ECRITURES VKIGOTHIQUB, ANGLO-SAXONNE
kt germanique. Nous nous bornerons à qucli;ues généralités sur les écritures visigoihi- ■jtte, anglosaxonne cl germanique dont les monuments sont assez rares en France cl qui il ailleurs ne présentent pas dedifférences bien réelles avec l'écriture romaine en usage dans liotre pays pendant le cours du moyen âge.
Ecriture visijOthique.
L'écriture visigoibiquc lire son nom des Cioths occidentaux, qui l'importèrent en Espagne ci dans le midi de la France, au v siècle, (l'est le type romain modifié cl approprié au goût de ce peuple. Les auteurs l'appellent gothique ancienne, gothiquod'Espague, hispanouolhique, mozarabique, tolélancou lettre de Tolède, cl, par abus,runiquoel ulphilane(t}. Mais, dit l'auteur des Eléments de paléographie , le terme de visigothique, adopté par u s Bénédictins, parait préférable à tons les autres, parce qu'il s'app ique en même temps à récriture dont on s'est servi en Espagne el dans celles de nos provinces méridionales qui dépendaient de l'ancien royaume des Visigolhs.
Voici quelques-uns des caractères des manuscrits visigolhiqucs. On y rencontre en général dans les lettres ornées une grande diu rsilé de couleurs cl d'images. «Co sont, di ent les Bénédictins, des lettres à figures d'homme oii de quelques parties de leurs membres. Elles représentent des animaux à quatre'picd'î, drs oiseaux, des poissons, des fcrp< nts, «les fleurs, des fleurons, des feuillages. «—«Quant à l'cci iturecapitale proprement dite, ajoute 11. de Wailly. on y rencontre assez fréquemment des E dont la haste défasse «par lu haut et par le bas les deux barres extrêmes. S ouvent nu si la baslc de l it cl du 1» excède le haut de la panse. Quelquefois le second jambage de l'M el de I N est de moitié plus court que le premier, et la panse do D, après s'être arrondie par le bas, se dirige obliquement vers le haut de la haste
Rôtir former un angle aigu à peu près semlable à celui qui existerait dans le haut d'un A capital dont le premier montant serait vertical el le second oblique.»
pagne comme dans le reste de l'Europe.
Ecriture anglo-saxonne.
L'écriture anglo-saxonne est dérivée de récriture romaine comme les autres écritures nationales; mais, dit M. deWailly, les Bénédictins supposent que les nuances qui la caractérisent n'ont pas été introduites parles Anglo-Saxons «Ces peuples, disent-ils, devenus maîtres ït toute l'Ile jusqu'à l'Ecosse, rers le milieu du vie siècle, auront prislcs caractères dcsBretous que ceux- ci avaient empruntés des Romains ou
des Gaulois D'ailleurs peut-on douter que
saint Augustin el tesaulres moiuesenvoyésen Angleterre par saint Grégoire le Grand pour étendre lo royaume de Jésus-Christ, n'y aient apporté les caractères romains avec la lumière de l'Evangile? On se tromperait
fort si l'on croyait que l'écriture saxonne a été propre aux Anglo-Saxons. Elle a eu cours en Irlande cl en France. Les Bénédictins anglo-saxons la répandirent en Allemagne el eu Danemark, lorsqu'ils y annoncèrent la religion chrétienne. On peut voir à l'article Lettres un passage de l'ouvrage des Bénédictins dans leijnel ils décrivent la plfysionomie de l'écriture capitale ornée des manuscrits anglo-saxons. «Ce qui caractériserait plus particulièrement relie écriture, ajoute M. de Wailly, co seraient peut-être les points rouges servant d'entourage aux lettres initiales; cependant les Bénédictins avertissent que les mêmes ornements se retrouvent, quoique moins fréquemment, dans les manuscrits des autres peuples. Les Saxons les prodiguaient tellement, qu'ils les employaient même pour les signatures marquées au bas des cahiers el pour entourer les trous qui se rencontraient dans le parchemin. Les points noirs sont quelquefois substitués aux points rouges, el l'on tr. uve aussi des lettres accompagnés de points verts argentés dans les manuscrits en vélin pourpré. »
«La cursive anglo-saxonne, continue le.
même auteur, est fort rare, et ne parait pas avoir été fréquemment employée. Les plus anciennes chartes d'Angleterre, disent les Bénédictins, sont en écriture majusru'c onciale, semblable à celle des plus beaux manuscrit*. Les mêmes auteurs font remarquer que la cursive des anglo-saxons est eu général beaucoup moins compliquée que la notre. Ce fail suffit pour expliquer les formes raides el compassées de leur écriture mixte; on ne devra pas s'étonner nou plus que celle cursive distincte se soit promptement Iraus-
L'écriture visi^olhiiiue fut eu usage jus-
qu'au commencement du xu« siècle, époque - formc<i en minuscule diplomatique. »
' n A compter du xui* siècle, le gothique mo-
(I) .Veut». T,<tt;éUe Valant. ùci uc fut employé en Aog'cUrre comme dan»
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les autres pays; mais les caractères anglosaxons avaient depuis longtemps cessé d'être en mage. «Jusqu'au règne d'Alfred leGrand, disent les Bénédictins , les écritures anglo-saxonnes, minuscule et cursive, furent ordinairement employées à transcrire les actes. Au fond, récriture d'avant son règne n'était guère différente de la romaine; mais elle empruntait beaucoup de lettres de la cursive. On peut en juger par les modèles rapportés par llickes dans sa Grammaire anglosaxonne. Depuis Al fret! , d autres écritures minuscules et courantes empruntées des Français, servirent souvent au même usage. Elles étaient plus élégantes, ayant été formées sur le modèle des caractères introduits par Cbarlemagne. HirkeS fait mention d'une charte du roi Eadred écrite entièrement en lettres françaises. On vit au xi* siècle des chartes écrites tout à la fois en lettres saxonnes et françaises. Le même auteur appelle cette écriture anglo-normannique ou normanno-$axonne, et dit qu'elle fut introiluito par les Normands. Il cite un diplôme d'Edouard le Confesseur en lettres françaises, excepté les caractères répondant au (h et au to saxons. L'écriture anglo-saxonne el française se trouvent réunies dans une charte du même prince conservée en original dans les archivas de Saint-Denis, en France. La manière d'écrire des Anglais fut négligée, et l'écriture française fui admise dans les actes. Celle-ci, depuis la conquête de Guillaume, duc deNorm.indie. prit faveur de plusen plus, ft donna enfin l'exclusion a la saxonne (I). Mai« dé* le règne de Henri 11, les beaux carartèns français, usités en Angleterre, dégénérèrent en gothique, qui devint dominant au xur siècle. Alors commença à par.illre en Angleterre cette mauvaise écriture cursive qui régna dans toute l'Europe jusqu'au xvi*.
« Les plus anciennes écritures diplomatiques d'Ecosse ne remontent pas au delà du xi*. Elles se réduisent à la minuscule française cl gothique, et à la rursive dont nous venons de parler. Le gothique minuscule commence à se faire von- dans les chartes du roi David 1", qui monta sur le troue Van 112V. La mauvaise cursive ne commença que sons le règne du roi Alexandre III, couronné en 1249. »
Ecriture germanique.
Il résulte des recherches faites par les Bénédictins sur le pelil nombre de monuments germaniques que l'on reconnaisse comme antérieurs au viir siècle, que. les Germains faisaient alors usage des écritures runique, ulphilanc et anglo-saxonne. Mais depuis le règne de Cbarlemagne, l'écriture française fut universellement adoptée parce peuple, qui éprouva aussi bien que la France toute l'influence du régime carlovingien. Li
de Wailly fait "bserver que ce pasy^j» lierait mal romi-ru si l'on supposait qn» I» réforme prescrite par Guill»uun» le Conquérant fut nas adoptée des les première» atiné-j <le sou règue. Les Benédieliui s'expliquent ailleurs plus < tairemiMit : • Guill»uu><- le Conquérant , <IU> nt-iU. ne loti.anl HwiTrir les lenteurs d'un rhatigiMnrnt insensible, cl-V» tout d'un coup les AnglaU S renoncer à l< ur carac-