation.

PICOTER an cheval» c'est lui faire sentir les

éperons sans cause et avec incertitude.

C est le défautdes gens chancelants à cheval» qui

se servent des jambes comme mo;^ea de solidité.

Diyuizeo by

nntM. Ut

Les chevaux . mal monlés ainsi, eo&tinctent rbabîliide cb roer à la boite, heufenx enooie s'ils bornent là toute leur défense ! Le remède est d'acquérir de Tassielte avant de oberoher à frire usage des aides on du ebltimeat«

PIUERS (les) sont deux poteaux placés aux

trois quarts de l'un des bouts du manège, et entre lesquels on met un cheval pour lui ap-* prendre h exécuter tous les airs relevés.

Beaucoup d'écuyers ont encore recours à cet expédient pour asseoir un cheval sur les haneiies ou le former au piaffer. C'est un tort, selon moi, car les longes qui T assujettissent, la chambrière * qui lexcite, ne peuvent jamais remplacer l'accord des mains et des jambes. Ce n'est qu'avec

. l'assiette qu'on peut saisir ces milliers de petits déplacements dont la répression feit l'éducation du cheval. Le cavalier seul peut intercepter et retirer h temps la- force et le poids qui nwianit» ou donner immédiatement celle nécessaire à une prompte exécution. Ce sont là des effets de tact

. que les pilim ne peuyent remplacer* En eflfet, dans les piliers , c'est par les yeux seuls qu'on distingue quand le cheval &it mal ou bien; les yeux ne peuvent apercevoir qu'un déplacement opéré, et c est le déplacement naissant qu il iaU lait prévenir. Il est donc impossible, avec ce genre d exercice, de saisir justement les temps

et de les réprimer d'uoe manière convenable.

Les pilien sont ttos doute induppensables pour los am releTéi (que doit posséder ce que Ton appelle un sauteur); oomme ces mouvements sont tous forcés» il n*ert pas étonnant qu'on emploie^ pour l'y façonner, le secours des piliers ; d'ailleurs, le cheval devant toujours les exécuter entre ces deux poteaux, il est indispensable queœ soit li qu'il les apprenne. Mais, pour tout ce qui lient k donner ou à parMre l'équilibre d'un cheval, c'est i cheval que le cavalier doit l'obtenir; il y arrivera plus vite, et tout en ménageant l'organisation de son cheval « H acquerra du sentiment et du savoir.

PINCER DES DEDX* (Voyei attaqvbr.)

PIROUETTE 1^) s exécute sur les jambes de

devant ou sur celles de derrière. La première s'appelle pirouette renversée ; c'est la jambe de devant du c6té opposé où se porte la croupe, qui doit être le pivot autour duquel iuuiuent les trois antres jambes; c'est l'opposé dans la pirouette ordinaire, c'est la jambe de derrière du côté o& 1 on porte les épaules qui doit servir de pivot ; delà se conçoit aisément, puisque dans ces deux cas, ce sont les deux jambes qui ont le iiioins grand cercle à parcourir.

Il tàut oomiûencer par les pirouettes reuver-

Diyuizeo by

?1STB. M

sèës, elles sont pins faciles, puisque It jambe qui donne l'action à ramfcp^main sert en même

temps à la déplacer ; c'est Topposé dans la pirouette ordinaire» l'action doit se répartir, pour donner aux épaules la plus grande mobilité possible» et le poids doit rester en arrière lors du dé^ but des pirouette» renveraées qui ne doivent se pratiquer qu'après l'entier assouplissement de l'encolure et un commencement de mise en main. On se contentera dans le principe d'un pas ou deux. Si la croupe se porte à droite, la jambe gauche et une tension de la réne gauche du hti* don arrêteront ce premier déplacement et seront suivis d'un effet d'ensemble* On augmentera au fur et à mesure le nombre des pas jusqu'à ce que Ton soit parvenu à exécuter la pirouette eQtière« La rêne du bridon ayant pour propriété de com«« battre la ic^-istance que présenterait la croupe, on cessera son etl'et aussitôt que le cheval répondra à l'action de la jambe; puis on arrivera peu à peu à placer la téte dans le sens du mouvement, c'est* à-dire du côté oh marchera la croupe. On obtiendra les pirouettes ordinaires avec la même progression.

PISTE (la) est une ligne supposée sm lat^uelle on liait marcher le cheval.

Quand les jambes de derrière suivent la même

ligne que celles de devant, le clievai est dit mar*

Digiiizeo by U<)OgIe

PLATS*iai6l.

cher d'une piste. 11 va de deux pistes quand ses pieds de derrière parcooreDl une ligne parallèle à celle tracée par les pieds de devaul. Dans un cas comme dans l'autre^ il est toujours essentiel de se créer imaginaireinent des lignes, afin de les Éwre suivre exactement au cheval et de se rendre raison par là de tout ce qu'il &it. Cela mène à le conduire d*une manière plus précise.

PLACER UJN CHEVAL, cest, après l'avoir

assoupli, coordonner ses ibices pour le mettre en équilibre.

Pour éviter des répétitions ftstidieuses, je me contenterai d ajouter ici que Je premier conseil à donner aux jeunes écuyers» c'est d'acquérir euimêmes assez de tact équestre pour sentir immédiatement toutes les positions déieciueuses .du cheyal et les rectifier aussitôt.

Us ne sauraient donner à cette étude trop de temps, et surfont de raisonnement, car c'est ià toute l'équitation,

PLATE-LONGE. On entend par pkte4o9ige

une longue coide bouclée à Tanneau du caveçou. On s'en sert à tort pour débourrer les jeunes chevaux.

Travail de plate-longe se dit de Texercice auquel on assujettit généralement les élèvesaux premières leçons. [Voyez nvNDïm, la cinqui&jib b6nb.)

Diyuizeo by

FOSXTiON.

PLIER LE COU D UN CHEVAL, c cet le pre-

mier point d'inslruclion par lequel le cavalier doit commencer l'éducalion.

J'ai dit ailleurs quels étaient les moyeos les plus propres à effectuer cet exercice ; j'y renvoie donc le lecteur. (Voyez flexions, rambitbr

et EDUCATION.)

POINTE. On entend par pointe une espèce de cabradè dans laquelle le cheval, après s'être enlevé du devant, au lien de retomber à la même

place, se porte ea avant ; cette défense est moins dangereuse que l'autre. [Voyez cabrer, pour les moyens i employer.)

POSITION DEL HOMME ACHEVAL. Comme bien d'autres points de Téquitation, la position de rbomme à cheval a été l'objet de grandes erreurs de la part des antears, même les plus rao-

dcraes, qui ont écrit sur ce sujet.

L'un des plus en vogue, par exemple, dont le traité a paru en 4826, pour indiquer la position convenable au cavalier, s'exprime comme il suit:

<r L'homme qui sait se tenir sans contrarier les » différents mouvements qu il voudra filtre exé* » cuter à son cheval, qui saura se placer de telie » façon» que le cheval, libre dans ses exercices, » obéisse avec facilité, cet homme pourra se dire M excellent écuyeri quels que soient d ailleurs

14S pomioiv*

>i son attitude et les moyens qu'il emploiera pour i> 6ire concevoir an cbera! sa yolonté. »

Ou l'auteur s'explique mal» ou ii se trompe.

S'il veut dire sim[deroent à Télève que le .talent d'un écuyer est de se mettre en position de bien conduire son cheval, quelle que soît du reste cette position, c'est ce que chacun de?ine tout (l'aboi il, et ce n'étiiit pas la peine de récrire. S'il veut dire qu'on peut atteindre ce but avec toutes les poaitiona possibles, je le crois dans Terreur.

Certes, je suis loin de prétendre qu'une position striclemeiit académique soit indispensable pour tirer parti d'un cheval ; mais encore faut-il être placé de manière à suivre gracieusement le cheval et se servir habilement de ses aides.

En autorisant une pareille licence, ne craint-on pas de voir T^ève en abuser? Pense-t-on d'ailleurs qn il y ait plusieurs positions propres k don* ner ce tact exquis dans toutes les parties qui constitue l'assiette?

Il est démontré qu'une bonne position de fesses et de cuisses est indispensable pour toucher la sdle par autant de points qm possible; et, pour atteindre le résultat qu'indique l'auteur des principes cités ei*dessus, l'élève sera obligé de passer par une multitude de fausses positions qu'il eût été plus simple de lui éviter en lui indiquant tout de suite la bonne.

Cependant» il est encore moins dangereux pour

Diyuizeo by

POilTION. tlll

l'art de se tenir dans cette réserve si pradente,

et de se contenter d indiquer le but h l'élève en le iaisBant libre d'essayer eeot moyens pour y ar-» river, que de le conduire par de fausses roules, comme le fait lauteur d'un autre traité.

Je lis dans celni-ci (ouvrage publié en 4822) ;

ce Pour qu'un cavalier soit bien placé en selle, >i il £Aut trois points d'appui; les deox premiers » points du haut des cuisses, et le troisième du » croupion; les trois points doivent former un M triangle; mais, pour que le triangle soit bien » régulier et avantageux, il faut avancer la cein- » tare et les hanches, étendre les ouisses, et les » tourner en dedans; retirer les genoux et les >ï fermer, eieuser le bas des reins, et placer les » fesses de manière que le croupion soit forcé de » porter sur la eelle. i>

11 est physiquement impossible de faire appui sur le ooccyxt ainsi que le veut 1 auteur de cette méthode ; outre qu'il est recourbé et par conséqueot trop court pour devenir un troisième point d'appui, ce cartilage est incapable de supporter la moindre pression, à plus forte raison de servir de base à la masse du corps. De plus» on eonçoit qu'en supposant même cette position soutenable, le buste du cavalier serait disgracieusement place, et le haut du corps trop porté en arrière pour qu'on pût user facilement de l'ensemble de ses aides.

Mieux valait cent fois répéter leâ prioqtpes«

POUTIOM.

coBteausdans rordounnace de cavalerie touchant la position de rhomme k dieval ; la définilion en est simple : aussi je me coutenterai de la transcrire, me raervanl toalefois de faire quelques observations sur les moyens les plus efficaces pour acquérir promptement eeite belle attitude, et la oonsenrer toujours la méuie, malgré le jeu des parties mobiles :

« La tète haute^ aisée, d'aplomb, dégagée des . M épaules; les épaules tombantes el bien effii*^ • » cées, la poitrme saiiiaute, les bras libres, les n coudes tombant naturellement, les deux fesses - Il portant égaleDient sur le siège de la selle, la » ceinture en avant, les reins droits, fermes et » bien soutenus, le haut du corps aisé, libre et )» droit, de manière que T homme soit maintenu I) dans son assiette par son propre poids et par n soii équilibre; les cuisses, embrassant égale- » ment le corps du cheval, doivent être tournées n sur leur plat depuis les hanches jusqu'aux ge- M iioux, et ne s alloiiger que par leur propre poids I) et celui des jambes ; le pli des genoux liant. Il les jambes et la pointe des pieds tombant na* )) turellement. )»

Les reins fermes et les épaules tombantes, voitt de grandes difficultés pour un élève; avec Tabandon des épaules, il mollira les reins, ou, avec la vigueur nécessaire à leur soutien, il roidira les épaules.

Diyuizeo by

Page 1